L'élection présidentielle américaine de 2024 est la soixantième de l’histoire des États-Unis. Elle se tient le afin de désigner le président du pays, qui est élu au scrutin indirect, les électeurs américains désignant du collège électoral ().

Le candidat du Parti républicain, Donald Trump, déjà président de 2017 à 2021, obtient un nouveau mandat face à la vice-présidente sortante démocrate, Kamala Harris. Pour la deuxième fois de l'histoire américaine – après le précédent de Grover Cleveland, 132 ans plus tôt – un président est élu pour un second mandat non consécutif. Battu en 2020 après un premier mandat très clivant, notamment mis en cause pour son rôle dans l'assaut du Capitole, Donald Trump réussit son retour à l'occasion d’une troisième candidature présidentielle, après avoir été condamné en justice puis victime d'une tentative d'assassinat en pleine campagne.

Le , Donald Trump devient le président des États-Unis le plus âgé au jour de son investiture, devant Joe Biden.

Âgé de 81 ans, le président démocrate sortant, Joe Biden, avait, comme Trump, remporté les primaires de son parti, laissant augurer du même duel qu'en 2020. Mais en , il s'est retiré au profit de sa vice-présidente alors que les inquiétudes grandissantes autour de sa santé physique et mentale éclipsaient de plus en plus sa campagne. Désignée sans passer par des primaires, Kamala Harris, qui ne dispose que de trois mois et demi pour faire campagne, choisit Tim Walz pour colistier. De son côté, Donald Trump retient J. D. Vance.

Tandis que le vote anticipé prend des proportions considérables, comme en 2020, les sondages annoncent une issue serrée, y compris dans chacun des sept États charnière (swing states) – tous finalement remportés par Trump. Le retour au pouvoir de ce dernier est considéré comme un exploit politique sans précédent. Il l'emporte avec 312 grands électeurs contre 226 pour son adversaire, améliorant sa performance de 2016. De façon inattendue, il gagne également le vote populaire (49,8 % contre 48,3 %). Mais pour un candidat ayant remporté à la fois le collège électoral et ce vote, il s’agit de la plus faible avance, en pourcentage, depuis 56 ans et de la cinquième plus faible depuis 1900The Cook Political Report 2024 Presidential Election ResultsFondation Jaurès CNN Article dans Le Grand Continent ; c'est cependant la première fois qu'un républicain remporte le vote populaire depuis George W. Bush en 2004, Trump lui-même ayant été distancé lors de sa première élection. La participation s'élève au niveau national à 64,1 % des inscrits – soit la deuxième plus forte depuis 1908, après celle de 2020 – et atteint des records dans plusieurs États charnièreshttps://www.statista.com/statistics/262915/voter-turnout-in-the-us-presidential-elections/https://ballotpedia.org/Election_results,_2024:_Analysis_of_voter_turnout_in_the_2024_general_election.

Comme en 2016, Donald Trump obtient la majorité dans les deux chambres du Congrès, bien que celles-ci soient fragiles. À la Chambre des représentants, avec cinq sièges d'avance (sur 435) sur les démocrates, il s’agit de la plus faible majorité parlementaire depuis 1944 pour un président élu ayant remporté cette chambre.

Contexte Élection de 2020 L'élection présidentielle américaine de 2020 voit le candidat démocrate Joe Biden l'emporter sur le président sortant Donald Trump, qui refuse de reconnaitre sa défaite et encourage l'assaut du Capitole par ses partisans le , sans parvenir à empêcher la prise de fonction de Joe Biden.

Le , alors que le processus de transition présidentielle est lancé par son administration, Donald Trump persiste en effet à affirmer qu'il a gagné, son camp continuant à porter des accusations de fraude électorale visant notamment le vote postal. Il tente de contester les résultats de cette élection, mais sans apporter de preuves, ce qui entraine le rejet des recours auprès des tribunaux au niveau des États comme au niveau fédéral, y compris par la Cour suprême des États-Unis...

Le , alors que le Congrès est en cours de certification des votes des grands électeurs à Washington D.C., Donald Trump organise un grand rassemblement de ses partisans devant la Maison-Blanche et tient un discours incendiaire dans lequel il leur dit de se diriger vers le Capitole.. Une foule de ses partisans prend alors d'assaut le bâtiment, interrompant le processus, qui peut reprendre après plusieurs heures de chaos et déboucher sur l'annonce par le vice-président Mike Pence de l'élection du démocrate Joe Biden comme président des États-Unis...

Cet événement, considéré comme une insurrection ou une tentative de coup d'État, et qui cause la mort de cinq personnes, conduit au lancement d'une procédure de destitution contre Donald Trump pour « incitation à l'insurrection contre le gouvernement des États-Unis ». La majorité des deux tiers requise n’est pas atteinte lors du vote du Sénat, qui se tient après le départ de Donald Trump de la présidence, conduisant à son acquittement.

Présidence de Joe Biden La présidence Biden est marquée par les conséquences économiques de la pandémie de Covid qui provoquent une crise inflationniste. Sur le plan sociétal, l'arrêt de la Cour suprême Dobbs v. Jackson Women's Health Organization clive l'Amérique au sujet de l'avortement. Les élections de mi-mandat de 2022 sont décevantes pour les républicains, qui réussissent à prendre le contrôle de la Chambre des représentants, mais pas du Sénat. Au niveau international, le retrait d'Afghanistan, la guerre russo-ukrainienne et la guerre Hamas-Israël alimentent le débat. L'âge de Joe Biden est cité comme un facteur négatif.

Dans l'opposition, Trump, candidat républicain à la présidence pour la troisième fois consécutive après sa victoire en 2016 et son échec en 2020, reste toujours populaire auprès de l'électorat conservateur et domine les primaires républicaines...

