Nouvelles Conférences d'introduction à la psychanalyse (en allemand : ) est un ouvrage de Sigmund Freud publié en 1933, conçu par son auteur pour venir à la suite de son Introduction à la psychanalyse (Conférences d'introduction à la psychanalyse, 1915-1917). De ce fait, la première des Nouvelles conférences est numérotée XXIX, la septième et dernière est la XXXV conférence.

La trente et unième conférence, où il est beaucoup question du Moi d'après l'instauration de la seconde topique, contient la fameuse formule freudienne (« Là où était du Ça, doit advenir du Moi », selon l'une de ses traductions). La trente-troisième conférence sur « La féminité » aura, comme l'écrit Alain de Mijolla, . La trente-cinquième conférence « Sur une Weltanschauung », peut-être la plus célèbre, se termine sur la prise de position de Freud déclarant nettement que , parce qu'elle est .

Histoire du livre Dans le contexte historique de l'année 1932, où la situation financière du monde est ébranlée à la suite de la Première Guerre mondiale et de la crise économique des États-Unis, l'Internationaler Psychoanalytischer Verlag (la maison d'édition fondée par Freud en 1918 ) se trouve menacé. Freud fait appel à l'aide des sociétés psychanalytiques et crée un Comité international de gestion en , au moment du XII Congrès psychanalytique international, à Wiesbaden. Mais surtout, dès le printemps, il s'est mis à la rédaction d'une à l'ouvrage apparaissant dans le monde entier comme de 1916-17. Les Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse, que, cette fois, Freud ne pourra pas prononcer en public en raison de sa maladie, sont achevées à la fin du mois d' et .

Alors qu'avec les conférences de 1916-1917, Freud revenait sur l'avancée de la psychanalyse dans son histoire depuis ses débuts jusqu’à 1915, les Nouvelles conférences sont pour lui l’occasion d'une mise à jour de la théorie depuis les apports postérieurs au « tournant des années 1920 ». Selon Jean-Michel Quinodoz, .

Éditions La notice des OCF.P recense les principales éditions du texte de FreudAlain Rauzy, « Notice » à Nouvelle Suite des leçons d'introduction à la psychanalyse, OCF.P XIX : 1931-1936, Paris, PUF, , ..

Première parution en 1933 : Neue Folge der Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse, Vienne, Internationaler Psychoanalytischer Verlag.

Autres éditions allemandes : 1934 : Gesammelte Schriften, t. XII, . 1940 : Gesammelte Werke, t. XV. 1975 : Studienausgabe, t. I. .

Traduction anglaise en 1964 : Standard Edition, t. XXII, : .

Traductions françaises : 1936 : Nouvelles conférences sur la psychanalyse, traduit par Anne Berman, Paris, Gallimard . 1984 : Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse, traduit par Rose-Marie Zeitlin, Paris, Gallimard. 1995 : Nouvelle Suite des leçons d'introduction à la psychanalyse avec une préface de Freud datée de l'été 1932 à Vienne, traduit par Janine Altounian, André Bourguignon, Pierre Cotet, Alain Rauzy, Rose-Marie Zeitlin, dans OCF.P XIX : 1931-1936, Paris, PUF, .

À l'initiative du correspondant de presse Hans Békessy dit (1911-1977), Sigmund Freud a également résumé la XXX leçon pour le Magyar Hírlap du .

Les sept Nouvelles Conférences thumb|upright=0.6|Dans la première des sept Nouvelles Conférences, Freud revient sur L'Interprétation du rêve. Faisant suite aux Conférences d'introduction à la psychanalyse prononcées et publiées entre 1915 et 1917, la première des Nouvelles Conférences est numérotée XXIX, et la dernière XXXV. Elles s'intitulent dans l'ordre : XXIX conférence : « Révision de la théorie du rêve » XXX conférence : « Rêve et occultisme » XXXI conférence : « La décomposition de la personnalité psychique » XXXII conférence : « Angoisse et vie pulsionnelle » XXXIII conférence : « La féminité » XXXIV conférence : « Éclaircissements, applications, orientations » XXXV conférence : « Sur une Weltanschauung ».

La vingt-neuvième conférence : « Révision de la théorie du rêve » Selon Alain de Mijolla, elle apporte seulement comme éléments nouveaux par rapport à L'Interprétation du rêve l'affirmation qu'on ne peut pas interpréter tous les rêves et une atténuation de la thèse fondamentale de la Traumdeutung selon laquelle le rêve est une : est prise en compte désormais la répétition dans les névroses traumatiques ou dans la reproduction de scènes pénibles de l'enfance. Élisabeth Roudinesco et Michel Plon insistent sur le retour de Freud dans la première de ses Nouvelles Conférences à sa théorie du rêve avec laquelle, comme il le souligne, la psychanalyse a conquis .

La trentième conférence : « Rêve et occultisme » Le sujet est eu égard à , transmission que Freud a néanmoins pu observer et dont il donne ; il recommande en conséquence de . Il avait déjà abordé ce sujet à deux reprises dans les années 1920Alain Rauzy, « Notice » à Freud, Psychanalyse et télépathie » (Psychoanalyse und Telepathie, 1921 pour l'écrit, 1941 pour la première publication), OCF.P XVI : 1921-1923, Paris, PUF, , ., et il s'agit pour lui de .

