Le manoir de Qui-Qu'en-Grogne dit aussi manoir de Boisboissel, ou hôtel de Maillé (vers 1700), ainsi qu’hôtel de Beauvoir (1789) et hôtel du Parc (1800), est un édifice de la commune de Saint-Brieuc, dans le département des Côtes-d'Armor.

Il est inscrit dans sa totalité aux monuments historiques..

Localisation Le manoir est situé au 3, place du Général de Gaulle à Saint-BrieucC'est l'ancienne place du Pilori, dite en 1789 place de la Liberté, qui en 1364 était la rue Saint Père, comme on peut le lire dans le "Testament de Pierre de Boisboissel", conservé archives départementales des Côtes d'Armor, cité par vicomte Arthur du Bois de La Villerabel dans: A travers le vieux Saint-Brieuc, 1867-1891 réédition La Plomée, 1998, 188.p., .

Historique Origine des noms L'origine de certains de ces nom semblerait être du Parc, du nom d'une famille alliée des Bréhant de l'Isle, elle même considérée comme une branche issue de l'illustre famille de BréhanChaix d'Est-Ange, , voir les alliances de ces deux branches., de même pour Maillé, Beauvoir et Boisboissel.

Pour ce qui concerne la dénomination de l'hostel Quicangroigne, des sires de Boisboissel, ce qualificatif semble être un souvenir d'une parole prononcée dans un moment d'humeur par Arthur de Bretagne (1393-1458), connétable de Richemont lorsqu'il y vint en 1406, à la demande de son frère Jean V de Bretagne (1389-1442), pour châtier des rebelles qui s'étaient autorisés à grogner après certaines rigueurs fiscalesDom Lobineau, Histoire de Bretagne, ..

Les fondateurs Les seigneurs de Boisboissel sont une très ancienne famille de la noblesse bretonne, prévôts féodés et héréditaires de l'évêque de Saint-Brieuc, faisant partie de l'ancienne chevalerie du duché de BretagneLainé, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, Paris, 1828.. Cette seigneurie de la branche aînée passa par mariage dans la Maison du Rouvre au , puis dans celle de Bréhant de l'Isle au , puis dans celle des Maillé. vignette|redresse|La Bataille d'Auray, miniature d'après la Chronique de Bertrand du Guesclin par Cuvelier. Londres, British Library. Pierre de Boisboissel meurt en 1364 à la bataille d'Auray, lors de la dernière bataille de la guerre de Succession de Bretagne, sous les ordres de son ami Bertrand Du Guesclin. Il est inhumé dans l'église Saint-Michel de Saint-Brieuc, fondée par ses ancêtres. Il eut sa statue à côté de l'enfeu de sa famille, mais cette statue fut détruite. Il avait reçu son ami à plusieurs reprises dans son manoir de Quicangroigne à Saint-BrieucCollection universelle des mémoires particuliers relatifs à l'Histoire de France, tome.V., 1785, et 41..

En 1353 éclata une querelle avec Henry de Plédran, capitaine briochin, pour la raison que l'évêque Guy de Montfort, en poste depuis 1335, nomma Henry de Plédran capitaine de la tour et manoir et forteresse de Saint-Brieuc. Vexé par cette nomination qui allait à contre-sens des fonctions traditionnelles familiales, Pierre de Boisboissel et ses partisans se rendirent maîtres des lieux. Plédran contre-attaqua et pendant le combat, le feu prit à la tour ainsi qu'à l'église et au manoir épiscopalFragments inédits, d'Augustin Du Paz,Éditeur scientifique Arthur du Bois de La Villerabel, 1885, .. Charles de Blois, dont les deux chevaliers tenaient le parti, vint régler le différend par une injonction écrite le de La Villerabel, .

Pierre de Boisboissel n'ayant pas d'enfants, il laissa la seigneurie à sa sœur, épouse d'Hélie du RouvreD. Taillandier, Histoire de Bretagne, tome I, .. Elle passa ensuite le à la Maison de Bréhant de l'Isle lors du contrat de mariage de Jacquette ou Jacqueline du Rouvre, fille de Bertrand du Rouvre, avec Jean de Bréhant de l'Isle. Le dernier des Bréhant étant le sieur Marie Jacques de Bréhant de l'Isle, militaire ayant pris part aux batailles de Fontenoy le , de Raucoux le et de Hastenbeck le , ainsi qu'à d'autres sièges et combats dans lesquels il se distingua.

