La seconde bataille de BuzenvalUn premier combat, aussi un échec, avait eu lieu le ou bataille du mont Valérien se déroula le , pendant la guerre franco-allemande, sur le territoire des communes de Rueil-Malmaison, Garches et Saint-Cloud, alors en Seine-et-Oise. Les troupes assiégées dans Paris tentèrent une sortie en direction de Versailles, où (proclamé empereur la veille) avait établi ses quartiers généraux.

Succédant à la vaine tentative de Champigny un mois et demi plus tôt, cette seconde sortie, insuffisamment préparée et d'un intérêt stratégique discutable, est imaginée et conduite, dans un contexte politique de dissension, par le général Trochu, gouverneur militaire de Paris et président du gouvernement provisoire, pour « calmer » les ardeurs des Parisiens les plus bellicistes. Son échec exacerbe, au-delà de la défaite de la « République de 1870 », la division entre partisans d'une paix négociée, plutôt soutenus par la Province et l'Armée, et partisans de la « résistance à outrance », où se comptent une majorité de la Garde nationale.

Composition

Unités engagées gauche|vignette|Plan de la bataille de Buzenval paru dans Paris-Journal en 1870-1871. Principales unités des forces françaises ayant participé à la bataille : Garde nationale (en particulier le régiment de marche) d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne Mobiles du Loiret

La préparation hommes sont rassemblés, dont la moitié est composée par la Garde nationale. C'est la première fois depuis le début du siège que cette dernière est utilisée dans une opération importante.

La concentration d'un tel effectif dans une zone étroite et escarpée a été très difficile et laborieuse et s’est effectuée pendant une nuit obscure.

Les troupes sont déployées sur un front de seulement, ce qui va constituer une gêne pour les mouvements.

Les forces allemandes sont solidement retranchées dans ces zones, particulièrement dans le parc de Buzenval et le bois de Saint-Cucufa à la porte de LongboyauGravure de la porte de longboyau détruite par l'artillerie française au combat où auront lieu les combats les plus durs. Dès le soir du 18, les premières tranchées ennemies sont enlevées par les gardes nationaux du de marche conduits par le capitaine Couchot.

Déroulement Les combats commencent à six heures et demie du matin.

Après avoir immédiatement occupé par surprise les maisons Béarn, Armengaud et Pozzo di Borgo, la colonne de gauche, sous les ordres du général Vinoy, engage un long et vif combat autour de la redoute de Montretout qui finit par être prise à 11 heures, les Allemands laissant 60 prisonniers. Les hauteurs au-dessus de Garches et de Saint-Cloud sont occupées. L'artillerie reçoit alors l’ordre d'occuper le plateau et de tirer sur Garches occupée par les Allemands. Vers de l’après-midi, la colonne de gauche, du général Vinoy, très vivement attaquée par des troupes allemandes, fléchit. La redoute est perdue et reconquise à trois reprises. Après avoir tenu ferme, les troupes françaises reprennent l’offensive, mais la nuit venue et le feu de l'ennemi continuant avec une violence extrême, elles doivent se retirer des hauteurs gravies le matin.

La colonne du centre, sous les ordres du général de Bellemare, occupe la maison dite du Curé puis pénètre par une brèche dans le parc de Buzenval. Elle prend et tient le château et les hauteurs de Buzenval ainsi que deux autres points stratégiques avant d’attaquer la maison Craon et vers le plateau de la Bergerie. La fusillade est alors très vive dans un brouillard intense. Parvenues sur la crête de la Bergerie, les troupes françaises doivent employer une partie de leurs réserves pour se maintenir sur les positions dont elles se sont emparées en attendant que la droite soit appuyée. Vers quatre heures, un retour offensif de l'ennemi entre le centre et la gauche de leurs positions, exécuté avec une violence extrême, fait reculer les troupes, qui, cependant, regagnent une partie du terrain vers la fin de la journée.

La colonne de droite, sous les ordres du général Ducrot, arrivée avec 2 heures de retard, soutient les 2 autres colonnes vers les hauteurs de la Jonchère où s’engage un vif combat de mousqueterie.

Les combats s'engagent vivement sur la porte de Longboyau où la colonne rencontre une résistance acharnée, en arrière de murs et de maisons crénelées qui bordent le parc. Malgré plusieurs attaques des troupes de ligne et de la garde nationale, le général Ducrot ne peut gagner du terrain.

