La (en occitan : rota de Launaguet) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La route de Launaguet est une voie publique. Elle traverse successivement les quartiers de Barrière de Paris, des Trois-Cocus et de Lalande.

Elle est longue de 873 mètres. Elle correspond à une partie de la route départementale 15, qui va de Gratens à Toulouse, et de là au lieu-dit de la Castagne, à Mirepoix-sur-Tarn, et se prolonge au nord dans le département du Tarn. En 2017, la gestion de la route a été transférée à Toulouse Métropole sur la partie qui traverse son territoire et elle est devenue la route métropolitaine 15Cyril Brioulet, « À quoi servent ces nouveaux panneaux routiers bleus marqués de la lettre M ? », La Dépêche du Midi, 5 avril 2021..

Voies rencontrées La route de Launaguet rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Boulevard Pierre-et-Marie-Curie (g) Impasse Barthe (d) Rue Frédéric-Bérat (g) Rue Pagès (g) Rue Eugène-Labiche (g) Rue Lionel-Terray (g) Impasse des Hortensias (g) Rue Marcel-Loubens (d) Impasse Émile-Péries (g) Rue Arthur-Rimbaud (g) Rue Marc-Miguet - accès piéton (g) Impasse Gaston-Planté (d) Chemin d'Audibert (d) Chemin du Séminaire (g) Rue Antoine-Van-Dyck (d) Impasse de Launaguet (g) Rue Guillaume-Ibos (g) Avenue Jean-Zay (g) Périphérique/Autoroute des Deux Mers (A62) - Échangeur Chemin de Rispet (d) Rue Sarah-Bernhardt (g) Rue Charlotte-Delbo (d) Rue de l'Abbé-Gabriel-Latour (d) Impasse Sarah-Bernhardt - accès piéton (g) Rond-point Lili-Boulanger Chemin de Croix-Bénite (g) Rue Marcelle-Capy (g) Rue Virginia-Woolf (d) Rue Edgar-Degas (d) Chemin de Turlu (g) Chemin de Salières (g) Rue Charles-Trénet (g) Chemin des Izards (d) Impasse Madeleine-de-Scudéry (g) Boulevard Henri-Gaussen (g) Chemin de Boudou - Launaguet (d) Route de Bessières

Transports vignette|La gare de Route-de-Launaguet en 2012. La route de Launaguet n'est pas, dans sa première partie entre le boulevard Pierre-et-Marie-Curie et le chemin d'Audibert, directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle est cependant approximativement parallèle au tracé de la ligne du métro. Au sud, la station de métro la plus proche est la station Barrière-de-Paris, sur la place du même nom, où se trouvent également les arrêts des lignes de bus . La rue Arthur-Rimbaud permet de rejoindre la station La Vache, où les lignes du Linéo et des bus ont leur terminus. Dans sa deuxième partie, entre le chemin d'Audibert et la route de Bessières, la route de Launaguet est directement parcourue et desservie par la ligne de bus , qui a son terminus près du chemin des Izards et de la place Micouleau, où se trouve la station Trois-Cocus.

Il existe plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse le long de la route de Launaguet et des rues adjacentes : la station (rue Rimbaud), la station (route de Launaguet) et la station (6 rue Antoine-Van-Dyck).

La gare de Route-de-Launaguet est une ancienne gare ferroviaire de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), sur la ligne de Bordeaux-Saint-Jean à Sète-Ville, entre les gares de Lalande-Église et de Toulouse-Matabiau.. Elle n'est plus desservie depuis 2016.. Il existe cependant un projet de reconfiguration de la gare, dans le cadre de l'aménagement de la troisième ligne de métro et de l'extension de la station La Vache, d'ici 2028, et éventuellement de la création du RER Nord.

