Le Princess Seaways est un ferry appartenant à la compagnie danoise DFDS. Construit de 1985 à 1986 aux chantiers Schichau-Seebeckwerft de Bremerhaven pour la compagnie ouest-allemande TT-Line, il portait à l'origine le nom de Peter Pan. Mis en service en sur les lignes reliant l'Allemagne de l'Ouest à la Suède, il sera cependant jugé inadapté à cette liaison en raison de sa faible capacité de roulage. Vendu en 1990 au gouvernement de Tasmanie, il intègre en 1993 la flotte de la compagnie australienne TT-Line Pty Ltd. qui l'emploie entre l'Australie continentale et la Tasmanie sous le nom de Spirit of Tasmania. Remplacé en 2002 par des unités plus performantes, il est cédé en décembre à la compagnie norvégienne Fjord Line qui l'exploite à compter de 2003 sous le nom de Fjord Norway entre la Norvège et le Danemark puis vers le Royaume-Uni à partir de fin 2005. Revendu en à DFDS, il est rebaptisé Princess of Norway et rejoint la flotte de l'armateur danois le mois suivant. Exploité dans un premier temps sur ses lignes habituelles, il est transféré en sur les liaisons reliant les Pays-Bas au Royaume-Uni.

Histoire Origines et construction Au milieu des années 1980, la compagnie TT-Line envisage de lancer la construction de quatre navires identiques. Parmi ces nouvelles unités, deux sont prévues pour intégrer la flotte de la compagnie ouest-allemande afin de remplacer les ferries Peter Pan et Nils Holgersson entre l'Allemagne et la Suède tandis que les deux autres seront employés sur les liaisons reliant les Pays-Bas au Royaume-Uni sous les couleurs de la filiale Olau Line.

Commandés auprès du chantier Schichau-Seebeckwerft de Bremerhaven, ces futurs navires sont conçus comme des versions plus grandes et plus abouties des ferries Olau Hollandia et Olau Britannia, construit par ces mêmes chantiers au début des années 1980 pour la filiale Olau Line. Affichant des dimensions particulièrement imposantes malgré une longueur limitée à 160 mètres, ils se démarquent toutefois par une largeur et une hauteur très élevées ainsi qu'une silhouette cubique très massive. Leur capacité de roulage est nettement augmentée par rapport à celle de leurs modèles avec l'ajout de deux niveaux de garage supplémentaire, permettant d'embarquer plus de 500 véhicules. Bien que la capacité passagère soit légèrement revue à la baisse en comparaison avec leurs aînés, la surface destinée aux installations demeure très importante avec trois ponts complets réservés aux passagers qui pourront profiter de commodités classiques mais confortables telles qu'un bar, plusieurs espaces de restauration, une galerie marchande et même une piscine intérieure. Ces navires apportent également un lot de nouveautés, comme un système d'ouverture des cabines par carte magnétique.. Les deux premières unités, destinées à naviguer pour le compte de TT-Line, sont baptisées Peter Pan et Nils Holgersson qui sont également les noms des deux anciens navires qu'ils doivent remplacer au sein de la flotte.

Première unité construite, le Peter Pan est mis sur cale le et lancé quelques mois plus tard le . Après les travaux de finitions, il est livré à TT-Line le .

Service TT-Line (1986-1993) Présenté au public à Hambourg le , le Peter Pan est ensuite mis en service le entre Lübeck et Trelleborg. Il sera rejoint en par son sister-ship le Nils Holgersson. Les deux navires rencontrent rapidement un certain succès auprès de la clientèle mais s'avèrent toutefois rattrapés par l'augmentation du trafic des remorques. Afin de pallier ce problème, TT-Line envisage tout d'abord d'effectuer des travaux de jumboïsation sur les navires afin d'augmenter leur longueur mais ce projet ne sera jamais concrétisé.

En 1989, la chute du mur de Berlin et la disparition du rideau de fer accroît la concurrence des transporteurs de fret sur les liaisons germano-suédoises. Ainsi, au début des années 1990, TT-Line envisage de transférer sur cet axe les ferries Robin Hood et Nils Dacke, dont la faible capacité passagère et l'importante surface affectée au transport de fret s'avère plus adéquate..

En conséquence, TT-Line annonce en la vente du Peter Pan à la compagnie australienne TT-Line Pty Ltd., détenue par le gouvernement de Tasmanie, pour la somme de 150 millions de dollars et une livraison fixée à 1993. Il s'agit là de la deuxième transaction entre les deux armateurs, la première ayant eu lieu en 1985 avec la vente de l'ancien Nils Holgersson. La jeune compagnie australienne s'était à cette occasion inspirée du nom et du logo de TT-Line afin de définir sa propre appellation, ainsi les deux entreprises partagent un nom similaire, bien que n'ayant aucune affiliation entre elles.

Le Peter Pan reste exploité par TT-Line durant deux ans et demi. Le , le navire achève sa dernière traversée pour le compte de la compagnie allemande.