En 1592, lors de La Ligue, le manoir de Quicangroigne est livré au pillage et ses archives sont détruites.

Avant la Révolution française Madeleine-Angélique de Bréhant de l'Isle (1750-1819)Gustave Chaix d'Est-Ange (1863-1923), Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables, tome VII, à 5. corpusetampois.com.Née le et morte le , inhumée dans l'église de Longpont, (basilique Notre-Dame-de-Bonne-Garde), elle fut dame du palais de la reine Marie-Antoinette de 1788 à 1792 (cf. site de son petit-fils, le sénateur Armand-Urbain de Maillé)., fille unique du marquis Marie-Jacques de Bréhant de l'Isle (mort en 1764) et de son épouse Marie-Jeanne Angélique Delpech. Elle épousa le , le comte Charles-René de Maillé de La Tour-Landry (1732-1791)Étienne Pattou, 2020, racineshistoire.free.fr. qui vendit cette propriété venant de son épouse, à Georges Claude Hérisson de Beauvoir (1728-1796), avant la Révolution françaiseinfobretagne.com..

Pendant la Révolution française En 1795, Jean-François-Pierre Poulain de Corbion (1743-1799), ancien maire de Saint-Brieuc (1779), membre de la Constituante, commissaire du Directoire exécutif près la municipalité fut Léon Dubreuil (1880-1967), cité dans infobretagne, .

Le , lors du combat de Saint-Brieuc, Jean-François-Pierre Poulain de Corbion, acculé par les Chouans sur un mur de la cathédrale et sommé de clamer , s'écria avant d'être exécuté par les Chouans. Une plaque commémorative est apposée sur le mur de la cathédrale en Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale, cote F/19/7865.Archives départementales des Côtes-d'Armor, cote 1 M 412..

Après la mort de Jean-François-Pierre Poulain de Corbion, sa fille Marie-Jeanne et son époux Mathurin-Sébastien Leduger-Fortmorel, propriétaires du manoir, font aux termes d'un acte notarié devant maîtres Marie-Joseph Conan et son confrère (non nommé), notaires royaux à Saint-Brieuc et agissant en qualité de propriétaires, héritiers et acquéreurs des parts des frères et sœurs et autres descendants et parents, vendent l'ensemble au comte Paul Zénobe louis Marie Frotier de Bagneux (1783-1858), préfet des Côtes-du-Nord (1822) et futur député du même département en 1827. Le contrat d'acquisition est signé le aux conditions suivantes : Archives départementales des Côtes-d'Armor : V. 778..

Une ordonnance royale du autorise le préfet à faire l'acquisition de la maison dite du Parc et ses dépendances appartenant au sieur Fortmorel pour le prix de qui sont affectés au logement de l'évêque, exception faite d'une partie des jardins qui revient à la préfectureArchives départementales des Côtes-d'Armor, V.778..

Le manoir sert de palais épiscopal du à 1905.

, évêque de 1841 à 1858, le fit soigneusement réparer ainsi que ses successeurs. L'hôtel renferme une galerie à peu près complète des évêques depuis le où sont conservés entre autres tableaux une Sainte Famille de Jouvenet.

En 1838, (1817-1841) passe commande de la décoration des lieux à Raphaël Donguy (1812-1877), qu'il réalise l'année suivante avec les ors, lambris et stucs.

Depuis 1905, le manoir est le siège de la Direction départementale de l'Équipement (DDE).

Architecture

A.D. Côtes-d'Armor, V.778 infobretagne.com..

Le parc de plusieurs hectares que de Beauvoir-Hérisson avait ouvert au public est aujourd'hui partagé entre l'évêché et la préfecture.

Le grand escalier fut orné par les évêques de tapisseries des Gobelins. La tour du flanquée le long du bâtiment principal est dite tour du Saint-Esprit et conserve deux escaliers en pierreCad. AT 195.. Elle fait l'objet inscription aux monuments historiques par arrêté du .

Notes et références

Annexes

Bibliographie Archives départementales des Côtes-d'Armor.

Articles connexes

Maison de Maillé Peintures murales en Côtes-d'Armor Liste des monuments historiques des Côtes-d'Armor

Qui Qu en Grogne Catégorie:Hôtel particulier monument historique en Bretagne Catégorie:Hôtel particulier dans les Côtes-d'Armor Catégorie:Monument historique à Saint-Brieuc Catégorie:Monument historique inscrit en 1926 Catégorie:Architecture du XIIIe siècle en Bretagne Catégorie:Patrimoine du XIIIe siècle