José Antonio Kast Rist, né le à Santiago, est un homme d'État chilien d'extrême droite, député de la province de Santiago de 2002 à 2018 et président de la République depuis le .

Il est le fils de , membre du parti nazi, et officier de la Wehrmacht ayant émigré au Chili. Miguel Kast, frère aîné de José Antonio Kast, a été ministre sous la dictature d'Augusto Pinochet. José Antonio Kast commence sa carrière politique au sein du Mouvement grémialista, puis soutient le maintien au pouvoir de Pinochet en 1988. Il est ensuite membre et dirigeant de l'Union démocrate indépendante (UDI), puis fonde en 2019 le Parti républicain, classé à l'extrême droite. Il est un populiste de droite, libéral-conservateur et se réclame de l'héritage de la dictature militaire d'Augusto Pinochet, dont il est un nostalgique et au sujet duquel il tient des propos révisionnistes.

Il se présente à l'élection présidentielle de 2017, où il finit quatrième au premier tour (7,9 % des voix). À nouveau candidat quatre ans plus tard, il arrive en tête du premier tour avant de s'incliner au second face à Gabriel Boric, avec 44,13 % des suffrages exprimés. En 2025, candidat à l'élection présidentielle chilienne prévue en fin d'année, il est élu au second tour du scrutin face à la candidate de la coalition de gauche.

Situation personnelle

Famille José Antonio Kast est issu d'une famille allemande ayant immigré au Chili après la Seconde Guerre mondiale. Son père, , a servi comme simple soldat puis lieutenant de la Wehrmacht pendant ce conflit et fut aussi adhérent au parti nazi, le NSDAP.. Il est fait prisonnier en Italie à la suite de l'armistice mais parvient à s'échapper avant de rentrer en Allemagne puis d'émigrer vers l'Amérique du Sud.

José Antonio Kast est le plus jeune d'une famille de neuf enfants ; son frère, Miguel Kast, a été ministre et directeur de la Banque centrale du Chili sous la dictature militaire d'Augusto Pinochet...

Marié depuis 1990 à María Pía Adriasola Barroilhet, il est père de neuf enfants. Son neveu, Felipe Kast, a été ministre sous la présidence de Sebastián Piñera..

Études et carrière Après avoir étudié le droit à l'université pontificale catholique du Chili, il fonde en 1991 un cabinet d'avocats, dont il se retire en 2002. Il est également directeur dans les années 1990 d'une société immobilière appartenant à sa famille..

En 2019, Kast est accusé d'avoir transféré des sommes d'argent à plusieurs entreprises au Panama, un paradis fiscal, sans les avoir déclarées. Il reconnaît l'existence de ces entreprises mais nie en être le propriétaire, déclarant qu'elles appartiennent à son frère, Christian..

Parcours politique Débuts vignette|gauche|redresse=0.7|alt=|José Antonio Kast .José Antonio Kast milite au sein du mouvement grémialista au cours de ses études universitaires et apparaît lors du référendum chilien de 1988 dans le clip de la campagne pour le « oui » (à la continuité de Pinochet en tant que président)..

De 1996 à 2000, Kast est conseiller municipal de Buin. En 2001, il est élu député à la Chambre des députés pour le district (San Bernardo). Il occupe le poste de secrétaire général de l’Union démocrate indépendante (UDI), parti dont il démissionne pour se présenter à l’élection présidentielle.. Durant son mandat de député, Kast bénéficie du soutien de l’évêque de San Bernardo, Juan Ignacio González Errázuriz, qui publie un document de quatre pages appelant les fidèles à voter pour les candidats opposés à la contraception d'urgence et au mariage entre personnes de même sexe.. Ce soutien épiscopal joue un rôle déterminant dans l’ancrage de sa carrière politique, l’opposition farouche de Kast à la contraception contribuant fortement à consolider sa base électorale.

Député et cadre UDI Il est élu député en 2002 sous l'étiquette de l'Union démocrate indépendante (UDI) et préside le groupe parlementaire du parti de 2008 à 2011. Il est également secrétaire général de l'UDI de 2012 à 2014.

Élection présidentielle de 2017 vignette|Logo de Kast lors de la campagne électorale de 2017. José Antonio Kast quitte l'UDI en 2016 afin de se porter candidat à l'élection présidentielle de 2017. Il défend des positions conservatrices sur les questions de société et néolibérales en matière économique, tout en se réclamant de l’héritage du dictateur Augusto Pinochet.. Il arrive en quatrième position du premier tour avec 7,9 % des voix exprimées, réalisant ses meilleurs scores auprès des milieux militaires et des catégories sociales supérieures..

Le , Kast officialise sa candidature indépendante auprès du Service électoral (Servel) en déposant parrainages.. Il reçoit le soutien de milieux de droite, conservateurs, libertariens, nationalistes et d’anciens militaires, entre autres.... Il défend un programme résumé par « moins d’impôts, moins d’État, provie », ainsi que des mesures anti-immigration illégale.. Son soutien affiché à l’ancienne dictature militaire provoque de vives polémiques, notamment sa proposition d’accorder une grâce aux condamnés de plus de souffrant de maladies liées à l’âge – mesure qui inclurait les auteurs de violations des droits de l’homme sous Pinochet.. Au premier tour de l’élection présidentielle chilienne de 2017, il obtient (7,93 %), arrivant en quatrième position alors que les sondages lui accordaient seulement 2 à 3 %.. Au second tour, il soutient Sebastián Piñera, finalement élu. Il déclare que « les Chiliens ont besoin de Dieu » et propose que l’État promeuve l’enseignement religieux à l’école publique avec des professeurs disponibles lorsque les élèves le choisissent..

Création de mouvements politiques (2018-2022) thumb|150px|Logo du Parti républicain, 2019 En matière de relations internationales, Kast propose de fermer la frontière avec la Bolivie afin de lutter plus efficacement contre le trafic de drogue. En 2018, il appelle le gouvernement à rompre les relations diplomatiques avec la France après l’octroi de l’asile à l’ancien guérillero Ricardo Palma Salamanca..

En , lors d’une tournée dans les universités chiliennes, Kast est agressé physiquement par des manifestants à l’université Arturo-Prat d’Iquique.. Il dénonce également une censure de la part de l’université de Concepción. et de l’université australe du Chili..

Lors de l’élection présidentielle brésilienne de 2018, il soutient Jair Bolsonaro.. En , il lance le mouvement politique de droite Acción Republicana..

En , il est accusé de ne pas avoir déclaré des fonds transférés vers des sociétés au Panama. Kast reconnaît l’existence de ces sociétés mais affirme qu’elles appartiennent à son frère Christian Kast. Il défend ensuite le droit des Chiliens à investir à l’étranger.. En , il crée le think tank Ideas Republicanas et, en , le Parti républicain du Chili. Il s’oppose aux manifestations de la crise sociale de 2019-2022, les qualifiant non pas de mouvement social mais d’actes de violence organisés par des « terroristes ».. À mesure que l’approbation des manifestations diminue, Kast parvient à fédérer les Chiliens opposés à la violence. Lors du Référendum constitutionnel chilien de 2020, il fait campagne pour le « Rejet » (21,72 % des voix) face à l’« Approbation » (78,28 %)..

Pour l’élection de la Convention constitutionnelle chilienne de 2021, Kast conclut un pacte avec la coalition de centre-droit Chile Vamos pour présenter une liste commune « Vamos por Chile ». Cette liste obtient 20,6 % des voix, soit moins d’un tiers des sièges. Kast impose notamment la candidature de Teresa Marinovic, figure alignée sur ses positions mais mal acceptée par une partie du centre-droit. Marinovic est largement élue, permettant à de nombreux candidats républicains d’entrer grâce au système D’Hondt..

Élection présidentielle de 2021 vignette|Logo de campagne de José Antonio Kast (2021). vignette|alt=|José Antonio Kast durant la campagne présidentielle .

