Calmos est une comédie satirique française coécrite et réalisée par Bertrand Blier, sortie en 1976.
Quatrième long métrage du réalisateur des Valseuses, Calmos est une comédie mettant en scène deux anti-héros interprétés par Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort souhaitant couler une vie paisible loin des femmes mais dont l'attitude les entraîne à devenir, tout au contraire, le point de mire et la cible de la gent féminine.
Premier échec du réalisateur-scénariste Bertrand Blier, cette comédie ne recueille pas le succès obtenu par son troisième film, Les Valseuses.
Synopsis Le gynécologue Paul Dufour (Jean-Pierre Marielle) et son ami Albert dont le patronyme n'est pas révélé (Jean Rochefort) se rendent compte combien ils se sentent harcelés et exténués par les femmes. Le duo abandonne tout pour partir vivre dans un village perdu, pour retrouver la forme, pour couler une vie à la fois simple partageant ivresse, pensées philosophiques éthérées, rigolades et franche camaraderie.
Au cours de leur séjour, il découvrent un débonnaire et jovial curé (Bernard Blier). Le prêtre les amène à mieux apprécier les plaisirs simples de la vie et, plus particulièrement ceux de la bonne chère. Dans leur petite communauté masculine, ils s'enfoncent avec bonheur dans la paresse et une hygiène de vie rustique. Bientôt, leurs épouses parviennent à les retrouver. Elles sont bien décidées à les ramener à renouer avec les mœurs matrimoniales...
Lorsque ces deux épouses débarquent pour les rappeler à leur devoir conjugal, le curé les reçoit et joue le rôle de diplomate. Il parvient à leur faire accepter un compromis, sous la forme d'un week-end pour retrouver leur foyer. Nos deux héros trainent des pieds et se rendent au rendez-vous à contrecœur. Le sursis est de courte durée car ne supportant pas la situation, ils s'enfuient pour regagner la campagne.
Dès lors, leur exemple médiatisé inspire d'autres milliers d'époux et des centaines de jeunes gens déboussolés, qui abandonnent leurs cités en fuyant les femmes.
Les deux fondateurs de communauté masculine découvrent que la situation dégénère en une forme de guerre civile. Les femmes ont pris les armes et s'organisent militairement, poussant leurs époux dans leurs derniers retranchements. Ayant échappé à une attaque de blindé, Paul et Albert sont finalement capturés par une milice féminine qui rêve de les violer, malgré leurs protestations ou leurs tentatives de négociation. Après quelques jours, ils sont drogués et se réveillent dans le lit d'un institut, devant lequel des milliers de femmes occupent une longue file d'attente afin de pouvoir faire l'amour avec eux, pendant deux minutes chacune.
À la fin du film, Paul et Albert sont enfin libérés car devenus « improductifs ». Ils apparaissent considérablement vieillis. Réfugiés en ermites au sommet d'une montagne, ils croient apercevoir une femme les rejoindre. Ils s'enfuient en deltaplane. Surpris par un orage au large d'une étendue maritime, ils échouent sur une plage inconnue. Croyant s'être réfugiés dans une grotte, ils découvrent qu'ils ont rétréci et se trouvent en réalité à l'intérieur d'une vulve.
