Charles II, surnommé Charles le Bon, que l'on trouve également sous la forme Charles II de Savoie et désigné par certains auteurs comme Charles III, dit le Bon, né au château de Chazey-en-Bugey, le et mort à Verceil le , est duc de Savoie et prince de Piémont (1504-1553).

Biographie Origines Né le au château de Chazey-en-Bugey, propriété de la maison de Savoie, Charles est le premier fils du second mariage de , avec Claudine de Brosse (lire ligne)..

Fils cadet, il prend le titre de duc de Savoie, en 1504, au décès de son demi-frère Philibert le Beau, mort sans descendance. Sa demi-sœur, Louise, est la mère du roi .

En 1511, il est reçu chanoine-comte d'honneur, au sein du Chapitre de Saint-Jean de Lyon..

Mariage Le , Charles II est accordé en mariage à Jeanne de Naples, fille de , roi de Naples, et de Jeanne d'Aragon, reine de Sicile.

Ce mariage n'ayant pas été consommé, il épouse le Béatrice de Portugal, fille d'Emmanuel, roi de Portugal et des Algarves, et de Marie d'Aragon et Castille, fille des rois CatholiquesJean Lullin, Notice historico-topographique sur la Savoie : suivie d'une généalogie raisonnée de la Maison Royale de ce nom, ..

Par ce mariage, comme Béatrice est la sœur de l'impératrice Isabelle de Portugal, l'oncle maternel de François Ier devient le beau-frère de Charles Quint.

Les premières difficultés du règne Le nouveau duc trouve un État obéré de dettes et des domaines diminués par les concessions faites aux trois douairières : Blanche de Montferrat contrôle presque tout le Piémont, Claudine de Brosse possède le Bugey, Marguerite d'Autriche, la veuve de son prédécesseur, reçoit la Bresse, le Faucigny, le Pays de Vaud et le comté de Villars. Louise de Savoie, fille de Janus de Savoie, comte de Genève, tient le Chablais et d'autres apanages.

Il doit commencer son règne par s'imposer face aux exigences de sa demi-sœur Louise de Savoie, qui voulait hériter du duché, de son frère bâtard René qui demandait des fiefs, et son frère Philippe qui soutenait Louise et René.

En 1518, il renouvelle l'Ordre du Collier en le nommant dans un premier temps Annonciation Notre-Dame, puis Annonciade..

La révolte de Genève Après la mort de Charles de Seyssel, le , Charles II tente d'imposer comme évêque de Genève, avec l'appui du Pape Léon X mais contre l'élu du chapitre de Chanoines de la cathédrale, son cousin Jean-François de Savoie, fils illégitime d'un précédent évêque et oncle de Charles II, François de Savoie. Cette mainmise de la Maison de Savoie provoque une forte réaction des Genevois qui s'allient par un traité de combourgeoisie avec le canton de Fribourg le .Le duc envoie René de Challant en ambassade à Berne en et en 1532 afin de tenter d'interrompre le rapprochement ente les villes. La Diète de Thonon en 1534 ne fait que resserrer l'alliance entre les cités helvétiques. Genève se révolte et le duc lui impose un blocus. Pour s'en dégager, la cité fait appel aux Bernois, qui après quelques tergiversations passent à l'attaque le et conquièrent le Pays de Vaud dès le mois de février suivantFrançois-Gabriel Frutaz, Notes sur René de Challant. Monographie, musée neuchâtelois, novembre-décembre 1904..

Charles II, incapable de réagir, brandit la menace de faire intervenir l'empereur Charles-Quint, dont il est le vassal, mais ce dernier est bloqué à Naples. Dans les territoires contrôlés par les Bernois, la conversion à la Réforme protestante est générale après la fuite de l'évêque de Genève en 1527, le Grand Conseil interdit la messe le bien qu'en majeure partie contrainte la Réforme s'impose, créant de ce fait un fossé cultuel désormais insurmontable. Dans le pays de Vaud et le Genevois, un groupe de seigneurs savoyards, partisans du duc, dénommé « Confrérie de la Cuiller » fait régner la terreur en territoire genevois. En 1530, le duc fait enfermer au château de Chillon, François Bonivard, fils du seigneur de Lunes, partisan du conseil de Genève, qui croupira dans les sous-sols de la forteresse pendant six années.

