La mort d'Olivio Gomes est médiatisée après que celui-ci est tué par la police à l'âge de , le à Poissy. Le policier est mis en examen pour homicide volontaire peu après le décès, puis renvoyé aux assises en 2024, des décisions rares dans ce type d'affaire. Il est condamné en à dix ans de prison pour meurtre et fait appel.
Victime Olivio Gomes est né le à Canchungo (Guinée-Bissau). Il a la nationalité française. Le jour de son décès, il a deux enfants, âgés de 4 ans et de 18 mois .
Faits Olivio Gomes est tué de trois coups de feu à bout portant, après que les policiers de la BAC75N (brigade anticriminalité de nuit de Paris) filent son véhicule à cause de « manœuvres erratiques », selon eux. Un ami de la victime, expliquera au Monde que c'était à cause , version confirmée par l’expertise judiciaire. Les policiers arrêtent la voiture au niveau de la ville du Chesnay (Yvelines). L'enquête montrera que Olivio Gomes conduisait sans permis et sous l'emprise de l'alcool et du cannabis.
Ensuite, les récits divergent. D’après les passagers, la voiture de la BAC empêchait Olivio Gomes d’ouvrir sa portière : il devait démarrer pour sortir du véhicule, « ce qu’il fait “brutalement, à une vitesse de 19 km/h” » selon l’expertise judiciaire. Les policiers indiquent au contraire à la famille qu’Olivio Gomes a essayé de foncer sur un brigadier. Ce dernier explique au juge d’instruction qu'il était face au pare-brise de la voiture quand il a tiré, ce que l'expertise judiciaire démentira.
La version de la police est reprise dans la presse locale qui évoque faussement un . après une .. dans ce que Le Monde décrit a posteriori comme un exemple de ..
Plus de deux cents personnes participent à une marche blanche à Argenteuil un an après le drame..
Suites judiciaires Enquête La version du tireur, selon laquelle Olivio Gomes aurait tenté de l’écraser en voiture alors qu’il allait le contrôler, est contredite par l’enquête de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN)...
Une semaine après la mort, le tireur, Gilles Guilbert, est mis en examen pour .., et risque un procès devant une cour d'assises, ce qui est rare dans ce type d'affaire. Libération cite un autre exemple récent d'une telle mise en examen : l’affaire du Pont-Neuf à Paris, quand le un policier tire neuf balles de fusil d’assaut sur une voiture et tue deux de ses occupants.. Le Monde en compte deux pendant les cinquante années précédentes, en 1999 et en 2023La section Violence policière en France#Morts citées en lien avec des violences policières reconnues ou non par la justice en dénombre beaucoup plus..
Le policier est ensuite placé sous contrôle judiciaire, tout en continuant à travailler pour la police nationale.
L'expertise du décrit la trajectoire des balles, qui rendent la version du policier , selon la juge d’instruction. Le policier n’a pas fait feu face au véhicule : le pare-brise de la voiture d’Olivio Gomes est intact. Une reconstitution est organisée dans la nuit du mardi au mercredi .. Les investigations sont closes le et en le parquet de Versailles requiert le renvoi de Gilles Guilbert devant la cour d’assises des Yvelines, des réquisitions jugées rarissimes. La décision de renvoi est prise par la juge d'instruction.. en . Le policier fait appel, mais dans son arrêt, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles maintient que « l’intention homicide » de Gilles Guilbert est caractérisée, celui-ci « ne [pouvant] pas avoir légitimement craint pour sa vie ».
Procès Le procès s'ouvre en , et cherche à partir de l'intervention d'experts et de l'analyse des images, si le véhicule a fait ou non des embardées, si son redémarrage faisait ou non peser un risque réel sur le policier, et si celui-ci a eu l’intention de tuer la victime ou s'il a agi en légitime défense (d’une façon « absolument nécessaire » pour protéger sa vie ou celle d’autrui).
Le policier est condamné à 10 ans de prison pour meurtre, assorties d’une peine complémentaire de quinze ans d’interdiction de détenir et porter une arme et d’une interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique, et placé sous mandat de dépôt. La cour d’assises des Yvelines a suivi les réquisitions de l’avocat général qui déclarait ne pas croire les policiers qui « ont tellement menti au cours de ce dossier pour fabriquer des preuves, pour justifier l’injustifiable, qu’il n’y a aucune raison pour moi de les croire quand ils donnent une version qui les arrange, qui sert la cause de monsieur Gilles Guilbert.» Elle estime donc que le policier ne respectait pas « les conditions de la légitime défense .» Le procès révèle que la version des policiers qui déclaraient qu’Olivio Gomes avait une conduite très dangereuse et qu’il faisait des «embardées» avait été contredite par la vidéosurveillance. La version des policiers invoquant la légitime défense parce que le policier était prétendument sur la trajectoire du véhicule est contredite par les passagers du véhicule et par l'expertise balistique qui démontre que « les tirs sont venus de la gauche du véhicule, et pour deux des trois, certainement de l’arrière vers l’avant »Procès de la mort d’Olivio Gomes dans les Yvelines : l’ex-policier de la BAC condamné pour meurtre à dix ans de prison, Libération, 27/3/2026.
Le policier est incarcéré puis libéré au bout de deux mois de prison en attente de l'appel prévu en novembre 2026.
Références
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