Les Pathfinders étaient des escadrons de marquage de cibles et étaient sous la supervision du RAF Bomber Command pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils localisaient et marquaient des cibles avec des fusées éclairantes. Ensuite, une force principale de bombardiers les visaient, augmentant la précision du bombardement. Les Pathfinders étaient normalement les premiers à recevoir les nouvelles aides pour améliorer le bombardement à l'aveugle comme le Gee, l'Oboe et le radar H2S.

En , les premiers escadrons de la Pathfinder Force (PFF) sont élargis pour devenir un groupe, le No. 8 (Pathfinder Force) Group. La première Pathfinder Force était composée de cinq escadrons, tandis que le No. 8 Group a finalement atteint une force de escadrons. Alors que la majorité des escadrons et du personnel de la Pathfinder appartenaient à la Royal Air Force, le groupe comprenait également de nombreux membres des forces aériennes d'autres pays du Commonwealth.

Histoire

Contexte Au début de la guerre en septembre 1939, la doctrine du RAF Bomber Command est basée sur des formations serrées de bombardiers lourdement armés, attaquant de jour et repoussant les attaques des chasseurs avec leurs canons défensifs. Lors des premières missions au-dessus de la France et des Pays-Bas, les résultats concernant le succès des armes défensives des bombardiers ne sont ni clairs ni précis: la Luftwaffe manque de radar étendu, de sorte que leurs efforts d'interception sont désorganisés.

Le , un raid de trois escadrons de Vickers Wellington visant des navires dans la baie de Heligoland est détecté par un radar Freya expérimental bien avant qu'il n'atteigne la zone ciblé. Les bombardiers britanniques sont accueillis par des chasseurs allemands qui abattent des bombardiers, deux autres s'écrasant en mer et trois autres s'écrasant à l'atterrissage. La Luftwaffe ne perd que deux chasseurs.

Bien que les causes de ce résultat désastreux sont longuement débattues, il devient clair que les forces de bombardement ne peuvent plus se défendre seules. Les bombardiers doivent soit avoir une escorte de chasseurs, ce qui est difficile compte tenu de la portée limitée des chasseurs disponibles à l'époque, soit les attaques doivent être menées de nuit lorsque les chasseurs ennemis ne peuvent pas les voir.

À l'époque précédant l'utilisation généralisée du radar et des techniques nécessaires pour guider les chasseurs vers leurs cibles avec le radar, les bombardements de nuit ne rendent les bombardiers vulnérables que s'ils sont captés par des projecteurs, un événement relativement rare.

Le point négatif d'un bombardement de nuit est qu'il est beaucoup plus difficile d'identifier les cibles et de les attaquer avec précision. Cela signifie qu'une force de bombardiers de nuit n'est utile que contre de très grandes cibles, comme les villes, et c'est l'une des raisons principales pour lesquelles les bombardements de jour étaient envisagés.

Les Allemands étudient également ce problème et investissent considérablement dans des techniques de radionavigation pour y remédier, démontrant un niveau de précision durant les raids nocturnes que même les forces de jour trouvaient difficile à atteindre. La RAF manque de systèmes de navigation similaires, ayant ignoré leur développement pendant un certain nombre d'années. Elle compte presque entièrement sur la navigation à l'estime et les instruments optiques tels que le « ». Dans des conditions de visibilité limitée ou lorsque la cible n'a pas de repère clairement distinctif, un bombardement précis est très difficile.

Le Bomber Command poursuit sa campagne de bombardements nocturnes à partir de 1940. Les équipages de bombardiers rapportent de bons résultats, retournant chez eux s'ils se perdent ou ne peuvent pas trouver la cible en raison des conditions météorologiques. Ils continuent seulement s'ils se sentent assez confiants pour identifier la cible avec certitude. Cependant, il ne faut pas longtemps avant que des rapports d'observateurs sur le terrain ne commencent à atteindre le Royaume-Uni. Ceux-ci indiquent que les bombardiers n'ont même jamais été entendus au-dessus des cibles et n'ont pas largué leurs bombes à proximité. Au début, ces rapports sont rejetés, mais comme d'autres branches des forces armées britanniques se plaignent, un rapport est commandé pour répondre à la question.

Le résultat est le du . Celui-ci indique qu'au moment où un avion atteint la Ruhr, seul un sur dix vole à moins de cinq miles de sa cible. La moitié de toutes les bombes transportées au combat et larguées - beaucoup reviennent non larguées - tombent en rase campagne. Seulement 1 % de toutes les bombes explosent à proximité de la cible. De toute évidence, quelque chose doit être fait pour résoudre ce problème ou, comme le suggèrent les autres forces, la campagne stratégique doit tout simplement être abandonnée.

À cette époque, Frederick Lindemann rédige un rapport tristement célèbre sur la destruction d'habitations, suggérant que les bombardiers soient dirigés contre les zones urbaines allemandes, détruisant autant de maisons que possible et rendant ainsi la main-d'œuvre allemande incapable de travailler efficacement. Acceptant les recommandations du rapport Lindemann après d'intenses débats, les Britanniques commencent, à partir du printemps 1942, à planifier une offensive majeure pour détruire de manière volontaire les villes allemandes.

En outre, dès 1940, les Britanniques commencent le développement d'un certain nombre d'aides à la navigation de nuit et testent déjà le système de navigation hyperbolique Gee lors de missions de combat. Ceux-ci seront disponibles en quantité au début de 1942, tout comme les premiers nouveaux bombardiers lourds, l'Avro Lancaster et le Handley Page Halifax, qui arrivent en quantité. Ces développements technologiques concordent avec les changements de politique influencés par le rapport de Lindemann.