À du soir le général Trochu ordonne la retraite. Les troupes font alors mouvement vers l'arrière, dans les tranchées, entre les maisons Crochard et le Mont-Valérien dans un grand désordre par l'unique chemin qui mène au rond-point des Bergères. À la faveur de l'obscurité, l'ennemi se glisse dans le bois de Saint-Cucufa d'où il fusille à bout portant les Volontaires de Montrouge, dont Henri Regnault, au moment de leur passage.

Trois cent cinquante mobiles bretons commandés par Lareinty, chef du bataillon de la Loire-Inférieure, dans la maison Zimmerman où ils se sont retranchés. Ils se défendent durant la matinée du contre . Leurs munitions épuisées, les trois cent vingt soldats et dix huit officiers restants consentent à se rendre à trois heures de l'après midi.

Bilan Les Allemands, ayant été surpris par la soudaineté de l'entreprise, et malgré leurs solides retranchements, cèdent leurs positions après des combats opiniâtres.

Pertes Durant cette bataille, les personnalités suivantes, engagées dans cet assaut, furent tués ou mortellement blessées : le colonel François Rochebrune (1830-1871), commandant le de marche de la Garde nationale, qui s"était illustré lors de l'insurrection de 1863 en Pologne, le lieutenant-colonel , commandant des mobiles du Loiret), le jeune peintre Henri Regnault, tué à l'âge de 27 ans, le jeune peintre et caricaturiste Albert Coinchon, tué à l'âge de 25 ans, Gustave Lambert, chef d'une expédition au pôle Nord.

Le gouverneur de Paris envoie ce rapport à son chef d'état-major, le général Schmitz :

Conséquences vignette|Monument commémoratif (contrairement à ce qu'indique la légende, il est situé à Rueil, seul le mont Valérien en arrière-plan étant sur la commune de Suresnes). vignette|Monument au cimetière du Père-Lachaise . Les Français n'auront plus les moyens de mettre fin au siège de Paris en effectuant de telles sorties.

Le 20 au matin, du fort du Mont-Valérien, Trochu adresse au gouvernement qu'il préside une recommandation de négocier un armistice de deux jours pour retirer les blessés. Cet armistice est signé comme une capitulation le . Entretemps, le 21 au soir, Trochu, tenu pour responsable de l'échec, abandonne, tout en conservant la présidence du gouvernement, le commandement militaire de la ville de Paris à Joseph Vinoy, lequel capitule dix jours plus tard. Des éléments de la Garde nationale opposés à l'armistice tentent un soulèvement le 22 janvier.

Le , l'éloge funèbre du capitaine Couchot, qui préféra avec deux sections donner l'assaut plutôt qu'obéir à l'ordre de retraite donné par Trochu, est prononcé au cimetière de l'Est, à Boulogne, par le maire d'Auteuil Henri Martin, en forme d'appel à la résistance, décrétée « à outrance » par la « République de 1870 »H. Martin, Discours sur la tombe des volontaires du , Bibliothèque nationale, Paris, 1871 (en ligne sur Gallica)., appel qui se concrétisera par la constitution du Comité central de la Garde nationale.

À l'inverse de l'état-major de l'armée de métier, qui ralliera très majoritairement le corps des Versaillais, le corps des Volontaires de Montrouge rejoindra le commandement du général Duval et la Commune de Paris.

À la demande du département de la Seine, l'architecte Charles Chipiez réalise un monument commémoratif de cette bataille. Situé rue du Général-Colonieu à Rueil-Malmaison, il figure un grand obus de pierre orné de guirlandes« 1870 : des monuments pour se souvenir », Rueil Infos n°364, février 2019, p. 37. Article réalisé avec le concours de la Société historique de Rueil-Malmaison (SHRM)..

Bibliographie E. Le Bail, F. Austin & F. Cabos, 1870-1871, Saint-Cloud, l’année terrible, éditions municipales du musée des Avelines, Saint-Cloud, 2013, 34 p. Pierre Lehautcourt : Histoire de la guerre de 1870-1871. 2, 8 : Buzenval, la capitulation (4 décembre 1870-29 janvier 1871) .

Notes et références

Voir aussi Siège de Paris (1870-1871) Chronologie du siège de Paris (1870-1871) Première bataille de Buzenval

Catégorie:Bataille de la guerre franco-allemande de 1870 Catégorie:Bataille de 1871 Catégorie:Rueil-Malmaison Catégorie:Histoire des Hauts-de-Seine Catégorie:Histoire de l'Île-de-France Catégorie:Janvier 1871 Catégorie:Siège de Paris (1870-1871)