200px|vignette|droite|alt=Logo du Loto depuis le 4 novembre 2019|Logo du Loto depuis le 4 novembre 2019. Le loto est en France, outre un jeu de société, un jeu de loterie organisé par la Française des jeux, entreprise bénéficiant d'un monopole sur les jeux de hasard et de pronostics sportifs en points de vente physique.

Histoire Le renouveau de la Loterie nationale La création du Loto est signée le par un décret du Premier ministre, Jacques Chirac, « ce qui évite le débat parlementaire sur un sujet aussi brûlant que les jeux de hasard », le Loto étant sur le plan juridique Patrick Liegibel, « La dette des Gueules Cassées ou la création de la Loterie Nationale », émission Au fil de l'histoire sur France Inter, 20 janvier 2013. Elle répond au besoin de moderniser la Loterie Nationale créée depuis le pour venir en aide aux anciens combattants victimes de graves blessures et traumatismes sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.. Cette institution de plus de 40 ans se trouve alors en difficulté financière croissante et fortement concurrencée depuis 1954 par la création du tiercé... L'idée était présente depuis 1962 mais se heurtait à des résistances internes notamment de la part de l'Église dont l'influence sur la société française d'après-guerre est réelle et pour qui le jeu est vu comme acquis sans travail, en conflit avec le fait que l'humanité doit gagner, dans une interprétation littérale des textes religieux, ses ressources à la hauteur de ses efforts.. Néanmoins, par la suite, au fil des années, la position de l'Église contemporaine évolue. Elle voit davantage le jeu, placé sous le contrôle de l'État, comme une récréation légitime permettant la collecte de fonds pour des causes humanitaires ou autres à condition que le joueur s'y adonne de manière éthique et responsable.

Les acteurs du sauvetage de la Loterie nationale, notamment les émetteurs, s'organisent depuis 1974 dans un groupement d'intérêt économique, le Prelo. Ils comprennent qu'il est nécessaire de proposer un jeu plus attractif face au tiercé mené par le PMU.

Ils vont se heurter à trois difficultés importantes : l'État assujettit à son accord de principe l'interdiction de financement par les fonds publics. En parallèle, les établissements bancaires refusent également de financer le projet. Enfin, la publicité n'est pas autorisée par le Gouvernement.

L'Association des « Gueules Cassées », un des principaux actionnaires de la Loterie nationale de l'époque, injecte alors de francs, au lieu d'investir dans un hôpital, pour la création du Loto et proposent un terrain à Moussy le Vieux en Seine et Marne. pour construire le central informatique. En parallèle, le président de l'association de la Fédération nationale André Maginot, qui participe également au projet, est contraint de mettre en hypothèque son entreprise pour pouvoir financer le projet sans l'aide des pouvoirs publics..

Le modèle du loto français est issu du Nordwestlotto allemand, présent dans les Landers allemands depuis 1956 dans une version adaptée et qui finance également les victimes allemandes de graves blessures physiques.. Son initiateur est le secrétaire général de la Loterie Nationale Française, Maurice Caradet. sous l'impulsion des Gueules Cassées. Les bulletins sont alors vendus 20 centimes de franc.

Son modèle permet, à la différence de celui de la Loterie nationale basé sur un tirage au sort parmi tous les bulletins émis et avec des gains définis à l'avance, de permettre au joueur de choisir librement ses numéros. En outre, le gain pouvant ne pas être gagné, il augmente de tirage en tirage.

Le premier tirage a lieu au théâtre de l'Empire à Paris le . Le tirage était le suivant : 31 - 15 - 33 - 27 - 36 - 48, avec 34 comme numéro complémentaire, à la page des 18 et 19 mai., le tirage portant sur 6 chiffres sur les 49 potentiels du tirage. Il est limité à Paris et plusieurs grandes villes et seuls bulletins sont validés. pour le tirage alors que les organisateurs ont établi des prévisions sur 1 million de bulletins. Les tirages suivants, pendant les grandes vacances, voient leur nombre de bulletins validés plafonner à 100 000. Passés à 10 centimes, puis donnés gratuitement, les bulletins n'attirent pas la nouvelle clientèle espérée.

