Le régiment de Languedoc est un régiment d’infanterie du royaume de France créé en 1672 devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : création du régiment de Languedoc : renommé d’infanterie de ligne
Colonels et mestres de camp : N. Duvivier de Villandezet 1675 : N., marquis d’Issart : marquis Jean le Camus de Pusignanbrigadier le , † au siège de Londonderry en Irlande : marquis Antoine Louis de Pardaillan de Gondrin, d'Antin : marquis Jean François de Marillacbrigadier le , † : baron Pierre d'Arros d'Argeloslieutenant-colonel, il devient brigadier le , et est nommé colonel du régiment, pendant sa captivité, en récompense de sa bravoure à Hochsadt et de l'attention portée à ses compagnons d'infortune. † : comte Jean Armand d'Arrosneveu du précédent : comte Philippe Henri DuglasLe 24 novembre 1742, encerclé et assiégé à Leitmeritz avec un bataillon il faillit être tué par l'artillerie autrichienne. Il fut capturé le lendemain avec son unité et conduit à Brünn, en Moravie, et échangé en mai 1743. Il fut déclaré brigadier en par brevet expédié le , † : marquis Jean François Charles de Molette de Morangies : comte Claude Théophile de Boeil : marquis Louis Henri de Caupenne : marquis Guy Joseph de Donissan : marquis Pierre Jean de Las Cases : marquis Claude de Saint-Simon : Marie Alexis François Régis Regnauld : Pierre Elizée Ferrand de Rozeguillotiné en 1794
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Régiment Languedoc (1672-1791) Ce régiment, créé par ordonnance le 20 mars 1672, fut formé à partir de 13 compagnies du régiment Royal-Roussillon, qui avaient été transformées en 1661 en compagnies de garnison chargées de surveiller les places du Languedoc. Il a toujours été connu sous le nom de cette province.
Guerre de Hollande Engagé dans la guerre de Hollande, le régiment de Languedoc est porté à 20 compagnies à la fin de 1672. Il fait la campagne de 1673 à l'armée d'Allemagne.
En 1674, le nombre de ses compagnies fut porté à 30, réparties en 2 bataillons : Le , intégré avec le régiment de Champagne, se trouva à la bataille de Sinsheim et se distingua lors de l'attaque du village et du château du même nom. Il passa le mois de juillet à Saverne, puis rejoignit Turenne en septembre, et combattit à Ensheim avec le régiment d'Orléans et subit de lourdes pertes. Il participa aussi cette année-là au combat de Mulhausen. En janvier 1674, il se trouve à la bataille de Turckheim. Le resta pendant la campagne de 1673 à Grave, aux Pays-Bas. Il prit part à la fameuse défense de cette place et se distingua le 13 octobre lors de l'affaire de la porte de Fours. Après avoir quitté Grave, il passa l'année 1675 sur la frontière nord. Le continua de servir avec Turenne. Après la mort du maréchal, il se distingua lors du combat du pont d'Altenheim, puis participa au secours d'Haguenau et de Saverne. En février 1676, il était cantonné à Bouquenom sur la Sarre, et plus tard, il prit part à la bataille de Kokersberg.
En 1677, le régiment participa au siège de Valenciennes, puis entama celui de Cambrai avant d'être détaché, le 30 mars, pour aller renforcer l'armée de Monsieur devant Saint-Omer. Il assista à la bataille de Cassel, où il fut peu engagé, et acheva le siège de Saint-Omer.
En 1678, il prit part aux sièges de Gand et d'Ypres, combattit à Saint-Denis, puis rejoignit l'armée de Créqui en Alsace. Il contribua à la prise de Kehl, où le resta jusqu'à la destruction complète des fortifications, tandis que le participait aux combats autour de Strasbourg.
Guerre des Réunions Engagé dans la guerre des Réunions, le régiment de Languedoc participa activement au siège de Luxembourg en 1684. Le 13 mai, aux côtés de La Couronne, il s'installa sur le glacis du chemin couvert. Le 20 mai, une mine explosa au ravelin de Grump et la brèche devint praticable pour six ou sept hommes de front. Les grenadiers du régiment se lancèrent sur la rampe de mousqueterie et repoussa les défenseurs au-delà de la rivière. Le reste du régiment suivit de près et s'empara de la porte de Grump, fit abattre le pont-levis et prit possession des dehors. Le 30 mai, le régiment contribua à la prise de la coupure du vieux château de Münster.
