Emmanuel Beaubatie, né en 1986, est un sociologue français. Il mène des recherches dans les champs du genre, de la sexualité et de la santé. Il collabore avec l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, l'Institut national d'études démographiques, l'École des hautes études en sciences sociales et l'Université de Genève, dans le cadre d'enquêtes et de recherches portant sur ces thématiques..

Sa thèse Transfuges de sexe, qui s'inscrit dans le courant du matérialisme trans, est considérée comme un ouvrage de référence dans son champ de recherche.

Parcours Emmanuel Beaubatie, né en 1986., est docteur en sociologie. Il mène des recherches dans les champs du genre, de la sexualité et de la santé., à partir de méthodes mixtes, à la fois qualitatives et quantitatives.. Il aborde notamment la thématique des parcours trans sous l'angle de l'expérience à géométrie variable de la mobilité sociale, décrypte les ressorts et manifestations des violences transphobes et cartographie l’espace social du genre, en l'associant à l'espace social de classe, tout en interrogeant les transformations de l’ordre du genre et des catégories qui sous-tendent leurs relations. Il questionne également l’évolution et l’intrication des critères de discrimination dans le contexte français, ainsi que les questions de santé sexuelle.

Sa thèse de doctorat, intitulée « Transfuges de sexe. Genre, santé et sexualité dans le parcours d'hommes et de femmes trans en France ».., rédigée sous la direction de Michel Bozon, porte sur les parcours d’hommes et de femmes trans en France et replace les parcours trans dans un contexte social et institutionnel, en tenant compte de rapports de pouvoir qui le traversent. Sa recherche s’intéresse et à l’hétérogénéité des trajectoires sociales trans en France, en particulier du point de vue du genre.. L’enquête s’appuie sur une trentaine d'entretiens individuels avec des personnes estimant poursuivre, ou avoir poursuivi, un parcours de transition, ainsi que sur des résultats et analyses secondaires de l’enquête « Trans et santé sexuelle » de l’INSERM menée en 2010. Dans ce cadre, il collabore avec le chercheur en sciences sociales Alain Giami.

Il soutient sa thèse en .. Celle-ci est récompensée par le prix de thèse du GIS Institut du Genre.Ce prix est destiné à encourager la diffusion des connaissances dans le domaine du genre et des sexualités. et il est co-lauréat du prix de thèse du défenseur des droits.Ce prix, créé en , encourage le développement des recherches universitaires susceptibles d’intéresser des domaines tels que droits des usagers des services publics, défense des droits de l’enfant, lutte contre les discriminations, respect de la déontologie de la sécurité, orientation et protection des lanceurs d’alerte...

Il effectue ensuite un post-doctorat et contribue au projet « Homosexualités : savoirs et méthodes », à l’Institut national d'études démographiques (INED).

De à , il est rattaché à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS-EHESS) et associé à l’équipe « Genre, santé sexuelle et reproductive », de l'INSERM, et travaille également sur l’enquête « Trans et santé sexuelle ».

Entre et , il mène une enquête sur la connaissance, les usages et la prescription de la prophylaxie pré-exposition (PrEP), dans le cadre de l'INED, sur allocation de Sidaction.

Depuis , il est chargé de cours dans le cadre du programme de master « Genre Politique Sexualité », proposé par l'EHESS, ainsi qu'à Sciences Po Paris.

Aux côtés de la docteure Solène Gouilhers, il est chargé d'une recherche, démarrée en , titrée « Vers l’accès à la procréation médicalement assistée des personnes trans ? Une enquête comparative (Suisse, France, Angleterre, Belgique) ». Celle-ci est menée dans le cadre de l'Institut des études de genre de la faculté des sciences de la société de l'université de Genève (UniGe), sous la direction de la professeure Delphine Gardey.. La recherche se focalise sur l’autoconservation des gamètes et la procréation médicalement assistée pour les personnes trans à l’échelle européenne.

Il publie, en aux éditions de La Découverte., son premier ouvrage, tiré de sa thèse, Transfuges de sexe. Passer les frontières du genre....., dans lequel il invite

Il s'exprime régulièrement dans les médias sur les questions touchant au genre..

