vignette|redresse=1.5|Carte des donations d'Alexandrie. Les donations d'Alexandrie sont un événement politique en 34 av. J.-C. consistant à un accord entre et Marc Antoine où ils s'accordent sur une transmission des terres détenues par la République romaine et la Parthie au profit de Cléopâtre et ses enfants. De plus, de nombreux titres leur sont attribués, en particulier pour , le fils de Jules César.

Concrètement, les provinces romaines de Libye, Cœlé-Syrie et Chypre sont données aux souverains d'Égypte ( et ). Les royaumes d’Arménie, de Parthie et de Médie (qui restent à conquérir) sont donnés à Alexandre Hélios, fils aîné de et de Marc Antoine, tandis que la Phénicie, la Syrie, la Cilicie et peut-être les royaumes vassaux d'Anatolie sont réservés pour le plus jeune, Ptolémée Philadelphe. Leur sœur, Cléopâtre Séléné, reçoit reçoit l'ancien royaume de Libye, c'est-à-dire la province de Cyrénaïque, peut-être y compris l'île de Crète.

Le 33 av. J.-C., Octavien alors consul, intervient au Sénat pour se livrer à une première attaque contre Antoine. Il rejette la reconnaissance de Césarion comme fils de César et s'attaque sans doute à l' et aux « donations d'Alexandrie ».

Les titres accordées par Antoine ne recouvrent aucune réalité politique et certains des enfants d'Antoine et Cléopâtre « règnent » sur des provinces qui restent romaines. De plus, une partie non négligeable des territoires « donnés » ne sont pas réellement sous le contrôle de Marc Antoine, ce qui n'échappe pas à Cléopâtre qui se contente plus prosaïquement de réclamer à son amant, en vain, la Judée. Antoine fait figurer le nom et l'effigie de Cléopâtre sur les deniers officiels dans toute la Méditerranée orientale.

Pour beaucoup d'historiens modernes, la politique orientale d'Antoine n'est au fond que la continuation de la politique de Pompée et de Jules César, qui ont fait et défait des rois-clients. Cependant, dans le cas d'Antoine, ces donations proclament ses ambitions démesurées et il met en place une dynastie personnelle, romano-lagide. Cela renforce son pouvoir sur place mais assure aussi la domination romaine, ne bouleversant pas les principes reposant sur la coexistence de provinces et de protectorats romains. Mais déformés par une propagande hostile, ces « donations d'Alexandrie » peuvent servir d'arguments aux adversaires d'Antoine. Pour Peter Green, auteur d'un ouvrage sur l'époque hellénistique, .

Il s'agissait du second de deux dons de ce type car une donation similaire a eu lieu deux ans plus tôt à Antioche en 36 av. J.-C. Cette décision de Marc Antoine cause une rupture dans ses relations avec Rome et sont parmi les causes de la dernière guerre civile de la République romaine, le Sénat romain refusant de valider l'accord.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Dion Cassius, Histoire romaine, livre 49 Plutarque, Vies parallèles, « vie d'Antoine » chapitre 54

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