Guerre de la Ligue d'Augsbourg En 1688 et 1689, durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, le régiment de Languedoc fit partie de la réserve de l'armée d'Allemagne, ce qui permit au colonel marquis Jean le Camus de Pusignan, ennuyé de l'inaction relative de son régiment, d'aller se faire tuer en Irlande au siège de Londonderry, sous les drapeaux de Jacques II.
En 1689, le régiment de Languedoc marcha au secours de Mayence.
En 1691, il fut envoyé dans les Alpes et prit part à une expédition qui obligea le marquis de Parelle à abandonner la vallée d'Aoste. Il participa ensuite à la conquête du comté de Nice et au siège de Montmélian, où le colonel Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin d'Antin fut blessé à la tête.
En 1692, le régiment de Languedoc est avec l'armée de Flandre et participe à la prise de Namur, à la bataille de Steinkerque et au bombardement de Charleroi.
Il quitte la Flandre le 12 juin 1693 pour suivre le dauphin Louis VI sur le Rhin.
De retour aux Pays-Bas l'année suivante, il reste d'abord au camp de Charleroi.
En 1695, il prend part au bombardement de Bruxelles.
Il passe la campagne de 1696 à Pottes sur l'Escaut.
En 1697, il sert sur la Meuse avec le maréchal de Boufflers, puis il est mis en garnison à Nancy, où il contribue à la destruction des fortifications.
En 1698, il se trouve au camp de Compiègne.
Guerre de Succession d'Espagne En 1701, le régiment de Languedoc est envoyé dans le pays de Juliers.
Le 27 avril 1702, un bataillon, après avoir franchi le Rhin en bateaux, réussit à entrer dans Kaiserswerth déjà assiégée, participe vaillamment à sa défense et se distingue particulièrement lors de la sortie du 22 mai. Kaiserswerth capitule le 15 juin et le bataillon se retire à Venlo...
En 1703, le régiment rejoint l'armée de Louis duc de Bourgogne, combat avec le régiment de Picardie à Ekeren et passe l'hiver à Trèves.
L'année suivante, il part avec le maréchal de Tallard en Bavière et se retrouve pris dans le désastre d'Hochstedt. Placée au centre de la troisième ligne, la brigade de Languedoc occupe le château de Bleinheim. Le colonel du régiment, Jean François de Marillac est tué, et la majorité des deux bataillons est faite prisonnière et envoyée à Ulm. Les clauses de la capitulation de Bleinheim sont violées, surtout à l'encontre du régiment de Languedoc, libéré seulement en juin 1707 après la prise de Schorndorf par le régiment de Champagne. Les magistrats d'Ulm, effrayés, relâchent alors les prisonniers, prétextant obéir à un ordre de l'empereur. Les rescapés s'étaient repliés sur la Moselle, formant un petit corps qui, en 1706, participe à la défense du Fort Louis et contribue aux prises de Drusenheim, de Lauterbourg et de l'île du Marquisat.
En 1707, ce corps suit le maréchal de Villars en Souabe et en Franconie, récupérant les prisonniers d'Ulm. Pendant sa captivité, le lieutenant-colonel Pierre d’Arros d'Argelos est nommé colonel du régiment, en récompense de sa bravoure à Hochsadt et de l'attention portée à ses compagnons d'infortune.
Le régiment de Languedoc resta sur les lignes de la Lauter jusqu'à la fin de la campagne de 1710.
En 1711, il débuta la campagne en Flandre, retourna en juin sur le Rhin et demeura en Alsace jusqu’à la fin de la guerre.
En 1713, il participa à la prise de Landau et de Fribourg.
En 1715, la paix étant signée le régiment fut réduit à un seul bataillon.
Guerre de la Quadruple-Alliance
Engagé dans le guerre de la Quadruple-Alliance, ce bataillon prit part à la campagne de 1719, à la réduction de Fontarabie et de Saint-Sébastien, ainsi qu'au blocus de Roses.
