Le château d'Ollainville, ou anciennement Olinville, dit aussi le château de Brière, est un château détruit situé anciennement en région parisienne, dans le département de l'Essonne, sur l'actuelle commune d'Ollainville. Il reste de rares vestiges du domaine.
Histoire
La commune d’Ollainville n’a été créée qu’en 1792. Elle était autrefois un hameau de la paroisse de Bruyères-le-Châtel à laquelle elle était rattachée pour le spirituel.
Après avoir appartenu à Jehan de Baillon, seigneur de Janvry et trésorier de l'Épargne, puis à son fils aîné « noble homme Guillaume de Baillon, seigneur de Dolinville, conseiller du Roi et maistre ordinaire de ses comptes », la seigneurie passa, le , pour un court moment, dans les mains de son beau-frère René Crespin, seigneur du Gast, moyennant une somme de 1.250 livreshttps://archive.wikiwix.com/cache/20240106071314/https://vieux-marcoussis.pagesperso-orange.fr/Chroniques/ollainville2.htm..
Benoist Milon, seigneur d'Ollainville (1571)
Le seigneur du Gast ne garda pas Ollainville qui semble n'avoir été pour lui qu'une affaire de plus-value. Un échange de la seigneurie est réalisé un mois après sa transaction avec Guillaume devant son notaire parisien, entre René Crespin, seigneur du Gast et Benoist Milon. L'acte donne une description très détaillée : « René Crespin, seigneur du Gast, ...., maître des requestes ordinaires de son hostel et second assesseur au Parlement de Bretaigne d'une part, et noble homme Benoist Millon, ..., trésorier ordinaire des guerres, demeurant à Paris, lesquellles parties pour leur plus grand profit font les eschanges : ledit Du Gast délaisse audit Myllon, la terre et seigneurie Dolainville, appartenances et dépendances, audit Dugast appartenant par eschange avec Guillaume de Baillon, maistre ordinaire en sa chambre, duquel ladite terre et seigneurie appartenoit par la succession de feu Jehan de Baillon, son père, seigneur de Dolainville, ladite seigneurie à lui délaissée par noble demoiselle Marie de Hacqueville, dame de Janvris, tutrice des enfans myneurs, ..., consistant:
- chasteau clos de fossés à fond de cuve, pressoir, estable, granche, bergerye, avec un parc clos à murs planté d'arbres fruitiers, chesnes, ormes..
- deux petites maisons près ledit pressoir,
- une masure, cour et jardin nouvellement acquis par le seigneur de Baillon,
- item 60 livres tournois de menus cens, quelques volailles, poules et chappons,
- item droits de haute, moyenne et basse justice, greffe, tabellionnage, prévosté, deffaulx, amendes ...,
- item 45 arpens de terres en une pièce, autres 15 arpens,
- item un moulin appelé le moulin Morant assis aux faubourgs de Chastres, chargé envers les abbesses de (blanc), de six muids de blé mousture de rente,
- item ung moulin appelé le moulin de Tourvoye assis au dessous dudit Dolainville, à la réservation de ce que prend le baron Daubray audit moulin, - item 5 arpens de vignes en plusieurs pièces,
- item 5 arpens de pré en la prairie de Dolainville,
- item droit de rivière en toute la seigneurie,
- item12 arpens de boys, ..., droits de chasse, ...le tout tenu en fief du roy à cause de son chastelet,
- une ferme et mestairie appelée la ferme de Buison se consistant en masure contenant trois espasses, estable à chevaulx, couverte de chaulme,
En contre eschange le messire Millon délaisse, 1.500 livres de rente, dont une partie provient des besoins de liquidités que Marie de Hacqueville éprouvait au décès de son mari." Relevons que la ferme de Buison ajoutée par René Crespin, fera l'objet d'une chronique d'un lieu très ancien. Le nouveau propriétaire d'Ollainville est un seigneur de fraîche date, anobli par sa charge de trésorier ordinaire des guerres. Benoît Milon fut successivement intendant des finances d'Henri III, puis intendant de la Ligue et intendant de l'Ordre du Saint-Esprit créé par le roi en 1578. Il était seigneur de Wideville par achat en 1594, Launay-Faucille, Boisgasse, Sautour, Maurepas, Bougival et autres lieux. Il avait épousé Madeleine de Crèvecœur de Boulenc, dame de Davron.
