Marcel Billières, né le à Toulouse et mort le à Tarbes., est un homme politique et résistant. Fils d'Étienne Billières, maire de Toulouse (1925-1935) et de Rose Marie Séguy (1883-1963)., directrice d'école de sténodactylographie de la ville rose. Administrateur hospitalier, il sera un héros de la Résistance en Bigorre, déclaré Juste parmi les Nations, puis maire de Tarbes (1953-1959) et conseiller général des Hautes-Pyrénées.

Biographie Enfance et formation Son père, Étienne Billières, sténographe de métier, deviendra en 1906 adjoint du premier maire socialiste de Toulouse, Albert Bedouce. Sa mère, Rose Marie, deviendra la directrice de l'école de Sténodactylographie créée avec son mari Étienne en 1907. Marcel Billières est l'aîné des 4 fils du couple.

Avec un père militant socialiste, Marcel Billières vit donc dans une famille où l'Internationale baigne son quotidien. En 1918, il obtint une bourse d'externat de 207 fr. «Billières (Marcel), né le 7 septembre 1905.Le père sténographe; 3 enfants. - Bourse d'externat de 207 fr., Toulouse».

Son père deviendra maire de Toulouse en 1925. Marcel Billières partit s'installer à Alger et lors d'un voyage pour lui rendre visite, son père, se blessera au pied et finira par y décéder en des suites de complications dues à son diabète..

Revenu à Toulouse, Marcel Billières poursuivra dans la lignée de son père une grande activité militante, comme secrétaire du canton nord en soutien aux différents candidats comme pour la candidature de M. E. Béluel dans ce canton de Toulouse en 1937.. Il s'intéresse, entre autres, à la question de la guerre d'Espagne. Il participe comme membre de l'Amicale des Hospices de Toulouse à l'élaboration de fêtes pour financer des séjours en colonies de vacances aux enfants les plus démunis.. Il est régulièrement appelé à prendre la parole lors de différents événements organisés par la section toulousaine :.

vignette|gauche|Façade de l'hôpital Purpan, en octobre 1939. Le rugby tiendra aussi une place importante dans sa vie. À 33 ans, il jouait encore avec le Toulouse Olympique et assista à la victoire d'une équipe du Midi face aux XV australien au stade des Minimes « Les personnalités. MM. Vivant, chef de cabinet du préfet; Rieu, adjoint au maire de Toulouse; Lery, ancien président de la F.F.R.; docteur Soula, Vivès, Berges, professeur Boularan, Mortera; Huggins, consul d'Angleterre; Nickson, attaché au consulat d'Angleterre; commandant Gardes de l'éducation physique, docteur Paul Voivonel, Pujol, ex capitaine du Stade Toulousain; les internationaux Piteu, Puech, Salinier, MM. de Perricot, Marcel Laborde, docteur Vinson, docteur Bompunt, Queheillard, de la Ligue française de rugby à treize, commandant de Sevin, Bergé, ex-champion de France avec le Stade toulousain, Marcel Billières, Elie Picou, Albouy, Molinard, Riché, capitaine Moussié, du Toulouse-Olympique, Georges Ferrière, ancien arbitre de la F.F.R., les représentants de la presse parisienne, Gaston Bénac, de Paris-Soir ; D. Philipoff, deL'Auto ».

Marcel Billières est un fonctionnaire principalement chargé de l’administration des hospices toulousains.. En 1938, il dirige la construction de l'hôpital suburbain de Toulouse (capacité de 1800 lits). Comme secrétaire général des hospices, son rôle est l'équivalent des directeurs des Hôpitaux de Paris de cette époque : « considérable suivant les pouvoirs que lui confère la Commission administrative. Il remplit quelquefois, en fait, le rôle qu'ont les directeurs dans les hôpitaux de Paris. C'est pourquoi, dans ces cas, il prend le tire de Secrétaire général ou Secrétaire en chef des hospices, titre qui lui est attribué à Toulouse ».. Il occupait ce poste lorsque la guerre fut déclarée..

