thumb|Le drapeau de l'Australie.
L'Histoire de l'Australie remonte aux premières migrations vers le continent australien, qui débutèrent dans le nord vers avant notre ère ( avant le présent) même Archives nationales, site web du gouvernement australien.
Peuplée probablement pendant plus de par des populations indigènes, l'Australie voit, à partir du , des équipages et des explorateurs européens reconnaître ses côtes. En 1788, la colonisation britannique a commencé par la fondation d’un camp pénitentiaire à Sydney. Dans les années 1850, les colonies australiennes sont devenues des démocraties parlementaires autonomes, et le , elles se fédérèrent et formèrent le Commonwealth d’Australie.
L'Australie envoya des soldats pour lutter aux côtés de la Grande-Bretagne pendant les deux Guerres mondiales. En Australie, on se souvient de la bataille des Dardanelles en 1915 connue en Australie sous le nom de bataille de Gallipoli comme le « baptême du feu » de la nouvelle nation et pendant la Seconde Guerre mondiale, la population sentit la menace d'une invasion japonaise peser sur le pays.
L'après-guerre fut une période de prospérité pour l'Australie et la politique d'immigration fut élargie par les gouvernements successifs. Au cours de cette période une alliance avec les États-Unis a été formalisée et le commerce avec l'Asie s'est accru considérablement.
La population de l'Australie en 2024 est d'environ d'Australien(ne)s, maîtrisant l'anglais australien à plus de 70 %. La population sur ce territoire de était de 20 en 2019, 10 vers 1960, 7 vers 1940, 5 vers 1971, 4 vers 1906, 2 vers 1878, 1 vers 1858.
La population indigène n'est pas comprise dans les recensements avant 1961, elle est estimée à (entre et ) pour descendre à : Aborigènes d'Australie, Aborigènes de Tasmanie (dernière survivante morte en 1876), Insulaires du détroit de Torrès (<, Nord-Queensland). Leur population est estimée à et en 2021 à personnes se revendiquant aborigènes.
Préhistoire de l'Australie
vignette|Carte estimée des premières migrations humaines, entre 70 et thumb|L'art indigène australien est/serait la tradition artistique continue la plus ancienne au monde Préhistoire de l'Australie : la première présence humaine attestée sur le continent serait âgée de à avant notre ère, suivant les estimations de différents chercheurs. Jusqu'à l'arrivée des premiers explorateurs européens, attestée en 1606, on parle donc de préhistoire plutôt que d'histoire, en l'absence de toutes traces écrites des événements humains advenus durant cette période.
À cette époque, huit détroits séparaient Java de l'Australie. Le détroit le moins large aurait fait environ, et il n'y avait donc aucune continuité terrestre, ce qui implique une arrivée de populations par traversée maritime. Par contre, la Nouvelle-Guinée et Australie - y compris la Tasmanie - étaient alors en contact. Les premiers hommes et femmes arrivant sur ces territoires avaient donc employé des embarcations ou des radeaux, à la découverte d'horizons inconnus. Ces populations ont pu ensuite se déplacer progressivement vers le sud du continent, et certains arrivèrent enfin en Tasmanie. Il y a environ , à la fin de la période glaciaire, le niveau des mers remonta, la Nouvelle-Guinée et la Tasmanie se sont retrouvées séparées, mais surtout l'agrandissement des distances dans les détroits séparant l'Australie de l'actuelle Indonésie impliqua pour les Aborigènes australiens le début d'une longue période d'isolement, à l'abri de toute influence extérieure Geoffrey Blainey; A Very Short History of the World; Penguin Books; 2004; .
L'homme de Mungo, découvert dans le Sud de la Nouvelle-Galles du Sud, au bord du lac Mungo, à de la côte nord de l'Australie, aurait vécu il y a environ , au Pléistocène. On a trouvé près de lui des outils en pierre, et des os d'espèces disparues de wombats et de kangourous géants. Il avait été enterré avec un cérémonial..
