Antoine Hippolyte Trilhac dit Hippolyte Triat, né le à Saint-Chaptes et mort le à Paris , est un homme fort et entrepreneur français.
Il est l'un des pères fondateurs de la culture physique et du centre de remise en forme modernes.
Biographie Originaire du Gard, Hippolyte est le fils de Marguerite Bailesse et de Félix TrilhacArchives départementales du Gard, commune de Saint-Chaptes, année 1812, acte de naissance , alors âgé de 50 ans, jardinier pour le compte de Marie Anne Aubin de Bellevue, veuve de François Paul de Brueys d'AigalliersArchives du Gard, acte de naissance Mairie de Saint-Chaptes, année 1812 EC n°9.. Devenu orphelin vers 1816, élevé par sa sœur aînée à Nîmes, Hippolyte est enlevé par des bohémiens puis vendu à une troupe de saltimbanques niçois : il devient alors une sorte de mascotte, les accompagnant dans leur tournée dans toute l'Europe, qui se fixe ensuite en Espagne.
En 1828, il fait partie d'une troupe espagnole de contorsionnistes et se blesse gravement. Il est pris en charge par une dame-patronnesse originaire de Burgos, qu’il a sauvée en arrêtant son cheval emballé. Soigné et éduqué au Collège des Jésuites de Burgos, il pratique les sports. En 1834, émancipé, il met au point un spectacle itinérant sportif, équipé de petites machineries de force ; ses numéros rencontrent le succès et le portent jusqu'à Bruxelles. Il y ouvre un premier gymnase en 1840 au 7 de la rue de LigneDesbonnet (1911), ..
Arrivé à Paris, vers 1846« Couvert, découvert, redécouvert… L’invention du gymnase scolaire en France (1818-1872) » par Marc Le Cœur, in: Histoire de l'éducation, 102|2004, — lire sur OpenEdition., Hippolyte s'associe à Nicolas Dally (1795-1862)Nicolas Dally est l'auteur de Gymnastique. De la régénération physique de l'espèce humaine par la gymnastique rationnelle publié en 1848 à Paris — lire sur Welcome Collection. pour fonder une société par actionsEn juillet 1855, Triat fonde une nouvelle société par actions, « La Société générale des gymnases de France », sise au 33 rue du Faubourg-Montmartre, annonçant un capital de 5 millions de francs — lire sur Gallica. dans le but d'ouvrir un grand gymnase à plancher sur l'allée des Veuves, future avenue Montaigne.. Cet espace sera connu sous le nom de « Gymnase Triat », changeant plusieurs fois d'emplacement. Très engagés, Triat et Dally écrivent en 1848 au Gouvernement provisoire une lettre pour réclamer la création d'un ministère de l'Éducation physiqueTriat, H. et Dally, N., Au gouvernement provisoire. Lettre demandant la création d’un ministère de l’Éducation publique, Paris, P. Dupont, 1848..
Hippolyte Triat se veut un « gymnasiarque », un éducateur sportif hygiéniste à visées orthopédiques. Il a comme élèves et clients des aristocrates et des membres de la haute bourgeoisie parisienne. Parmi eux, on compte le prince Louis-Napoléon Bonaparte, Paul Féval, Jules Vallès et Eugène PazJean Latte, La Gymnastique, Paris, Vigot, 1948, .. À la fin des années 1860, ayant gagné jusqu'à francs de recettes, il ambitionne de faire construire, sur l'île Saint-Germain, un immense complexe sportif, une « école normale de gymnastique », dont les plans sont tracés par le fils de Théodore Charpentier« L'île Saint-Germain : projet de Centre sportif international », 15 avril 2014, sur Historim.fr..
La guerre franco-allemande de 1870 vient compromettre le projet. Triat, reclus dans Paris au moment de la Commune, est alors nommé par Jules Allix à la tête d'un bataillon de gymnastes. Dénoncé, Triat est emprisonné par les Versaillais, puis rendu à la liberté en . Le gymnase Triat existe encore en 1872, faisant connaitre ses nouveaux traitements à base d'hydrothérapie..
Quittant l'avenue Montaigne en 1873, il ouvre un dernier espace, plus petit, au 22 de la rue du Bouloi. Présent à l'exposition universelle de 1878, il y présente en réduction une maquette de son gymnase, qui doit fermer l'année suivante.. Relativement oublié, Triat, laissant une veuve née Marie-Françoise-Cornélie Pasquet, meurt au 22 de la rue Jean-Jacques Rousseau en : Jules Allix lui rend hommage et permet à sa dépouille d'être enterrée dans le tombeau de sa famille au cimetière de Montmartre.« Commune de Paris. Séance du 7 mai 1871 », par Eloi Valat, in: Médiapart, 4 juin 2016 — article en ligne..
Représentations et postérité Selon Desbonnet, Triat en 1854 mesurait et pesait Desbonnet (1911), .. Il était capable de soulever un haltère de 91 kilos. Dans son gymnase parisien, il se déguisait en maître de cérémonie et entraînait collectivement les sportifs selon diverses disciplines de force, auxquelles pouvait assister le public :
Il existe une série de représentations peintes de Triat. Le tableau d'Ernest Hébert, Esclave près d'un tombeau dans la campagne romaine (1841 [?], musée Hébert) s'inspirerait de l'athlète ; un autre, le montrant à mi-corps portant une massue, où il est identifié comme . On compte aussi un portrait en médaillon gravé par Maurice Borrel (Salon de 1855) et un portrait sur émail (Salon de 1878) signé Thérèse-Mirza Allix..
En haltérophilie, il était d'usage d'appeler certains poids des « haltères de Triat »..
Galerie
Notes et références
Bibliographie . . .
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