Entre France et Saint Empire La position du duché de Savoie en Europe lui vaut de devoir se positionner entre l'empereur Charles Quint et le roi de France François .

En 1515 en accord avec les cantons suisses, le duc Charles II refuse le droit de passage par ses États au roi de France . La victoire de ce dernier lors de la bataille de Marignan marque un recul important de l'influence de la Savoie en Italie du Nord. Le duc perd également l'appui de Léon X après la mort de Julien de Médicis, l'époux de sa sœur. Sans armée et sans grands moyens, Charles II ne réussit pas à mettre en place une politique extérieure cohérente. Il change régulièrement d'alliance, entre son neveu et son beau-frère Charles Quint. Finalement, comme Prince du Saint-Empire, il opte pour le secondJacques Lovie, Les Ducs de Savoie (1416-1713), Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, 7..

Profitant des difficultés du duc avec Genève, réclame l'héritage de sa mère Louise de Savoie (demi-sœur du duc Charles II-III), sur la Bresse et le Faucigny. Il franchit la frontière et les Français occupent Chambéry. Une série de défaites entre 1530 et 1536 devant les Suisses passés à la Réforme protestante et les Français prive le duc de la plupart des États de Savoie, ne lui laissant que le comté de Nice et la vallée d'Aoste et Verceil.

La Paix de Nice, signée en 1538, le prive pour une durée de 10 années de l'essentiel de ses territoires. Il négocie sa neutralité avec les Français et ne conserve qu'une petite partie du Piémont. Un gouverneur français est installé à Turin, obligeant Charles II à se réfugier à Nice qui devient sa principale place forte, ville dans laquelle il développe la production monétaire par des ordonnances de . Le duc séjourne également à Verceil en Piémont.

En 1543, les Franco-Turcs assiègent Nice par terre et par mer. Le , une armée de secours, conduite par Charles II et le marquis Del Vasto incite les assiégeants à lever le siège. Les troupes ducales reprennent peu à peu le contrôle du comté de Nice. Une ferme répression s'abat sur les Niçois qui avaient choisi le camp français. La principale conséquence de ce siège sera de susciter, chez les ducs de Savoie, en particulier le successeur de Charles II, son fils Emmanuel-Philibert (1528-1580), une forte volonté de renforcer les défenses de la place de Nice.

Mort et sépulture Dépossédé de la majeure partie de ses territoires, Charles II meurt à Verceil, assiégé par les Français d'Henri II, le , dans sa après un règne de 49 ans. Son fils, Emmanuel-Philibert, lui succède.

Son corps est enterré dans la cathédrale Saint-Eusèbe de Verceil (Piémont)..

Famille Charles épouse à Villefranche, à côté de Nice, le l'Infante Béatrice de Portugal (1504-1538), fille de Manuel , roi de Portugal, et de Marie d'Aragon. Par ce mariage, il devient beau-frère de Charles Quint, qui a épousé Isabelle de Portugal. Ils ont : Adrien-Jean-Amédée (-), son corps est inhumé dans la chapelle Saint-Sébastien de la cathédrale Saint-Marie-de-l'Assomption d'Ivrée. Louis (1523 † 1536). Emmanuel-Philibert (1528-1580), duc de Savoie et prince de Piémont. Catherine (-). Marie (-1531). Isabelle (-). Emmanuel (, † jeune). Emmanuel (, † jeune). Jean-Marie (-), son corps est inhumé dans une chapelle de la cathédrale Sainte-Marie du château de Nice.

