La du Québec est formée à la suite des élections générales québécoises de 1935, tenues le . Le Parti libéral du Québec, dirigé par Louis-Alexandre Taschereau, conserve le pouvoir de justesse en faisant élire 48 députés sur 90, contre 26 pour l'Action libérale nationale de Paul Gouin et 16 pour le Parti conservateur de Maurice Duplessis, qui forment ensemble une opposition coalisée sous la bannière de l'« Union nationale Duplessis-Gouin ».

La législature, la plus courte de l'histoire du Québec, n'aura qu'une seule session. Elle est marquée par l'éclatement du scandale des comptes publics, révélé par les travaux du Comité permanent des comptes publics présidé par Maurice Duplessis, qui force le la démission du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau après plus de quinze ans à la tête du gouvernement. Adélard Godbout lui succède brièvement comme chef du Parti libéral et premier ministre, avant de recommander la dissolution de la législature, prononcée le . La fusion du Parti conservateur et de l'Action libérale nationale au sein de l'Union nationale, officialisée le sous la direction de Duplessis, ouvre la voie à la victoire de cette nouvelle formation aux élections générales du et met fin à près de quarante ans de domination libérale ininterrompue.

Contexte politique Élection de 1935 vignette|gauche|Louis-Alexandre Taschereau, premier ministre du Québec, voit sa majorité fondre en 1935 face à l'alliance Duplessis-Gouin. L'élection du marque une rupture dans la politique québécoise. Le Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau obtient des voix et conserve une majorité étroite avec 48 députés sur 90, perdant 31 sièges par rapport à l'élection de 1931. C'est la première fois en quatre décennies que les libéraux récoltent moins de 50 % des suffrages. L'opposition, qui avait conclu le une alliance électorale dite « Union nationale Duplessis-Gouin », fait élire 42 députés : 26 pour l'Action libérale nationale de Paul Gouin et 16 pour le Parti conservateur de Maurice Duplessis. Le taux de participation atteint ..

Direction de l'opposition vignette|Paul Gouin, chef de l'Action libérale nationale, fait élire 26 députés en 1935 mais cède la chefferie de l'opposition à Duplessis selon l'entente conclue avant le scrutin. En vertu de l'entente conclue avant le scrutin, Maurice Duplessis devient chef de l'opposition officielle malgré le fait que l'Action libérale nationale ait fait élire dix députés de plus que le Parti conservateur. Paul Gouin, chef de l'ALN, occupe une position de second chef de l'opposition. Le pacte conclu entre les deux formations prévoit que Duplessis deviendrait premier ministre en cas de victoire et que Gouin aurait le choix des ministres. La cohésion entre les deux ailes de l'opposition demeure toutefois fragile pendant toute la session.

Comité des comptes publics et scandale Création du comité Dès l'ouverture de la session, l'opposition obtient la mise sur pied d'un Comité permanent des comptes publics présidé par Maurice Duplessis. Le comité est chargé d'examiner la gestion des deniers de l'État par le gouvernement et reçoit le mandat d'enquêter sur les irrégularités administratives soulevées au cours de la campagne électorale..

Révélations Au cours du printemps 1936, le comité multiplie les audiences et entend des fonctionnaires du Trésor provincial. Les révélations les plus dommageables visent Antoine Taschereau, frère du premier ministre et greffier de l'Assemblée législative, qui avoue avoir déposé sur son compte bancaire personnel les intérêts produits par les fonds appartenant à l'Assemblée. D'autres irrégularités sont mises au jour dans l'attribution de contrats publics et dans la gestion de la voirie.

Crise parlementaire de mai-juin 1936 La majorité libérale s'effrite en mai et juin alors que plusieurs députés ministériels, démoralisés par les révélations, désertent les travaux. À une occasion, l'opposition se retrouve momentanément majoritaire en Chambre; Télesphore-Damien Bouchard doit prononcer de longs discours-fleuves pour donner le temps aux whips libéraux de rappeler les députés absents et préserver le gouvernement.

Démission de Taschereau et succession Godbout vignette|gauche|Adélard Godbout, premier ministre du Québec du au , photographié vers 1944. Le , le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau démissionne, mettant fin à un règne de plus de quinze ans (1920-1936) à la tête du gouvernement québécois. C'est la première fois depuis l'intervention du lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just en 1878 qu'un cabinet québécois quitte le pouvoir sans avoir fait adopter le budget de l'année.

Le caucus libéral choisit le même jour Adélard Godbout, ministre de l'Agriculture et député de L'Islet, pour succéder à Taschereau. Godbout est assermenté premier ministre le et entreprend une rapide reconfiguration du cabinet en remplaçant la plupart des ministres associés au régime déchu. La session est prorogée le même jour..

Réformes et réalisations La courte session ne permet l'adoption que de 26 des 81 projets de loi déposés, les longs débats sur le discours du Trône, le budget et les travaux du Comité des comptes publics ayant monopolisé l'horaire parlementaire.

Pensions de vieillesse Après plus d'une décennie de résistance, le Québec adhère enfin au programme fédéral des pensions de vieillesse établi par la loi fédérale de 1927. La session adopte la législation provinciale permettant la mise en œuvre du régime au Québec, dernière province canadienne à y adhérer.

