La Verte Tente est une association belge qui s'inscrit dans le mouvement de l'histoire vivante et/ou de la reconstitution historique.

Son objectif est la restitution de la vie quotidienne des liégeois au dernier quart du et plus précisément de 1465 à 1470. La première tâche des membres de l'association est la fabrication d'habits répondants au canon de la mode vestimentaire du .

Ses activités principales se déroulent lors de fêtes médiévales estivales au cours desquelles elle déploie un tableau vivant et animé de la vie au Moyen Âge à travers un campement fait de tentes en lin, d'objets reconstitués, d'artisanats, d'une cuisine précise et des spectacles d'entraînements aux armes blanches et à poudre noire.

La Verte Tente est un groupe phare dans le paysage belge de la reconstitution historique du Moyen Âge tardif, notamment grâce à son action fédératrice à travers son Rassemblement Médiéval qui, d'autre part, participe activement au développement de la reconstitution immersive.

Avant-propos Les ruines imposantes du château de Franchimont dominent Theux et la Hoëgne, rappelant à ses habitants l'histoire riche et multi-millénaire de la région.

La ville de Theux, ancien chef-ban du marquisat de Franchimont, est marquée par l'épisode des Six Cents Franchimontois du . Dans ses mémoires, Philippe de Commynes, témoin visuel de premier plan, nous dépeint ce coup de force héroïque qui aurait changé l'histoire européenne s'il n'avait pas échoué.

Le , à l'aube de la Grande Guerre, le roi fait afficher dans tout le royaume de Belgique la « Proclamation du Roi à l’Armée et à la Nation » :Souvenez-vous, devant l'ennemi, qui vous combattez pour la liberté et pour vos foyers menacés. Souvenez-vous, Flamands, de la bataille des "Eperons d'Or", et vous, Wallons de Liège, qui êtes en ce moment à l'honneur, des 600 Franchimontois.En 1959, la commune de Theux acquiert le château de Franchimont et un nouvel attrait pour son histoire et l'épopée des Six Cents se développe et grandit chez les autorités locales. L'année 1968 connaît la célébration du anniversaire de l'épopée des Six Cents Franchimontois à travers une multitude de festivités diverse et variées. Cette année fondatrice entérine la passion pour l'histoire et le folklore local qui se concrétisent dans une société baptisée La Chevalerie de l'Ordre du Chuffin ; elle sera à l'origine de deux manifestations:

Le cortège aux flambeaux: en costume d'époque, la première édition voit le jour en 1968 et sera reconduite annuellement. La Franche-Foire de Franchimont: une fête médiévale biennale. dans le château de Franchimont dès 1973. Elle est communément considérée comme la première fête médiévale belge de ce type.

Le folklore et l'histoire locale ont une présence tangible dans les paysages de Theux à travers des bâtiments classés au patrimoine de Wallonie. Des rappels de la lutte éternelle contre l'oppresseur, comme le monument aux morts et le perron, nourrissent durablement la passion du Moyen Âge et entretiennent un sentiment d'appartenance chez la population.

C'est investi de cet héritage que les fondateurs de la Verte Tente, pour la plupart issus des mouvements de jeunesse locaux, s'assemblent pour créer une compagnie médiévale.

Première époque (1996 - 2008)

La Compagnie de la Verte-Tente Theux, , quatre personnes se réunissent afin de poser les bases d'une troupe d'animation sur le thème médiéval. Ils invitent leurs amis respectifs à une réunion officielle le . Ils donnent à leur association le nom de La Compagnie de la Verte-Tente en référence au mouvement de résistance lors du sac de Liège. lors des Guerres de Liège. Une structure administrative est mise sur pied avec un président, un secrétaire et un trésorier.

Rapidement, le premier groupe s'étoffe avec l'arrivée de nouveaux membres. En quelques mois, la notoriété de la jeune compagnie grandit sur le territoire du marquisat de Franchimont grâce notamment à de nombreux articles, dont beaucoup de la plume du journaliste Pierre Lacomble, parus dans les journaux La Meuse et Le Jour. La Verte Tente intègrent l'ASBL La Chevalerie de l'Ordre du Chuffin le , ce qui lui donne un accès privilégié au château de Franchimont afin d'y tenir des entraînements aux armes blanches (épée, bâton et lance) et permet l'organisation de banquets privés.

