Ulpien , né entre 163 et 170 à Tyr et mort en 223 à Rome, est un homme politique et juriste romain du début du .

Biographie Ulpien est originaire de Tyr, né entre 163 et 170 selon les historiens modernes. Sa ville natale lui éleva une colonne avec une inscription honorifique qui résume sa carrière à Rome, Ulpien devait probablement être issu d'une bonne famille de citoyens romains, de rang équestre. D'après la peu fiable Histoire AugusteHistoire Auguste, Vie de Pescinius Niger, 7, 4.</ref>, il fut d'abord assesseur du préfet du prétoire Papinien, un autre juriste célèbre, de 205 à 211 sous Septime Sévère et Caracalla.

Après l'assassinat de Caracalla en 217, le nouvel empereur Élagabal le chasse de Rome. Son successeur Alexandre Sévère le fait préfet de l'annone, puis préfet du prétoire en 222 : il est le principal conseiller de l'empereur. L’Histoire Auguste le présente même comme le tuteur du jeune empereur<ref>Histoire Auguste, Vie de Alexandre Sévère, 51, 4..

Impopulaire auprès de la garde prétorienne pour avoir diminué ses privilèges, accordés par Élagabal, il fut tué à l'instigation de Marcus Aurelius Épagathus sous les yeux d'Alexandre Sévère au cours d'un soulèvement de celle-ci, probablement au printemps 223J. Modrzejewski et T. Zawadzki, « La date de la mort d'Ulpien… », montrent que l'assassinat d'Ulpien doit être daté de l'été 223 et non de 228..

Œuvres Son œuvre de juriste comporte : Ad edictum de longs commentaires de l'Édit du préteur ; Ad Sabinum sur Massurius Sabinus (traitant du droit civil) ; des traités sur les fonctions des différents magistrats ; les Institutes, ouvrages destinés à l'enseignement du droit ; la première table de mortalité connue., qu'on appelle en son honneur table d'Ulpien ; une série de traités sur des questions particulières.

Il est l'auteur le plus repris dans le Digeste de Justinien, avec six mille citations.

Certaines de ses formules sont renommées et furent beaucoup utilisées dans les siècles suivants : Jus est ars boni et aequi : le droit est l'art du bon et de l'équitable (phrase reprise à un autre jurisconsulte moins célèbre : Celse) ; Consequantur clarissimatus dignitatem : les juges et les avocats reçoivent la plus haute dignité ; Est quidem res sancissima civilis sapientia; sed quae pretio nummario non sit aestimanda nec dehonestanda : quaedam enim, tametsi honeste accipiantur, inhoneste tamen petuntur : c’est une chose sainte, en vérité, que la science du droit, mais elle n’est pas à estimer à flétrir contre de l'rgent : il est des choses qu’une personne peut accepter, sans jamais les demander avec honneur ; Quod principi placuit legis habet vigorem : ce qui plaît au prince a force de loi ; Princeps legibus solutus est : le prince est délié des lois ; Quaedam tametsi honesti accipiantur inhonesti tamen petuntur : si les avocats peuvent accepter honnêtement des honoraires ils ne peuvent décemment pas en demander ; Nuptias enim non concubitus, sed consensus facit : la validité du mariage tient non pas au fait qu'il soit consommé [ou non], mais en son consentement mutuel.. Cette citation est reprise par l'empereur Justinien dans son Digeste, dans un chapitre consacré au mariage. Imbecillitas sexus : expression désignant le sexe faible ; Feminae ab omnius officiis civilibus vel publicis remotae sunt : les femmes sont tenues à l'écart de toutes les fonctions publiques et civiques. Cette déclaration fut utilisée encore en 1928 pour justifier l'inégilibilité des femmes au Sénat du Canada, dans le premier volet de l'affaire « personne » et pour en conclure que les femmes n'étaient pas des personnes, au sens de la loi constitutionnelle. Dura lex, sed lex : la loi est dure, mais c'est la loi. Il aurait été le premier à employer cette fameuse phrase.

Il propose trois distinctions majeures du droit, reprenant ainsi la distinction d'Aristote : le droit naturel, qui réside dans tout ce que la nature a apporté aux êtres vivants (sans distinction) ; comme le mariage, la procréation, l'éducation des enfants ; le droit des gens, ou droit des peuples (jus gentium) est utilisé par les peuples (ce droit n'appartient qu'aux êtres humains) ; le droit civil (droit des citoyens romains).

Législation Dans la Loi des citations (426), il est mis, avec Papinien, Gaïus, Paul, et Modestin, au rang des cinq juristes dont les avis conservés étaient considérés comme décisifs. Ces cinq juristes sont également cités comme sources principales du Code de Théodose II et du Code de Justinien.

Le droit et la justice vus par Ulpien

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie .

Félicien Monnier, La création des moyens prétoriens dans l'oeuvre du jurisconsulte Ulpien - interdits, actions, exceptions, in integrum restitutiones, éditions Schulthess, Genève/Zurich 2020.

J. Modrzejewski et T. Zawadzki, « La date de la mort d'Ulpien et la préfecture du prétoire au début du règne d'Alexandre Sévère », Revue d'histoire du droit, XLV, 1967, .

Liens externes

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