Suffrage féminin (rejet) Comme lors des sessions précédentes, un projet de loi accordant le droit de vote aux femmes est déposé. Il est rejeté de justesse par l'Assemblée.

Formation de l'Union nationale vignette|Maurice Duplessis, chef de la nouvelle Union nationale formée le . Le , Maurice Duplessis convoque les députés de l'opposition à un caucus tenu à Sherbrooke. Le , la coalition électorale formée en novembre 1935 se transforme officiellement en parti politique unifié sous le nom d'Union nationale. Une majorité de députés conservateurs et actionnistes votent en faveur d'une fusion permanente, écartant Paul Gouin et ses plus fidèles collaborateurs. Maurice Duplessis devient l'unique chef du nouveau parti.

Dissolution et élection de 1936 Le , le lieutenant-gouverneur Ésioff-Léon Patenaude prononce la dissolution de la sur recommandation du premier ministre Godbout. Les élections générales se tiennent le . L'Union nationale de Maurice Duplessis remporte une victoire écrasante avec 76 sièges sur 90, contre 14 pour le Parti libéral du Québec, mettant fin à près de quarante ans de domination libérale ininterrompue (1897-1936). Maurice Duplessis est assermenté premier ministre le .

Lois marquantes 1936 : Loi instituant le régime des pensions de vieillesse au Québec 1936 : Loi modifiant la loi des accidents du travail 1936 : Loi modifiant la loi de l'assistance publique

Chronologie 1935 : dissolution de la par le lieutenant-gouverneur Ésioff-Léon Patenaude; : annonce de l'alliance électorale entre le Parti conservateur de Maurice Duplessis et l'Action libérale nationale de Paul Gouin sous la bannière de l'« Union nationale Duplessis-Gouin »; : générales québécoises. Le Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau conserve le pouvoir avec 48 sièges sur 90, contre 26 à l'ALN et 16 au Parti conservateur.

1936 : ouverture de la de la ; Lucien Dugas est élu président de l'Assemblée législative; Mars-juin : audiences du Comité permanent des comptes publics présidé par Maurice Duplessis; : démission de Louis-Alexandre Taschereau comme premier ministre; Adélard Godbout lui succède le même jour; prorogation de la ; : caucus de l'opposition à Sherbrooke; : fondation officielle de l'Union nationale sous la direction de Maurice Duplessis; Paul Gouin et ses partisans sont écartés; : dissolution de la législature; : générales québécoises. Victoire écrasante de l'Union nationale de Maurice Duplessis avec 76 sièges sur 90; : Maurice Duplessis est assermenté premier ministre.

Évolution des chambres Assemblée législative

Conseil législatif

Conseil exécutif Cabinet Taschereau (1936)

Louis-Alexandre Taschereau demeure premier ministre à la suite des élections du et dirige le gouvernement jusqu'à sa démission le .

Premier ministre, président du Conseil exécutif et procureur général : Louis-Alexandre Taschereau Trésorier : Ralph Frederick Stockwell Agriculture : Adélard Godbout Colonisation, Chasse et Pêcheries : Hector Laferté Travail : Charles-Joseph Arcand (1935), Joseph-Napoléon Francoeur (1935-1936), Edgar Rochette (1936) Colonisation : Irénée Vautrin (1935), Joseph-Édouard Perrault (1935-1936), Hector Authier (1936) Mines : Joseph-Édouard Perrault (1935-1936), Joseph-Napoléon Francoeur (1936) Voirie : Joseph-Édouard Perrault (1935-1936), Pierre-Émile Côté (1936) Terres et Forêts : Honoré Mercier fils Affaires municipales, Industrie et Commerce : Télesphore-Damien Bouchard Secrétaire provincial : Athanase David Ministre sans portefeuille : Cléophas Bastien (1936)

Cabinet Godbout (1936)

À la suite de la démission de Taschereau le , Adélard Godbout est assermenté premier ministre. Il forme un cabinet largement renouvelé qui dirige le Québec jusqu'à la défaite libérale aux élections du et l'assermentation de Maurice Duplessis le .

Premier ministre, président du Conseil exécutif, Agriculture et Colonisation : Adélard Godbout Trésorier : Edward Stuart McDougall Travail, Chasse et Pêcheries : Edgar Rochette Travaux publics et Mines : Césaire Gervais Voirie : Pierre-Émile Côté Affaires municipales, Terres et Forêts : Télesphore-Damien Bouchard Industrie et Commerce : Wilfrid Gagnon Procureur général et secrétaire provincial : Charles-Auguste Bertrand Ministres sans portefeuille : Francis Lawrence Connors, Cléophas Bastien

Sièges par parti politique Après l'élection de 1935

Affiliation Députés 48 ALN 26 16  Total 90  Majorité gouvernementale 6

Liste des députés Les caractères gras indiquent que la personne a été membre du conseil des ministres durant la législature. Les caractères en italique indiquent les personnes qui ont été chefs d'un parti politique durant la législature.