Le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest (ou SSSO ou SYSSO) est un syndicat professionnel de propriétaires forestiers de représentant en 2017 sur le massif des Landes de Gascogne de l'actuelle région administrative Nouvelle-Aquitaine. Il est le plus important syndicat de propriétaire forestiers de France. Malgré sa spécificité d'être, par la monoculture intensive du pin maritime que ses principaux adhérents pratiquent, non représentatif de la sylviculture française, ce syndicat exerce une vive influence sur la politique forestière en raison de son poids économique sur la filière bois.
Histoire Pour financer l’effort de guerre, la Loi fiscale de 1917, votée le , créé un nouvel impôt cédulaire sur les bénéfices agricoles. En réaction, le président du syndicat des agriculteurs des Landes, Edouard de Poyferré, propose le à Morcenx (Landes), la création d’un « Groupe de défense agricole et forestière en matière fiscale et autres ». Les propriétaires forestiers gascons sont associés à ce regroupement, car se pose la question de savoir si la récolte de résine relève ou non du bénéfice agricole et quel est le statut du bois récolté. Un autre sujet de préoccupation des propriétaires forestiers et des maires est la création d’un organisme de défense contre l’incendie des forêts. Ainsi né durant la première guerre mondiale, en , pour des motivations fiscales, les prémices de ce syndicat de propriétaires forestiers.
thumb|left|200px|Bulletin du Comité forestier du Sud-Ouest - n°125 de mars-avril 1935 thumb|left|200px|Revue Forêt de Gascogne - n°101 de janvier 1967 Edouard de Poyferré est le petit-fils du baron Jean-Marie de Poyferré qui en tant qu'ancien « berger de l'Empereur », plaide depuis quarante ans en faveur du mouton et défend la lande contre les tenants exclusif du pin. Redevenu conseiller général des Landes, son ancêtre s'oppose en séance en 1848 au boisement des Landes de Gascogne.
En 1922, le président De Poyferré crée au sein du Syndicat des agriculteurs des Landes, une section autonome appelée « Comité forestier du Sud-Ouest et de défense en matière fiscale et autres » en référence au Comité des Forêts fondé 10 ans plus tôt à Paris. La même année 1922, le maire de Rion-des-Landes, Albert Poisson, prend la présidence de ce Comité forestier du Sud-Ouest et fait paraître le numéro du bulletin mensuel du comité forestier, ancêtre de la revue actuelle Forêt de GascogneEn 1930, au n°86, le bulletin trimestriel du Comité forestier, prend le nom de « Bulletin du syndicat des propriétaires forestiers du Sud-Ouest » ; en mai 1947, le n°1 ouvre la nouvelle série du « Bulletin du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest » ; en octobre 1961, avec le n° 66, le bulletin prend le nom de « Forêt de Gascogne » ; en juillet 1966, Forêt de Gascogne devient mensuel (source : bulletin Forêt de Gascogne n°101), en supplément de celui du syndicat agricole.
En 1925, les Forestiers de Mézin (Lot-et-Garonne), ainsi que la section sylviculture de la Société d’agriculture de la Gironde rejoignent le Comité forestier du Sud-Ouest, qui tient en 1927 son assemblée générale hors de celle du Syndicat agricole des Landes.
En 1930, De Poyferré revient à la présidence du Comité forestier qui devient un syndicat et s’emploie à le doter de statutsRevue Forêt de Gascogne n°101, janvier 1967 ; AD33, 36 J 255.
En 1932, Roger Sargos, alors maire d’Aureilhan (Landes), après avoir été secrétaire général du Syndicat des propriétaires forestiers du Sud-Ouest, en est élu président. Mais en , il démissionne car il réintègre l’administration des Eaux et Forêts et Louis Salefran, maire de Lugos (Gironde) assure l’intérim, jusqu’à l’élection d’un nouveau président en .
Ainsi lors de l’Assemblée générale extraordinaire du , Paul Roumégoux, notaire, maire de Pissos (Landes) et conseiller général est élu président du syndicat. A cette époque sous l’impulsion de Roger Sargos, sont créées l’exemption trentenaire de l’impôt foncier sur les jeunes peuplements en 1934 et l’exemption du produit de la gemme sur l’impôt sur les bénéfices agricoles en 1935.