TT-Line Company (1993-2002) Le , le navire est pris en main par un équipage australien à Lübeck puis appareille ce même jour à destination de Bremerhaven afin de passer en carénage aux chantiers Lloyd Werft. Durant près d'un mois, des travaux de rénovation sont effectués au niveau des intérieurs et des machines qui se révèlent pour leur part être en mauvais état. Cependant, en raison du manque de temps et d'un budget limité, tous les défauts ne seront pas corrigés, notamment une défaillance concernant l'un des stabilisateurs.

thumb|left|Le Spirit of Tasmania à Devonport. À l'issue des travaux, le , le navire est rebaptisé Spirit of Tasmania. Le , il quitte l'Allemagne et entame son long périple à destination de l'Australie. Durant plus d'un mois, le car-ferry traverse une grande partie du globe, effectuant au passage des escales aux îles Canaries et au Cap. Arrivé en Australie, il réalise tout d'abord une escale à Fremantle puis met le cap vers la Tasmanie. Il achève finalement son voyage le en arrivant à Devonport. Lors de son passage dans la Mersey River, plus d'un millier de personnes se pressent sur les rives du fleuve pour l'accueillir. Après être resté à Devonport durant deux semaines au cours desquelles de dernières interventions sont réalisées à bord, le navire appareille le à destination de Hobart afin d'être présenté au public. Le , le Spirit of Tasmania regagne Devonport où les derniers membres de l'équipage embarquent à bord. À la tombée du soir, il prend la direction de Melbourne, accompagnant au passage le ferry Abel Tasman qui réalise quant à lui sa dernière traversée en vue de son remplacement par le Spirit of Tasmania. Arrivé le lendemain, il est accueilli par les bateaux-pompes de Melbourne et vient s'amarrer au quai de TT-Line. Le à 18h00, le Spirit of Tasmania appareille pour son voyage inaugural à destination de Devonport.

À partir de , TT-Line décide de mettre à contribution l'inactivité du navire les dimanches soir afin de l'employer sur des mini-croisières aux alentours de Melbourne. Devant le succès de cette formule, la compagnie tentera également de proposer des escapades durant les après-midis mais cette expérience s'avèrera moins concluante. À plusieurs reprises, l'itinéraire du navire est étendu jusqu'au cap Otway mais cette escale sera rapidement abandonnée en raison des conditions météorologiques parfois rudes et de la faible profondeur des eaux.

Au cours de son arrêt technique bi-annuel effectué à Newcastle entre juillet et , des interventions ont lieu au niveau des aménagements intérieurs, en particulier le restaurant, qui est agrandi.

Le , alors que le Spirit of Tasmania navigue vers Devonport, plusieurs explosions retentissent au niveau des carters des moteurs principaux. Par mesure de sécurité, l'équipage stoppe trois des quatre moteurs et le navire est contraint d'achever sa traversée à vitesse réduite en n'utilisant que le moteur N°4. Une fois arrivé en Tasmanie, les mécaniciens procèdent à l'inspection des machines et découvrent une série de défaillances au niveau des pistons. Les dégâts sont d'une telle ampleur que les pièces doivent être démontées et envoyées par avion chez le constructeur MaK, en Allemagne. Afin de pallier l'indisponibilité du Spirit of Tasmania, TT-Line doit dans un premier temps mettre en place des avions afin de transporter les passagers qui devaient prendre place à bord du navire pour la traversée retour vers Melbourne. La compagnie affrètera par la suite des navires à grande vitesse Incat. Remis en état, le Spirit of Tasmania reprend finalement ses traversées le . Sa panne et les conséquences qui en ont découlé auront coûté au total 8,8 millions de dollars.

Dans la nuit du , au cours d'une traversée entre Melbourne et Devonport, un incendie est repéré par l'équipage vers 1h14 au niveau du magasin du photographe sur le pont E. Alerté, le commandant décide à 1h20 de rassembler les passagers et fait déclencher l'alarme. Après fermeture des portes coupe-feu, l'équipage s'affaire à éteindre les flammes en utilisant des extincteurs puis une lance à incendie. Maîtrisé, le feu est éteint à 1h44 et les 967 passagers sont autorisés à regagner leurs cabines deux heures plus tard, le temps que la fumée se dissipe. Le Spirit of Tasmania poursuivra ensuite son voyage sans encombre et arrivera à Devonport à l'heure prévue.

En , TT-Line annonce avoir fait l'acquisition des ferries grecs Superfast III et Superfast IV auprès de la compagnie Superfast Ferries. Plus récents mais également plus rapides, ces navires remplaceront le Spirit of Tasmania dès le mois de septembre. Ainsi, le à 16h, le navire appareille de Devonport et quitte pour la dernière fois la Tasmanie. À l'occasion de ce dernier voyage, l'ambiance se veut festive et un mariage est même célébré à bord. Le Spirit of Tasmania achève sa dernière traversée pour le compte de TT-Line le lendemain à 5h. Au cours de sa carrière sous pavillon australien le navire aura traversé 2 849 fois le détroit de Bass et transporté 2,3 millions de passagers, 807 000 véhicules ainsi que 185 000 remorques.

Peu de temps après son dernier voyage, le navire quitte le quai N°1 afin de céder sa place au Spirit of Tasmania II. Le , il quitte définitivement Melbourne afin de rejoindre Sydney pour y être désarmé. Mis en vente, il est visité par plusieurs acheteurs potentiels mais aucun projet n'est concrétisé. Le , il est finalement cédé à la compagnie norvégienne Kommandittselskapet Nordsjøferger pour la somme de 61 millions de dollars, soit 260 millions de couronnes.

Fjord Line (2002-2006) thumb|right|Le Fjord Norway à Newcastle.