Odonymie Au déjà, la route de Launaguet était une partie du chemin qui allait de la porte Arnaud-Bernard (emplacement de l'actuelle place Arnaud-Bernard) au village de Launaguet. Il était connu sous ce nom ou, plus simplement, sous celui de chemin de Launaguet (cami de Launaguet en occitan)Salies 1989, vol. 2, .. D'ailleurs, ce nom fut aussi, jusqu'en 1937, celui de l'actuelle avenue Frédéric-Estèbe qui la prolonge au sud jusqu'au carrefour de l'avenue des MinimesSalies 1989, vol. 2, ..

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, le chemin de Launaguet n'est qu'un chemin rural, qui traverse le nord de la campagne toulousaine, la plaine de la Grande Lande. Il se prolonge au sud jusqu'à la porte de Pouzonville (emplacement de l'actuel rue Merly) et au nord jusqu'au village de LaunaguetSalies 1989, vol. 2, .. La plaine qui s'étend au nord de la ville reste cependant peu peuplée, à cause de la mauvaise qualité des sols et des difficultés de l'agriculture.

Les fermes commencent à se développer véritablement à partir du . La ferme Bories (actuel ), construite dans la deuxième moitié du , est un des témoignages les plus anciens de l'activité agricole dans la plaine de Lalande. Elle appartient alors à un certain Jérôme Bories, résidant rue de la Pomme (actuel ), et se compose d'un grand domaine agricole comprenant des près, des vignes et un jardinSalies 1989, vol. 1, ...

Époque contemporaine et première moitié du Au , la route de Launaguet conserve un visage profondément rural. Elle est bordée de nombreuses maisons de maraîchers ou « toulousaines » (actuels , 51, 55, 69, 73, 79, 81, 141, 145, 151, 153, 181, 199, 207, 217, 227, 261, 269, 273, 283, 323, 357, 361, 371, 383, 391, 397 et 401 ; , 112, 198, 202, 206, 216, 252, 302, 312, 318, 324, 326, 328, 340, 376, 388 et 390). Elles se multiplient à la faveur du morcellement progressif des grands domaines. Ces constructions de brique, typiques de la campagne toulousaine, sont disposées à intervalles réguliers, perpendiculairement à la route qui dessert les champs cultivés par les agriculteurs. Elles se consacrent principalement au maraîchage, qui alimente les marchés de la ville en légumes, mais aussi à la culture de la violette, qui se développe au nord de Toulouse et dans les communes voisines.

Certains familles toulousaines viennent également chercher le calme de la campagne. Ils font bâtir de belles maisons de plaisance (actuels , 193 et 311). En 1870, Henri Boufartigue, auteur d'un Guide illustré dans Toulouse et dans le département de la Haute-Garonne, fait bâtir la villa « L'Écusson » près de la route de Launaguet (actuel ).. Au milieu du , le grand séminaire acquiert l'ancien domaine Fabié pour le repos de ses séminaristesSalies 1989, vol. 2, ..

En 1905, le domaine Fabié est confisqué, au profit de la commune, à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État, et de l'inventaire des biens du clergé. En 1907, la municipalité décide d'y créer un établissement de mise en quarantaine des personnes contagieuses – le Lazaret de Lalande –, capable d'accueillir environ 80 personnes. Mais on installe aussi à proximité un dépotoir, vaste décharge recevant chaque jour 8 à 10 tonnes d'ordures en 1920. Il est finalement fermé et évacué pour être enfoui dans l'ancienne carrière de Ginestous, en 1939.

Dans la première moitié du , des maisons se bâtissent le long de la route. Par leurs formes et leur architecture, elles sont caractéristiques des petites maisons de la banlieue toulousaine (actuel , 409), tandis que d'autres présentent tous les caractères de demeures bourgeoises (actuel ).