Le mois suivant, noble homme et saige , René Crespin, seigneur du Gast, conseiller du roy maistre des requestes ordinaires de son hostel, et noble homme Guillaume de Baillon, aussi conseiller du roy et en sa chambre des Comptes, pour lui en son nom, confessent avoir fait entre eux les eschanges: c'est à savoir que ledit Baillon délaisse à titre d'eschange, 1.250 livres de rente venant de son père à luy transporté par eschange audit Dugast en eschange de la terre et seigneurie de Dolainville avec le détail des rentes... Il est fait mention de l'échange de juin avec Millon, bref ils font le point après la vente d'Ollainville.
Le , l'hommage de la terre et seigneurie d'Ollainville est rendu par maître Benoît Milon, seigneur d'Ollainville, propriétaire par échange fait avec René Crépin, sieur du Gast, conseiller maître des requêtes ordinaire de l'hôtel. Le mois suivant, noble dame Marie de Hacqueville, demeurant à Paris, vend à Benoist Millon, seigneur Dollainville, trésorier ordinaire des guerres, aussi demeurant à Paris, un quartier et demi de pré en la prairie d'Eglis, tenant à l'Orge, et trois quartiers de pré en la prairie dudit Dollainville, la vente faite moyennant 300 livres tournois.
Un bail à ferme de la terre d'Ollinville et la Roche est passé le par le seigneur Benoît Milon. Puis, le , noble homme Benoist Milon, seigneur Dolainville et consort, passe un acte au sujet de la ferme de son camp et armes de La Rochelle pour 230 chevaulx tant bastz que charoy jusqu'à la somme de 13.954 livres également 20 charrettes et 128 paniers pour mettre le pain. Le de la même année, une quittance est délivrée par Jacques de la Rochette , escuyer, sieur de la Roche Ollainville demeurant à Bruyères, lequel consent que Loys Desportes soit son advocat.
Une sentence rendue au Châtelet le mentionne un extrait de la Chambre des Comptes, par laquelle un aveu est fourni de la terre d'Ollinville par Benoît Milon des et .
La cinquième guerre de religion prend fin le par la paix signée au Louvre. Quelques mois plus tard, la réconciliation entre Henri III et son frère, le duc d'Alençon, est organisée au château d'Ollainville. L'édit de Beaulieu du accorde une plus grande liberté de culte aux protestants. Le , Benoist Millon, sieur de Wideville, seigneur d'Ollainville et de Bizon, intendant des finances, vend la terre et seigneurie d'Ollainville au roi Henri III.
Le château de plaisance du roi Henri III (1576)
Le roi Henri III ayant acheté cette terre en 1576 de Benoît Milon président des comptes, y vint résider assez souvent. Il reste des lettres patentes qu’il y donna en l’an 1578 aux mois de juillet et de novembre et dans l’année 1580 au mois de décembre. On voit dans les registres du Parlement au mention du don fait par le roi de la terre d’Olinville à sa sœur la duchesse d’Angoulême légitimée de France.
La vente de la terre et seigneurie d'Ollainville au profit du roi Henri III est réalisée devant deux notaires parisiens en 1576. L'acte est ainsi libellé : « noble homme Benoist Millon, seigneur d'Ollinville, conseiller du roy, et intendant de ses finances confesse avoir délaissé au seigneur Roy, à cause de Messire Philippe Hurault, conseiller de sa majesté en son premier conseil, achepteur et acquéreur pour sa Majesté, la terre et seigneurie dudit Dolinville appartenances et deppandances, assis près Bruyères le Chastel ». Le notaire précise que les biens proviennent « d'un transport par eschange fait avec noble homme Pierre Crespin, seigneur du Gast, en 1570, cette terre provenant de l'eschange fait avec Guillaume de Baillon qui lui même l'avait obtenu de la succession de Jehan de Baillon son père en son vivant escuier seigneur dudit Dolinville ». L'inventaire mentionne la consistance des biens :"- en la terre et seigneurie Dolinville,
- en chasteau clos de fossés à fonds de cuve et eau dedans lesdits fossés,
- deux ponts levys , grand manoir et coulombier en une des tours, salles, chambres, gallery, caves et celliers…
- une basse cour hors le chasteau où il y a manoir pour le fermier, cour, grange, estables, bergerie, pressoirs banaux a vin et cidre,
- lesdites gallery et basse cour tout basti à neuf avec un parc clos de à murs, planté d'arbres fruitiers, chesnes, ormes contenant environ trente arpents,
- cinquante livres de menus cens, item quelques volailles, poulles et chappons,
- aussy tout droit de justice moyenne et basse, droit de greffe, tabellionnage, deffaux, amendes,
- soixante arpents de terre labourables,
- item ung moulin appelé le moulin Morent assis aux faubourgs de Chastres, chargé ledit moulin de six septiers de bled de rente envers les religieuses du Val de Grâce,
- un autre moulin appelé moulin de Tourvoy assis au dessoulz dudit Dolinville,
- droit de rivière,
- droit de chasse,
- une ferme et mestairie consistant en maison manable, estangs, estables à chevaux, bergerie, cour, grange le tout clos de murailles, jardin clos de haies avec 63 arpents de terres,
- item une maison, cour, grange, estable, bergerie avec quelques arpents dans la prairie,
- item autre maison, granche, estables, bergerie, cour, jardin devant le chasteau dudit Dolinville."Cette vente est faite moyennant cinquante mille livres tournois. Les notaires se sont transportés ensuite au chasteau du Louvre et présentés devant sa majesté représentée par Philippe Hurault qui a accepté le contrat de vente et l'a ratifié. On voit qu'en quelques années les biens sont passés de 30 à 50.000 livres représentant les travaux de construction du château.
Ainsi le roi veut faire une résidence de campagne du château d'Ollainville. Il semble qu'il y vienne assez souvent. D'ailleurs n'est-il pas en voisinage avec ses favoris, les Balsac d'Entragues, seigneurs de Marcoussis ? Plusieurs édits et lettres royaux sont signés à Ollainville.
Voilà ce qu'écrit le grand audiencier de la chancellerie Pierre de l'Estoile dans ses Mémoires : « En ce temps là [fin ], le Roy acheta de Benoist Milon la terre d'Olinville près Chastres sous Montlehery, soixante mil livres ; puis la donna à sa femme, et y mit pour cent mil frans de nouveaux meubles. Ledit Milon l'avoit achetée trente mil ; et pour ce que ledit Milon, champignon de fortune, étoit venu en peu de tems, de fils d'un serrurier de Blois, à de grands emplois et biens, pour avoir, au lieu des huys et serrures que crochetoit son père, crocheté dextrement les coffres du Roy… ».
Le mémorialiste continue : « Le , M . le duc d'Alençon [frère du roi] vint en poste à Olinville, où étoit le Roy ; et se firent de grandes caresses ». En fait de "caresses", jamais accueil ne fut plus froid que celui que Henri III lui fit à ce voyage d'Ollainville. Les deux frères se haïssaient. Puis, le dimanche « s'en retourna avec la reine de Navarre, sa sœur bien-aimée, trouver le roy à Olinville, dont ils partirent ensemble le mardy… ». Puis le vendredy « le Roy alla à Olinville se baigner et purger ; puis alla faire la fête de Chandeleur en l'église de Chartres… ». En , Henri III, étant en son château d'Ollainville permet par lettre à Philippe Cabriani son médecin, de résider en France et d'y acquérir des biens.
Nous arrivons en 1588-1589, période qui produit de nombreux bouleversements en France. Les états généraux convoqués par Henri III eurent lieu à Blois et furent marqués par la volonté des ligueurs d'obtenir le contrôle effectif sur le conseil du roi. Le coup de force d'Henri de Guise échoue et les états se terminent par les assassinats du duc de Guise, puis, peu après, de son frère le cardinal Louis II de Lorraine. Les lettres de provision des princes catholiques unis ensemble avec les trois états de la France « pour la conservation de la religion catholique et de l'estat pour la capitainerie du château de Montlhéry » sont données le au profit de Jacques de la Rochette , escuyer, seigneur d'Ollainville.