Marcel Kibler, alias « commandant Marceau », né le à Saint-Amarin et mort le dans sa commune de naissance, est le chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) d'Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est un des fondateurs de la Septième colonne d'Alsace (Réseau Martial) et des Groupes mobiles d'Alsace (GMA).

Biographie Marcel Kibler est le fils de Martin Kibler, qui sera longtemps maire de Saint-Amarin, et de Valentine Haller. Sa famille est profondément francophile.

Il suit une formation de décoration dans une école à Zurich, puis il est embauché aux ateliers de teinture Breuil dans son village natal. Il y crée l’impression sur tissus et devient le directeur technique de l’entreprise.

Le , il épouse Marcelle Chaillet, née le à Maussans.

Campagne de France En 1940, il participe à la campagne de France au sein du régiment d'artillerie lourde. Avec son régiment, il combat sur la ligne Maginot dans la Sarre puis en Belgique. Son régiment se replie sur Abbeville puis en combattant jusque dans le Massif central où il reçoit l'ordre de rejoindre la côte pour embarquer pour l'Afrique du Nord. Quand l'armistice est déclaré, il est à Castres. Marcel Kibler termine la guerre avec le grade de sous-lieutenant. Il attend sa démobilisation, le , pour revenir en Alsace annexée dans un convoi dont il est le responsable.

Actions dans la Résistance Fin septembre, il est contacté par Paul Dungler, un ami politique, qui lui propose de créer une organisation clandestine. Une réunion avec Paul Dungler, Jacques Léonhart et Paul Winter a lieu à l'usine du Breuil de Saint-Amarin pour créer les bases de la Septième colonne d'Alsace (Réseau Martial) qui a pour but de lutter contre l'envahisseur par tous les moyens possibles. Les premiers recrutements se font dans un cercle d'amis restreint.

Marcelle, la femme de Marcel Kibler n'étant pas Alsacienne, la famille est convoquée le à la mairie de Saint-Amarin pour y signer une déclaration de soumission au troisième Reich devant le Kreisleiter. Après avoir refusé de signer la famille est expulsée le comme environ classés indésirables.

Dans un premier temps, la famille se réfugie à Montoulieu en zone libre. En , Marcel Kibler quitte sa famille et rejoint à Lyon Paul Dungler, qui, prévenu de son arrestation imminente, s'est évadé d'Alsace. Des contacts sont pris avec les officiers de l'armée de Vichy. Par l'intermédiaire, entre autres, de Jean Eschbach à Poligny, Julien Dungler à Bâle ou la filière de Nicolas Luttenbacher, des liaisons sont mises en place avec l'Alsace. Un poste de commandement (PC) est installé à Lyon, cours Tolstoï dans la clinique du docteur Poujadoux. Une stratégie est établie pour obtenir des renseignements économiques, militaires et politiques en Alsace mais aussi en Allemagne grâce à des contacts avec des industriels allemands anti-nazis et aux facilités de déplacement des Alsaciens au sein du troisième Reich. Un poste de radio est envoyé en Alsace, mais son efficacité est limitée, les renseignements continuent à être acheminés, principalement, par les filières humaines.

Marcel Kibler prend le nom de code de « Marceau », qui est le prénom que son entourage lui donne pour ne pas le confondre avec celui de son épouse Marcelle.

Rapidement, devant l'ampleur que prend le réseau et pour des raisons de sécurité, le PC est déplacé dans une maison de retraite tenue par des sœurs à Couzon-au-Mont-d'Or où Marcel Kibler est rejoint par sa famille.

En , Paul Dungler est arrêté par la police française. Marcel Kibler rencontre, par l'intermédiaire du docteur Ménétrel, le maréchal Pétain, qui couvre et finance la Septième colonne d'Alsace. Informé de l'arrestation, le maréchal fait libérer Paul Dungler. À son retour à Lyon, ce dernier est déjà libre. Le même mois, le réseau organise, à la demande des services de renseignements, l'évasion du général Giraud de forteresse de Königstein. Après cette opération, Paul Dungler et Marcel Kibler décident de créer des groupes de combat, les Groupes Mobiles d'Alsace (GMA), pour libérer l'Alsace.

