Laure Mathilde Gouin, épouse Braquehais, née à Paris le et morte dans la même ville le est une artiste peintre et photographe française.
Fille du peintre sourd-muet Alexis Gouin et épouse du photographe Bruno Braquehais, lui aussi sourd, elle exerce pour son propre compte à partir de 1874, sous le nom de .
Biographie
Jeunesse et débuts Laure Mathilde Gouin naît à Paris en 1829Acte de décès de Louise [sic] Mathilde Gouin, Broquehais [sic], du , Paris , Archives de Paris., fille d’Alexis Louis Charles Arthur Gouin et de Marie Catherine Bellange Gellé, son épouse. Son père, né sourd-muet à New York, est le fils de colons de Saint-Domingue.. Artiste peintre, il devient vers 1847 photographe, d'abord au 50, rue Basse-du-Rempart., puis au 37, rue Louis-le-Grand.. Il réalise des portraits et des nus féminins, sous la forme de daguerréotypes peints... Sa femme et sa fille l'assistent, la première dans ses activités photographiques, la seconde comme coloriste des daguerréotypes., sans que leur travail ne soit véritablement reconnu. Comme le notera à la mort du peintre le journaliste Ernest Lacan dans La Lumière, ..
En , Laure Mathilde Gouin épouse à la mairie du Bruno BraquehaisFiche de l’état civil reconstitué, mariage Gouin-Braquehais, , ancien de Paris, Archives de Paris.. et devient . Né à Dieppe en 1823, lui aussi sourd-muet, Braquehais a été lithographe à Caen, avant de s'installer comme peintre et photographe au 10, place de la Madeleine.. Une fois marié, il vient habiter avec sa femme au 37, rue Louis-le-Grand.. Vers 1852, il déplace son atelier 110, rue de Richelieu. et réalise lui aussi des portraits et des nus, notamment utilisés par les peintres comme études préparatoires..
Mort et succession d'Alexis Gouin Alexis Gouin, qui se sait malade depuis des années, décide de prendre des dispositions testamentaires pour mettre sa fille à l'abri. Mais se pose alors, certains prônant encore .. Après avoir essuyé plusieurs refus de notaires parisiens, Alexis Gouin obtient gain de cause auprès du notaire Jean-Baptiste Martin Moreau, maire du et député de Paris. Le , Alexis Gouin meurt dans son appartement. Trois jours plus tard, son testament olographe, rédigé en , est officiellement déposé chez le notaire chargé de la succession..
Après la mort d'Alexis Gouin, les Braquehais reprennent l'atelier de la rue Louis-le-Grand., Laure Mathilde continuant de coloriser des daguerréotypes, désormais signés par son mari. Sa mère se remarie l'année suivante avec le peintre Frédéric Peyson, ami de son mari et de son gendre, et lui aussi sourd... Au moment de la rédaction du contrat de mariage, elle prend soin de préciser qu'. À la même époque et jusqu'à son décès, elle commercialise, sous le nom de , des boîtes de peinture contenant .. Elle meurt en 1858Fiche de l’état civil reconstitué, décès Catherine Bellange Gellé, , ancien de Paris, Archives de Paris...
Dans l'ombre de Bruno Braquehais À la fin des années 1850, le talent de peintre de Laure Mathilde Braquehais est occasionnellement salué dans la presse, en particulier sous la plume d'Ernest Lacan, qui loue la beauté des portraits stéréoscopiques peints qu'elle colorise désormais, en plus des daguerréotypes... Dans Le Moniteur de la photographie, le journaliste rapporte à plusieurs reprises les progrès qu'elle a apportés à sa technique de colorisation, par l'application de fines poudres sur le papier albuminé.... En 1863, les Braquehais rachètent un fonds de commerce de photographie situé au 11 boulevard des Italiens, qui devient leur nouvelle adresse...
En 1865, Bruno Braquehais remporte un prix lors de l'Exposition photographique de Berlin, tout comme Pierre-Auguste Despaquis, un autre photographe parisien, qui devient son associé peu après... Braquehais est à nouveau récompensé à l'issue de l'Exposition universelle de 1867.. Le catalogue loue entre autres sa . Comme souvent, le rôle de Laure Mathilde Braquehais est totalement passé sous silence.
, photographe En , quelques mois après avoir photographié les événements de la Commune Bruno Braquehais fait faillite et est enfermé treize mois à la prison Mazas pour abus de confianceOdile Morain, « Il a photographié la Commune de Paris : Bruno Braquehais premier photo-reporter de l’Histoire de France », France Info, ... En , la séparation de biens des époux est prononcée. C'est à cette époque, à près de 45 ans, que Laure Mathilde Braquehais se lance seule dans une activité de sous le nom de au 9, rue Sainte-Apolline. puis, à partir de 1881 environ, au 60, rue du Château-d'Eau.. Son mari meurt le , dans sa maison de campagne de La Celle-Saint-Cloud, peu de temps après sa sortie de prison..
En 1882, elle participe, toujours sous son nom de jeune fille, à l'exposition de l'Union centrale des arts décoratifs.. Elle présente .. Le jury rapporte que et lui décerne une médaille de bronze. Mais l'année suivante, Laure Mathilde Braquehais fait à son tour faillite, ce qui met un terme à son activité de photographe..
Elle meurt en 1916 à domicile, 47 boulevard de l'Hôpital. Sur son acte de décès, elle est enregistrée par erreur sous l’identité . Elle est inhumée au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine, sous le nom de Laure Gouin, veuve Broquelais [sic]Registres journaliers d'inhumation, cimetière parisien d'Ivry, , Archives de Paris..
Photographies [Recueil], 1878, Paris, département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de FranceInv. SNR-1 (Gouin, Laure), ..
Exposition 1882 : exposition de l'Union centrale des arts décoratifs, Paris.
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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