Djidji Ayokwe ou Djidji Ayôkwé qui veut dire « Panthère-lion » est un tambour mythique des Ébriés — appelés aussi Tchaman ou Atchans — peuple de la Côte d'Ivoire. Il est confisqué par les colons français en 1916 et conservé au musée du Quai-Branly à Paris. Ce tambour dit « parleur » émet des sons variés utilisés pour transmettre des messages entre localités et villages près d'Abidjan. C'est un outil de communication très utile à la résistance contre les colons au début du .
Histoire
La légende du tambour L'instrument est destiné à transmettre des indications ou des ordres à caractères politiques ou économiques. Selon la tradition orale des Tchaman du Goto Bidjan, en 1916, l'administrateur des colonies Simon reçoit l'ordre du gouvernement général de « pacifier » le pays qui - à maintes reprises - résiste aux autorités françaises d'occupation.
Il organise des expéditions punitives contre les villages « rebelles ». À chaque opération, les troupes coloniales et ses milices locales découvrent que les Bidjan sont informés des opérations et unis pour défendre le village attaqué.
Le rôle du tambour Djidji Ayokwe dans la résistance des Tchaman est découvert plus tard. Simon organise en 1916 une expédition punitive contre Adjamé, lieu où est entreposé le Djidji Ayokwe. Avertis, les Tchaman défendent leur bien. Cependant, mieux armés, recevant du renfort du camp des gardes d'Abidjan, les militaires de Simon enlèvent le tambour et coupent ainsi la communication des peuples résistants. Il réalise par la suite la « pacification » des villages soumis. Par la suite, les clans (Mando) se soumettent à l'autorité d'occupation.
Expropriation Le tambour fait partie des 148 objets qui doivent être restitués à la suite du rapport Savoy-Sarr...., dont la Côte d'Ivoire demande la restitution......
Le , la ministre française de la Culture, Rachida Dati, et la ministre de la Culture ivoirienne Françoise Remarck, signent toutes deux une convention de dépôt du retour du tambour au musée des civilisations de Côte d'Ivoire, à Abidjan.. Le , les sénateurs français se prononcent sur une proposition de loi devant permettre le retour en Côte d’Ivoire de l'objet. Le projet de loi est adopté à l'unanimité en première lecture. La XVIIe législature se saisit ensuite du projet de loi et le , l’Assemblée nationale française adopte à l'unanimité une loi portant sur la déclassification du tambour parleur « Djidji Ayokwe » des collections publiques françaises, dans le but de le restituer à la Côte d’Ivoire.
Cette restitution est entamée le , 110 ans après sa confiscation, lors d'une cérémonie au musée du quai Branly en présence des ministres ivoiriennes et française de la culture et de la ministre française en charge des Partenariats internationaux, Éléonore Caroit. Il est destiné au tout nouveau musée des civilisations de Côte d'Ivoire, dont le directeur Tagro Gnoleba attends son arrivée officielle le .
Le tambour a été définitivement restitué à la Côte d'Ivoire le lors d'une cérémonie à Abidjan.
Description et caractéristiques Le Djidji Ayôkwé est un tambour sculpté en bois d'Iroko, en pièce unique de de long pesant ..
Il a une fente longitudinale située sur la caisse de résonance cylindrique monoxyle, prolongée, de part et d'autre, par deux planches de longueur inégale ; l'une sert d'appui à une sculpture représentant un léopard s'élançant vers le bord de la caisse de résonance. Des visages sont sculptés en bas relief sur les extrémités du tambour. Le fond et la caisse est divisé en deux sections d'épaisseurs différentes. Les parois du corps de l'instrument sont ornées de motifs géométriques peints..
Le chiffre 4 revient à plusieurs reprises dans la sculpture. Ce chiffre renvoie aux quatre villages bidjan, notamment Bidjanté (actuel Attécoubé), Bidjandjèmin (actuel Adjamé), Cocody-village et Bidjan-Santé, qui forment la commune d'Abidjan..
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie Manuel Valentin, Les nouvelles de l'archéologie, , , , , consulté le Emmanuel Pierrat, Faut-il rendre des œuvres d’art à l’Afrique ?, Gallimard, 290 pages lire en ligne consulté le )
Catégorie:Sculpture en bois Catégorie:Sculpture du XIXe siècle Catégorie:Culture en Côte d'Ivoire Catégorie:Restitution