Thématiques de recherches

Emmanuel Beaubatie part du constat que les approches queer abordent généralement les parcours trans sous un angle post-structuraliste, en considérant les transitions comme une simple question d'identité ou de subjectivité, et abordent peu les questions non-binaires sous l'angle de la mobilité sociale de sexe.. Pour lui, cette expérience de mobilité sociale est à géométrie variable, on ne passe pas juste d'homme à femme ou de femme à homme. Il explique que, .. Il ajoute que les personnes trans expérimentent l'évolution de leur statut social, dans leur chair. En effet, les hommes trans vivent une forme d'ascension, alors que les femmes trans subissent un déclassement. C'est une forme de mobilité sociale, révélatrice de la hiérarchie organisée entre les sexes dans nos sociétés humaines.

Il décrypte notamment les ressorts et manifestations des violences transphobes et cartographie l’espace social du genre, en l'associant à l'espace social de classe, tout en interrogeant les transformations de l’ordre du genre et des catégories qui sous-tendent leurs relations. Il questionne l’évolution et l’intrication des critères de discrimination dans le contexte français, ainsi que les questions de santé sexuelle, en décrivant la façon dont

Beaubatie rappelle également la diversité de la population trans qui, comme celle des gays et des lesbiennes, forme un groupe très hétérogène, composé d'une diversité de parcours et d’expériences sociales. Il montre qu'au sein d'un ordre de genre hiérarchisé, il existe une asymétrie entre les parcours et une différence de temporalité des changements de sexe, en fonction du type de transition.. Les personnes qui transitionnent d'homme à femme (MtF) le font tardivement , le plus souvent après avoir expérimenté une vie hétérosexuelle, voire une vie de famille. Alors que pratiquement toutes les personnes qui transitionnent de femme à homme (FtM) le font de façon précoce , après avoir vécu des expériences lesbiennes masculines. L'étude de la sexualité pratiquée avant, pendant et après la transition permet les d'éclairer les enjeux personnels et sociaux..

En , en collaboration avec Julie Guillot, il publie un article sur l’invisibilité des personnes ayant effectué une transition FtM, dans lequel les deux auteurs dénoncent une et l'omniprésence de l'androcentrisme à l'œuvre dans les domaines scientifiques, en tant que vecteur de ce processus d'invisibilisation.

Emmanuel Beaubatie dénonce également le un traitement médiatique différencié entre les hommes et les femmes trans et, de façon plus générale, le rôle des médias à . En , dans le journal Libération, il explique comment le coming out trans de l'acteur Elliot Page véhiculés par les médias..

En , à l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, Beaubatie revient sur les fondements de l’homophobie et la transphobie, en expliquant les raisons de l'inadéquation de ces termes. En effet, la phobie est de l'ordre de la psychologie, voire de l'irrationnel, alors que ces formes de haine sont structurelles. Les fondements de ces sentiments sont liés à Il précise que le changement de sexe est encore, en France, une décision administrée par le juge et le psychiatre.

L’homosexualité vient menacer les fondements de cette masculinité, basée sur l’hétérosexualité. Le chercheur explique que les lesbiennes, elles, sont stigmatisées car elle se passent des hommes. Enfin, les femmes trans — personnes qui étaient des hommes devenues des femmes —, sont souvent stigmatisées et violentées en début de transition. Elles sont fréquemment précarisées, alors que les hommes trans ont plus de peine à s'intégrer dans des groupes d'hommes.. Celles qui ont entamé jeunes leur transition sont les plus isolées.. Selon Beaubatie, les personnes trans, et notamment les femmes trans, bouleversent l'ordre social préétabli en démontrant , particulièrement les hommes,

Cissexisme (transphobie) Concernant la transphobie, Beaubatie propose d’utiliser le terme « cissexisme » pour qualifier cette discrimination. D'un point de vue sociologique, ce terme permet Le préfixe cis renvoie aux personnes cisgenres, c'est-à-dire qui ne sont pas trans.

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Références

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Liens externes

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