Le château de Foix est un château fort du dont l'origine semble remonter au , il fut remanié à plusieurs reprises et très restauré au .. Il se dresse sur une plate-forme rocheuse dominant la ville de Foix dans le département de l'Ariège en région Occitanie.
Le château, qui abrite le musée départemental de l'Ariège, est classé monument historique depuis 1840..
Localisation Le site du château fut choisi par les premiers seigneurs régnant sur le pays car il permettait de commander les accès à la haute vallée de l’Ariège et de surveiller de ce point stratégique le bas pays tout en se protégeant derrière de solides muraillesFlorence Guillot, Foix, cité médiévale, Albi, Éditions Apa-Poux, 2003, ..
Historique Le château aux alentours de l’an mil Le château est mentionné pour la première fois dans une charte au début du . Il a probablement été construit à la fin du siècle précédent. En 1002., il figure dans le testament de , comte de Carcassonne qui lègue la forteresse à son fils cadet Bernard. Ce dernier est le premier seigneur à porter le titre de comte de Foix vers 1012. Ce premier château féodal était classiquement constitué d’une unique tour dont on retrouve les bases dans celles de l’Arget et qui était construite à l’endroit naturellement le plus élevé de l’éperon rocheux. Une enceinte protégeait le haut du rocher, en épousant au plus près le bord des falaises et qui ne faisait guère que la rehausser. Ce monument permit aux comtes d’asseoir leur autorité et de consolider leur implantation dans la région.
En 1034, le château devient chef-lieu du comté de Foix et joue un rôle déterminant dans l’histoire militaire médiévale. Durant les deux siècles suivants, le château abrite des comtes aux personnalités brillantes qui furent l’âme de la résistance occitane. Si la présences de cathares est attestée dans le comté, pendant la croisade des Albigeois, le château de Foix ne fut jamais un refuge pour les hérétiques, les comtes s'efforçant de garder leur indépendance..
Le château au Au , le château dut subir les attaques des croisés lors de la croisade contre les Albigeois (1208-1249). En 1211, le chef des croisés Simon de Montfort met le siège devant Toulouse mais ne parvient pas à prendre la ville. Il décide donc de ravager le comté de Foix voisin et allié de la maison Toulousaine. Mais les croisés ne pénètrent que peu dans le comté de Foix. Ils installent leur quartier d’hiver à Pamiers et opèrent quelques razzias jusqu'à Foix. En 1212, des opérations de faibles envergures touchèrent les faubourgs de Foix mais le château ne fut pas inquiété. En 1214 le château est remis au légat du pape en gage de soumission et ouvert à Simon de Montfort. Le comte de Foix n'en reprend possession qu'en 1218.
Le comté de Foix fut relativement épargné par la croisade dont l’issue fut fatale pour les comtes de Toulouse. Le traité de Meaux-Paris en 1229 amputa le comté de Foix sur sa frange Est, en isolant la seigneurie de Mirepoix et en occupant des positions éparses ; le château sera alors occupé pendant cinq ans par le roi de France. En 1241, devint comte de Foix à la mort de son père. Sentant que la situation devenait défavorable, en 1242, il refusa pour la première fois depuis le début de la croisade son soutien militaire au comte de Toulouse, précipitant ainsi l'échec de sa dernière révolte. se tint éloigné de l'affaire de MontségurClaudine Pailhès, L’Ariège des comtes et des cathares, Toulouse, 1992.. En 1272, le comte de Foix s'oppose une dernière fois à l'empiétement de son comté par la couronne de France. Il fait renforcer la garnison du château, augmenter la défense des portes et garnir les remparts de machines de guerre. Philippe le Hardi souhaitant alors imposer son autorité en Languedoc rassemble une nombreuse armée composée de gens venus de Normandie, Orléanais, Vermandois, des duchés de Bretagne et de Bourgogne, des comtés de Blois, de Boulogne, de Dreux, de Flandre et de Ponthieu. Le comte devant une telle armée fait alors sa soumission au roi ; fait prisonnier il est conduit à Carcassonne. Le château ainsi que le comté sont mis sous séquestre et ne seront évacués qu'en 1285. Le château est restauré dans la première moitié du et redevient une résidence comtale, rôle qu'il conserve jusque dans la première moitié du .
Le château au XIVe siècle Gaston Fébus, comte de Foix très puissant de 1343 à 1391, gagna à Launac en 1362 une importante bataille contre la maison rivale d’Armagnac qui lui disputait son héritage de Béarn. Beaucoup de grands seigneurs du Sud-Ouest furent faits prisonniers par les Fuxéens au cours de la bataille et Fébus les fit enfermer au château de Foix en attendant que leurs familles et leurs proches puissent acquitter les rançons qui permettraient de les libérer. Ainsi, les comtes d'Armagnac et de Comminges, les seigneurs d’Albret, Jean de la Barte, les seigneurs de Pardalha furent enfermés quelques mois dans les prisons du château de Foix avant d’être transférés vers Pamiers puis vers Mazères pour assouplir leur détention. C’est sans doute avec l’argent des rançons que Fébus réalisa de nombreux travaux et aménagements dans les châteaux qu’il possédait dont celui de FoixPierre Tucoo-Chala, Gaston Fébus, prince des Pyrénées (1331-1391), Anglet, édition Deucalion, 1993, ..
Pourtant malgré ses aménagements, les comtes de Foix devenus vicomtes de Béarn, de Marsan et de Gavardan et qui vivent à Orthez, délaissent de plus en plus le château lorsqu'ils viennent séjourner dans le pays de Foix, au profit du château de Mazères et du palais des gouverneurs, l'ancien tribunal, situé en contrebasFrançoise Gales, Des fortifications et des hommes : l’œuvre des Foix-Béarn au , Thèse de doctorat dactylographiée, UTM, 2000..