Deuxième Guerre mondiale vignette|gauche|Le jour de l'inauguration officielle de l'Hôpital Purpan de Toulouse, en février 1940. Malgré sa mobilisation, il était toujours secrétaire général de la commission administrative des hospices de Toulouse lors de l'inauguration de l'hôpital suburbain sous le nom d'hôpital Purpan.

Dans la Résistance Dans les Hautes-Pyrénées, plusieurs mouvements de résistance apparaissent dès 1941 dont le mouvement « Combat » basé à Lourdes et commandé par Célestin Romain qui forme une armée secrète (corps-franc Puyau). Au moins 6 réseaux sont basés à Lourdes. Ces réseaux avaient pour but d’effectuer des passages à travers la frontière espagnole pour permettre aux pilotes et autres personnes menacés, de s’enfuir sans être pris.

sans_cadre|droite|L'hôpital de Tarbes que dirigeait Marcel Billières À Tarbes, le maire Maurice Trélut et la sœur Anne-Marie Llobet (de l'ordre des Sœurs de la Charité), directrice de l’hôpital mixte de Tarbes, organisent aussi un réseau de sauvetage dans cet établissement pour cacher les personnes pourchassées par les Allemands pendant l'Occupation. En , ils apprennent que les autorités de Vichy viennent de nommer un nouveau directeur pour cet hôpital, il s'agit de Marcel Billières, de retour de mobilisation. S'il était collaborationniste, tout risquait d'être perdu mais Maurice Trélut et la sœur Anne-Marie Llobet furent vite rassurés. Joseph Beigeldrut, un juif polonais recherché, raconta sa rencontre avec le nouveau directeur « il m'appela à son bureau et sachant que j'étais un prisonnier de guerre évadé et ancien secrétaire du rabbin Berman de Lille, il me nomma secrétaire de son bureau. Donc, moi, un homme pourchassé par la Gestapo... une personne recherchée, j'étais là, tapant la correspondance pendant que le directeur rencontrait les Allemands qui régulièrement visitaient l'hôpital à la recherche de résistants blessés ou de juifs cachés ou malades. »

Marcel Billières, directeur de l'hôpital mixte de Tarbes, aidé de Maurice Trélut, et des sœurs Anne-Marie Llobet et Marie-Antoinette Ricard qui y travaillent, ont permis de sauver de nombreux juifs de la déportation ainsi que de nombreux résistants. Marcel Billières autorisa les résistants à amener les personnes menacées à l'hôpital. Certains juifs ne sachant pas parler français étaient catalogués sourds-muets ou débiles mentaux. Les résistants ou juifs blessés étaient abrités dans certaines salles à l’écart appelées salle des Contagieux afin d’éviter que les nazis, qui craignaient de se contaminer, ne les découvrent. Certains locaux de l’hôpital étaient aussi utilisés comme entrepôts pour leur matériel ; une incertitude demeure sur ce discours. L'adjointe a-t-elle confondu Lourdes et Tarbes?. Les risques de l'activité sont réels, Maurice Trélut sera arrêté par la Gestapo en et déporté à Buchenwald où il est mort. Au moment où l’officier S.S. Hauptschaführer Peter Blindauer, chef de la Gestapo Tarbaise s'apprêtait, avec ses agents, à l'arrestation de Marcel Billières, il fut attaqué par le Groupe de libération Murray (commandé par Gaston Murray) ; l’officier S.S. Hauptschaführer Peter Blindauer, chef de la Gestapo Tarbaise sera capturé dans la région de Nîmes et fusillé.. À la libération de Tarbes, il sera découvert et confirmé que le commandement militaire allemand avait placé Marcel Billières sur la liste noire des personnes devant être arrêtées sous peu.

L'action de ces résistants est reconnue et récompensée par la médaille de Juste parmi les nations...