L'État, au vu des résultats catastrophiques remettant en question l'existence même de l'association des Gueules cassées et de la Loterie nationale à la limite de la faillite, autorise dès lors le Loto à faire usage de la publicité en . Parallèlement, le jeu est déployé sur l'ensemble du territoire métropolitain à l'été 1976. Le , qui fête la première année du jeu, le nombre de bulletins validés est de pour une estimation prévue de moins de .

Le , face au succès, la Société de la Loterie Nationale et du Loto National (SLNLN) est créée en une société d'économie mixte où l'État détient 51 % du capital et les détaillants 49 %. Elle rachète le terrain et les immeubles bâtis à Moussy-le-Vieux. Elle est dirigée par Maurice Caradet de 1979 à 1983. La Loterie nationale alors en retrait constant ne représente plus que 10 % du chiffre d'affaires de la nouvelle entreprise créée.

En 1984, grâce au lancement l'année précédente du jeu de grattage "Tac-O-Tac", la société redevient bénéficiaire. Le montant annuel joué au Loto est alors de de francs pour un nombre moyen de de joueurs et de bulletins validés et de mise moyenne. avaient obtenu la bonne combinaison permettant d'accéder au rang de millionnaire.

En 1988, l'État augmente sa part dans le capital à 72 % et la société devient France Loto. En parallèle, La Fédération André Maginot détient 4 % du capital et L'Union française des blessés de la face et de la tête (UBFT) (Les Gueules cassées) 9,23 % leur assurant un revenu qu'ils reversent à leurs adhérents respectivement de et d'euros. Cette situation restera inchangée jusqu'à la privatisation de la FDJ en 2020..

En , la Loterie nationale est définitivement arrêtée 67 ans et 1 mois après son apparition officielle sur décision de la FDJ.

En 1993, le Service gagnants de la Française des Jeux est créé afin d'accompagner les gagnants de plus d'un million d'euros du Loto et de l'Euro Millions.

Le loto aujourd'hui En 2011, le loto dont le montant des mises a été de 1,5 milliard d'euros, se voit dépassé par le système de grattage en termes de chiffres d'affaires qui permet au joueur de savoir s'il a gagné immédiatement, à la différence du jeu de tirage où il doit patienter quelques heures à quelques jours. Néanmoins, une adaptation permanente et de nouvelles règles visant à rehausser continuellement son attrait auprès des nouvelles générations de joueurs et joueuses vont moderniser le jeu tout au long de son existence (voir paragraphe différentes versions du jeu)..

Pour la première fois de son histoire, les ventes de la FDJ ont atteint en 2014 presque d'euros, soit une augmentation de d'euros. Ces chiffres prometteurs sont en grande partie le résultat des paris sportifs qui ont profité de l'impact de la Coupe du monde de football faisant augmenter les ventes de 20 % et du lancement du jeu au tirage . Le Loto n'a généré quant à lui que 1,5 milliard d'euros de vente. Alors que les autres produits de la loterie nationale affichent des chiffres records (hors Keno et jeux express), ce dernier reste stable. Il y aura eu 38 gagnants du loto en 2014.

La FDJ lance en 2015 une offre de jeu de loto en groupe. Les joueurs peuvent ainsi s'associer de manière officielle via un ticket spécial pour jouer à plusieurs.

Désireuse d'attirer de nouveaux publics et notamment la génération des personnes nées entre 1980 et 2000 ou Millennials, la FDJ instaure une loterie systématique parmi les joueurs sous la forme de 10 codes générés automatiquement gagnants de (50 codes sur les Super Loto et 100 codes sur le Grand Loto de Noël) et sélectionnés parmi les grilles jouées à chaque tirage permettant la création de gagnants supplémentaires par an avec une augmentation de la mise de ... Elle renoue de ce fait, avec le principe de la loterie nationale et son système initial de tombola.

