thumb|upright=1.4|alt=Carte des départements français.|Localisation du gisement sur la carte des bassins houillers français.
Le bassin houiller de Laval est un gisement de houille situé dans les environs de la ville de Laval en Mayenne et se prolongeant jusqu'en Sarthe dans l'ouest de la France.
Le gisement s'est principalement formé au Culm, Viséen supérieur et Namurien (daté entre - et - millions d'années) et dans une moindre mesure, au Stéphanien (daté entre - et - millions d'années).
Le charbon est exploité avant la révolution industrielle, l'activité est alors artisanale. Le voit l'accord des premières véritables concessions et l'intensification des recherches, la production s'industrialise pour alimenter les fours à chaux de la région. L'activité décline fortement au et cesse définitivement en 1950 après le renoncement de la société Kodak-Pathé. La production totale du gisement s'élève à de tonnes.
Plusieurs vestiges subsistent au début du , tels que des terrils, des hautes cheminées et des ruines de bâtiments miniers.
Situation vignette|redresse=1.4|Carte de l'étendue du bassin houiller de Laval.
Le bassin houiller s'étend du centre-ouest au sud-est du département de la Mayenne jusque dans la Sarthe en région française des Pays de la Loire entourant la ville de Laval.
Les gisements houillers voisins sont les deux bassins houillers du Molay-Littry et du Plessis-Lastelle au nord, en Normandie, tandis que le bassin houiller de Basse Loire est le plus proche, au sud.
Géologie Le bassin houiller de Laval est composé de deux gisements géologiquement différents : la majorité de la superficie appartient aux âges Culm, Viséen supérieur et Namurien (daté entre - et - millions d'années) formé de lentilles charbonneuses et chapelais irréguliers et plissés, exploité par et la partie située à l'extrémité ouest, à Saint-Pierre-la-Cour, appartient au Stéphanien (daté entre - et - millions d'années). Il est formé de trois cuvettes qui reposent sur le Namurien, avec des couches régulières et très peu plissées (mais faillées) qui sont exploitées par une seule et unique concession... Le charbon exploité à Saint-Pierre-la-Cour est soit de la houille sèche à longue flamme, soit de la houille grasse à courte ou longue flamme. La teneur en cendre est de 10 % en moyenne et contient toujours du soufre..
L'épaisseur des couches du gisement d'anthracite du Culm-Viséen-Namurien reste faible, majoritairement inférieur à un mètre, elles sont séparées par d'épaisses couches stériles (grès et schiste). Sous l'effet des plissements de terrains, les couches forment parfois des chapelets avec des renflements mesurant 6 à d'épaisseurs appelés qui permettent des périodes de prospérité alors que, d'autres fois, les couches serrées, écrasées appelées provoquaient des périodes déficitaires avec fermeture ou regroupement de concessions... La qualité du charbon est globalement de qualité médiocre avec une teneur en cendres élevée, comprise entre 20 et 30 %, parfois plus, comme dans la concession de Varennes où le charbon trouvait difficilement preneur. En revanche, la qualité du charbon était plutôt bonne dans les concessions de Solesmes et de Sablé-sur-Sarthe avec moins de 10 % de cendres. Ces deux dernières concessions sont par contre grisouteuses..
Histoire Comme dans le proche bassin houiller de Basse Loire, l'exploitation des affleurements est (temps modernes) selon le BRGM. Le charbon est d'abord extrait par des tranchées, des galeries débouchant directement au jour et des puits peu profonds, rapidement abandonnées en raison des difficultés d'assurer l'exhaure avant la révolution industrielle. La première mention officielle fait état d'une découverte du gisement à Auvers-le-Hamon en 1805. Cette découverte permet d'augmenter la production de chaux destinée à l'amendement des terres agricoles. Le est une période de forte recherche qui voit l'accord de plusieurs concessions entre 1820 et 1890 avec des travaux profonds ( atteints au puits Clothilde de Bazouges). Ces concessions connaissent des abandons, des relances et des groupements, l'exploitabilité du gisement étant plutôt mauvaise et peu rentable..
