Les accents français régionaux du Canada sont les différentes variétés de prononciation de la langue française parlées dans les régions francophones du Canada. Ces accents se sont développés au fil des siècles depuis la colonisation française de l'Amérique du Nord au , sous l'influence de divers facteurs historiques, géographiques et socioculturels.

Ces accents présentent des variations phonétiques, prosodiques et lexicales qui les distinguent non seulement du français standard européen, mais aussi les uns des autres. Ils constituent un élément important de l'identité culturelle des communautés francophones du Canada et font l'objet d'études linguistiques approfondies.

Le Canada francophone compte une trentaine d'accents régionaux... Le nombre exact est toujours débattu. Ces accents principaux peuvent aussi avoir des sous-accents.

Alberta et Saskatchewan Prairien Le français n'a jamais été une langue d'importance en Alberta ou en Saskatchewan, car il n'y a jamais eu d'épisode de colonisation française ici. Malgré cela, il existe une population d'environ et Franco-Albertains qui portent un accent prairien. Ces gens descendent principalement d'immigrants européens et canadiens français qui ont colonisé l'ouest durant les années 1800 et 1900.. C'est avec le temps, l'isolation, et le mélange de caractéristiques européens et américains que le français prairien émergea.

Le français prairien possède quatre sous-accents. Ces sous-accents sont ceux de Rivière-la-Paix (porté à Rivière-la-Paix, Saint-Isidore, Donnelly, Falher, Girouxville, etc.), Edmonton (porté à Edmonton, Beaumont, Legal, Morinville, etc.), Alberta-Est-Saskatchewan-Nord (ex. Bonnyville, Saint-Paul), et du Sud Saskatchewanais (ex. Gravelbourg, Ponteix). Le français prairien est fortement affecté par les hauts taux d'assimilation et d'immigration dans ses provinces... Locuteurs Caractéristiques Les "r" prononcés de façon différente, voyelles raccourcies chez les verbes Glossaire canté= se coucher criard=klaxon cotteur=bord de route afin d’être=afin d’expliquer un peu forcaille=il fallait Phrases Quelqu’un a fait de moé un gros buotte prime en’m forçant tourniquetter (quelqu’un m’a fait lever du pied gauche en me faisant sauter du lit) D’abord, afin d’être, pas loin à deux coins (D’abord, pour expliquer un peu… pas loin de chez moi… ) Exemplaires Claudette Tardif- sénatrice

Manitoba Franco-Manitobain/ Manitobain

Le français au Manitoba peut retracer ses origines à 1738. À cette date, l'explorateur La Vérendrye arriva du Canada avec son groupe de traiteurs et voyageurs à Saint-Boniface. Certains de ces Canadiens français s'y sont installés de façon permanente et se sont métissés avec la population autochtone locale, créant des descendants métis francophones. Ces descendants développèrent une identité partagée forte et ont formé la Colonie de la rivière Rouge (le précurseur de l'État manitobain). Au début des années 1800, une pluralité des habitants avaient le français comme langue maternelle. Le français avait tant d'influence qu'une langue mixte, le métchif, émergea. Mais, vers la fin des 1800, le Manitoba vécut une forte immigration anglophone. À cause de la perte du poids démographique des francophones et des mouvements anti francophones par les Anglais, le français fut dérobé de son statut officiel. Par la suite, plusieurs francophones se sont assimilés à l'anglais..

Au , malgré tout, le français manitobain vit encore et il est parlé par environ . Il existe quatre sous-accents : ceux de Saint-Boniface, La Rouge, La Seine, et La Montagne. Celui de Saint-Boniface porte certaines influences du français standard européen. Celui de La Rouge a plus d'influences métis. Certains Franco-Manitobains peuvent souffrir d'insécurité linguistique après leurs interactions avec des Québécois car leur accent n'est pas bien connu au Québec.

Exemplaires : Saint-Boniface

Ontario La majorité de la présence Franco-Ontarienne se retrouve à l’Est et au Nord-est de la province. Puisqu’ils partagent un ancêtre commun, les accents de ces régions ressemblent à celui du Nord-ouest québécois.