L'administration communale de Theux la reconnaît officiellement. dans le Bottin Associatif.

Les commissions Le fonctionnement de la Verte Tente s'articule autour de quatre commissions : scénario, combat, logistique et archive. Chaque responsable de commission organise son calendrier, ses activités et gère les participants. Un compte-rendu des activités de chaque commission est donné lors de la réunion mensuelle du conseil d'administration. Ce système va perdurer jusqu'en 2001.

Scénario En tant que troupe d'animation, la Verte Tente met sur pied de petits spectacles joués dans la foule. Plusieurs saynètes sont écrites et interprétées par les membres : le Règlement de Compte, Prima Nocte, le Voleur de Bourse. Le Braconnier, le spectacle phare de la compagnie, s'inspire de la saynète interprétée de longue date lors de la Franche-Foire de Franchimont.

Sous la plume de Christian Bernès et Jean-François Demoulin, elle devient en 2001 L'Affaire du Braconnier composée de trois actes de : l'Arrestation, le Jugement et la Pendaison.

Elle sera jouée en août, au Franche-Foires de Franchimont, en 1997, 1999, 2001 et 2003.

gauche|vignette|Franche-Foire 2003 - Sébastien Bertrand fabrique une cotte de mailles.

Combattant vignette|Heinstert 1998 - Pierre-Yves Bertrand à la forge. Un combattant de la Verte Tente est celui qui suit régulièrement les entraînements dominicaux aux armes blanche (épée, dague et bâton) dans le château de Franchimont pour in fine pouvoir assurer en toute sécurité un spectacle de simulacre de combat lors d'une fête médiévale. En 1998 et 1999, la Verte Tente délègue un représentant, David Honnay, aux entraînements de la Confrérie de la Malemort asbl de Namur pour y apprendre l'art du combat à pied et du simulacre d'engagement.

Les combattants de la Verte Tente fabriquent leur propre protection de base, la cotte de mailles. Très économique en matière première, sa réalisation demande en revanche de très nombreuses heures de travail. En guise de protection aux mains, on se satisfait de gros gants de travail noir. Le forgeron de la compagnie, Pierre-Yves Bertrand, fabrique les épées des combattants. Les lames sont importées d'Espagne et la casse est fréquente. Des casques Brodie sont récupérés et transformés en pseudo-casques médiévaux. Les baudriers des épées et les ceintures sont également fabriquées par les combattants.

En 1998, c'est la découverte des batteurs d'armes et d'armures polonais sur les marchés allemands frontaliers et leurs prix très concurrentiels. Ce qui donne accès à des armes et armures plus authentiques.

La Lice de Combat La plupart des scénarios de la Verte Tente comprennent des simulacres se combat. Le moment venu, des porteurs de bâtons écartent la foule et forment un vaste cercle dans lequel les combattants peuvent s'affronter en toute sécurité.

Logistique vignette| - Le matériel de campement de la Verte Tente. Cette commission a pour tâche de fournir le mobilier commun de la compagnie.

En mars 1997, le seul fabricant de tente historique connu est Heritage Tents en Angleterre. La Verte Tente demande un crédit de (environ en 2021 avec l'inflation) au Chuffin pour l'achat d'un grand pavillon rond large (hauteur du mât , hauteur du mur , diamètre de base ) de couleur en bandes alternées vert et blanc. Deux petits pavillons supplémentaires viendront compléter l'inventaire l'année suivante.

Des tables, des bancs, des coffres, des étagères et deux auvents de toile sont construits. Du matériel supplémentaire comme des casseroles, des ustensiles de cuisine et des outils sont soit achetés dans les grandes surfaces locales, soit donnés par les mouvements de jeunesse.

En deux saisons, la matériel de la compagnie s'étoffe considérablement et le dépôt de la Verte Tente va migrer plusieurs fois entre 1996 et 2005.

Archive La commission chargée de trouver la bonne documentation. 1996, c'est la préhistoire d'Internet et trouver de la documentation nécessite de passer des heures dans les bibliothèques. Les livres traitant de la reconstitution médiévale sont extrêmement rare et invariablement en anglais. L'Encyclopédie Médiévale d'Eugène Viollet-le-Duc est la bible dans laquelle les compagnons vont puiser des idées d'objets et de costumes.

Le bulletin de la compagnie Le Brouzouf est le bulletin de la Compagnie édité entre 1998 et 2001. Axé sur deux thèmes, des articles de fonds sur le Moyen Âge et des comptes-rendus d'activités, il sera rebaptisé Boutefeu en 2004. 20 numéros sont édités à ce jour plus un numéro spécial dédié aux Jeux de Franchimont de l'an 2000.

La charte de la Verte Tente Compagnons, oyez ma voix, que les paroles qu’elle porte vous guide en tout temps et en tout lieu.

Compagnons, accueillez tout pauvre hère quel que soit son lignage ; mais prenez garde car il suffirait qu’un seul d’entre eux ne soit pas excellent chevalier pour déconsidérer toute la compagnie et diminuer sa valeur.

Compagnons, vous veillerez à ce que jamais le discrédit ne puisse être jeté sur nostre compagnie ; à tous, communiquez amour et respect des médiévaux usages et chevaleresques préceptes qui nous guident ; pour ce faire, vous éviterez de vous trouver ivre en public et prendrez toujours toutes précautions de bons sens rassis afin de ne point navrer un compagnon d’armes par excès de fougue ou défaut de sagesse.

Compagnons, hors aventure de route, nulle hiérarchie ici ne prime. Ainsi selon ses capacités, son éventuelle volonté, ou les circonstances de la vie de routier, chacun un jour dirige ou se voit dirigé ; ce de bonne grâce, capitaine en toute humilité et manant en toute dignité.

Compagnons, pour l’heure et afin de sceller notre accord en compagnie unie dans une même quête, jurons respect et observance en toute connaissance et liberté de nostre règle sur ses couleurs qui allient pureté, passion et volonté car nous portons de sinople au rencontre de cerf d’or, flanqué à sénestre d’argent à deux feuilles de chêne de sinople, l’une au-dessus de l’autre, orné de la devise :

VERTE TENTE, LIBRES GENS !

La Marche aux Flambeaux vignette|Marche au Flambeaux 1997 - le perron de Theux. Entre-autres objectifs, les compagnons ont la vocation de raviver l'esprit des Six Cents Franchimontois en reprenant la marche des Six Cents Franchimontois de Theux à Liège.

Le cortège aux flambeaux en l'honneur du souvenir des Six Cents Franchimontois connut 19 éditions consécutives de 1968 à 1987 organisées par le Syndicat d'Initiative de Theux. Il consistait alors en un défilé nocturne, en costume d'époque, empruntant l'artère principale de la ville et qui s'achevait autour d'un verre dans une salle de la localité.

La Verte Tente reprend le concept qu'elle baptise Marche au Flambeaux car plus long de 2 kilomètres. Désormais, le trajet est une boucle de 5 kilomètres au départ et à l'arrivée du château de Franchimont avec deux arrêts au centre de Theux : l'un au monument aux morts, place de l'église, et le second au pied du perron..

Devant le succès de la manifestation, la Verte Tente reconduit celle-ci annuellement, et jusqu'en 2004, le samedi le plus proche du , date historique de l'événement.

La Marche des Six Cents Franchimontois vignette|Au départ de Theux - 1998 Cette marche sportive de 35 kilomètres entre Theux et le centre de Liège fut organisée pour la première fois lors des commémorations du anniversaire des Six Cents en mai 1968. Elle fut reconduite pour le millénaire de la principauté de Liège en septembre 1980. Enfin, deux des futurs fondateurs de la Verte Tente organisèrent une Marche à l'occasion du anniversaire en septembre 1993.