La majorité des sociétés exploitantes disparaissent au début du et leurs droits sont cédés à des particuliers. Certains centres d'exploitations subsistent mais sont exploités de façon très irrégulière. Plusieurs tentatives de relances ont lieu pendant et après la Première Guerre mondiale : la Balorais (1918-1921) dans la concession de Saint-Pierre-la-Cour, le puits de la concession du Genest-Saint-Isle jusqu'en 1925, Montigné jusqu'en 1923, le puits de la Baudonnière jusqu'en 1928 à la concession de La Bazouge-de-Chemeré et à Montfroux (1924-1925).
La dernière relance a lieu entre 1943 et 1950 par la société Kodak-Pathé qui extrait de houille en sept ans au puits de la Sanguinière, dans la concession de Sablé-sur-Sarthe, avant de renoncer faute de rentabilité.
Concessions vignette|centre|redresse=2.5|Carte des concessions du bassin houiller de Laval :
Saint-Pierre-la-Cour La concession de Saint-Pierre-la-Cour est la seule concession exploitant la partie du bassin datant du Stéphanien, elle est accordée par ordonnance royale du pour une superficie de . Elle est exploitée de 1880 à 1921. Monsieur Armand Chappée en fait l'acquisition en 1907. La Société anonyme des chaux et ciment Lafarge (qui possède une carrière et une cimenterie à proximité) émet une demande de mutation à son nom en 1947, mais celle-ci est refusée... La concession est finalement renoncée en ..
La cuvette des Germandières est découverte en 1828. Deux tiers du gisement y sont exploités entre 1830 et 1876, ce qui représente un volume de (94,6 % de la production de la concession). Treize puits sont creusés dans cette cuvette, les principaux sont le puits du Grand Solitaire, le puits du Petit Solitaire, le plan incliné et le puits du bois des Germandières, le puits de la Prise-Goberon et le puits des Feux-Villaines. Le gisement est d'assez bonne qualité et le terrain assez peu accidenté. Il existe dont 6 à 7 sont exploitées, individuellement, elles mesurent entre 15 et et sont séparées par du schiste, du grès et du poudingue mais elles cumulent ensemble 3 à ). En revanche, l'eau est omniprésente..
La cuvette de la Balorais est restée peu exploitée (), un seul puits de a été foncé et rencontre six veines, dont quatre sont exploitables (entre et ). Il est exploité de 1874 à 1921..
La Chaunière et les Bordeaux ou la Baconnière vignette|Un terril de l'exploitation.
La concession de La Baconnière possède une superficie de . Elle est exploitée de 1834 à 1869. La concession est abandonnée en raison de fortes arrivées d'eau dans les puits qui sont tous reliés entre eux. En 1868, l'exhaure aux puits Bouly et la Roussière atteint une moyenne de avec des pics à . La compagnie exploitante ne parvient pas à véritablement rentabiliser l'exploitation. Pour cela il aurait fallu que les couches soit verticales, pour que les puits soit utiles sur toute leur hauteur et que le charbon soit tendre à l'abattage.. L'anthracite est toutefois de très bonne qualité et est très demandé pour la fabrication de la chaux, ce qui en fait le charbon le plus cher de la région..
+ Liste des puits de la concession de la Baconnière.. Veine Puits Type Profondeur Épaisseur de la couche La Séguinais Puits du Chemin Puits Bellevue Puits Victor Puits de la Chataigneraie Puits de la Monnerie La Chaunière Puits Urbain incliné à Puits Urbain incliné Puits Saint-Joseph à Puits Sainte-Barbe incliné Puits de la Motte incliné Puits Saint-Charles vertical Puits Mathieu vertical à Puits Edouard incliné à Puits Henri incliné Puits de la Chaunière incliné Puits de la Clé incliné Puits de la Planche incliné Puits de la Planche incliné Puits de la Roussière (fermé en 1869) vertical Puits Bouly (fermé en 1869) vertical Amas de Puits Boutruchère vertical Puits Favrie vertical Puits Beurière vertical Puits Fromengère Puits Boussinière La Merguinièreet la Lande Puits Sainte-Marie à Puits de la Merguinière Puits de la Lande vertical Puits Saint-Louis Puits de la Couleuvre Puits de la Coulée Verte à , parfois Puits de la Tonnerie Puits Saint-Jean incliné à Puits de la Havardais Puits de la Ruyère
Entre 2011 et 2013, trois têtes de puits se sont effondrées dont une sur trente mètres. En 2014, les services de la préfecture décident de rendre 10 % du territoire communal de La Baconnière inconstructible en raison des risques miniers, y compris la moitié d'une zone d'activité (). Seules des études de sols précises et coûteuses permettent d'autoriser une construction..