La trente et unième conférence : « La décomposition de la personnalité psychique » thumb|upright=0.6|La XXXI conférence reprend les thèses développées dans les grands ouvrages des années 1920. D'après Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, cette troisième des Nouvelles Conférences, où il est surtout question de la nouvelle conception du moi, constitue . Depuis l'instauration de la deuxième topique, la recherche théorique psychanalytique met l'accent . thumb|left|upright=0.6|En 1928-1929, la traduction de Es et de Ich donne lieu à des débats de la « Commission linguistique pour l’unification du vocabulaire psychanalytique français » dirigée par Édouard Pichon. « Wo Es war, soll Ich werden » Alain de Mijolla cite Freud concluant la trente et unième conférence sur .

Dans les années 1920 et 1930, la traduction de Wo Es war, soll Ich werden donne lieu à des débats. D'après l'article de Cyrille Doloro « Wo Es war… de Freud à Lacan, en passant par Pichon », une lecture croisée des débats de la « Commission linguistique pour l’unification du vocabulaire psychanalytique français » (1928-1929) dirigée par Édouard Pichon, et des diverses traductions de la formule Wo Es war, soll Ich werden, .

La trente-deuxième conférence : « Angoisse et vie pulsionnelle » Freud y décrit la nouvelle théorie exposée en 1926 dans Inhibition, symptôme et angoisse : ce n'est pas le refoulement qui crée l'angoisse, mais c'est l'angoisse, , qui crée le refoulement. Selon Roudinesco et Plon, il distingue trois formes d'angoisse : l'angoisse réelle (correspondant à la dépendance du moi vis-à-vis du monde extérieur), l'angoisse névrotique (résultant du moi à l'égard du ça), l'angoisse morale (produite par la relation du moi avec le surmoi). De Mijolla précise de son côté que de plus, pour Freud qu'il cite, : il s'agit du danger de la Hilflosigkeit, l'état d'impuissance à s'aider soi-même du premier âge ; vient ensuite le danger de castration à la phase phallique, puis l'angoisse devant le Surmoi à la phase de latence. La conférence se termine par un exposé de la « théorie des pulsions » dont Freud dit qu'elle est : il brosse alors un , soit pour celles-ci, et comme il l'écrit, .

La trente-troisième conférence : « La féminité » Ainsi que l'écrit A. de Mijolla, . Le « mystère de la femme » y reste inexpliqué et plutôt qu'à tenter de décrire , Freud s'attache à comprendre .

Rétrospective Beauvoir / Freud Dans son texte « Le genre, le sexe, le sexual » (Sexual, 2007), Jean Laplanche rapproche en les opposant les deux phrases respectives de Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe (1949), et de Sigmund Freud dans les Nouvelles leçons (1933), , énoncé précurseur de celui de Beauvoir, . En quoi, les deux énoncés, se demande Laplanche, Ils sont lointains, propose-t-il, : dans son énoncé, « femme » est admis comme un être, un donné, , c'est en cela qu' . Au contraire, poursuit Laplanche, l'énoncé de Freud dans la mesure où il . Et Laplanche ajoute : .

Liaison à la mère L'accent est mis sur l'. Freud rattache désormais au lien tendre précoce à la mère et aux soins corporels qui l'accompagnaient . Roudinesco et Plon considèrent que dans ce texte, Freud , d'où la critique qu'il encourra lorsque la question de la sexualité sera à nouveau discutée en psychanalyse, puis dans les travaux féministes.

L' « énigme de la femme » Face à l'« énigme de la femme », Freud conclut : .

thumb|upright=0.6|Imago est, selon son sous-titre, une « revue de psychanalyse appliquée aux sciences de l'esprit » (Zeitschrift für die Anwendung der Psychoanalyse auf die Geisteswissenschaften).

La trente-quatrième conférence : « Éclaircissements, applications, orientations » Après un retour sur les dissidences qui ont marqué l'histoire de la psychanalyse, trois questions d'ordre pratique sont traitées : la place de la psychanalyse et son accueil dans la société, y compris les réactions des psychanalystes face à cette réalité. la reconnaissance et la justification de la démarche analytique ainsi que ses modalités d'inscription dans le domaine des sciences de l'esprit (Geisteswissenschaften) : il s'agit de la psychanalyse appliquée. Freud évoque plus particulièrement les questions pédagogiques et éducatives, auxquelles il s'est trouvé sensibilisé par sa fille Anna et par August Aichhorn. les problèmes relatifs à la psychanalyse comme thérapie. Même si Freud montre peu d'enthousiasme pour celle-ci, il n'empêche, écrit-il, que : . Des questions techniques sont évoquées comme les indications d'utilisation de la psychanalyse et la durée du traitement.

La trente-cinquième conférence : « Sur une Weltanschauung » Dans cette dernière conférence, qui avait été écrite en premier, Freud , dans la mesure où : c'est en cela qu'elle se distingue des religions et de la philosophie, ainsi que des idéologies politiques (il donne l'exemple du bolchevisme). Pour Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, .

Le terme allemand Weltanschauung étant assez difficile à traduire, Freud en donne sa définition : . À la question fréquemment posée : , la position freudienne est nette : . Freud, cité ici par A. de Mijolla, conclut cette trente-cinquième et dernière conférence par :

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Textes de référence Sigmund Freud,

Nouvelle Suite des leçons d'introduction à la psychanalyse, OCF.P XIX : 1931-1936, Paris, PUF, , .

Études (Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs) . . . . . . . .

Articles connexes Bibliographie de Sigmund Freud Conférences d'introduction à la psychanalyse Histoire de la psychanalyse

Liens externes

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