Marcel Kibler (commandant Marceau) se charge de créer le premier GMA en zone libre. Il contacte Bernard Metz qui connaît très bien les centres où se trouvent les réfugiés alsaciens à Limoges, Périgueux, Clermont-Ferrand et Toulouse. Sous l'action de ce dernier, en quelques semaines, le GMA Sud prend forme. Il deviendra une des principales composantes de la Brigade indépendante d' Alsace-Lorraine.

En juillet 1943, les deux responsables décident de créer, sur le modèle du GMA SUD, un groupe en Suisse avec les Alsaciens réfugiés dans ce pays. C'est le commandant Ernest Georges qui est chargé de cette tâche.

En , Paul Dungler part pour l'Algérie, Marcel Kibler prend le commandement de la Septième colonne d'Alsace (réseau Martial).

En , Marcel Kibler devient responsable de la Résistance pour l'Alsace. Il décide de créer un GMA dans les Vosges. Il prend comme chef d'état-major, Jean Eschbach et déplace son PC à Raon-l'Étape pour être plus près de l'Alsace. Il s'investit plus particulièrement dans le GMA Vosges avec lequel il combat jusqu'au .

Le , il effectue un dernier déplacement à Lyon, où il organise une réunion pour coordonner la mise en action des GMA Sud et Suisse. Il y rencontre le lieutenant Bernard Metz (GMA Sud) et le commandant Ernest Georges (GMA Suisse).

Grâce à la filière d'évasion dirigée par René Stouvenel avec le concours des employés des Eaux et Forêts de Grandfontaine, à deux reprises, au mois de juin et , il franchit clandestinement la frontière alsacienne pour diriger les réunions de Grendelbuch qui organisent de la Résistance alsacienne en vue de la libération de la région. À l'issue de la seconde, il est reconnu comme le chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) d'Alsace.

Après les combats du à la ferme de Viombois et les représailles qui ont suivi, le GMA Vosges n'est plus en mesure de jouer un rôle majeur dans la libération de l'Alsace. Avec la poignée de combattants restants, Marcel Kibler mène un combat de guérilla jusqu'au , date à laquelle il franchit les lignes et rejoint la DB.

Il reprend le commandement des FFI d'Alsace qui vont jouer un rôle important, surtout pour la défense de Strasbourg, lors de la contre-offensive allemande de l'opération Nordwind au début de .

Le , les FFI sont dissous, mais le long du Rhin, c'est encore le front. Les FFI d'Alsace ne peuvent être renvoyés dans leur foyer, car ils tiennent des positions le long du fleuve. Ils sont renommés « Bataillon de Volontaires du Rhin » et restent sous son commandement jusqu'à leur démobilisation le .

Marcel Kibler termine la guerre, en Allemagne, au sein de l'état-major du général de Lattre de Tassigny.

Après la guerre, Marcel Kibler revient à Saint-Amarin son village natal où il reprend sa vie d'avant-guerre.

Décorations

le avec la citation suivante :

par décret du . . le :

Reconnaissance

Une stèle se situant au lieu-dit « Étoile II », à proximité du col du Donon. Elle porte la mention suivante :

Une rue du Commandant Marceau à Saint-Amarin. Une rue du Commandant Marceau à Besançon. Il est Citoyen d'honneur de Saint-Amarin.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

. . .

Articles connexes

Septième colonne d'Alsace (réseau Martial) Réunions de Grendelbuch Groupes mobiles d'Alsace Maquis des Vosges Annexion de l'Alsace (1940) Jean Eschbach, chef d'état-major de Marcel Kibler. Liste de résistants alsaciens Chronologie de l'Alsace annexée entre 1939 et 1945

Liens externes

Catégorie:Résistant en Alsace Catégorie:Résistant alsacien Catégorie:Naissance dans le district de Haute-Alsace Catégorie:Décès dans le Haut-Rhin Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1952 Catégorie:Naissance en septembre 1904 Catégorie:Décès en juillet 1992 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Décès à 87 ans Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette