Comme dans de nombreux secteurs du spectacle vivant, la pandémie de Covid-19 a eu un impact significatif sur le secteur musical en 2020. Quantité d’événements musicaux (festivals, tournées de concerts, sorties d’albums ou remises de prix) se sont vus annulés ou reportés. La fermeture des commerces et la réduction de la mobilité a pour sa part affecté le flux des services de streaming. Si certains acteurs de l’économie musicale se sont tournés vers les solutions offertes par le web., quantités d’acteurs dépendant directement ou indirectement du secteur musical ont subi des effets économiques néfastes : la banque Nationale de Belgique estime le secteur des arts et activités récréatives le troisième le plus touché de Belgique par la pandémie avec une chute du chiffre d’affaires oscillant entre 75 et 85 % en 2020.

Contexte mondial En raison de la pandémie de Covid-19, les mois de février et sont marqués à l’échelle mondiale par la mise en place de mesures de confinement et la mise à l’arrêt de nombreux secteurs économiques et professionnels. Dès la fin du mois de , de nombreux artistes reprogramment les dates de leurs tournées ; suivent l’annulation massive et le report de grands festivals (Coachella, South by Southwest, Glastonbury Festival), et de nombreux concerts et tournées comme celles de Madonna, Elton John, BTS, Gims, parmi d’autres.. À quelques exceptions notables, contingentes à des accalmies locales de l’épidémie, des audiences réduites ou des expériences de concerts pilotes, la majorité des représentations musicales publiques seront annulées en 2020. À noter que l’Espagne investie rapidement dans du matériel sanitaire permettant à sa population de continuer de consommer de la culture, moyennant un protocole strict de distanciation et de mesures d’hygiène..

Reports et annulations ont d’importantes conséquences socio-économiques : au début de l’année 2021, une étude menée par la Musicians’ Union en Grande-Bretagne révèle par exemple que 34 % des musiciens envisagent d'abandonner l’industrie musicale en raison des pertes subies pendant la pandémie, tandis que près de la moitié de ses membres sont contraints de chercher une nouvelle occupation professionnelle et que 70 % n’exercent plus qu'un quart de leur travail régulier. Les artistes ne sont pas les seuls touchés : d'autres professionnels comme les employés de salles de concerts, les agents, les promoteurs et organisateurs d’événements, les fournisseurs, les studios, etc. subissent également de graves conséquences.. En , une étude de la National Independent Venue Association, estime que 90 % des lieux de musique aux États-Unis risqueraient de fermer définitivement sans aide financière substantielle des autorités fédérales. Toujours selon cette étude, cela a aussi un véritable impact négatif pour les artistes car les concerts représentent 75 % de leurs revenus.

Si certaines mesures de soutien sont mises en place aux États-Unis dans le cadre de la loi CARES (« Coronavirus Aid, Relief, and Economic Security Act ») ou le « Paycheck Protection Program », celles-ci sont par la suite accompagnées par la « Save Our Stage Act » qui permet aux entreprises de recevoir plus d’aides à un niveau national, budget qui sera approuvé le dans le cadre de la signature d’un “Stimulus Package”. En Europe, de nombreux pays accordent des budgets exceptionnels pour relancer le secteur de la culture comme l’Allemagne (1 milliard d’euros), la France (6,3 milliards) ou les Pays-Bas (300 millions). En Asie, la pandémie représente une opportunité pour les artistes locaux d'être mis en avant à la suite des restrictions des voyages internationaux empêchant la venue d'artistes occidentaux : cette tendance se remarque à Singapour, en Indonésie, en Chine et dans d'autres pays encore.

Lors de l’annonce du premier confinement en , les plateformes de streaming subissent une chute notable de leur flux habituel.. Spotify connaît ainsi une baisse de 11,4 % à travers le monde. Cette diminution serait due à la réduction des déplacements ainsi qu'à la fermeture des magasins, restaurants et cafés diffusant de la musique en streaming pour leurs clients.. Malgré cette baisse ponctuelle, la plateforme affiche sur cette période un bilan trimestriel à la hausse, de même que pour les trimestres suivants de 2020. Les diverses mesures de confinement mènent par ailleurs certains artistes à se produire en live streaming notamment à travers des réseaux sociaux, tels que Instagram ou Youtube, ou bien via de nouvelles plateformes qui ne sont pas initialement destinées à la musique live : c’est le cas du rappeur Travis Scott qui réalise une performance via le jeu vidéo en ligne Fortnite, et qui cumule plus de 12 millions de spectateurs..

Une série de festivals décident également de migrer sur le web ; d’autres voient le jour pour la première fois. La soirée musicale One World : Together at home, organisée par Lady Gaga, Global Citizen et l’OMS rassemble des dizaines d’artistes en streaming dans le but d’encourager la population à respecter les mesures de confinement et lever des fonds pour le personnel soignant. Cet évènement inspirera également des initiatives dans d’autres pays : en Chine, par exemple, le concert « Believe in the futur » sera organisé en ligne, ainsi que de nombreux autres. S'ils peuvent apparaître comme un pis-aller, les concerts en ligne pourraient toutefois avoir un impact positif sur les concerts physiques : d’après une étude de Caroline Golum sur les concerts en streaming, 67 % des spectateurs d’un concert en ligne seraient plus susceptibles d’acquérir un ticket pour un concert similaire en live..