En , Ernest Arnaudin, avocat et bâtonnier au barreau de Mont-de-Marsan (Landes), ancien maire de Mont-de-Marsan, prend la présidence jusqu’en 1946. Durant cette période, le syndicat prend le nom de « Syndicat corporatif forestier du Sud-Ouest ». Le l’ordonnance relative à la mise en valeur de la région des landes de Gascogne est publiée. Des outils financiers sont également mis en place tels que le Fond forestier national (FFN) et la Caisse de prévoyance des Landes de Gascogne. Quelques mois après, le le syndicat prend son nom actuel de « Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest ».
En , Henri Verhille, maire de Budos (Gironde) prend la présidence du syndicat jusqu’en 1953. Il bénéficie de l’assistance de Raphaël Courrègelongue, secrétaire général et juge influent à Bordeaux. L’Ordonnance du instaure le statut de fermage métayage pour les gemmeurs, sauf dans les Landes où R. Courrègelongue invoque le caractère « sui generis » pour maintenir le statut de métayers-gemmeurs. R. Courrègelongue crée en la MISSO (Mutuelle Incendie des Sylviculteurs du Sud-Ouest). En paraît le n°1 de la nouvelle série du bulletin du syndicat qui prendra le nom de Forêt de Gascogne en 1961. Le président Verhille, également président de l’Union corporative des résineux (UCR) regroupant propriétaires négociants et gemmeurs, doit gérer à cette époque les conflits avec le syndicat des gemmeurs. Il contribue à la réorganisation de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) par la séparation des actions de prévention dévolues aux Associations syndicales autorisées (ASA) devenues obligatoires, de la lutte active menée par un corps de sapeurs-pompiers forestiers nouvellement créé. En , il démissionne à la suite d'une grève des gemmeurs et afin de s'occuper de ses occupations professionnelles aux Salins du Midi, devenues trop lourdesBulletin du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest n° 23 de novembre 1953 ; AD de la Gironde, 36 J 255..
En 1953, Raphaël Courrégelongue succède à Henri Verhille à la présidence du syndicat jusqu’à son décès survenu en 1959. Durant cette période il est confronté à différents dossiers, tels ceux du gemmage (prix de la gemme, conflits avec les distillateurs et avec les gemmeurs, financement de la campagne, création de la SICASSO), de la DFCI avec les obligations de débroussaillements, du prix du bois, des autorisations de coupes et de fiscalité avec l’entrée en vigueur en 1959 de « l’amendement Monichon ».
De 1960 à 1966, Henri du Vignau est président du syndicat. Outre la poursuite des dossiers de son prédécesseur il géra celui de la chasse et des ACCA créées par loi Verdeille en 1964, et surtout fut en poste lors de la création des Centres régionaux de la propriété forestière (CRPF) et des Plans simples de gestion, issus de la loi « Pisani » de 1963, fortement assouplie par l’intervention de la Fédération nationale des syndicats de propriétaires forestiers par la voix d’Hubert Leclerc de Hautecloque. Le président du Vignau décède brusquement le Revue Forêt de Gascogne n° 94 de juin 1966 ; AD de la Gironde, 36 J 255..
En 1966, Dominique Dorlanne est élu président du syndicat et également en 1967La première élection des 18 administrateurs du CRPF d'Aquitaine a lieu le 11 décembre 1966 ; ceux-ci en grande majorité membre du SYSSO élisent le président Dorlanne à la tête du CRPF (source : Forêt de Gascogne n°101, p.4) premier président du CRPF d'Aquitaine. En effet le ministre de l'agriculture, Edgard Pisani qui souhaitait mieux contrôler la forêt privée par les CRPF, a été contré en Aquitaine, où celle-ci était déjà bien « regroupée et organisée » depuis des décennies autour du SYSSO. Ainsi les propriétaires gascons par « cohérence et maîtrise de la situation », élisent jusqu'à nos jours, à la tête du CRPF Aquitaine, le président du SYSSO. De même, les directeurs successifs du CRPF Aquitaine sont choisis avec l'assentiment du syndicat. Cette concentration des pouvoirs par un seul syndicat de propriétaires est atypique au sein des CRPF du territoire national.
