Carole Jane Cadwalladr (/kædwɒlədər/), née en 1969, est une autrice britannique, journaliste d'investigation et écrivaine. Elle a rédigé de longues enquêtes pour The Observer et The Guardian après avoir travaillé pour le Daily Telegraph..
Carole Cadwalladr a acquis une notoriété internationale en 2018 quand elle a dévoilé puis suivi le scandale des données Facebook-Cambridge Analytica / AggregateIQ et ses conséquences, sur la campagne référendaire qui a conduit au Brexit notamment.
Elle a reçu de nombreux prix, et a été finaliste du prix Pulitzer 2019 pour son travail de journalisme d'enquête nationale et de couverture d'un scandale de manipulation de l'opinion publique, ayant conduit au Royaume-Uni au vote du Brexit ; travail fait aux côtés des journalistes du New York Times, et en lien avec plusieurs lanceurs d'alerte.
Jeunesse Carole Cadwalladr est née à Taunton, dans le Somerset.. Elle a fait ses études à la Radyr Comprehensive School de Cardiff. et au Hertford College d'Oxford..
Carrière Romancière, écrivaine Le premier roman de Cadwalladr, The Family Tree (L'Arbre généalogique), a été sélectionné pour le Commonwealth Writers 'Prize 2006, le Author's Club First Novel Award, le Waverton Good Read Award et le Wales Book of the Year.
Il a également été scénarisé en une série de cinq épisodes sur BBC Radio 4.. Aux États-Unis, c'était un choix de l'éditeur de la revue New York Times ; The Family Tree''' a été traduit en plusieurs langues (dont en espagnol, italien, allemand, tchèque et portugais).
Journalisme En tant que journaliste, au cours de la seconde décennie du , elle s'est principalement concentrée sur les effets sociétaux (bénéfiques, ou éventuellement discrets, cachés voire malveillants) de la technologie numérique et de l'exploitation des données personnelles dans le Big data.
Wikipédia Carole Cadwalladr a en 2014 interviewé Jimmy Wales, le fondateur de Wikipédia..
Révélation du vol de dizaines de millions données personnelles via Facebook Carole Cadwalladr a fait savoir que des vols de données personnelles ont eu lieu à grande échelle dans de comptes Facebook. Ce scandale sera la source de plusieurs poursuites contre Facebook et de demandes d'explication à Mark Zuckerberg (convoqués par les parlements de plusieurs pays pour s'expliquer).
Elle a aussi peu à peu (voir détails plus bas) mis en évidence que ce type de données, et d'autres, ont été utilisées pour des manipulations de l'opinion publique à grande échelle, notamment lors de deux campagnes électorales majeures en 2016 : celle qui a porté Donald Trump à la présidence de son pays ; puis celle du référendum qui a conduit au Brexit.
Enquêtes sur les nouveaux moyens de propagande et leurs influences Peu après la victoire du camp du Brexit, victoire inattendue au vu des sondages réalisés peu avant, Cadwalladr a exposé au grand jour l'utilisation électorale et politique par les conservateurs et libertariens de droite (aux États-Unis et au Royaume-Uni notamment) de nouvelle formes d'intelligence artificielle (IA) destinées à agir sur la psychologie de certains électeurs, pour orienter leurs votes en faveur du commanditaire.
Les premières preuves concrètes ce type d'opération lui ont été apportées par C Wylie.. Avec lui, elle peut prouver, que dans les années 2010, des IA de ce type ont été construites et utilisées pour d'abord (secrètement) reconstituer le profil psychologique de nombreux citoyens-électeurs à partir des « traces » qu'ils laissent sur l'Internet et notamment sur les réseaux sociaux (Facebook en particulier). ; puis, grâce au croisement de ces profils avec les données de fichiers électoraux, des algorithmes produisent des messages de propagande micro-ciblée, messages adapté à la psyché de l'individu visé, pour significativement influencer son vote (ou parfois pour l'engager à s'abstenir de voter) sans que cet individu ait conscience d'être manipulé.
Chirstopher Wylie, en 2014, avec les financements de l'informaticien milliardaire libertarien de droite américain Robert Mercer. (ex : Hedge fund Renaissance Technologies), et sous les ordres de Steve Bannon (futur conseiller de Trump, et alors président exécutif du site « alt-right » Breitbart News).. et d'Alexander Nix., était au sein d'une société alors inconnue (Cambridge Analytica), chargé d'intégrer les mégadonnées et les médias sociaux à une méthodologie militaire établie pour cette fois la retourner contre la démocratie et l'électorat américain.
Carole Cadwalladr alerte sur le fait que des pratiques d'origine militaire (de type PsyOps et notamment de contrôle réflexif) ont été améliorées par l'intelligence artificielle et sont désormais appliquées via les réseaux sociaux, avec la complicité de certains GAFA, en ciblant les internautes selon leur psychologie. Ceci permet à des lobbys et entités financières, politiques ou économiques masquées (éventuellement étrangères à un pays) de changer la perception du réel qu'ont les électeurs, et ainsi de modifier leur vote. Elle alerte aussi sur le fait que la législation actuelle n'a pas su les éviter ni vraiment les punir, et que ces pratiques d'ingérence électorale, interdisent les élections libres et justes, cassant donc la démocratie (Dominic Cummings lui-même a reconnu et écrit ..
