Steven J. Milloy est avocat, lobbyiste, auteur et commentateur de la chaine TV américaine conservatrice Fox News.
Parfois baptisé Junkman, et bien qu'il prétende ne jamais avoir été lobbyiste, ses liens d'intérêt financiers et organisationnels, étroits, avec l'industrie (industrie du tabac, industrie pétrolière-gazière, industrie des pesticides notamment), ont été démontrés, notamment à la suite de la publication des archives secrètes de l'industrie du tabac. Il a fait notamment partie du groupe de pression Advancement of Sound Science Center (dit TASSC, précédemment dénommé The Advancement of Sound Science Coalition), groupe créé par Altria (Philip Morris Companies Inc.) pour contrer la législation qui émergeait pour protéger les non-fumeurs du tabagisme passif. Milloy a été critiqué pour avoir constamment appuyé des affirmations fausses sur l'absence de risques pour la santé du tabagisme passif, avant d'émettre des doutes sur ces risques, tout comme il a ensuite contesté le consensus scientifique sur le réchauffement climatique. En tant que lobbyiste, journaliste ou individu, il a aussi dénié la dangerosité du DDT (qui selon lui aurait été interdit de la faute des écologistes, ce qui est un mythe qui persiste depuis ; en réalité un grand nombre de déprédateurs étaient devenus résistants à ce pesticide), du daminozide (ou Alar, un régulateur chimique de croissance des plantes), les implants mammaires, le tabagisme passif, le réchauffement climatique, la destruction de la couche d'ozone ou encore la maladie de la vache folle.
Milloy a dirigé le CSRWatch.com, site internet (aujourd'hui fermé) qui était consacré à surveiller, dénoncer et critiquer tous les mouvements encourageant la RSE (responsabilité sociétale des entreprises (ou sociale et environnementale)Mooney C (2005) Some like it hot. Mother Jones, 30(3), 36-94..
Des années 1990 à la fin de 2005, il a été chercheur associé au Cato Institute, connu pour son libertarianisme de droite, et pour avoir hébergé le site JunkScience.com, lequel a répertorié de nombreux liens vers des articles sur de nombreux problèmes environnementaux et de santé publique, accompagnés de commentaires édités avec l'aimable autorisation de Steven Milloy. Milloy est aussi chercheur associé dans le think tank et groupe de pression . Enfin, il dirige le Congressional Effect Fund (anciennement le Free Enterprise Action Fund), un fonds commun de placement qu'il contrôle avec Tom Borelli (ancien dirigeant de l'industrie du tabac).
Éducation, formation Selon sa biographie officielle, Milloy est titulaire d'un BA en sciences naturelles de l'université Johns-Hopkins, d'une maîtrise en sciences de la santé en biostatistique de la Johns Hopkins University School of Hygiene and Public Health, d'un doctorat en droit de l'université de Baltimore et d'une maîtrise en droit obtenu au Centre de droit de l'université de Georgetown.
Carrière Milloy s'est d'abord présenté comme étant « directeur des études de politique scientifique » de l'INPE (ou NEPI pour les anglophones) ; ce « National Environmental Policy Institute » (NEPI) a été créé en 1993, un peu plus d'un an après le Sommet de la terre (1992) de Rio de Janeiro. Ce NEPI a été fondé par deux élus du Congrès américain : Don Ritter (R-PA) et Dennis Hertel (D-MI)Legacy library ucsf Archives de l'industrie du Ttabac (Philip Morris Records) ; Source : https://www.industrydocuments.ucsf.edu/docs/[ID] ; auteur inconnu. https://www.industrydocuments.ucsf.edu/docs/zgjb0092. La majeure partie du financement initial de ce groupe de pression et de greenwashing provenait de l'association industrielle Occidental Petroleum, et d'autres compagnies pétrolières.