Estontarien/ Est Ontarien vignette|364x364px|droite|La région où est porté l'accent estontarien. Au , certains Québécois sont déménagés dans l'Est Ontarien - pas loin de la frontière - y installant le français. Ils ne se sentaient pas séparés du Québec et eux et leurs descendants continuaient de vivre comme s'ils étaient au Québec. Ils ne sont venus qu'à constater qu'ils étaient une minorité vulnérable en 1912, lorsque le gouvernement ontarien passa le , une loi mise en vigueur pour assimiler la population grandissante de francophones (qui, en 1912, constituait 10 % des Ontariens). Les francophones de l'Est ontarien ne sont aussi venus qu'à se séparer psychologiquement des Québécois lors des années 1960 à cause de la naissance du nationalisme québécois et du mouvement souverainiste ; ces idéologies les excluent. Contrairement à ce qu'on voit souvent au Nouveau-Brunswick, les francophones d'ici n'ont pas une identité régionale forte..

Cet accent est porté dans tous l’Est ontarien, mais on peut principalement l'entendre dans les comtés unis de Prescott et Russell et dans le côté est d’Ottawa. On le trouve à Orléans, Vanier, Rockland, La Nation, Alfred, L'Orignal, Casselman, Cornwall, et Hawkesbury, parmi bien plus. L'accent de l'Est ontarien porte plusieurs influences de l'anglais.

Bien que l'accent estontarien soit porté par plus de et qu'il soit l'accent régional le plus populaire hors-Québec, il est peu connu par les Québécois..

Locuteurs Caractéristiques Fait des paroxytons Glossaire une traite= une gâterie consistant=cohérent Phrases Ca regarde bien! (Les choses vont bien! ) So, tu parles tu du char ou de la maison? (Alors, parles-tu de l'automobile ou de la maison?) Exemplaires Hawkesbury, Orléans

Nord-Est vignette|200px|droite|Cette région est parfois appelé le Nouvel-Ontario. Durant la Grande Hémorragie, plusieurs Québécois à la recherche de terres et d'opportunités sont déménagés au Nord-Est de l'Ontario pour travailler dans les mines nouvellement ouvertes.. L'accent qui a évolué depuis est retrouvé à Sudbury, Hearst, Kapuskasing, Cochrane, Timmins, Iroquois Falls, et Kirkland Lake, parmi d’autres. Locuteurs Caractéristiques Glossaire truie=chaudière Phrases Il va recevoir son bleu (Il va être congédié) Exemplaires Hearst, Sudbury

Windsor Vu la prépondérance écrasante de l’anglais au sud de l’Ontario, la présence de français à Windsor pourrait en surprendre plusieurs. En effet, le français d'ici date de loin : de la fondation de Détroit en 1701. Ses cousins les plus proches sont le français montréalais et le français du Pays des Illinois; en Nouvelle-France, Détroit était le point médian entre Montréal et le Pays des Illinois.. L'accent de Windsor est maintenant en voie d’extinction à cause de l’assimilation de ses francophones à l'anglais ou au Québécois standard. On estime qu’il serait encore porté par quelques milliers de locuteurs. L’ancien Premier ministre Paul Martin portais cet accent.

Exemplaires : Paul Martin

Québec

La présence du français au Québec date des années 1600 lorsque les premiers colons français se sont installés en Nouvelle-France, à Québec. Puisque ces colons provenaient en grande partie des provinces françaises de l’Ouest et du Nord, ils parlaient généralement leurs langues régionales de la famille des langues d'oïl (plus spécifiquement, le gallo, normand, picard, poitevin et saintongeais). Vu la nécessité de se comprendre, les colons ont « unifié leurs patois », ce qui veut dire qu'ils ont créé un nouveau français qui agissait comme langue véhiculaire et qui portais certaines caractéristiques des langues d'oïl. Ce français fut influencé par des langues algonquiennes puis il évolua sur les bases de la cour de France, du fait de l’arrivée des filles du Roy qui inculquaient le français du roy.