On a dit que l'art indigène australien est la tradition artistique continue la plus ancienne au monde. Les Aborigènes ont laissé des peintures remarquables, travaillées sur écorces dans le nord des Territoires du Nord, sur tissu et toile dans la partie centrale du désert. En termes d'âge et d'abondance, l'art des cavernes en Australie a pu être comparé à celui trouvé sur les sites européens mondialement connus comme ceux de Lascaux en France et d'Altamira en Espagne..
vignette|Peintures rupestres, parc national de Kakadu.
On distingue trois types régionaux : figures géométriques gravées (cercles, cercles concentriques, arcs, esquisses animales et points), le modèle figuratif simple, avec des silhouettes peintes ou gravées, et les peintures figuratives complexes, telles que celles qui montrent les organes internes des humains et des animaux, un peu à la manière d'une vue aux rayons X (ces peintures sont communes dans la région de la terre d'Arnhem). Les exemples les plus anciens d'expression artistique ont été datés de plus de ..
Les Aborigènes ont conservé nombre de chants ancestraux et développé des instruments très particuliers. Le yidaki ou didjeridoo est considéré comme l'instrument le plus représentatif des Aborigènes, certains avancent qu'il serait le plus ancien des instruments à vent. Des peintures rupestres datées du début de notre ère, et trouvées dans le Territoire du Nord, montrent des images de didjeridoo.. Les rituels, avec danses et cérémonies indigènes, sont exécutés en Australie depuis des temps immémoriaux, avec le chant et la décoration des corps. Ils dépeindraient le plus souvent des contes du Temps du rêve (Tjukurpa en langue anangu) aussi appelé le rêve, qui est le thème central de la culture des Aborigènes d'Australie. Le « temps du rêve » explique les origines de leur monde, de l’Australie et de ses habitants.. Un corroboreeVoir aussi : Corroboree Rock Conservation Reserve. est une réunion commémorative des Aborigènes d'Australie : « Leurs corps étaient peints de différentes manières et ils portaient des parures diverses qui n'étaient pas utilisées tous les jours ». La coutume physique la plus célèbre des Aborigènes d'Australie est la pratique du boomerang.
En , l'explorateur britannique James Cook a noté ses impressions sur les Aborigènes de Nouvelle-Hollande dans son journal : « en réalité ils sont bien plus heureux que nous les Européens… Ils vivent dans la tranquillité qui n'est pas troublée par l'inégalité de la condition. La terre et la mer leur fournissent toutes les choses nécessaires pour vivre… Ils vivent dans un climat agréable et ont un air très sain… ils n'ont aucune abondance »Le Journal de James Cook, 23 août 1770.
En , au moment de l'arrivée de la First Fleet britannique, l'Australie était peuplée par , réparties sur tout le continent, chacune avec sa propre langue, ses lois et ses frontières tribales : on peut dire que c'est sans doute la plus longue culture ayant survécu sur terre jusqu'à nos joursThe First Australians: they Have Come to Stay par SBS TV, 2008..
Histoire de l'Australie avant 1901
Découvertes et exploration
La fin de la période glaciaire a alors isolé la Nouvelle-Guinée et la Tasmanie du continent et les Aborigènes australiens ont commencé une longue période d'isolement sans influence extérieure. Les premiers visiteurs étrangers de l'Australie sont des marins bajau, bugis et makassar, venant chaque année pêcher l'holothurie (concombre de mer) sur la côte nord-ouest de l'Australie, qu'ils appellent MaregeMacknight, Campbell C., The voyage to Marege' ., pour la revendre à des commerçants chinois de la ville de Makassar. Les premiers témoignages écrits remontent à 1725, mais on sait que les peuples du sud de Célèbes (Sulawesi) sillonnent les mers de la région depuis bien avantPelras, Christian, The Bugis.. Ces marins indonésiens ont peu laissé de traces de leur passage, n'ayant jamais créé d'établissements permanents, car retournant chez eux une fois la saison terminée.