Cependant, il suscite la controverse en raison de ses déclarations sur l'élection de 2020, qu’il aurait selon lui gagnée, sans des fraudes des démocrates, mais aussi des procédures judiciaires contre lui, qui ont débouché sur plusieurs procès et des dizaines de chefs d'accusation, une première pour un ex-président. Des États vont jusqu'à invoquer le quatorzième amendement pour empêcher sa candidature.

Une élection sous la forme d'un duel entre Trump et Biden aurait été la première depuis 1956 à opposer les mêmes candidats que la précédente.

Le climat électoral est marqué par une course serrée et un désenchantement notable chez les électeurs . Joe Biden et Kamala Harris subissent notamment la perte de confiance d'une partie du jeune électorat démocrate favorable à la cause palestinienne en raison de la politique américaine au Moyen-Orient, où le pays soutient Israël dans sa guerre contre le Hamas... Les procédures judiciaires de Donald Trump, sans précédent pour un candidat à la présidentielle, provoquent quant à elles la controverse. Condamné dans l’État de New York pour falsification de dossiers commerciaux, il devient le premier candidat à la présidentielle à se présenter en ayant été condamné au pénal..

Système électoral vignette|upright=1.4|Répartition des grands électeurs par États, fondée sur le recensement du peuple américain en 2020. En vert, les États ayant gagné des grands électeurs. En rouge, ceux en ayant perdu.

L'élection présidentielle américaine est une élection au suffrage universel indirect. Les citoyens électeurs américains élisent qui vont à leur tour voter chacun pour un candidat. Ces grands électeurs sont répartis à travers les différents États des États-Unis, selon une clé de recensement en partie démographique. Le nombre de grands électeurs d'un État est en effet égal au nombre de représentants et de sénateurs — deux par État. Pour l'emporter, un candidat doit remporter la majorité des électeurs, soit au moins 270. Chaque État reçoit autant de grands électeurs qu'il possède de représentants et de sénateurs au Congrès, soit respectivement et , auxquels s'ajoutent trois représentants du district de Columbia, donnant un total de 538..

Dans presque chaque État, la majorité relative au scrutin uninominal majoritaire à un tour suffit pour remporter la totalité des grands électeurs, à l'exception du Maine et du Nebraska, où une partie est désignée en fonction des circonscriptions électorales. De même, dans le Maine ainsi qu'en Alaska, le système utilisé est celui du vote à second tour instantané.

L'élection présidentielle de 2024 est la première à avoir lieu sur la base d'une répartition fondée sur le recensement de 2020.

Conditions d'éligibilité

Les conditions d'éligibilité à la fonction de président des États-Unis sont définies par le cinquième alinéa de la section de l' de la Constitution. Ne peuvent se présenter que les citoyens américains de naissance âgés d'au moins . Il faut en outre qu'ils aient résidé pendant au moins quatorze ans aux États-Unis. Les conditions de candidature du vice-président sont identiques, mais celui-ci ne peut être un résident du même État que celui du président.. Le mandat est de quatre ans, renouvelable une seule fois de manière consécutive ou non. La limite à deux mandats date du amendement de la Constitution des États-Unis, adopté par le Congrès en 1947 et ratifié en 1951. L'amendement est mis en œuvre à la suite de la rupture par Franklin Delano Roosevelt de cette règle des deux mandats, jusqu'alors tacitement respectée par les présidents successifs. Élu pour la première fois en , Roosevelt est en effet élu à un deuxième mandat en 1936, à un troisième en 1940 et à un quatrième en 1944.

Ainsi, trois des cinq anciens présidents des États-Unis encore en vie, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama, ne sont pas éligibles à cette élection, chacun d'eux ayant déjà effectué deux mandats. Les seuls anciens présidents américains qui seraient éligibles à cette élection sont Jimmy Carter, qui est devenu centenaire le , l'actuel président, Joe Biden, qui a décidé de se retirer de la course et Donald Trump. Ce dernier devient le second président américain, après Grover Cleveland, à réaliser deux mandats non consécutifs..

Candidats Parti démocrate

50x50px Ticket démocrate de 2024PrésidenteVice-présidentcentré|150px|Portrait de Kamala Harriscentré|150px|Portrait de Tim Walz. vice-présidente des États-Unis(2021-2025)Gouverneur du Minnesota(depuis 2018)centré|150px|Logo de la campagne Harris Walz.

Durant son mandat, le président sortant Joe Biden, membre du Parti démocrate, indique à plusieurs reprises qu'il souhaite être candidat à sa succession.. Il recueille de nombreux soutiens dans son parti et plusieurs candidats potentiels aux primaires (comme le gouverneur de Californie Gavin Newsom ou encore le sénateur du Vermont Bernie Sanders) annoncent qu'ils ne l'affronteront pas lors de celles-ci s'il présente sa candidature.

Biden publie le une vidéo dans laquelle il annonce officiellement sa candidature pour un second mandat... Il souhaite à nouveau prendre Kamala Harris comme candidate à la vice-présidence..

Marianne Williamson annonce sa candidature aux primaires démocrates en ... En , le membre du Congrès Dean Phillips annonce à son tour sa candidature..

Cependant, des problèmes de fatigue et de santé de Joe Biden apparaissent au cours de sa présidence, qui amènent l'électorat à s’interroger sur son âge et sa capacité à exercer un second mandat. Dès , en visite à Hanoï, il multiplie les moments d'absence et d'errements pendant une conférence de presse, écourtée par le porte-parole de la Maison BlancheRTS , tandis que ces déviennent de plus en plus fréquentes"Aux États-Unis, les gaffes de Joe Biden n’amusent plus personne". Article par Alex Pigman - Agence France-Presse, à Washington le 12 juillet