vignette|redresse| Armoiries du comté de Ravensberg : d'argent aux trois chevrons de gueules, qui est aussi celui de la famille Eppstein. En héraldique, le chevron est la pièce honorableN. Viton de Saint-Allais, Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France, vol. I, p. 39, Chez l'auteur, 1816. ou de premier ordreL. Foulques-Delanos, Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason, Limoges, oct. 1816, p. 31. qui se présente comme deux branches inclinées en diagonale à droite et à gauche de l'axe vertical de l'écu, qui se rejoigne en une pointeL. Foulques-Delanos, Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason, Limoges, oct. 1816, p. 33. (en forme de compas à demi-ouvertL.-A. Duhoux d'Argicourt, Alphabet et figures de tous les termes du blason, L. Joly, 1899, p. 25. ou V renversé.), correspondant à la fusion d'une demi-bande et d'une demi-barre.
Forme et usage Position, origine, symbole Le chevron est normalement posé pointe en haut et ses branches touchent les bords de l'écu. La pointe se trouve généralement au point d'honneur (ou anciennement parfois jusqu'au sommet du champ). Ses branches ne doivent pas dépasser une largeur de 2/7 de la largeur de l'écuComte Alphonse O'Kelly de Galway, Dictionnaire archéologique et explicatif de la science du blason, Bergerac, 1901, p. 129..
thumb|gauche|upright=0.5|Blason de Battrans. Le chevron peut être rebattu jusqu'à trois fois, rarement plus car, à cause de leur forme qui occupe une grande partie du champ, les chevrons peuvent difficilement être répétés au-delà de trois. Sur l'image de gauche : De sinople à trois chevrons d'argent qui est de Battrans (Haute-Saône).
thumb|upright=0.5|Blason de Bully-les-Mines. Le pavage du champ par chevrons en nombre pair se nomme chevronné. Sur l'image de droite : Chevronné d’argent et de gueules de douze pièces qui est de Bully-les-Mines (Pas-de-Calais).
L'origine du chevron et son symbolisme (symbole de protection et de conservation, de vaillance guerrière, de constance et de fermeté) ont reçu différentes interprétationsL. Foulques-Delanos, Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason, Limoges, oct. 1816..
Chevronnel / étai Un chevron étroit est appelé chevronnel lorsqu'il est réduit à la troisième ou quatrième partie de sa largeurL. Foulques-Delanos, Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason, Limoges, oct. 1816, p. 43.. Le chevronnel est néanmoins parfois plus large, mais il reste par définition plus fin que le chevron.
Chez la majorité des héraldistes, le chevronnel est plus souvent appelé étai et les deux termes sont donc quasi-synonymes en héraldique. Toutefois, certains héraldistes comme L.-A. Duhoux d'Argicourt lui donnent un rôle particulier, à savoir qu'il ou un autre meuble. Dans son Alphabet et figures de tous les termes du blason (Paris, 1899)<refblason-armoiries.org" Un exemple de ces est l'écu ci-dessous, qui présente néanmoins une situation un peu différente de la définition d’ proposée par Duhoux (voir aussi le commentaire du blasonnement de cet écu). Il semble tout-à-fait minoritaire à affirmer cela, car la majorité des auteurs (Saint-Allais, de Boos, Fernon, Demange, Pastoureau) donnent à l'étai la simple définition de chevron réduit, parfaitement équivalent à chevronnel, donc, bien qu'il n'y ait pas de définition unanime concernant le degré de réduction.
Le chevronnel et l’étai sont ainsi parfois définis de façons légèrement différentes, sans qu'il y ait unanimité sur la question. L'un comme l'autre sont parfois utilisés comme meubles (en places ou nombre inhabituels par exemple), mais sans changer de nom, comme c'est aussi le cas pour l'écusson entre-autresEn effet, l'écusson, pièce honorable le plus souvent, est aussi parfois utilisé comme écusson-meuble, tout en gardant le même nom.. Mais en tant que synonyme héraldique de chevronnel (donc chevron fin), l’étai reste normalement classé parmi les pièces héraldiques.
L'étai est parfois employé au féminin : « une étaie », notamment par Nicolas Viton de Saint-Allais, qui en donne plusieurs exemples dans son Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France. Aussi cité dans . : voir la section « Étai » dans la Liste de pièces héraldiques. Pour lui,
Malgré les spécifications des héraldistes théoriciens cités ci-dessus, l'étai n'est pas toujours alésé et la largeur des figures correspondant à chacune de ces trois dénominations (chevron, chevronnel, étai) reste très variable dans les pratiques héraldiques. Enfin, leur forme étant identique, ces appellations sont souvent interchangeables dans les blasonnements (voir les exemples ci-dessous).