Maire de Tarbes Professionnellement, Marcel Billières est confirmé, en 1946, sur la liste d'aptitude aux fonctions de directeur des hôpitaux et hospices publics comme directeur de l'hôpital mixte de Tarbes..

Politiquement, la libération verra une autre guerre éclater : une guerre politique entre les communistes et les socialistes au niveau National. Et celle-ci se traduira très durement dans les Hautes-Pyrénées au point que certains maquisards, essentiellement des socialistes passent devant les tribunaux. La direction de la S.F.I.O. dans les Hautes-Pyrénées est dirigée par Marcel Billières. Il regroupe autour de lui, Ader, Bousquet, Joseph Cambours, Campo, Raymond Compagnet, François et Henri Escudé, André Gaillard, Maille, Jean Marcheix, Meynier, Nogues, Pedarribes, Sensever et bien d'autres..

Après un échec aux législatives de 1945, il est élu conseiller municipal de Tarbes en 1947. Il se présentera aux élections cantonales de 1949 dans le canton de Tarbes-Sud mais ne sera pas élu.

Une élection mouvementée La gauche dans les Hautes-Pyrénées reste très largement majoritaire mais éclatée depuis la libération, les élections municipales sont houleuses à Tarbes et c'est le communiste Raymond Peyrès qui est élu avec 32,4% des suffrages le et des voix socialistes lors du conseil municipal. Le discours propagandiste du nouveau maire communiste lors des cérémonies du avait provoqué le départ immédiat du préfet, du colonel commandant les troupes et du vicaire. Dix-sept conseillers municipaux d'opposition démissionnent et de nouvelles élections doivent être organisées.

À l'issue du scrutin de juillet, les communistes obtiennent 45% des suffrages, le reste des votes étant répartis entre tous les autres partis. Le conseil municipal doit être renouvelé le dimanche , les communistes obtiennent 15 élus mais pas la majorité absolue. Les cégétistes et les communistes sentant monter une coalition contre eux, multiplient les manifestations et les pétitions sur les lieux de travail. C'est sous la protection des CRS que doit se faire l'élection du nouveau maire pour retenir les 2000 sympathisants communistes qui entourent l'hôtel de ville. La séance du , encore une fois, est houleuse, avec des accusations de fascisme proférées par certains communistes à l'encontre des socialistes mais se tient quand même. Elle aboutit à l'élection de Marcel Billières grâce à une entente inédite entre toutes les forces anti-communistes, gauche et droite confondues, pour un score en voix de 18 à 15.. Il succède donc à Raymond Peyrès qui n'aura été maire que 4 mois. Sa première déclaration n'arrangera pas les relations entre les deux camps «on vient de libérer la ville de la dictature stalinienne ».

Maire et conseiller-général Maire de sa commune, Marcel Billières n'en continue pas moins ses fonctions de Directeur de l'hôpital de Tarbes. Il fait partie de ceux qui, devant les réactions anormales de patients, avaient alerté sur la sécurité de certains médicaments des Laboratoires d'Opochimiothérapie de Toulouse.

Il retente sa chance aux législatives de mais il essuie un nouvel échec. Parallèlement à ses activités municipales ou professionnelles, il est membre actif des instances de la S.F.I.O. et participe à la commission sur les indisciplines parlementaires au conseil national SFIO de . Les nouvelles élections cantonales arrivant, il se présentera dans le canton Tarbes-Nord. Qualifié pour le second tour, il se retrouve opposé aux communistes menés par Marcel Biard qui avait obtenu le plus grand nombre de voix au premier tour. Comme pour les municipales, Marcel Billières sera élu en . Par contre, il essuiera un nouvel échec aux Législatives de . Ses échecs ne l'empêchèrent pas de devenir secrétaire de la fédération socialiste S.F.I.O. (1958 à 1964).

sans_cadre|droite|C'est un Fokker F27 de ce type qui décolla de Lourdes pour Dublin