La cité-jardin de Lalande est une des premières cités-jardins toulousaines. Elle est construite entre 1928 et 1931 pour l'Office public d'habitations à bon marché (OPHBM) de Toulouse, sur les plans de l'architecte Jean Montariol, architecte de la ville et de l'OPHBM. Loin du modèle proposé par Ebenezer Howard en 1898 et mis en œuvre dans la région parisienne durant l'entre-deux-guerres, la cité-jardin se compose essentiellement de maisons jumelles, ne disposant pas encore du confort moderne (électricité et gaz), mais entourées d'un jardin, et réparties sur une vaste parcelle entre la route de Launaguet et le chemin d'Audibert.

Deuxième moitié du Après la Seconde Guerre mondiale, les problématiques de logement s'accentuent. La construction de la première tranche de la cité Raphaël est le résultat de la mobilisation de l'OPHLM de Toulouse, à la suite de l'appel de l'abbé Pierre de l'hiver 1954. C'est une cité d'urgence qui est réalisée en 1958 entre la route de Launaguet et la rue Raphaël, en partie à l'emplacement du Lazaret de Lalande, pour accueillir des familles venues des bidonvilles du centre-ville et les familles gitanes du camp de Ginestous. Elle utilise des matériaux précaires et n'apporte pas non plus l'eau courante.

Dans les années 1970, le développement de la cité des Izards, le long du chemin du même nom, participe à l'urbanisation du quartier. Il n'efface cependant pas les difficultés que vivent les populations. En 1996, la création de la zone urbaine sensible « Les Izards », qui inclut la cité-jardin de Lalande, la cité Raphaël et les quartiers d'habitation entre le chemin d'Audibert et la rue Raoul-Dufy, vise à en faire une cible prioritaire de la politique de la ville.

En 1985, le passage à niveau est supprimé au profit d'un passage souterrainSalies 1989, vol. 2, ..

Depuis les années 1990 Dans les années 1990, le développement de la zone d'aménagement concerté (ZAC) de La Vache participe à l'accroissement de la construction de logements. Mais l'architecture vétuste et dégradée de certains bâtiments contribue à la mauvaise image du quartier. À partir de 2012, la mise en œuvre du Grand projet de ville vise à la rénovation ou à la démolition des zones d'habitat les plus dégradées et à la construction de nouveaux équipements publics. Les dernières maisons de la cité-jardin de Lalande (anciens ), le long de la route de Launaguet, sont détruites entre 2015 et 2021, tandis que les logements de la cité Raphaël bénéficient d'une restauration lancée en 2020. De nouvelles résidences sont construites, principalement au profit d'une clientèle de propriétaires bailleurs, qui trouve un moyen d'investissement financier. Les destructions touchent aussi certaines des fermes maraîchères qui participaient au caractère original de la route de Launaguet (anciens , 234, 242, 293, 294, 305, 347, 365 et 415).

Patrimoine et lieux d'intérêt Fermes vignette| : ancienne ferme. 39 : ferme. Cette ferme maraîchère, construite dans la deuxième moitié du , est bâtie en brique. Elle est disposée en fond de parcelle, perpendiculairement à la route. La porte cochère est marquée par deux piliers de brique circulaires. La ferme développe sa façade sur huit travées et s'élève sur deux niveaux (un rez-de-chaussée et un étage de comble à surcroît) séparés par un cordon. L'élévation est couronnée par une corniche moulurée..

vignette| : ancienne ferme. 51 : ferme.

55 : ferme. Cette ferme maraîchère, construite dans la deuxième moitié du , est bâtie en brique. Elle est disposée perpendiculairement à la route, en léger retrait, et la porte cochère est marquée par deux piliers de brique. Elle développe sa façade sur six travées et s'élève sur deux niveaux, séparés par un cordon. Au rez-de-chaussée, la porte et les fenêtres ont des chambranles à crossettes. L'étage de comble à surcroît est ouvert de lucarnes, mises en valeur par un ornement de couronne de feuille de chêne en terre cuite. L'élévation est couronnée par une corniche moulurée. Au cours du , la ferme a été agrandie d'un nouveau corps de bâtiment élevé dans le prolongement..

vignette| : ancienne ferme.