La conquête britannique de 1759 bouleversa l’évolution du français canadien en coupant les liens avec la France et en introduisant une forte influence anglaise. Puis, au fil des centenaires, à cause des grandes distances entre les francophones, du manque d’éducation et des différents modes de vie, plusieurs accents régionaux se sont éventuellement développés.

Depuis le , il y a une forte tendance vers l’homogénéisation à cause de nouvelles technologies qui réduisent l’isolation linguistique, comme la radio, la télévision, l’internet et les téléphones cellulaires. Les changements politiques et culturels qui ont eu lieu durant la révolution tranquille (ex. création du Québécois standard et de l’OQLF) ont aussi eu un impact puisqu’ils encouragent l’assimilation à un accent considéré « acrolecte » et l’abandon de traits considérés « basilectes » comme les calques de l’anglais....

Québécois standard Le québécois standard est un français artificiel d'origine québécoise créée durant le . Il est le français typiquement utilisé par des animateurs de radio, de nouvelles et d'émissions. Au fil du temps, plusieurs régions québécoises ont perdu leurs excentricités locales et se sont modelé un accent qui concorde avec le québécois standard. Il est ainsi devenu aujourd'hui le deuxième accent le plus populaire au Canada, étant porté par 1,5 à de personnes. Il prédomine en Outaouais et au Centre-du-Québec..

Nord-ouest Cet accent existe toujours dans certaines localités du Nord-ouest du Québec. Il est en train de s'affaiblir et de se faire remplacer par le Québécois standard. C'est pourquoi cet accent est souvent plus prononcé dans les petits villages que dans les villes. On le retrouve dans les environs de Rouyn-Noranda, Témiscaming, Abitibi et Val-d'Or, parmi d'autres localités du Nord-ouest québécois.

Exemplaires : Témiscaming

Grand Montréal

L'accent des habitants du Grand Montréal est de loin l'accent régional le plus populaire au Canada puisqu'il est porté par plus de de personnes.

Exemplaires : Infoman

Laval-Montréal-Est Cet accent urbain se fait entendre sur le côté est de l'île de Montréal ainsi que sur l'île de Laval. Il est porté par environ .

Exemplaires : Est de Montréal, Gilles Latulippe-humoriste, Personnages du film Mommy

Mauricie Porté à Shawinigan et dans les localités environnantes. L'ancien premier ministre Jean Chrétien portais cet accent. Il est porté par environ .

Exemplaires : Jean Chrétien

Estrie L’accent de l’Estrie a été influencé par l’anglais pendant plus de , ainsi que par la présence d’Irlandais. Il s'affaiblit et pourrait se faire remplacer par le québécois standard dans les décennies à venir. Porté par . Il y a ici une tendance à nasaliser les voyelles avant un n.

Exemplaires : Sherbrooke

Beauceron vignette|300px|droite|Localisation de la Beauce avec la rivière Chaudière qui la traverse. L’accent parlé par les Beaucerons, les habitants de la région historique et culturelle de Beauce. La Beauce fut fondée en 1739, lorsque les anciennes seigneuries des années 1600 commençaient à déborder. L’accent commença à se développer peu après sa fondation puisque la Beauce était pas mal isolée - voyager à Québec prenait une semaine à cheval... Locuteurs Caractéristiques Utilisation du préfixe « dj » pour certains mots Glossaire Zibar=le fait d’être étonné Bottes à douilles= bottes de pluie Leu ben= salut bien Tennis=espadrilles Culturé=cultivé Scèner=surveiller Phrases Y farme pas étanche (Quelqu’un qui manque de contenu, de substance) Fait pas ta neuve (Fait pas ta princesse) J’ai souef dans dgeule (J’ai soif pour boire de l’alcool) J’ta veille de vêler (Je vais être malade) Y manque un bardeau (Il n’a pas toute sa tête) Exemplaires

Québec-Charlevoix