vignette|droite|Une bouteille standard du début du . Une bouteille de champagne est une bouteille en verre, qui est spécialement fabriquée pour contenir du vin effervescent de Champagne. Elle est le résultat d’une lente évolution menée par les fabricants afin d'obtenir une bouteille capable de résister à la forte pression exercée à l’intérieur de la bouteille. Elle porte une étiquette qui présente le champagne contenu et répond à des normes précises issues de l’AOC Champagne.
Histoire de la fabrication Avant d’utiliser les bouteilles pour le transport et la commercialisation, la production de bouteilles en verre était une pratique coûteuse et réservée à une élite. La plupart des carafes et bouteilles trop minces et fragiles ne pouvaient servir qu’à tirer le vin du fût jusqu’à la table.
En 1634, les anglais fabriquent les premières bouteilles résistantes de teinte noire.. C'est grâce à leurs fours à charbons qu'ils produisirent un verre noir très épais qui donna des bouteilles plus épaisses et résistantes avec une large base qui ont rapidement prouvé leur supériorité pour le transport et l’entreposage du vin. C’est à la fin du que les bouteilles anglaises devinrent incontournables pour le conditionnement du vin en France et notamment pour le Champagne dont la prise de mousse ne peut être déclenchée que dans des bouteilles résistantes à la pression et très bien bouchées.. Paradoxalement, c'est l'interdiction, décrétée le 23 mai 1615, d’utiliser du bois pour chauffer les verreries en Angleterre qui conduisit à l'utilisation du charbon minéral. La température plus élevée obtenue dans les fours au charbon a permis la fabrication de bouteille plus épaisse..
En 1675, l’arrêt de la Cour des aides de 1675 interdit le transport . La bouteille n’était admise que pour la vente au détail. À cette époque les contenances ne sont pas encore réglementées et donnent souvent lieu à des fraudes.
Le 1728., le roi Louis XV prend un arrêté royal qui permet . C'est le début, certes modeste en regard des restrictions de cet arrêté, de la circulation des vins de la Champagne en bouteille. Le vin de Bourgogne suivra en 1750. L'usage des bouteilles pour le Bordeaux avait été reconnu dès le début du .
L'Ordonnance royale du donne naissance officiellement à la bouteille de champagne qui devait avoir un poids minimum de () et une contenance équivalente à la pinte de Paris soit . Avant cette date, les bouteilles pouvaient être assez fines et nécessitaient d'être clissées, c'est-à-dire d'être doublées d'une épaisseur en osier pour les protéger des chocs. On dit qu'elles devaient être clissées. L'administration royale autorisait alors l'usage des demies, des quarts et des bouteilles doubles et « au-dessus ». Les bouteilles étaient, à cette époque, pansues, au cul large et épais, au col plus long que le corps..
À l’origine et dans la région Champagne-Ardenne, les première bouteilles étaient fabriquées par les verriers de l'Argonne. Les verreries étaient implantées près des forêts pour bénéficier du charbon de bois à défaut de charbon de houille sur place, et des fougères qui permettaient d'obtenir un fondant (matière qui permet de réduire la température de fusion).
L’inauguration du premier port canalisé et du canal entre Berry-au-Bac et Reims le ouvre de nouvelles opportunités pour les industries. En effet, la voie d’eau est le moyen de transport le plus économique pour l’approvisionnement en sable servant à la fabrication du verre et surtout en combustible arrivant du Nord-Pas-de-Calais et de la Lorraine. Trois verreries spécialisées dans la fabrication de bouteilles champenoises, situées à proximité des centres viticoles vont s’installer le long du canal de l'Aisne à la Marne. En 1854, la verrerie de Loivre est créée puis en 1861, celle de la Neuvillette et enfin en 1875 la verrerie de Courcy.
En 1866, la législation réglemente le nom et la contenance des différentes bouteilles de vin et notamment la contenance standard d'une bouteille à .
En 1870, la verrerie de Loivre est rachetée et modernisée. L'année 1879 voit la création de la verrerie Charbonneaux. Vers 1911, Arthur Papon crée la « Verreries Mécaniques Champenoises » implantée à Saint Brice Courcelles et qui deviendra « Verre Mouvement Création » puis VMC en 1985. La guerre de 1914 est fatale aux verreries de Loivre et de La Neuvillette, entièrement détruites. Des quatre verreries qui existaient autour de Reims avant 1914, deux, Loivre et La Neuvillette entièrement détruites, ne survivront pas à la guerre. Vers 1920, la verrerie de Courcy, malgré d’importants dégâts, est reconstruite le long du canal. Vers 1933, malgré de considérables efforts pour se moderniser, la verrerie de Courcy ne résistera pas à la crise et fermera ses portes en 1933. La verrerie des Islettes est la seule de cette région d'Argonne à survivre jusqu’en 1936.. En 1974, une verrerie spécialisée dans les bouteilles de champagne est créée par le groupe BSN à Oiry.
En 2010, le Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne annonce un nouveau standard de bouteille de champagne à au lieu des et à rapprocher des du début du .
À partir du , le décret 2010-1441 du interdit le réemploi des bouteilles de champagne pour l’appellation Champagne.