Ce lobby d'entreprises industrielles voulaient notamment s'opposer à certains aspects du programme de dépollution mis en place par le Superfund aux États-unis. La publication de NEPI : Science-Based Risk Assessment: A Key to the Superfund Puzzle, déclarait : . Steven J. Milloy du NEPI instille le doute en suggérant que la dépollution coûterait 60 % de moins si le programme se concentrait plus directement sur le risque lors de l'identification des remèdes appropriés.
Dans le même temps, Milloy travaille avec APCO & Associates (société spécialisée en sciences / relations publiques de Philip Morris), et en coulisses, il est le contact pour le nouveau TASSC et pour le développement d'une nouvelle entreprise de courrier électronique / informatique connue sous le nom de Issues Watch pour APCO. APCO a officiellement établi le TASSC le ; le budget pour la 1ère année complète de fonctionnement était de .
En 1994, selon son site Web, Milloy se présentait comme chef de projet du Regulatory Impact Analysis Project, Inc. pour le département américain de l'Énergie.
Le Cato Institute, où il était inscrit comme chercheur associé, a publié ses travaux de 1995 à 2005.
Milloy a commencé à publier une critique systématique de ce qu'il appelle « science-poubelle », en bénéficiant de son aura de président du Réseau d'analyse des politiques environnementales (Environmental Policy Analysis Network) en 1996.
L'emploi de Milloy par le groupe EOP Inc. (groupe de lobbyistes majeurs) remonte à avant 1995 ; ce groupe l'avait déclaré comme lobbyiste actif, « technique » ou autre. Il a notamment porté un dossier de lobbying au nom de « Fort Howard Corporation », de l'International Food Additives Council, de Monsanto Co. et d'Edison Electrics.
Le Competitive Enterprise Institute a également proposé à Philip Morris que Milloy et ses partenaires Michael Gough et Michael Fumento soient missions pour attaquer la FDA par le biais de rapports à la Chambre et au Sénat sur la réforme de la gestion des risques.
En mars 1997, Milloy a quitté le travail dans l'ombre pour devenir président de (TASSC), établi sous le gouvernement Garrey Carruthers du Nouveau-Mexique par Philip Morris, qui devint plus tard The Advancement of Sound Science Center. Il a des liens (à la fois via Philip Morris et Fox News) avec Rupert Murdoch et le groupe médiatique News Corporation. Il a été correspondant de Fox News de 2002 à 2009, et il est devenu directeur des politiques chez Murray Energy et a joué un rôle politique plus direct en étant membre de l'équipe de transition présidentielle de Donald Trump.
Milloy et la « Junk science » Milloy a en grande partie lancé le terme « science indésirable » dans le débat public.
Il le définit comme « données scientifiques erronées et analyses utilisées pour faire avancer des agendas spéciaux, souvent cachés», ou encore comme une .
Milloy affirme que «la « foule » de la Junk science comprend : Les Médias, qui … ,
Milloy applique fréquemment ce terme aux sciences du changement climatique, et à certaines controverses en matière de santé .
Des scientifiques et rédacteurs scientifiques tels que David Michaels affirment que Milloy et d'autres utilisent ce terme, presque uniquement pour .
Dans un éditorial de Chemical & Engineering News, le rédacteur en chef Rudy Baum a qualifié le site Web Junkscience.com de Milloy d'. Il a ensuite qualifié Milloy d' qui applique le terme Junk science à . Dans le même ordre d'idées, un éditorial de l'American Journal of Public Health a noté que .
Tabagisme passif Milloy fait partie de ceux qui ont le plus critiqué la recherche reliant tabagisme passif au cancer, affirmant que .
En 1993, Milloy a rejeté un rapport de l'EPA établissant un lien entre la fumée de tabac « secondaire » et le cancer comme étant « une blague ». Cinq ans plus tard, Milloy a estimé que son point de vue était juridiquement confirmé quand un tribunal fédéral a critiqué les conclusions de l'EPA (mais la conclusion de ce tribunal contre l'EPA a été annulée en appel).