Dès la fin 2020 et le début 2021, l’Australie et la Nouvelle-Zélande seront les premiers à organiser des concerts avec des mesures très restrictives pour le public. Il faut attendre pour que des concerts tests commencent à voir le jour dans d’autres pays : en France, c’est un concert d’Indochine qui a lieu pour permettre d’estimer les risques de contagion et le fonctionnement des mesures sanitaires mises en place. Ce mois de mai marque également le retour du Concours Eurovision de la chanson qui a été organisé aux Pays-Bas avec le respect de la distanciation sociale. L’été 2021 voit une lente reprise des représentations musicales en public mais leur annulation reste courante. : le festival Lollapalooza, par exemple, est maintenu aux États-Unis mais ses équivalents en France ou au Brésil attendront 2022 pour reprendre.. Suivant la législation des états et pays, la plupart des organisateurs demandent des preuves de vaccination ou de test négatif au covid-19 pour accéder aux concerts.

En 2022, les concerts reprennent à travers le monde : De nombreuses tournées et festivals sont annoncées..

Historique de la crise Au début du mois de , la Belgique commence à faire appliquer des mesures sanitaires afin d’endiguer la propagation du covid-19. Sophie Wilmès, provisoirement placée à la tête du gouvernement, annonce le confinement de la population belge pour le : les établissements du secteur culturel doivent donc fermer et annuler toutes leurs activités. Ce confinement est prolongé à plusieurs reprises jusqu'au , où certaines mesures sont progressivement levées.. Dès le début de la crise sanitaire, de nombreux travailleurs du secteur musical soulignent les difficultés d’ordre économique et organisationnel qu’ils rencontrent et ce même avant l’annonce officielle de l’interdiction des rassemblements de masse.

En effet, le , Sophie Wilmès avait avant tout recommandé une annulation des événements rassemblant plus de .. Le ministre-président de Bruxelles, Rudi Vervoort, décide toutefois d’imposer ces mesures de manière stricte au sein de la capitale mais, hors de celle-ci, les recommandations émises par Sophie Wilmès semblent encore difficiles à accepter. À Anvers, Bart de Wever se montre tout à fait opposé aux annonces gouvernementales en refusant de telles mesures tant qu'elles ne sont pas formulées clairement et objectivement et en soutenant le fait qu'il faudrait qu'une telle décision soit accompagnée de fonds d'indemnisation pour éviter une catastrophe économique dans le secteur..

Le , les ministres de la culture et des médias des pays de l’Union Européenne se réunissent pour la première fois de l’histoire en vidéoconférence pour reconnaitre que la culture fait partie des secteurs les plus touchés par la pandémie et trouver des solutions ensemble face à la crise de coronavirus . Finalement, l’enjeu du secteur est clair : éviter à tout prix une annulation en privilégiant les reports de concerts, solution financièrement plus raisonnable..

Le , la Ministre Bénédicte Linard rencontre, entre autres, les fédérations représentatives et les syndicats de la musique afin de participer à des groupes de travail et de définir les méthodes et moyens de s’adapter aux obligations sanitaires.. Toutefois, petit à petit, les reports de concerts laissent place aux annulations dans les salles de concert de la Belgique entière. Les festivals d'été ne se sont pas, eux non plus, épargnés par la crise. À la suite des mesures prises par le gouvernement le mercredi , la totalité des festivals belges se voient contraints d’annuler leurs éditions antérieures au ...

En effet, le reprise des activités musicales avec public sera normalement autorisée dès le , mais moyennant l’application d’une série d’obligations : public assis, deux cents spectateurs maximum par salle, sorties et entrées réglementées afin d’éviter la concentration de personnes, privilégier la réservation et la billetterie en ligne ou par téléphone, masque obligatoire et/ou distanciation physique. . Jan Jambon, alors ministre-président du gouvernement flamand, précise toutefois que cette mesure ne concerne que les festivals de grande envergure.. Effectivement, les représentations en extérieur seront autorisées dès le , mais sous conditions : deux cents spectateurs maximum par espace, éviter les attroupements, masque recommandé et/ou distanciation physique. Les mesures d’interdiction prises par le gouvernement suscitent des réactions mitigées. Certains organisateurs s’affirment soulagés de l’annulation de leur festival. D’autres émettent des inquiétudes quant aux conséquences financières des annulations.

Au début du mois de mai, la première phase de déconfinement est enclenchée. Les institutions culturelles telles que les théâtres et les cinémas peuvent rouvrir sous conditions à partir du : maximum cinquante personnes, respect des distances sociales, port du masque et désinfection des surfaces.. Le , les activités culturelles sans public, c’est-à-dire les répétitions et les enregistrements, peuvent reprendre mais il est de la responsabilité de l’employeur de désinfecter et d’adapter les zones de travail afin de respecter les mesures en vigueur . D'autres initiatives sont mises en place au cours de l'été et permettent aux artistes de se produire. Quelques concerts publics sont aussi organisés à cette période : en comité restreint du côté de Liège, ou sous forme de drive-in à Namur.

À partir du , le port du masque devient obligatoire pour toute personne âgée de plus de douze ans lors d’activités culturelles avec un public maximal de deux cents personnes, statiques, à l’intérieur, et quatre cents personnes statiques dans un espace ouvert. La distanciation physique est, quant à elle, obligatoire dans tous ces contextes . Toutefois dès le , le port du masque devient obligatoire dans tout endroit privé ou public à forte fréquentation . Puis, dès le , la jauge maximale de spectateurs autorisés descend à cent personnes en espace clos et deux cents personnes à l’extérieur .