Guerre de Succession de Pologne En 1732, il rejoignit le camp de la Moselle.
L'année suivante, il participe au siège de Kehl.
En 1734, il combattit à Ettlingen et participa à la prise de Philippsbourg.
En 1735, il se trouve à la bataille de Clausen. De retour en France, il fut stationné à Thionville.
Guerre de Succession d'Autriche Intégré avec le régiment d'Auvergne dans la de l'armée de Bavière, il partit pour Donauworth en mars 1742, séjourna à Amberg, et envoya un bataillon en Bohême. Celui-ci se distingua au combat de Sahay et au ravitaillement de Frauenberg, avant de se replier à Prague, où il rejoignit l'autre bataillon. Le régiment joua un rôle actif dans la défense de Prague. Le 21 septembre, il prit part à l'attaque et à la prise de Plan. En octobre, un bataillon envoyé à Leitmeritz fut encerclé et assiégé par les Autrichiens. Le 24 novembre, leur artillerie ouvrit le feu, manquant de peu de tuer le colonel Philippe Henri Duglas, qui fut capturé le lendemain avec son unité et conduit à Brünn, en Moravie. Échangé en mai 1743, ce bataillon rentra en France en juillet, tandis que celui resté à Prague fut intégré au régiment de Piémont et suivit ce régiment lors de la retraite. Il repassa le Rhin en janvier 1743, fut envoyé à Lille et ne comptait plus que 25 officiers et 180 soldats. Les restes du corps furent réunis en un seul bataillon en juillet.
En 1744, le régiment de Languedoc est désigné pour une expédition en Écosse. L'entreprise échoue, et le régiment rejoint l'armée du maréchal de Saxe, participant aux sièges de Menin, d'Ypres et de Furnes, ainsi qu'aux manœuvres du camp de Courtrai.
En 1745, il commence sur le Rhin, revient en Flandre fin juin, et prend part aux sièges de Termonde et d'Ath.
En février 1746, il se trouve devant Bruxelles et occupe Anderlecht pendant le siège, puis combat le 10 octobre à Raucoux dans la brigade du régiment Royal. Réorganisé en deux bataillons par ordre du 13 novembre, il prend la route de la Provence.
En 1747, après la retraite de l'armée austro-sarde, il franchit le Var et contribue à la conquête du comté de Nice. Rappelé dans le Nord, il passe l'hiver et les deux campagnes suivantes à Douai, avant d'être réduit à un bataillon par l'ordonnance du 15 novembre, mesure annulée le 10 mars 1749 par l'incorporation dans le régiment de Languedoc du régiment d'Aunis, créé en 1684, devenu le du régiment.
Guerre de Sept Ans Le 3 mai 1755, le et une partie du embarquent à Brest pour se rendre au Canada. Les compagnies du , à bord du vaisseau Le Lys, sont capturées en mer par les Anglais, qui les conduisent à Halifax, en Acadie, puis en Angleterre. Elles sont échangées en 1758, et le part la même année en Allemagne. Présent à Haastembeck, il est mis en garnison à Minden, où il est fait prisonnier en 1758. Ses soldats ne retrouvent la liberté qu'à la paix en 1763.
Le , arrive au Canada, à Québec, le . Il participe en 1755 à l'expédition du Fort Carillon, sous les ordres de Jean-Armand Dieskau, pour secourir le fort Saint-Frédéric et, le 8 septembre, prend part à l'attaque du camp anglais au bord du lac Saint-Sacrement, puis le régiment est envoyé au Fort Carillon, qui était en construction. Le régiment est ensuite envoyé plus au sud pour participer a la bataille de Fort William Henry. En 1756, un détachement mené par le capitaine Duchat quitte fort Carillon le 15 mars, bloque le fort George et détruit installations et bateaux du lac. En janvier 1757, le capitaine Basserode défait complètement un détachement anglais entre les forts Frédéric et Carillon. En juillet, avec le régiment de La Reine, il forme l'aile droite des hommes que Montcalm mène à l’assaut du fort George. Le 8 juillet 1758, il combat brillamment aux côtés du régiment de La Sarre sous les murs du fort Carillon.