Le Genest La concession du Genest-Saint-Isle est exploitée de 1841 à 1925.. Cette concession possède des couches plus facilement exploitables que la moyenne du bassin. Elle connait plusieurs périodes de prospérité avec des bénéfices notables.
Le gisement est composé de trois couches exploitées : la couche supérieure mesure , la couche moyenne mesure 2 à avec une moyenne à , enfin la couche inférieure mesure de moyenne avec un maximum à un mètre.. Des mines d'or et d'antimoine sont exploitées sur la même commune entre 1898 et 1954.
Coupe des Brûlés et de la Maison Neuve La coupe des Brûlés est un puits incliné dont il subsiste des terrils dans les années 1970..
Puits / de la Maison Neuve Le puits est creusé à à l'ouest du puits des Brûlés sur une cinquantaine de mètres de profondeur. Les travaux souterrains des deux puits communiquent. Le puits connait un premier abandon en 1848. Il est réexploité entre 1860 et 1870. Un puits et une descenderie situés dans le voisinage sont remblayés vers 1930.
Groupe du Haut-Bourg Les travaux du Haut-Bourg sont situés à au sud-ouest du puits , ils sont ouverts vers 1830 et abandonnés vers 1860..
En 2007, la tête du puits du Haut-Bourg s'effondre sur quatre mètres de profondeur et dix de diamètre. Il est obturé par un bouchon en béton par la Drire.
Groupe des puits et Les puits et sont jumelés et implantés au sud des travaux du Haut-Bourg. Le puits possède une section de un mètre sur deux et de profondeur. Ce puits sert à l'exhaure après 1920 avant d'être abandonné en 1926.
Puits Le puits possède une section de × et de profondeur. Il n'est pas encore remblayé en 1969.
Puits Le puits possède une section de un mètre sur deux et de profondeur. Il est remblayé après sa fermeture.
Descenderie La descenderie est située à à l'ouest du puits et pour le passage des ouvriers.
Montigné et l'Huisserie La concession de Montigné et l'Huisserie s'étend sur . Elle est exploitée de 1857 à 1923.
Le gisement de cette concession activement exploitée est réputé majoritairement épuisé..
L'Huisserie
Le charbon de l'Huisserie est reconnu en 1823, les couches mesurent 3 à , les peuvent atteindre jusqu'à d'épaisseur. L'exploitation commence par de simples tranchées et des puits de faible profondeur qui, avec plusieurs sondages, permettent une reconnaissance du gisement jusqu'en 1853. La concession est accordée à la compagnie de Montigné par décret impérial du . Dès l'année suivante, l'exploitation commence réellement avec trois puits : le puits Sainte-Barbe, le puits intermédiaire et le puits Saint-Charles qui exploitent une couche irrégulière alternant entre (amas de couches) et (amincissement des couches). Une période de prospérité s'ouvre à partir de 1860 avec un apogée en 1863 (production de ). La guerre franco-allemande de 1870 affaiblit l'économie et le déclin des mines s'amorce dès 1876. Un second champ d'exploitation ouvre en 1874 au nord-ouest du premier, en direction de la concession de Montigné, il est formé de deux puits : le puits de l'Angerie ( de profondeur) et le puits Edouard. L'exploitation se termine entre 1888 et 1902 par un retour au puits Saint-Charles dont les couches situées entre 100 et sont dépilées. ..