La restitution des biens culturels du Bénin par la France est un processus démarré par la demande officielle effectuée en par le président béninois Patrice Talon au sujet des biens saisis au Bénin lors du sac effectué par les soldats français à Abomey en 1892.

Initialement refusée par le gouvernement français sous la présidence de François Hollande., la demande est acceptée sous la présidence d'Emmanuel Macron sous la forme d'une loi qui reste limitée à — ce que conteste le gouvernement béninois. Dans ce contexte, le Bénin aménage un musée pour accueillir ces 26 œuvres, qui lui sont restituées le .

Contexte La France entame la colonisation de l'Afrique subsaharienne dans les années 1880-1890, en même temps que d'autres puissances européennes comme l'Allemagne et la Belgique.

Le royaume du Dahomey (actuel Bénin) est d'abord placé sous protectorat en 1882, avant qu'une seconde guerre n'éclate entre 1892 et 1894. Les troupes françaises sont menées par le colonel Alfred Dodds, tandis que les Dahoméens sont sous l'autorité du roi d'alors, Béhanzin.. Dodds et son armée pillent les trésors du palais royal, lors du sac de la capitale Abomey en 1892. Ce sont ces derniers qui sont réclamés par les autorités béninoises actuelles.

Historiquement, en France, l’acquisition, les du patrimoine culturel africain sont très variés. L’importation des objets en France et leur exposition par les musées Les objets exposés au musée du Quai Branly - Jacques-Chirac

Dans le cadre de la déclaration du président Emmanuel Macron de vouloir (discours de Ouagadougou, 2017), Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, auteurs du « Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain : vers une nouvelle éthique relationnelle » en 2018, affirment que cela

Processus de restitution Déroulement du processus Le , le président béninois Patrice Talon fait une demande officielle de restitution des biens culturels pillés sur le territoire du Bénin et des œuvres d’art emportées lors de la conquête coloniale à la fin du .... Le président François Hollande rejette la demande faite par le Bénin de restitution des biens culturels., la demande étant écartée, le , par Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, au nom du principe d'inaliénabilité des collections nationales..... Le à l’université de Ouagadougou, au Burkina Faso, devant , le président Emmanuel Macron présente (discours de Ouagadougou. ). Concernant la culture, il affirme que Précisant que cela suppose un gros travail et la mise en place de nombreux partenariats avec diverses structures (scientifiques, muséographiques), il estime que cinq années sont nécessaires pour permettre . Emmanuel Macron commande un rapport à Bénédicte Savoy et Felwine Sarr. pour inventorier le patrimoine africain conservé en France et propose d'amender la législation sur l’inaliénabilité du patrimoine muséal. Le , Patrice Talon est l’invité d’honneur de la Conférence internationale des biens culturels et du patrimoine en partage à l'UNESCO et y prononce un discours.. Après la remise du rapport Sarr-Savoy en , de nombreuses voix se lèvent en critique ou en soutien du rapport (Jean-Jacques Aillagon, Stéphane Martin, Yves-Bernard Debie, Didier Rykner ou Tristram Hunt). Emmanuel Macron annonce vouloir restituer saisies par l’Armée française en 1892, disponibles en France, et réclamées par le Bénin. Après des premiers signes d’avancées en et l’examen par le gouvernement du , l'Assemblée nationale, à la demande de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, vote la restitution des pièces le .... La loi du relative à la restitution de biens culturels à la République du Bénin et à la République du Sénégal est publiée au Journal officiel le .... Le débute la préparation technique du transfert des œuvres lors d'un déplacement au Bénin d'Emmanuel Kasarhérou, le président d'alors du musée du Quai Branly, du 24 au .. Le , le président du Bénin Patrice Talon se rend à l'Élysée pour signer avec Emmanuel Macron l'accord de restitution des 26 biens culturels à la République du Bénin. Le , les 26 trésors arrivent au Bénin. Une cérémonie officielle de réception est organisée dans les jardins du palais de la Marina à Cotonou, durant laquelle le président Patrice Talon prononce un discours sur l'importance symbolique et historique de cette restitution.. En attendant que le Musée des Rois et Amazones du Danhomè (MuRAD) soit achevé à Abomey, les œuvres sont conservées dans une réserve provisoire au palais de la Marina à Cotonou, siège de la présidence de la République.

Situation en 2023-2025 Les 26 objets du trésor béninois restitués ont séjourné au palais de la Marina du au , à l'occasion de l'exposition temporaire « Art du Bénin d'hier à aujourd'hui ».. Ils accompagnent 106 œuvres réalisées par 34 artistes béninois contemporains. Cette exposition a pour but de retracer l'histoire de l'art au Bénin..

À terme, les œuvres rejoindront le futur Musée des Rois et Amazones du Danhomè (MuRAD), le processus de restitution étant conditionné par la France à la réalisation d'un musée par la partie béninoise..

Les travaux du MuRAD, débutés en 2023Au Bénin, Françoise N’Thépé construit un écrin pour les Amazones et les rois du Dahomey, Le Monde, Roxana Azimi, 22 août 2022, devraient se terminer en Le MuRAD (Musée des Rois et des Amazones du Danxomè), Les Crayons / scénographie, muséographie et design ..