En 2019, José Antonio Kast crée le Parti républicain, classé à l'extrême droite de l'échiquier politique..

Candidat à l'élection présidentielle de 2021, il réalise une percée dans les sondages à quelques semaines du premier tour, bénéficiant de la mauvaise campagne du candidat de la droite libérale Sebastián Sichel, affaibli par les affaires de corruption touchant sa coalition et l’impopularité du président Sebastián Piñera, et de la radicalisation d'une partie de l'électorat de droite en réaction au mouvement de protestation sociale de 2019-2020 et à l'afflux de migrants venus de Colombie, d’Haïti et du Venezuela... Cherchant à rassembler au-delà de l'extrême droite, il tient un discours moins radical qu'en 2017, notamment en cessant de se présenter comme l'héritier du général Pinochet...

Il se présente cette fois sous l’étiquette de son Parti républicain et forme le « Front social-chrétien » avec le Parti conservateur chrétien. Parmi ses propositions controversées figurent la grâce des anciens fonctionnaires de Pinochet « d’âge avancé », l’interdiction totale de l’avortement, la suppression du ministère de la Femme et de l’Égalité de genre, le retrait du Chili du Conseil des droits de l’homme des Nations unies et la construction de nouvelles prisons..

Arrivé légèrement en tête au premier tour (27,9 % des suffrages), il s'incline au second avec 44,1 % des voix face au candidat de gauche radicale Gabriel Boric.. Il mène durant l'entre-deux-tours une campagne violente visant à discréditer son adversaire, l'attaquant sur sa personnalité plutôt que son programme, suggérant notamment qu'il serait toxicomane..

Son slogan « Atrévete, Chile será un gran país » est comparé au « Make America Great Again » de Donald Trump ; certains de ses partisans portent même les casquettes rouges MAGA lors de ses meetings.. Il refuse de participer à la primaire de Chile Vamos (remportée par Sebastián Sichel). Après le premier débat télévisé, il dépasse Sichel et s’impose comme le principal candidat de droite. Au premier tour, il arrive en tête avec près de 28 % des voix et se qualifie pour le second tour face à Gabriel Boric..

Après sa victoire au premier tour, il reçoit le soutien de la quasi-totalité de la droite chilienne, y compris du président sortant Sebastián Piñera. À l’international, il signe la Charte de Madrid rédigée par le parti espagnol d’extrême droite Vox, aux côtés de Rafael López Aliaga, Javier Milei et Eduardo Bolsonaro.. Le , il effectue un déplacement à Washington où il rencontre le sénateur républicain Marco Rubio ainsi que des hommes d’affaires américains investis au Chili.

Le , Franco Parisi (Parti de la Gente) apporte son soutien à Kast après une consultation interne de son parti (61,41 % pour Kast contre 6,58 % pour Boric)..

Au second tour du , Kast obtient 44,13 % des voix et est battu par Gabriel Boric (55,87 %). Il reconnaît immédiatement sa défaite et promet une « collaboration constructive ».. Il devient le premier candidat depuis 1999 à arriver en tête du premier tour mais à perdre le ballotage.

Sous la présidence Boric

Lors du Référendum constitutionnel chilien de 2022 du , José Antonio Kast appelle à voter « non » à la Constitution élaborée par une assemblée constituante très majoritairement de gauche. Le projet est largement rejeté, par 62 % des suffrages exprimés. Contrairement au référendum de 2020, le vote est cette fois obligatoire et les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 sont allégées.

Par conséquent, de nouvelles élections constituantes sont organisées. Le , à la surprise générale, le Parti républicain de Kast arrive largement en tête du scrutin, avec 35 % des voix et 45 % des sièges. À lui seul, il est donc en mesure de bloquer toute tentative de modification ne lui convenant pas et dispose, avec la coalition de droite Chile Vamos, de plus des deux tiers des représentants à la nouvelle assemblée. Les élections constituent un échec pour le président Boric, dont la coalition de gauche obtient moins d'un tiers des élus..

Présidence du « Political Network for Values » (2022-2024)