Raphaël Feigelson, né le à Paris et mort dans cette même ville le - L'article contient une vidéo témoignage par Ralph Feigelson.., est un résistant français. Évadé d'Auschwitz le 21 ou le , il rencontre une unité de l'Armée rouge qu'il persuade d'aller rapidement libérer ce camp d’extermination.
Biographie Origine et jeunesse
Ses parents, Pinkos et Luba, sont des juifs d'origine lituanienne venus de Vilna. Sa mère est presque aveugle et son père tient un magasin de machines à coudre dans le ... En 1940, Raphaël est élève au lycée LavoisierJusque dans les années 1970, les classes actuelles du collège étaient données dans des lycées..
Résistance
Dès la défaite, son père prend au sérieux la menace nazie. Si la famille Feigelson se fait recenser comme juifs en , c'est pour ne pas attirer l'attention des autorités. Dans la clandestinité, Pinkos fait distribuer dans les boîtes à lettres du quartier, par son épouse et son fils, des tracts manuscrits du groupuscule DAVID (Direction de l'Armée des Volontaires Israélites de Défense). Raphaël assiste également à la manifestation du 11 novembre 1940 aux Champs-Élysées.
La boutique de son père est identifiée par un placard sur sa vitrine comme une entreprise juive. Malgré cela ou à cause de cela, elle continue de servir de boîte aux lettres à plusieurs réseaux de résistance. Au printemps 1942, un client y dépose un poste émetteur-récepteur dissimulé dans un coffret de machine à coudre. Étant suivi par des agents de la Gestapo, ce client et Pinkos sont alors arrêtés. Ce dernier est condamné à 3 ans d'incarcération mais, à la suite d'une erreur administrative, le greffier de la prison comprend que la condamnation n'est que de 3 mois. Pinkos est donc vite relâché et se cachera dans son appartement jusqu'à la Libération de Paris.
Dans l'intervalle, Raphaël comprend vite qu'il peut être arrêté à tout moment et parvient à gagner Lyon puis Toulouse, où il devient pensionnaire rue des Récollets. Il est alors élève à l'école primaire supérieure du lycée Marcelin Berthelot.. À Toulouse, il prend, très jeune, la direction de lUnion de la jeunesse juive (UJJ), mouvement de la gauche juive proche du parti communiste qui fait partie des Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP).. Il enrôle dans la Résistance de nombreux combattants.
Après l'arrestation d'un de ses compagnons, il est arrêté à son tour le et torturé. Il déclare ne pas avoir parlé car le choc électrique dû à la gégène l'aurait rendu amnésique. Il est déporté de Drancy pour Auschwitz le par le convoi 77.
Auschwitz
À Auschwitz qu'il décrit comme un « enfer » dont on ne peut « sortir que par une cheminée », il est tatoué avec le numéro B3747 et affecté à divers kommandos. Il parvient cependant à rejoindre une organisation de résistance.
Les SS commencent à évacuer le camp le , entraînant des milliers de déportés dans les marches de la mort. Les résistants reçoivent l'ordre de se cacher. Le , alors que les SS arrivent pour raser le site, les résistants, dont Feigelson, réussissent à s'évader et marchent à la rencontre des troupes soviétiques. Ils sont arrêtés le 24 ou le par l'Armée rouge, qui les prend pour des espions et qu'ils s'apprêtent à fusiller.. Feigelson a la chance de tomber sur , un officier juif qui comprend le yiddish, auquel il raconte Auschwitz et qu'il persuade de marcher vers ce camp. Feigelson retourne donc à Auschwitz avec les Soviétiques qui libèrent le camp le . Il . Anatoly Shapiro salua bien plus tard sa bravoure.
Raphaël Feigelson peut ensuite regagner la France, en uniforme de l’Armée rouge, à bord d'un bateau anglais qui l'amène d'Odessa à Marseille. Il retrouve ses parents à Paris en . Il a alors 19 ans.
Après-guerre : témoin de la Shoah et écrivain
S'il devient commerçant pour gagner sa vie., il commence, dès l’après-guerre, à témoigner de l’expérience concentrationnaire et à lutter contre l’impunité des criminels nazis. En 1964, il est secrétaire général de l'Amicale des juifs anciens résistants.. Il participe à la création en 1971 du Comité national de liaison pour la recherche et le châtiment des criminels de guerre, avant de créer l’association Auschwitz-Birkenau-Monowit, en 1979, pour contrer le discours négationniste. Il est un des tout premiers responsables associatifs porteurs de la mémoire du génocide à évoquer le « devoir de mémoire » en 1991.. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Jean Grassin où il évoque la guerre et l'antisémitisme dont L’Usage de la parole (1964) (extraits)., Le Crime du 15 décembre (1965) préfacé par Vercors, illustré par Jean Amblard (extraits). et Écrivains juifs de langue françaisePrésentation en ligne : ..
Il meurt le à Paris à l'âge de 95 ans.
Décorations
(promotion du ) ; ().. . Décret du 10 mai 1958, JO du 24 mai 1958, page 4922.. avec palme.. 50px Médaille des évadés.
Hommage
En , le Conseil de Paris adopte le projet d'apposition d'une plaque commémorative en hommage à Raphaël Feigelson au 33 rue Lacépède2024 DAC 304 Apposition d’une plaque commémorative en hommage à Raphaël Feigelson au 33 rue Lacépède à Paris 5.. La plaque est dévoilée au mois de .
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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