Abbas Araghtchi , né le à Téhéran, est un diplomate et homme politique iranien, négociateur principal de l'accord nucléaire de 2015 (JCPOA) entre l'Iran et le groupe P5+1 et depuis 2024.

Biographie Jeunesse et formation Araghtchi naît dans une famille conservatrice et religieuse de commerçants à Téhéran. Comme de nombreux jeunes Iraniens, il participe volontairement à la guerre Iran-Irak (1980-1988), expérience qui marque sa vision du monde, notamment dans le domaine militaire. Par exemple, il affirme lors d'une conférence en 2018 :

Après la guerre Iran-Irak, il rejoint le ministère des Affaires étrangères iranien et obtient une licence en relations internationales à l' du ministère. Il poursuit ensuite un master en sciences politiques à l'université islamique Azad de Téhéran (1991), avant d'obtenir un doctorat en politique et gouvernement de l'université du Kent (Royaume-Uni) en 1996, sous la direction de l'intellectuel marxiste . Sa thèse porte sur . Elle vise notamment à justifier théoriquement la coexistence d'une double légitimité, démocratique et théologique, de la république islamique d'Iran.

Carrière diplomatique et politique Abbas Araghtchi commence sa carrière au ministère des Affaires étrangères en 1989 en tant qu'expert au sein du département des organisations islamiques régionales et des non-alignés, dont il devient le directeur adjoint en 1991. De 1992 à 1997, il est représentant permanent adjoint de l'Iran auprès de l'Organisation de la coopération islamique. Il occupe ensuite plusieurs fonctions à l' : directeur général du centre (1998-1999), vice-président chargé de la recherche (1998-1999), directeur du centre d'études du golfe Persique rattaché à ce même organisme (1997-1998), ainsi que rédacteur en chef de la revue Siyasat-e khareji (« Politique étrangère ») publiée par l'Institut (1998-2000).

Il est nommé ambassadeur d'Iran en Finlande de 1999 à 2003, puis directeur du département Europe occidentale du ministère des Affaires étrangères de 2003 à 2004, période au cours de laquelle l'Iran engage ses premières négociations sur le nucléaire avec le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne. En 2005, il devient vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales.

Ambassadeur d'Iran au Japon De 2008 à 2011, il occupe le poste d'ambassadeur au Japon. qu'il visite après sa prise de fonctions est Hiroshima, victime du premier bombardement nucléaire de l'histoire, , affirme-t-il. Contrairement à plusieurs diplomates étrangers qui évacuent Tokyo après le séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku, en raison des inquiétudes liées à l'accident nucléaire de Fukushima, Araghtchi décide de rester sur place. Il remet au , , une cargaison d'aide humanitaire incluant , affirmant que l'Iran n'a pas oublié le soutien du Japon lors du séisme de 2003 à Bam, qui avait causé des dégâts similaires. Dans la ville sinistrée de Yamada, son épouse participe à des distributions de nourriture, aux côtés du chef cuisinier de l' et de l'actrice nippo-iranienne . En 2022, il est décoré de l'ordre du Soleil levant () par le gouvernement japonais pour avoir .

Négociateur nucléaire Après quatre années passées à Tokyo, Araghtchi retourne à Téhéran, où il est nommé en 2011 vice-ministre des Affaires étrangères pour l'Asie, l'Océanie et le Commonwealth.

C'est durant cette période qu'il participe, aux côtés de Saïd Jalili, alors secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et responsable des négociations nucléaires, à certaines sessions de ces négociations. Wendy Sherman, à l'époque et négociatrice en chef du pays, se remémore en 2020 qu' et que

Avec l'arrivée de Javad Zarif au poste de en 2013, la responsabilité des négociations nucléaires passe du secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale au ministère des Affaires étrangères. Zarif conserve Araghtchi dans l'équipe de négociation précédente. Cette décision suscite de nombreuses critiques, tant de la part du personnel du ministère que des opposants au gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, qui voient en Araghtchi le symbole des négociations infructueuses de Jalili. Pourtant, Araghtchi devient progressivement un élément central de l'équipe iranienne, et de nombreux médias le présentent comme son .

Il adopte une approche plus dure, que ce soit lors des réunions à huis clos ou face aux journalistes, et insiste souvent sur l'éloignement des parties par rapport à un accord. Sa présence fréquente devant les caméras le rend reconnaissable et en fait le deuxième membre le plus en vue de l'équipe de négociation après Zarif.

Après plusieurs mois de discussions, elles aboutissent enfin en : l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne (P5+1) parviennent à un Plan global d'action conjoint (JCPOA, selon l'acronyme anglais) sur le programme nucléaire iranien.

De 2017 à 2021, il est vice-ministre politique des Affaires étrangères et négociateur de l'Iran dans le cadre des échanges pour le retour de l'Iran et des États-Unis au sein du JCPOA. Après l'élection du conservateur Ebrahim Raïssi à la présidence de la république en 2021, Araghchi est écarté du ministère des Affaires étrangères. Cependant, Kamal Kharazi, ancien ministre réformiste des Affaires étrangères, parvient à le faire entrer au du Guide de la République islamique, dont il devient le secrétaire.

Après sa nomination comme ministre des Affaires étrangères en 2024, Abbas Araghtchi récupère la charge des négociations nucléaires. Le , il réaffirme que l'Iran ne cédera pas à la demande de renoncer totalement à l'enrichissement d'uranium, en cas de . Le , Araghtchi déclare qu'un accord avec les États-Unis pour éviter un conflit militaire est avant la reprise des négociations à Genève. Il souligne que la doit être afin d'éviter toute nouvelle escalade. Malgré de fortes tensions et un important renforcement militaire américain dans la région, il réaffirme sur le réseau social X que l'Iran adopte une position contre le développement de l'arme nucléaire, tout en défendant son droit à une .

Ministre iranien des Affaires étrangères Le , il est nommé ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Massoud Pezechkian, dont il a été l'un des conseillers en politique étrangère pendant la campagne présidentielle.

Le , Araghtchi devient le premier ministre iranien des Affaires étrangères à se rendre en Afghanistan depuis 2017, et le premier à y aller depuis la prise de pouvoir des Talibans en 2021.

Le , Araghtchi et Mohammad Ghalibaf, le président de l'Assemblée nationale, représentent l'Iran aux du du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah à Beyrouth..

Notes et références

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