Pendant des siècles, les Européens ont présumé de l'existence d'une grande terre méridionale. Quelques historiens ont proposé la théorie de la découverte de l'Australie par les Portugais et le premier Européen à visiter l'Australie pourrait avoir été l’explorateur portugais Cristóvão de Mendonça en . Cependant, les premiers témoignages par des expéditions européennes non contestées remontent au début du . La découverte initiale serait le fait du navigateur hollandais Willem Janszoon qui, à bord du Duyfken, navigue jusqu'au golfe de Carpentarie et débarque en sur la côte ouest de la péninsule du cap York.
D'autres grands voyageurs du (surtout hollandais mais aussi français et anglais) suivent, et au début du , les côtes ouest et nord du continent, connu sous le nom de « Nouvelle-Hollande », sont cartographiées, mais aucune tentative pour établir des colonies n'est réalisée. Dans un récit postérieur, un Néerlandais décrit le territoire observé « comme non cultivé et peuplé par de sauvages barbares noirs et cruels, qui ont massacré certains de nos marins » Flannery, Tim; The Explorers; Text Publishing; Melbourne; 1998.. Suivent l'Espagnol Luis Váez de Torrès en mission pour son pays en , les Hollandais Dirk Hartog en , Jan Carstenszoon en et Abel Tasman en . Ce dernier a donné son nom à l’île de Tasmanie, pourtant nommée par lui-même d’après le nom de l'amiral et gouverneur Antonio van Diemen : « van Diemenslandt ».
Environ 150 ans avant l'arrivée des colons britanniques à Botany Bay, un groupe de marins néerlandais sont les premiers habitants européens d'Australie, quand leur bateau, le Batavia, se brise sur des îlots coralliens de l'Australie-Occidentale en . Avant d'être sauvés, les , qui vivaient tassés les uns sur les autres, furent victimes d'une bande dirigée par un psychopathe et d'entre eux furent massacrés, dans une affaire connue sous le nom de lhorreur du Batavia.
En , le cartographe français Melchisédech Thévenot réalise une carte détaillée représentant la côte occidentale de l'Australie qu'il nomme Nova Hollandia. En , le cartographe italien Vincenzo Coronelli réalise deux globes terrestres monumentaux, dont l'un représentant avec exactitude l'Australie, sous le nom de « Nouvelle-Hollande ».
250px|thumb|La réplique de l'Endeavour dans le port de Cooktown. En 1770, l'expédition de l'Endeavour, sous le commandement du lieutenant de la Royal Navy de Grande-Bretagne James Cook, parcourt et cartographie la côte est de l'Australie et débarqua à Botany Bay le . James Cook continue sa route vers le nord, et débarque de nouveau sur l'île de la Possession dans le détroit de Torrès, au large du cap York, le . C'est là qu'il prit formellement possession de la côte Est de l'Australie, qu'il a découverte, au nom de la Couronne britannique, lui attribuant le nom de Nouvelle-Galles du Sud. Cook, dont les découvertes vont déboucher sur la première présence permanente européenne sur l'île, est souvent considéré à tort comme son découvreur alors qu'il a été précédé par d'autres auparavant. Il est accompagné par le célèbre botaniste Joseph Banks qui, émerveillé par la flore et la faune unique de la côte Est de l'Australie, se montre favorable à la colonisation européenne.
Les rapports élogieux que fait Cook au sujet de ces nouvelles terres à son retour en Grande-Bretagne suscitent l'intérêt, du fait qu'elles offrent une solution aux problèmes de surpopulation que connaît alors la Grande-Bretagne, problèmes d'autant plus graves à l'époque qu'elle vient de perdre ses colonies américaines. C'est ainsi que, le , la First Fleet de la Royal Navy quitte Portsmouth avec Botany Bay pour destination. En , Pierre-Édouard Lémontey commente :
Une autre raison d’établir une colonie anglaise en Nouvelle-Galles du Sud en est de soutenir une tentative d’employer les fourrures de la côte du nord-ouest de l’Amérique pour ouvrir le commerce avec le Japon.