Le château-caserne : garnisons et gouverneurs du À cette époque, le château de Foix n’est pas abandonné pour autant, ce qui le protégea de la possibilité de s’en servir comme carrière de pierre par les habitants de la ville et donc le protégea de la ruine.
vignette|, roi de Navarre, dernier comte de Foix.
Au milieu du , la tour ronde ou une partie de celle-ci servait de dépôt pour les archives comtales. Le château fut très vite transformé en caserne et livré à lui-même, ce qui accéléra sa dégradation. En 1570, il y avait huit hommes en garnison dans le château, ce qui peut paraître faible mais aisément compréhensible en l’absence de conflits. Seule la chapelle fut entretenue de façon régulière. Les abords du rocher déjà embroussaillés servaient aux habitants pour faire paître les troupeaux et étendre leurs draps. Le château avait alors piètre allure.
À partir de 1479, le comte de Foix devient roi de Navarre et le dernier d’entre eux, devenu , roi de France en 1607, annexe ses terres pyrénéennes à la France. Siège du gouverneur du pays de Foix depuis le , le château continue à assurer la défense du pays, notamment pendant les guerres de Religion.
Après l'ordre de rasement de Richelieu (1632-1638), le château faillit être démoli mais la décision ne fut jamais appliquée. À cette époque, nombre de châteaux furent rasés car il était trop coûteux de les garder et ces bâtiments pouvaient se révéler dangereux si on ne les contrôlait pas. C’est ce qui va arriver à une dizaine de châteaux dans la vallée de l’Ariège ; dont ceux de Pamiers et de Mazères.
En 1635 commença, dans le cadre de la guerre de Trente Ans, une guerre contre l’Espagne qui aboutit en 1659 au traité des Pyrénées et on retrouva une utilité au château de Foix proche de la frontière tout en oubliant l'ordre de démolition. L’ouvrage fortifié demeura ainsi qu'une garnison jusqu’à ce qu’au milieu du on commence à y installer plus ou moins régulièrement des prisonniers.
Le château transformé en prison au XIXe siècle
En réalité, le château avait déjà servi de prison au Moyen Âge car les comtes de Foix étaient hauts justiciers. Mais un espace réduit était à cette époque dévolu à cette fonction. À partir du et surtout au début du , le château et ses tours furent entièrement transformés en prison. À la Révolution, lors de la création du département de l’Ariège, le pénitencier devint départemental. La prison rassembla alors des personnes qui étaient accusées ou prévenues, en attente de jugement et celles qui étaient condamnées à de courtes peines. L’origine des prisonniers est très disparate : mendiants, bandits de grands chemins, hommes emprisonnés pour délits forestiersAnne-Marie Albertin, Le château de Foix, Villefranche-de-Rouergues, 1994..
La fonction de prison conduisit à de nombreuses modifications architecturales du château. Des grilles furent posées sur les ouvertures, des portes de cellules solides furent installées avec des serrures efficaces. On construisit de nouveaux bâtiments sur les terrasses Est pour y abriter l’administration pénitentiaire. Les prisonniers gravèrent des graffitis sur les murs de leurs cellules et on peut encore les observer dans les différentes salles de la tour ronde qui servaient de cachots. Les conditions de détention étaient effroyables. De plus, la prison souffrit chroniquement d’une surpopulation et du manque d'espace. Au début du , les détenus étaient une petite centaine, leur nombre atteint presque 200 en 1859 et le faible nombre de salles ne permettait pas de les séparer selon les crimes et délits commis comme la loi l’imposait. On finit donc par construire une prison moderne dans la ville de Foix et l'on déplaça les prisonniers, créant en 1864 et pour une courte durée un dépôt de mendicité sur le site.
La restauration du château à la fin du XIXe siècle À partir du milieu du , on connut en Europe un regain d’intérêt pour le Moyen Âge et le patrimoine historique. Le château fut alors classé monument historique, en 1840, puis restauré sous la direction de Paul Boeswillwald ancien collaborateur de Viollet-le-Duc lors de la restauration de la cité de Carcassonne. Les restaurateurs tentèrent de revenir au monument médiéval ou plutôt à la conception qu’ils en avaient. Le château qui s’offre à nos yeux aujourd’hui est le fruit de cette restauration.
Philatélie En 1958, la poste émet un timbre postal de , outremer, gris, brun et vertCatalogue Yvert et Tellier, Tome 1 - référence YT 1175..
Description Les donjons quadrangulaires À partir du premier donjon carré du dressé sur la pointe nord-ouest, on perfectionna le bâtiment. Le premier sceau comtal connu, celui de Raymond Roger (1188-1223), comte de Foix au début du , comporte sur une de ses faces un dessin très symbolique du château de Foix. Il comportait un deuxième donjon carré habitable du . sommé d'une plate-forme et remaniée au , actuelle tour du milieu, et un grand bâtiment qui reliait ces deux tours. Ce bâtiment semble avoir possédé au moins deux étages et fut certainement très différent de ce qui subsiste aujourd’hui. Il pourrait avoir servi de salle seigneuriale : lieu de réception et centre décisionnel du comté. La tour carrée est nommée dans les actes médiévaux « tour neuve », ce qui prouve sa construction après celle de l’Arget. Cet ensemble est compris dans une enceinte sur laquelle est dressé une tour circulaire du début du , dominant au nord l’accès au château. Une barbacane précède des braies.
Les enceintes