Les œuvres concernées Il existe un désaccord entre les deux pays sur le nombre et les objets qui ont été pillés au Bénin par Alfred Dodds et plus largement par les soldats du corps expéditionnaire français. Le gouvernement béninois, à travers Alain Gonodou, directeur de l'Agence nationale béninoise de promotion des patrimoines et de développement du tourisme, a exprimé que la liste des retenue par le grand public a été établie unilatéralement par la France et sans concertation avec les instances béninoises.

Le trésor de Béhanzin

Il s'agit de dont la statue anthropomorphe du roi Ghézo, la porte du palais royal d'Abomey, la statue anthropomorphe du roi Béhanzin et de plusieurs autres œuvres, toutes conservées dans le musée du Quai Branly-Jacques Chirac en France. Ces objets ont été pillés lors de la prise de la capitale du royaume du Dahomey par les troupes françaises dirigées par Alfred Dodds.

En fait, il n'y a pas de la cour de Dahomey volés par les troupes françaises, mais au moins comme l'a rappelé très vite Marie-Cécile Zinsou, la présidente de la fondation Zinsou, association béninoise consacrée à l’art contemporain : . Marie-Cécile Zinsou fait part de ses interrogations auprès d'un journaliste de la RFi, Pierre Firtion, le jour du retour de ces biens du trésor royal du Bénin à Cotonou. Ce journaliste, intrigué, mène une enquête. Ses investigations confirment l'existence de ce objet, inscrit dans les inventaires en ligne du Musée du quai Branly, où étaient exposés les trésors royaux avant leur restitution, mais y figure comme étant en « échange sortant » avec le Kulttuurien museo (« musée des cultures »), un département du Musée national de Finlande. Il avait été prêté à l'institution finlandaise bien des années auparavant, en 1939, par Boris Vildé, à l'époque conservateur au Musée de l'Homme. Il s'agit d’un kataklè, un tabouret en bois à trois pieds qui servait de trône d’intronisation pour les princes d’Abomey. Oublié, il figure toujours, après vérification, dans les réserves du Kulttuurien museo, en Finlande, et à ce titre n'a pas pu faire partie de l'opération de restitution. le sujet de la restitution de ce kataklè fait l'objet de discussion de la part de la diplomatie béninoise avec le ministère finlandais des affaires étrangères. En la ministre finlandaise de la culture Mari-Leena Talvitie remet lors d'une cérémonie de restitution qui se tenait à Cotonou le trésor du Royaume du Dahomey à son homologue Jean-Michel Abimbola.

Conséquences La demande de restitution de biens culturels du Bénin par la France a eu des conséquences dans ces deux pays concernés, .

Au Bénin Le Bénin a démarré la construction d'un musée pour accueillir les œuvres lors de leur restitution. Sa réalisation plus longue que prévu a été l'une des causes d'un décalage de la date prévue de restitution. Dans le même temps et pour accélérer les restitutions à l'échelle panafricaine, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest élabore un plan d'action régional 2019-2023.

Une fois la restitution effectuée, elle constitue pour le président du Bénin un moment majeur, à la fois pour l'histoire du Bénin et pour ses relations avec la France. Dans son discours réalisé à l'occasion de la cérémonie de restitution, il évoque un retour de , de des béninois. Il entend aussi poursuivre ses efforts pour que d'autres objets et œuvres d'art soient restitués.

En France Vingt-six pièces ont été restituées le 10 au Bénin. Il s'agit des œuvres offertes par Alfred Dodds au musée du Trocadéro : huit objets en 1893 et les autres en 1895 ..

En , le musée du Quai du Branly a organisé une exposition de ces 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey avant leur restitution.. Une cérémonie de restitution s'est tenue le au musée du Quai Branly en présence du président Emmanuel Macron et du ministre des Affaires étrangères béninois Aurélien Agbénonci.

Dans les autres pays africains anciennement colonisés Lors des hommages solennels rendus lors de la cérémonie de restitution, le président du Bénin Patrice Talon s'est exprimé sur son incidence internationale. Il espère que cette première salve de restitution donnera suite à d'autres rétrocessions, non seulement au Bénin mais aussi à d'autres pays africains.

Initiatives privées de restitution Le processus de restitution de biens culturels du Bénin par la France ne concerne que des objets faisant partie de collections publiques de l'État français. Il existe aussi un retour de biens culturels béninois depuis des collections privées. C'est le cas notamment des récades ayant rejoint le Petit Musée de la Récade en . Ce est une initiative du galeriste parisien Robert Vallois et du Collectif des antiquaires de Saint-Germain-des-Prés. Notes et références Notes

Références

Annexes

Bibliographie Paul Akogni, Arthur Vido, Didier Marcel Houénoudé, Le Patrimoine historique au service du développement du Bénin, L'Harmattan, 2019, 190 p. . Robert Cornevin, « Les divers épisodes de la lutte contre le royaume d'Abomey (1887-1894) » DOI, in: Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 47, n° 167, deuxième trimestre 1960, p. 161-212, sur persee.fr. Espéra Donouvossi, « Making the Restitution of Benin Cultural Heritage Effective. Advocacy and Management Strategies », GRIN Verlag, 2019, 80 p. (mémoire de master, Institut de la Communication, université Lyon 2, 2018).

Rapport .

Textes législatifs .

Presse . .

Filmographie Dahomey, documentaire de Mati Diop sorti en 2024

Articles connexes

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