Création Confrontée aux mêmes problèmes de navigation que la RAF, la Luftwaffe a développé des aides radio largement utilisées lors de leur campagne de bombardement (le Blitz de 1940/41). Faute de matériel suffisant pour être installé dans tous leurs aéronefs, un seul groupe expérimental, le , reçoit tous les récepteurs disponibles et une formation approfondie sur leur utilisation. Le KGr 100 survole ses cibles à l'aide de ces systèmes et largue des fusées éclairantes. Les avions suivants largueront ensuite leurs bombes sur celles-ci. En de rares occasions, le KGr 100 est utilisé comme une force de bombardement pure, démontrant sa capacité à larguer des bombes à moins de de leurs cibles par tout temps. L'unité KGr 100 sera, à la mi-, rebaptisée I. Gruppe/Kampfgeschwader 100 pour devenir la base d'une nouvelle branche de bombardiers de la Luftwaffe, ou simplement Kampfgeschwader (littéralement «formation de combat») en portant le même numéro d'unité.

Les Britanniques, qui ont développé des aides à la navigation similaires, sont confrontés au même problème d'approvisionnement. Le Bomber Command s'attend à ne disposer que de ensembles Gee d'ici , tous fabriqués à la main. Les modèles produits en série ne sont pas attendus avant le mois de mai.

Il s'avère que les deux prédictions sont optimistes. Une solution évidente aux problèmes du Bomber Command serait de simplement copier la technique allemande qui consiste à placer tous les ensembles disponibles dans une force de tête. Cette solution est proposée la première fois par le group captain SO Bufton. Arthur "Bomber" Harris, commandant en chef du Bomber Command, s'oppose à l'idée, et est soutenu par la majorité de ses commandants de groupe. Selon lui, un groupe d'élite engendrerait de la rivalité et de la jalousie et aurait un effet néfaste sur le moral. Son aversion personnelle pour Bufton ne fait qu'ajouter de l'eau à son moulin. Sa propre idée, pour améliorer la précision, consiste à organiser des concours au sein des groupes pour améliorer les bombardements.

Après avoir étudié les résultats obtenus par les Allemands, notamment les rapports de R. V. Jones, le ministère de l'Air décide que la technique est valable, passe outre aux objections d'Harris et impose la décision. Harris réagit en suggérant que les éclaireurs soient répartis entre les escadrons, mais ses objections sont à nouveau rejetées car cela ne produirait pas le résultat souhaité, à savoir que les cibles soient clairement marquées avant l'arrivée de la force principale. Une force spécialisée est constituée en par le transfert des escadrons existants des différents groupes du Bomber Command pour former la « PathFinder Force » (PFF).

La PFF comprend initialement cinq escadrons, un pour chacun des groupes opérationnels du Bomber Command : le No. 1 Group contribue au (équipé du bombardier moyen Vickers Wellington), le No. 2 Group au - alors en "service spécial" - (Wellington et Mosquito), le No. 3 Group au No. 7 Squadron RAF (bombardiers lourds Short Stirling), le No. 4 Group au (Handley Page Halifax) et le No. 5 Group au (Avro Lancaster). La PFF est commandée par un officier australien, l'air vice-marshal . Bennett est le plus jeune officier à être promu air vice-marshal dans la RAF. En 1943, il est lors âgé de . Cependant, Bennett n'était pas le premier choix - Harris s'oppose au premier choix du ministère de l'Air, , le chef du No. 2 Group.

Les escadrons sont situés sur des aérodromes adjacents à ceux du No. 3 Group. Il s'agit de , , et et le quartier général est situé à . Le No. 3 Group est responsable de la Pathfinder Force sur le plan administratif, même si elle est sous le commandement direct d'Harris.

Premières actions La PFF passe à l'action pour la première fois dans la nuit du 18 au , lorsque avions du Bomber Command attaquent Flensburg en Allemagne. Les bombardiers de la PFF sont les premiers avions du raid. Il s'agit de Stirling, d'Halifax, de Lancaster et de Wellington provenant des escadrons No. 7, 35, 83 et 156. Flensburg, situé dans un bras de mer de la Baltique, est en théorie une cible facile pour la première opération de la PFF mais les vents ont tourné et la force de bombardement a dérivé au nord de la cible vers une partie du Danemark dont la côte comporte également de nombreux bras de mer. équipages de la PFF affirment avoir marqué la zone cible et équipages de la force principale affirment l'avoir bombardée. Des rapports de Flensburg déclarent que la ville n'a pas du tout été touchée mais un rapport danois montre que les villes de Sønderborg et Abenra et une grande partie du Danemark jusqu'à au nord de Flensburg ont été touchées par des bombardements dispersés. maisons sont détruites et sont endommagées. Seuls quatre Danois sont blessés. Le raid est un échec lamentable, à la grande joie d'Harris et d'autres détracteurs de la force stratégique dans son ensemble.

La deuxième mission de la PFF cible Francfort dans la nuit du 24 au . Le groupe a de nouveau de grandes difficultés à identifier sa cible à la suite de conditions nuageuses, et la plupart des bombes tombent en rase campagne au nord et à l'ouest de la ville allemande. Les rapports locaux déclarent que certaines bombes sont tombées sur la ville, provoquant grands et petits incendies et des dommages matériels modérés. Cinq personnes sont tuées, dont deux artilleurs antiaériens et personnes sont blessées. Les villages périphériques de Schwalbach et Eschborn sont lourdement bombardées. Six Lancasters, cinq Wellingtons, quatre Stirlings et un Halifax sont perdus, soit 7,1 % de l'effectif. Cinq avions de la Pathfinder, dont celui du commandant du No. 7 Squadron, figurent parmi les pertes.