Charles II ou Charles III ? Une tradition historiographique permanente et au moins triséculaire opte pour la forme Charles III de Savoie, depuis le Histoire Universelle depuis le commencement du monde jusqu'à présent, Amsterdam, 1776, Liv. XXIV, Ch. XIII, 128-168., avec L'Art de vérifier les datesMaur-François Dantine, Charles Clémencet (dom), Nicolas Viton de Saint-Allais, Ursin Durant, François Clément (dom), Mauristes. Volume XVII, Arthus-Bertrand éditeur, Paris, 1819. Chap. : « Charles III dit le Bon », ., en passant par les historiens savoyards « classiques » du comme Victor de Saint-GenisVictor de Saint-Genis, Histoire de Savoie, d'après les documents originaux, Bonne, Conte-Grand & Cie éditeurs, Chambéry, 1869. (3 Vol.)., Joseph Dessaix. ou Claude GenouxClaude Genoux, Histoire de Savoie, réédition 1997, La Fontaine de Siloé, , chap. : « Charles III », 248-270., et modernes comme Henri Ménabréa. ou Jacques LovieJacques Lovie (professeur honoraire à l'université de Savoie), L'histoire en Savoie. Les Ducs de Savoie (1416-1713) publié par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, Chambéry, , 7 & tableau généalogique 9. et les ouvrages encyclopédiques comme celui de Michel MourreDictionnaire encyclopédique d'Histoire, 8 vol., nouvelle édition du Dictionnaire d'histoire universelle, Bordas/J.P. Delarge, Paris, 1978-1982. Articles « Charles II » et « Charles III le Bon », Volume C, 889.. Cette dénomination est également celle qui est retenue par Marie-José de Belgique dans ses études sur la maison de SavoieLa Maison de Savoie, éditions Albin Michel, Paris, 1956, 114, note . ou encore le site de généalogie en ligne, Foundation for Medieval Genealogy (FMG).

Toutefois, de nombreux historiens anciens — comme Eugène Caïs de PierlasEugène Caïs de Pierlas, « L'Hôtel des Monnaies à Nice », Bulletin de la Société niçoise des Sciences naturelles, Histoire de Géographie, 1886, . ou Georges DoubletGeorges Doublet, « Le mariage du duc Charles II et de l'infante Béatrice de Portugal », revue Nice historique , . — et modernesNice et son comté (1200-1580), témoignages et mémoires, descriptions et chroniques médiévales. Ouvrage collectif publié par la Délégation patrimoine historique de la Ville de Nice, Mémoires millénaires éditions, 2010. Textes anciens sélectionnés par l'historien Hervé Barelli. Josiane Rieu (université de Nice Sophia-Antipolis) étudie un texte de 1538 et mentionne « le duc de Savoie Charles II » dans sa communication Le poète et le prince, (). Blythe Alice Raviola (université de Turin) évoque « Charles II et son fils Emmanuel-Philibert », (). utilisent le nom de Charles II pour dénommer ce prince, de même que les numismatesLuigi Simonetti, Monete italiane medioevali et moderne, vol. 1, Casa Savoia, parte 1, Ravenne, 1967 : « Carlo II », ( à 218).Elio Biaggi, Le antiche monete piemontesi, Éditrice Tipolito Melli, Borgone di Susa, 1978 : « Carlo II », ().Sergio Cudazzo, Monete italiane regionali, Casa Savoia, Éd. Numismatica Varesi, Pavie, 2005 : « Carlo II il Buono, duca di Savoia (1504-1553) », ( à 253)Jean Duplessy (ing. rech. hon. CNRS), Les monnaies françaises féodales, tome II. Éd. Platt, Paris, 2010., des archéologuesDans son étude « Nice au ou la création d'une place forte moderne », Marc Bouiron, archéologue de la ville de Nice, évoque « le règne de Charles II (1504-1553) », (). Il en fait de même en dans son étude « François de Belleforest, Comosgraphie universelle ». Claude Salicis, président de l'IPAAM en fait de même dans : « Étude de deux lots de monnaies issues de fouilles anciennes effectuées sur la colline du Château à Nice », Mémoires de l'IPAAM, 2012, . et des archivistesArchives départementales des Alpes-Maritimes : « Charles II (1504-1553) entre France et Espagne ». En sens contraire, les Archives municipales de Nice ont édité un « Inventaire analytique des séries anciennes (1176-1792) » où le nom Charles III est utilisé..

La titulature KAROLVS SECVNDVS (Charles le Second) ou CAROLVS II du duc qui apparaît sur ses monnaies émises tout au long de ses trente-neuf années de règne montre qu'il se fit constamment appeler Charles II et qu'il ne considéra pas le petit Charles-Jean-Amédée de Savoie, mort à l'âge de huit ans, comme son prédécesseur dans la lignée des Charles de SavoiePour un exemple : écu d'or.. Les monnaies frappées au nom du petit Charles-Jean-Amédée ne mentionnent pas Charles II mais KAROLVS IO AME DVX SABAUDIE ou encore K I A (Karolus Iohannes Amedeus en abrégé).

Ascendance

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie .