Germaine Le Lièvre ou Lelièvre, née Delamain le à Paris, morte le à Lardy en Seine-et-Oise, est une résistante française.
Pendant l'Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, elle réorganise des syndicats, mène des manifestations de protestation, est la créatrice et responsable de groupes de femmes résistantes dans sept départements du nord et de l'est, puis dans huit départements de l'ouest, notamment en Bretagne. Elle y est responsable de l'interrégionale femmes pour les FTPF, lance des journaux clandestins et des manifestations patriotiques, organise le ravitaillement des réfractaires au STO et des résistants.
Arrêtée, déportée à Ravensbrück, elle meurt peu après son rapatriement, des suites de sa déportation et de la marche de la mort.
Biographie
Germaine Louise Delamain naît le à Paris dans le arrondissement.. Elle épouse en juin 1931 à Lardy Eugène Le Lièvre.
Employée au Bazar de l'Hôtel de Ville où elle est mécanographe., Germaine Lelièvre se mobilise devant la montée des périls. Elle crée en 1938 une section du Comité mondial contre la guerre et le fascisme..
Dans la suite de cet engagement, elle entre dans la Résistance dès le début de l'Occupation. Elle réorganise des syndicats et met en place des comités féminins de protestation ; à la tête de plus de mille femmes elle mène l'attaque contre une entreprise commerciale ravitaillant l'armée d'occupation, rue Daguerre dans le , permettant l'approvisionnement dans les stocks réservés aux Allemands..
Sous le pseudonyme d'« Yvette », elle devient dirigeante provinciale des « Femmes Patriotes ». Elle établit les liaisons dans la zone Nord et organise des groupes féminins dans les Vosges, la Haute-Saône, le Doubs, la Haute-Marne, la Meuse, la Meurthe-et-Moselle et le Territoire de Belfort.
Elle participe aussi à l'activité de presse clandestine, rédigeant et diffusant les journaux clandestins à contenu patriotique.. Elle y encourage les femmes à conseiller à leur mari de refuser de travailler pour les Allemands et de plutôt rejoindre le maquis.
Germaine Lelièvre est ensuite envoyée en Bretagne et dans l'Ouest pour y continuer la lutte, sous son nouveau pseudonyme de « Danielle » elle y mobilise également les femmes pour participer à la résistance. Elle s'occupe des départements du Morbihan, des Côtes-du-Nord, de l'Ille-et-Vilaine, de la Manche, de la Sarthe, de l'Orne, de la Mayenne et de la Loire-Inférieure. Elle lance les journaux clandestins Marraines bretonnes et Patriotes bretonnes, organise le ravitaillement pour les réfractaires au STO et pour les FTPF de Bretagne.
Responsable de l'inter-régionale féminine de l'Ouest, elle effectue les liaisons avec l'état-major parisien des FTP et en rapporte subsides, armes de poing et faux papiers pour les maquis en Bretagne. Pour le , elle organise et suscite des manifestations patriotiques dans plusieurs villes, notamment à Dinard, Fougères et Pontivy, avec commémorations aux monuments aux morts.
Après une action à Sablé contre les Allemands, elle est arrêtée au Mans le par la Gestapo ou par la police du régime de Vichy qui la remet ensuite entre les mains de la Gestapo.
D'abord internée au Mans puis au fort de Romainville, elle est ensuite déportée au camp de Ravensbrück où elle arrive le . Elle est ensuite transférée au camp de concentration de Flossenbürg, affectée au kommando Zwodau formé de femmes forcées à travailler pour Siemens. Lorsque l'Armée rouge approche, les déportés entendent leurs canons, les Allemands s'enfuient en se servant des déportés comme bouclier humain. Ils les forcent à avancer dans une longue marche vers l'ouest, les battant et les harcelant. Au bout de de marche forcée, Germaine Lelièvre tombe sous les coups et la fatigue, elle est laissée pour morte. Elle est sauvée par les soldats de l'Armée rouge, qui la ramassent décharnée et sanguinolente. L'armée française la récupère et la rapatrie en France ; hospitalisée à Paris, à l'hôpital Bichat, elle ne peut être sauvée et meurt deux mois plus tard, le à Lardy en Seine-et-Oise.
Hommages
Une plaque commémorative en son honneur est apposée à Lardy dans l'Essonne. Une rue porte son nom dans la même ville.
Décoration à titre posthume (décret du )
Références
Bibliographie .
Voir aussi Articles connexes Résistance intérieure française Femmes dans la Résistance intérieure française Résistance en Bretagne
Liens externes
Catégorie:Résistante française Catégorie:Membre de Franc-Tireur (mouvement de résistance) Catégorie:Prisonnier au fort de Romainville Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Déporté à Ravensbrück Catégorie:Survivant de Ravensbrück Catégorie:Survivant du camp de concentration de Flossenbürg Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Naissance en avril 1911 Catégorie:Naissance dans le 14e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en août 1945 Catégorie:Décès en Seine-et-Oise Catégorie:Décès à 34 ans