Un Grand Loto de Noël est également instauré le avec un jackpot de d'euros minimum avec une mise de complété par 100 codes de tirés au sort parmi toutes les grilles jouées. Ce loto a la particularité de voir le jackpot réparti entre les gagnants de rang 1 puis, en leur absence entre les gagnants de rang 2.

Ces deux nouvelles formes du loto ouvrent la possibilité de davantage de redistribution. En effet, une étude menée par Opinion Way sur l'avenir du Loto dans 40 ans fait apparaitre un loto intégralement numérisé pour 56 % des sondés, plus collaboratif permettant le jeu et le gain à plusieurs pour 36 %, des gains beaucoup plus importants dans la même proportion et enfin vu comme plus solidaire avec un pourcentage reversé directement à des associations pour 32 % des interrogés. L'investissement prévu est de de 2017 à 2022 d'euros dont sont investis de 2017 à 2019.

La FDJ lance en une option Second Tirage, qui consiste en un second tirage de cinq numéros (sans Numéro Chance), avec une cagnotte à minimum pour le joueur qui aura trouvé les cinq bons numéros. La cagnotte est évolutive en fonction des mises et divisée entre l'ensemble des grilles gagnantes de rang . La mise est de mais n'est pas dissociable du tirage classique. En jouant pour le Second Tirage du Loto, la grille coûte au total. Les Seconds Tirages ne sont effectués qu'après les tirages réguliers (hors Super Loto et Grand Loto de Noël).

En 2026 l'option Joker + est renommé Numéro 7.

Diffusion télévisée Le Loto a d'abord été diffusé sur TF1 jusqu'en 1993. Deux tirages avaient lieu le mercredi soir et le samedi soir. On retrouve parmi les présentateurs qui se sont succédé Annie Poirel, Ève Biazzi, Virginia Crespeau, Jean-Marc Laurent et Patrice Clech. La machine employée était une Lantana, machine de tirage de l'entreprise française Ryo Catteau, entre 1976 et 1980, puis une Tulipe durant les années 1980, et une Stresa de 1990 à 2008, toujours du même fabricant. A noter que pour le premier tirage du Super Loto (le ), la machine utilisée était une Cristal, une machine à brassage pneumatique manufacturée par Editec Lotteries (un autre fabricant français de machines de loterie, maintenant connu sous le nom de WinTV).. Tous les autres tirages Super Loto jusqu'à 2008 emploieront une Stresa.

Le Loto est passé de TF1 à France 2 en 1993. Animée par une voix-off de 1993 à 1997, l'émission a ensuite eu divers présentateurs (le plus souvent des salariés de la FDJ) de 1997 à 2001 pour introduire et refermer le tirage. Lors des Super Loto, des présentateurs de France Télévisions ont présenté le tirage spécial (notamment Thierry Beccaro, Michel Drucker, Patrice Laffont, Julien Lepers, Olivier Minne, Pépita., Amanda Lear, Karine Le Marchand.). Dans les années 1990, le premier tirage avait lieu avant le Journal de 20h, et le second avant le programme du soir.

Accompagnés de Solange du Part et Didier Gircourt en voix-off, Valérie Payet et David Martin ont présenté alternativement le tirage du Loto de 2001 à 2008. Cette ère voit le passage à un décor virtuel et la présence de deux sphères de tirage identiques sur le plateau en même temps. Le programme était alors diffusé entre le Journal de 20h et le programme du soir. Les deux tirages étaient tenus pendant l'émission, entrecoupés par le jeu téléspectateur du Lotophone, et suivis du tirage du Joker puis du Joker + depuis 2006.

Sauf cas rares, le tirage du Loto se tenait en direct jusqu'en 2008.