La presse de diffamation ou les médias de diffamation est un phénomène journalistique au Maroc, où des sites et journaux liées aux services de sécurité (DGST/DGED) ou "Barlamane": Enquête sur une machine à salir - LeDesk (2017) jouent un rôle-clé dans les campagnes salissant la réputation de toute voix critique dans le pays, à travers des informations relevant d’affaires de mœurs, réelles ou fictivesAu Maroc, le climat répressif se durcit contre la presse - Le Monde (2021)Affaire Ziane : Le Conseil de la presse saisi au sujet des médias de diffamation - Yabiladi (2020)Maroc: des journalistes marocains se mobilisent contre les «médias de diffamation» - Le Figaro (2020).
Le principal objectif recherché par les renseignements est l'humiliation. Les publications sont aussi connues pour leur capacité à annoncer les arrestations imminentes de militants ou journalistes avant même leur communication officielleMaroc. Cette « stratégie sexuelle » qui lamine les journalistes - Orient XXI (2020). Les articles publiés par la presse de diffamation contiennent souvent des insultes vulgaires ou des informations intimes.
Ils divulguent par exemple des documents bancaires ou fonciers, des captures d’écran de messages électroniques privés, des allégations sur des relations sexuelles (ou des menaces de les exposer), l’identité de colocataires et des détails biographiques remontant parfois jusqu’à l’enfance, ainsi que des informations sur les parents des personnes cibléesAffaire Omar Radi : révélations sur les méthodes de la monarchie marocaine pour bâillonner la presse - L'humanité (2020).
Plusieurs supports médiatiques sont considérés comme faisant partie de ce genre de presse, notamment : Kifache TV, Barlamane, Le 360, Chouf TV, Al Ahdath Al Maghribia, et CawalisseAu Maroc, des dizaines de "médias" de diffamation financés par le régime - Courrier du Rif (2020).
Exemples d'affaires Affaire Omar Radi Entre le et le , Human Rights Watch a décompté plus de 136 articles attaquant le journaliste marocain Omar Radi, sa famille et ses défenseurs sur les sites marocains Chouf TV, Barlamane et Le360, dans leurs versions arabes et françaisesMaroc : Un journaliste critique poursuivi pour espionnage - Human Rights Watch (2020).
Affaire Karima Nadir Karima Nadir est une défenseuse des droits humains marocaine ; elle est membre du Collectif 490, un mouvement féministe qui œuvre pour abolir les réglementations sexistes dans le système juridique marocain.
En , Karima Nadir était la cible d'une campagne de diffamation sexiste qui se concentrait principalement sur son statut de mère célibataire dans le but de la stigmatiser.
En particulier, Chouf TV publie un article diffamatoire accusant Nadir de consommation d’alcool et de drogue pendant sa grossesse, la condamnant pour être mère célibataire et attaquant son travail de défense des droits des mères célibataires au Maroc. Le même article l'accuse également d’être une « mère négligente » parce que son fils ne porte pas le nom de famille de son père biologique.
L'article est ensuite envoyé anonymement à son fils âgé de 13 ans18 Novembre 2020 - Campagne de diffamation contre la défenseuse des droits humains Karima Nadir - Front Line Defenders.
Affaire Fouad Abdelmoumni En , l’économiste Fouad Abdelmoumni, ancien président de l’Association marocaine de défense des droits humains, militant de Transparency Maroc, est filmé, à son insu, dans son intimité. Il s'agit de scènes captées lors de relations sexuelles avec sa partenaire, avant leur mariage. Par la suite, les services envoient, anonymement, les sept vidéos à ses beaux-parents et plusieurs de ses proches.
Abdelmoumni dénonce ces pratiques qu'il nomme : Fouad Abdelmoumni : « Ces pratiques doivent cesser, sinon le Maroc va imploser » - Mediapart (2021).
Avant leur diffusion, ces vidéos ont été annoncées par le site de diffamation Chouf TV, réputé très proche des services de renseignement. Le site a menacé de le Fouad Abdelmoumni : « Ces pratiques avilissantes doivent cesser, sinon le Maroc va imploser » - L'Humanité (2021).
Mobilisation contre ces médias En , un collectif de 110 journalistes marocains a appelé, dans un manifeste, les autorités marocaines à prendre des mesures contre les . Le manifeste appelle notamment le ministère de la Communication, le Conseil national de la presse et le groupement des annonceurs du Maroc à prendre des contre ceux qui violent le code de déontologieAu Maroc, 110 journalistes se mobilisent contre les « médias de diffamation » - Le Monde (2020)Manifeste : Des journalistes marocains contre les médias de diffamation [Tribune - Yabildi (2020)]110 journalistes marocains dénoncent la prolifération de médias de diffamation - LeDesk (2020).
Voir aussi Makhzen Le 360 Chouf TV Barlamane Médias au Maroc Politique au Maroc
Notes et références
Catégorie:Presse écrite au Maroc Catégorie:Presse en ligne au Maroc Catégorie:Presse écrite en arabe