Enquêtes sur les trucages et illégalités ayant conduit au Brexit En juin 2016, au lendemain du vote pro-Brexit, Cadwalladr est envoyée en reportage à Ebbw Vale (en Galles du Sud) où le vote pro-Brexit a été parmi les plus hauts (62 % des votes). Elle connait la région ; adolescente, elle y a vu les effets sociaux de la fermeture des mines de charbon et des aciéries. Elle constate que la région a beaucoup changé depuis et se reconstruit, notamment grâce aux financements des programmes Interregs de l'Union européenne (qui ne sont pas secret puisqu'affichés auprès des grands projets qui en ont bénéficié). Elle s'étonne de trouver dans toute la ville des gens qui d'une part lui disent penser que l'Union européenne n'a rien fait pour eux et qu'ils veulent reprendre le contrôle (un des slogans des campagnes pro-Brexit) ; et qui d'autre part disent . Or en parcourant la ville, elle n'a rencontré ni immigrés ni réfugiés ; une Polonaise lui a dit qu'elle était presque la seule étrangère en ville. Les statistiques lui confirment qu'Ebbw Vale a l'un des taux d'immigration les plus bas du pays. Dans un premier temps elle est déconcertée car ce sont habituellement les tabloïds de droite qui attisent la peur ou la haine des immigrés, alors que cette ville est .
Une fois son article publié, une lectrice d'Ebbw Vale lui explique que c'est sur Facebook qu'elle a vu de nombreux messages effrayants sur l'immigration, notamment sur des flux de réfugiés qui allaient arriver de Turquie. Cadwalladr a essayé de retrouver ces messages électoraux mensongers, mais à cette époque Facebook n'archivait pas les contenus sponsorisés présentés aux internautes, ni sur ce qui avait été mis en avant dans leur fil d'actualités. Et Mark Zuckerberg, bien qu'officiellement questionné par 9 États refusait encore de leur répondre à ce sujet. Il était impossible de savoir . Cadwalladr décide donc d'enquête sur le rôle de Facebook dans le Brexit ; elle découvre, avec d'autres journalistes et chercheurs, que de multiples infractions ont eu lieu durant le référendum sur Facebook. Rappelant que la loi électorale anglaise actuelle a été votée en réaction au fait qu', elle observe que cette loi (qui a fixé un plafond de dépense par parti et a interdit aux partis de se concerter), est totalement dépassée car les opinions sur le référendum se sont presque entièrement forgées en ligne, et ajoute-t-elle, ..
Au fur et à mesure de son enquête, elle montre que de nombreux groupes conservateurs pro-Brexit apparemment sans liens entre eux (autre que leur objectif commun de faire sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne), et prétendant (dans un premier temps) ne pas connaitre Cambridge analytica, ont en réalité été créés pour contourner la loi électorale britannique, et tromper l'opinion publique. Dans une conférence TedX, elle présente cet évènement comme .. Grâce à un autre lanceur d'alerte (Shahmir Sanni)., la journaliste fait savoir que 9 entités (TaxPayers' Alliance, bureau de Peter Whittle (ancien chef adjoint de l'UKIP), Civitas, Adam Smith Institute, Leave Means Leave, Global Warming Policy Foundation, BrexitCentral, Centre for Policy Studies et Institute of Economic Affairs). se concertaient secrètement (le mardi) tous les 15 jours autour de deux stratèges politiques : M. Elliott et Dominic Cummings (le directeur officiel de la campagne pro-Brexit) et de plusieurs think tanks et groupes de pression, parfois créés ad hoc, à Westminster au 57 et au 55 Tufton Street.
Ces groupes ont mis en commun des moyens humains, techniques/numériques et financiers dans l'unique objectif de faire advenir le Brexit, ce qui était illégal car fait de manière concertée et en grande partie non déclaré à la Commission électorale, et en dépassant le plafond de dépense autorisé pour les deux grandes parties en présence (pour et contre le Brexit). Une partie de ces moyens financiers, de même pour les gros moyens informatiques (ex plateforme Ripon produite par AggregateIQ au Canada) avait en outre une origine et un contrôle extra-territoriaux, laissant suspecter des ingérences politiques et électorales (ou de lobbys industriels), interdites par le droit anglais dans tout contexte électoral. Enfin, une part importante des données numériques utilisées étaient des données personnelles et volées (par Aleksandr Kogan pour le compte de Cambridge Analytica, qui les a envoyé au Canada à AggregateIQ pour être utilisées par sa plateforme d'intelligence artificielle Ripon).En mai 2017, en s'appuyant notamment sur les données du lanceur d'alerte Wylie, elle publie un article intitulé comparant le Brexit à un grand cambriolage du Royaume-Uni par des puissances extérieures et inamicales ; elle y présente un écheveau d'indices reliant le Brexit aux soutiens politico-financiers qui ont porté Donald Trump au pouvoir, ainsi qu'à la Russie. Elle y démontre que ce « grand détournement » a utilisé l'intelligence artificielle, mais aussi le trollisme, de faux comptes (sur twitter, Facebook ou d'autres plateformes) et des bots nourris d'algorithmes ; le tout formant un système reposant notamment sur la construction, la diffusion ou l'attisement de discours de haine, de déni, de suspicion, et l'entretien de la colère ou d'oppositions par exemple contre des taxes européennes supposés injustes envers les anglais, ou contre des directives et règlements européens ou contre des technocrates présentés comme inutiles ou gaspillant l'argent des impôts anglais. Comme aux États-Unis dans le cas de l'élection de Trump, les fake news étaient souvent au cœur des changements psychologiques et d'opinion induits par ces campagnes d'un nouveau genre.