Quand en 1997 le British Medical Journal a publié une méta-analyse confirmant ce lien, Milloy a écrit : . Et , selon lui. Lorsqu'un autre chercheur a publié une étude liant la fumée secondaire au cancer, Milloy a écrit qu'elle .
Liens avec l'industrie du tabac Lors de son séjour à FoxNews, Milloy a continué de critiquer les allégations selon lesquelles le tabagisme passif cause le cancer. Mais avec la publication de documents confidentiels de l'industrie du tabac dans le cadre de l'entente de règlement- cadre sur le tabac, l'objectivité de la position de Milloy sur le tabagisme passif a été remise en question. À partir de ces documents, les journalistes Paul D. Thacker, George Monbiot, et l'Union of Concerned Scientists et d'autres, ont montré que Milloy était en fait un défenseur rémunéré de l'industrie du tabac.
Le site Web junkscience.com de Milloy était relu et révisé par une société de relations publiques embauchée par RJ Reynolds Tobacco CompanyArchives de l'industrie du tabac : Rapport d'activité, R.J. Reynolds Tobacco Co., décembre 1996, describing input from R.J.R. Tobacco's P.R. firm into Milloy's junkscience website. From the Legacy Tobacco Documents Library at the University of California, San Francisco. Consulté le 5 octobre 2006 Milloy a également travaillé en tant que directeur exécutif de The Advancement of Sound Science Coalition (TASSC, créée en 1993 par Philip Morris et sa société de relations publiques « pour étendre et aider Philip Morris dans ses efforts sur les problèmes dans les États ciblés »). Une note de 1994 de Philip Morris présente le TASSC parmi ses . Et, selon son rapport annuel de 1997, le TASSC a junkscience.com.
The New Republic a rapporté que Milloy (présenté par Fox News comme journaliste indépendant) était sous contrat comme conseil pour Philip Morris jusqu'à fin 2005 ; à titre d'exemple : en 2000 et 2001, Milloy a reçu de Philip Morris pour des 'services de consultation'. Fox News a affirmé ne pas être au courant . L'association de Milloy avec le Cato Institute a pris fin peu de temps après, mais en , Milloy continuait d'écrire pour FoxNews.com qui le présentait toujours comme « expert en junk-science »FoxNews (2006) Milloy column on global warming, publié le 12 oct 2006, où Milloy est décrit comme "junk science expert" ; consulté le 16 octobre 2006..
George Monbiot a écrit : Climate Change: The Denial Industry, by George Monbiot. Published as an excerpt in The Guardian on September 19, 2006; accessed July 23, 2007. Thacker a écrit : .
Soutien au climatoscepticisme Milloy affirme d'une part que l'activité humaine a peu d'impact sur le changement climatique, et d'autre part que les réglementations visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre sont injustifiées et nuisent aux intérêts commerciaux.
Il a récemment offert un prix de à quiconque pourrait , en spécifiant que .
En novembre 2004, les conclusions du projet international d'évaluation de l'impact du changement climatique dans l'Arctique, dénommé ACIAACIA : de l'anglais pour Arctic Climate Impact Assessment ont été divulgués au Symposium scientifique international de l'ACIA tenu à Reykjavik en Islande, co-porté par le Conseil de l'Arctique et le Comité scientifique international de l'Arctique (IASCIASC, de l’anglais pour International Arctic Science Committee), ce travail a porté sur la variabilité du climat, le réchauffement climatique et l’augmentation du rayonnement ultraviolet et ses conséquences. Milloy a immédiatement discrédité les chercheurs en affirmant que ce rapport . Il fondait cette assertion sur le fait que la variation est naturelle, en se basant sur son interprétation d'un seul graphique isolé dans l'ensemble de la grande étude. James J. McCarthy (un des auteurs principaux de l'étude), a répondu que ceux qui adoptaient la position de Milloy . L'affirmation de Milloy a cependant été diffusée par divers lobbyistes dont le Competitive Enterprise Institute, contribuant à la fabrique du doute sur la véracité ou la gravité du réchauffement de la planète.