[source de la section Histoire]
Organisation Fonctionnement Le SYSSO est un syndicat de propriétaires forestiers rattaché aux syndicats professionnels créés par la loi Waldeck-Rousseau de 1884 et régis par le code du travail. Il est piloté par un conseil d’administration composé de propriétaires forestiers bénévoles élus en assemblée générale.
Pour que chaque adhérent puisse participer à la vie du syndicat, une structure à plusieurs degrés est prévues dans les statuts : dans chaque commune des trois départements des Landes, de la Gironde et du Lot-et-Garonne, les adhérents élisent pour 5 ans un délégué communal (un titulaire et son suppléant – 503 délégués en 2020) puis les délégués communaux élisent par canton un délégué cantonal (un titulaire et son suppléant – 75 délégués en 2020) et la plupart des délégués cantonaux, ainsi que quelques membres élus pour leur compétence par l’Assemblée générale, constituent le Conseil d’administration (62 administrateurs en 2020). Enfin les membres du Conseil d’administration élisent tous les ans les membres du Bureau (président, vice-présidents, trésorier, secrétaire, etc. soit 11 membres en 2020).
Le fonctionnement du syndicat est assuré par une équipe de 9 salariés dont un secrétaire général. Ce dernier assure l’animation du syndicat conformément à ses statuts ainsi que la gestion administrative et financière. Le syndicat est représenté dans de nombreuses commissions et instances.
vignette|upright=0.6|droite|Logo du Union des syndicats de sylviculteurs d’Aquitaine (USSA) Au sein du territoire régional de l'ex-Aquitaine, le massif des Landes de Gascogne, est très dissemblable des deux autres grands ensembles forestiers, définis schématiquement sous les termes de « Dordogne-Garonne » et d'« Adour-Pyrénées ». Les propriétaires forestiers privées se sont organisés au sein de chaque ensemble en syndicats. Malgré cette disparité et le déséquilibre induit à la fois par l'uniformité et le poids économique des Landes de Gascogne, l'union syndicale est de mise notamment vis à vis des anciennes institutions aquitaines. En effet les trois syndicats de l'ex-Aquitaine (le Syndicat des propriétaires forestiers privés des Pyrénées-Atlantiques, le Syndicat des propriétaires forestiers sylviculteurs de Dordogne créé en 2009 et le SYSSO) entretiendraient des liens étroits via une « Union des syndicats de sylviculteurs d’Aquitaine » (USSA).
La « Maison de la forêt » regroupe autour du syndicat différentes organisations dont il est à l'origine comme le CPFA ou qu'il contrôle comme l'ex-CRPF Aquitaine (devenu délégation Nouvelle-Aquitaine du CNPF). Ce lieu prend naissance au n° 17, rue Esprit-des-Lois puis actuellement est regroupé avec la « Maison de l'agriculture et de la forêt » au 6, parvis des Chartrons à BordeauxInitialement en juin 1930 le syndicat avait son siège social à Mont-de-Marsan et ses bureaux au Palais de la Bourse à Bordeaux. En décembre 1940, le Palais de la Bourse brûle ; le syndicat perd ainsi ses archives et s'installe en 1941 au n°17bis rue Turenne jusqu'en mai 1947. Il s'installe alors au n°5 cours Georges Clemenceau puis en janvier 1958 au n°52 du même cours avec la MISSO et la SICASSO. En février 1962, les différents organismes du syndicat se regroupe au sein de la Maison de la forêt qui s'installe au n°17 rue Esprit-des-Lois (source : n° 101 Forêt de Gascogne). Le CRPF lors de son installation en 1966 s'établit au n°5 de la même rue ; en déménageant en 1991 à la Cité Mondiale du parvis des Chartrons, CRPF et SYSSO sont à la même adresse..
Représentativité