1. De gueules aux deux chevronnels jumelés d'or, accompagnés de trois annelets du même, qui est de Genay (Rhône). 2. D’azur au chevronnel d’argent accompagné en chef de deux gerbes de blé, et en pointe d’une croisette ancrée soutenue d’un arbre terrassé accosté de deux abeilles volantes, celle de dextre en barre et celle de senestre en bande, le tout d’or, au chef cousu de gueules chargé de deux léopards aussi d’or, qui est de Daubeuf-près-Vatteville (Eure). 3. Tiercé en pairle renversé : au premier de gueules à deux léopards d'or passant l'un au-dessus de l'autre, au deuxième d'or au tilleul arraché de sinople, au troisième d'argent à la gerbe d'or ; et à l'étai de sable pavé d'argent, brochant sur la partition, qui est de Barc (Eure). 4. De sinople au chevron versé d'argent chargé de deux chevronnels ondés d'azur, accompagné en chef du clocher du lieu d'argent, essoré et ajouré d'azur, en pointe à dextre d'une gerbe de blé d'or et à senestre d'une tour du même maçonnée de sable, qui est de de Vicq (Allier). 5. Mantelé au premier d'azur à une colombe fondante d'argent tenant en son bec une fleur de lys du même, au second de sable à une croix clêchée pommetée de douze pièces d'or emplie d'azur mouvant de l'échancrure du mantelé, à un étai d'or brochant sur la partition et la croix, qui est de Simon Dietz. 6. D’or aux deux étais de gueules rangés en fasce, la jambe senestre du premier et la jambe dextre du second passées en sautoir et unies à la croisure, la cime du terminée par une croisette pattée du même, celle du par une tour du même ajourée du champ ; la croisure cantonnée, aux flancs et en pointe, de trois flammes du même et en chef d’un écusson coupé de gueules à la fleur de souci d’or, et d’azur à l’épée d’argent qui est de Saint-Laurent-la-Roche (Jura). N.B. : il est à noter qu'ici (écu ) les étais et meubles les sommant sont unis, il y a deux figures fusionnées et non l'une “soutenant” l'autre : elles n'en forment finalement qu'une seule, un peu comme un chef-pal ou un chef-chevron par exemple ; à ceci près que le chef, le pal et le chevron sont des pièces honorables alors que la croisette pattée et la tour sont des meubles. Mais en tout cas ça n'illustre pas l'usage que Duhoux confère à l’étai de pièce “soutenant” un autre meuble, ce qui supposerait un trait le séparant du meuble soutenu. À la rigueur, pour l'écu , on pourrait suggérer que l’étai d'or brochant sur la partition et la croix intervient en “support” de la croix, d'autant qu'un trait sépare les deux ; et c'est peut-être à ce genre de configuration que pensait Duhoux et que pourrait s'appliquer sa définition (on ne peut plus le lui demander : son livre datant de la fin du ). Néanmoins, comme l'étai est brochant il est “posé” devant et par dessus la croix qu'il cache en partie, et non en dessous d'elle, il ne peut donc être considéré comme un soutien de celle-ci, d'autant que la croix est elle-même coupée par la partition du mantelé.
Attributs et modifications De nombreux attributs peuvent être associés au chevron, modifiant sa position ou sa forme. Comme par exemple, s'il se trouve posé dans une situation plus basse qu'à l'ordinaire, le chevron est dit abaissé. Une position fréquente est le chevron avec la pointe en bas : ce qui se blasonne renversé (parfois on dit seulement versé). Si le chevron est privé du carré formant la pointe, il est dit brisé, si une branche présente une interruption, il est dit rompuL.-A. Duhoux d'Argicourt, Alphabet et figures de tous les termes du blason, L. Joly, 1899, p. 26.. Si la pointe d'un chevron est “rabotée” horizontalement, il est dit écimé. Lorsque les bases du chevron ne touchent pas le bord de l'écu, il est dit alésé. De même, ses lignes de bordure peuvent prendre différentes modifications tels que crénelé, ondé, dentelé, ployé, engrêlé Exemples
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste de pièces héraldiques Chevron de front, un insigne spécifique honorifique belge Chevron de captivité, un insigne spécifique honorifique belge
Liens externes Bernhard Peter: Heroldsbilder: Gestaltung mit Sparren – Teil 1 ; Teil 6''
Catégorie:Pièce héraldique