Méthode de production des verreries Historique : soufflage à la canne Cette technique consiste à souffler dans une canne (sorte de long tube) de l'air au sein d'une masse de verre chaude et malléable pour créer une bulle intérieure. La longueur du tube sert à éloigner la chaleur de l'utilisateur de la canne. La bulle, ainsi formée, est placé dans un moule. Le souffleur souffle dans sa canne, tout en la tournant dans ses mains et retire du moule la bouteille fixée au bout de la canne. Il l'appuie sur le fond de la bouteille pour former et amorcer l'excavation inférieure qui a pour objet de donner plus de résistance à la base de la bouteille, et de diminuer sa capacité. Pour détacher la bouteille de la canne, un fer mouillé est passé sur le nez c'est-à-dire sur l'extrémité de la canne et le verre se casse en ce point pour détacher la bouteille. Pour les bouteilles volumineuses, les verriers plaçaient de l'alcool dans leur bouche qu'ils soufflaient dans le verre bouillant ou l'alcool s'évaporait instantanément gonflant la future bouteille en plus du souffle du verrier. À noter que, même soufflée à la canne, les cadences peuvent être très élevées de l'ordre d'une bouteille à la minute..
Actuelle : production en continu Le processus moderne de production des bouteilles se déroule en continu sur 7 étapes principales...
Préparation des matières premières Un mélange silice (du sable), calcaire, carbonate de sodium (nom vulgaire : cristaux de soude), mixé avec du calcin (verre cassé) alimente en continu le four.
Fusion Le mélange est versé en continu dans un four en matériau réfractaire et est fondu à .
Paraison À la sortie du four, le verre en fusion et en coulée continue, est amené par des canaux appelés « feeders » jusqu'aux machines de mise en forme. Avant de passer dans les machines de mise en forme, le filet de verre fondu est découpé en gouttes de verre en fusion de ( selon les nouveaux standards) appelée « paraison » et d’une température d'environ .
Moulage La goutte de verre en fusion tombe dans un moule dit « ébaucheur » et est soufflée en envoyant de l’air sous pression pour une première ébauche, puis passe dans un second moule dit « finisseur ».
Recuisson La bouteille ainsi formée est recuite pour éliminer les tensions internes à la nouvelle bouteille créée. Puis elle est refroidie en évitant des écarts trop brusques de température qui fragiliseraient la bouteille. En effet, le verre en refroidissant rapidement à l'air se contracte trop vite sur sa surface extérieure et il produit des tensions dues aux chocs thermiques qui le feront éclater..
Contrôle des bouteilles Le contrôle est effectué en continu ou de façon aléatoire selon différents critères.
Houssage Pour assurer la protection et l’hygiène des bouteilles, les bouteilles sont palettisées sous double housse pour éviter, en principe, au destinataire un nettoyage.
Matières premières pour la production de la pâte de verre Pour produire le verre Les bouteilles de champagne sont les bouteilles qui supportent les plus fortes pressions car la prise de mousse implique une résistance à une pression pouvant atteinte .. Elles devaient également supporter le stockage sur trois épaisseurs ou plus sur le haut de la bouteille. Elles demandaient donc un savoir faire dans la formulation des matières premières avec de la silice (sable), un stabilisant (chaux éteinte), un fondant (au Moyen Âge, à base de feuille de fougère calcinée pour obtenir du carbonate de sodium., puis de la soude ou de la potasse) et enfin le colorant.
Énergie La fusion d'un kilogramme de verre nécessitait d'abord de bois, puis de charbon de terre, puis de mazout, puis pour les fours électriques..
Machines et outils Fours Les fours à pots : on dispose dans un four circulaire ou rectangulaire un certain nombre de récipients en argile réfractaire appelés pots ou creuset que l'on remplit de mélange vitrifiable..
Les fours à bassins : constitués de matériaux réfractaires, ces fours sont formés d'un long couloir rectangulaire. Le niveau de la matière en fusion est maintenu constamment par ajout des composants de base. La masse vitreuse progresse le long du couloir.
Cannes de soufflage Les cannes de verrier ou fêles, sont des sortes de long tube qui permettre de souffler de l'air au sein d'une masse de verre chaude et malléable pour créer une bulle intérieure. La longueur du tube sert à éloigner la chaleur de l'utilisateur de la canne.
Les moules Au début, les moules étaient dits "ouverts" : ce sont des moules pour le fond des bouteilles qui expliquent le caractère irrégulier des épaulements et la variation des contenancesLa champagne Viticole, n°863, janvier 2020.. Ils sont en métal ou en terre réfractaire et permettent de calibrer le fût du contenant. Ils sont présentés enterrés dans le Recueil de planches de 1772 sur les sciences, les arts libéraux, et les arts méchaniques avec leur explication de Diderot et d'Alembert (Paris, Briasson, tome X). Ensuite, les moules dits "fermés" participent à l'industrialisation de la production des bouteilles.
Quelques défauts de bouteilles Quelques défauts de bouteillesnorme ISO 7348 de 1992 (fr) Récipients en verre - Fabrication - Vocabulaire. : Paille : bulle allongée de ; Bouillon : bulle allongée, généralement voisine de la surface, dont la plus petite dimension est supérieure à environ ; Nid de puces : amas de très petites bulles de diamètre Inférieur à environ .
Normes et caractéristiques Poids La bouteille standard de champagne, appelée aussi « champenoise », pèse , a une contenance de et est normalement verte et translucide.. Les bouteilles de champagne sont lourdes et épaisses, car elles doivent pouvoir subir la pression importante du gaz carbonique. Elles sont conçues de manière à pouvoir résister pendant 3 semaines à une pression continue de et durant quelques minutes à une montée de pression de . En 2010, le Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne annonce un nouveau standard de bouteille de champagne dans le but d’alléger l’émission de carbone de la filière. Ainsi la bouteille est passée de à . Cette mesure vise à réduire l’émission de carbone de et à faire des économies sur les frais de transport. Elle est dénommée champenoise allégée.. En 2025, la Maison Telmont adopte une bouteille de champagne standard allégée à 800g, en partenariat avec le verrier français Verallia.
Taux de casse Si au début de son histoire, le taux de casse des bouteilles de champagne était important, de l'ordre de 25 %. Ce taux était peut-être exagéré pour échapper au fisc.