Fiche technique Titre original : Calmos Réalisation : Bertrand Blier Scénario et dialogues : Bertrand Blier et Philippe Dumarçay Photographie : Claude Renoir Montage : Claudine Merlin Musique : Georges Delerue Décors : Jean André Costumes : Michèle Cerf Son : William-Robert Sivel Bagarres réglées par Claude Carliez et son équipe Producteurs : Bernard Artigues, Claude Berri et Christian Fechner Sociétés de production : Les Films Christian Fechner et Renn Productions Sociétés de distribution : AMLF (France), New Line Cinema (États-Unis) Studios : Paris-Studios-Cinéma (Studios de Billancourt) Pays de production : Langue originale : français Format : couleur (Eastmancolor) — 35 mm — 2,35:1 — son mono Genre : comédie satirique Durée : () Dates de sortie : France : Classification : France : Interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en sallesBas de l'affiche du film (réévalué aux moins de 16 ans en 1990.) Affiche : René Ferracci (France)
Distribution
Production En 1975, Bertrand Blier, auréolé du succès des Valseuses, travaille sur le script de Préparez vos mouchoirs, prévu pour réunir le trio des Valseuses, Gérard Depardieu, Miou-Miou et Patrick Dewaere.. Mais l'Année internationale des femmes inspire à Blier et à son co-scénariste Philippe Dumarçay une sorte de canular pour célébrer cette année de la femme, en s'attaquant aux excès du féminisme. par la réalisation d'une sorte d'Orange mécanique à la française, franchouillard et rabelaisien, en jouant sur la même gamme que Stanley Kubrick, à savoir un visuel pop art et futuriste, combiné à une étude sociologique de mœurs aboutissant à une fable.
Au départ, Blier avait écrit les deux personnages principaux en pensant à Jean-Paul Belmondo et Jean Yanne, qui ont décliné l'offrePremiere, Numéros 278 à 281 (consulté le juillet 2020).. Le réalisateur a confié les rôles à Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, alors au sommet de leur popularité. Après Si j'étais un espion, Calmos marque la deuxième collaboration entre le réalisateur et son père, Bernard Blier, qui tient ici le rôle de l'abbé Emile. Pour le rôle court du chanoine, Bertrand Blier envisageait Jean Gabin, qu'il connaissait en raison de ses liens amicaux avec son père Bernard et avec lequel le réalisateur avait , mais l'acteur, à la suite d'une rencontre avec le producteur Christian Fechner, demande le même cachet pour tourner deux jours ou trois mois.
Pour Blier, , ajoutant qu'avec son coauteur il avait et que s'ils avaient , mais ils ont préféré montrer que c'était .
Musique La bande originale est signée Georges Delerue. Il est accompagné de Maurice Vander au piano, Slam Stewart à la contrebasse, Daniel Humair à la batterie, José Souc à la guitare. Graziella Madrigal est au chant pour la chanson du générique de fin.
Sortie Accueil critique et commercial Lors de sa sortie en salles, Calmos est largement mal reçu par la critique spécialisée, qu'elle soit de gauche ou de droite : les journaux progressistes l'accusent d'être un brûlot réactionnaire, tandis que les journaux conservateurs le jugent pornographique. Le Monde qualifie le film et à cause de l'excès de nudité et de références sexuelles explicites du film. L'échec a aussi été commercial puisque le public a boudé le film (près de en fin d'exploitation., dont plus de l'année de sa sortie.).
+ Box-office détaillé des premiers mois d'exploitation du film, semaine par semaine, en FranceSources : « BO hebdo France 1976 » sur Les Archives du box-office , d'après le CNC. Semaine Rang Entrées Cumul du box-office hebdo.111 au 17 février 1976891 51091 510Les Dents de la mer218 au 24 février 19768101 817193 327325 février au 2 mars 19764112 440305 76743 au 9 mars 19764106 602412 369510 au 16 mars 1976872 698485 067617 au 23 mars 19761644 604529 671724 au 30 mars 19762330 883560 554L'Alpagueur831 mars au 6 avril 19762724 396584 950Vol au-dessus d'un nid de coucou97 au 13 avril 19762423 486608 436
Les Nouvelles littéraires et L'Express sont les rares à lui donner un avis positif. Pour la critique du premier magazine du , , tandis que pour la critique du second paru quatre jours plus tard, ..
Pour Jean Rochefort, invité de l'émission Le Masque et la Plume quelques jours après la sortie du film, le film a été : il défend le scénario de Blier pour lequel il dit s'être et affirme que le tournage , mais concède que Calmos a des défauts. Il note dans cette même émission , parlant d'un spectateur qui affirme que . Blier lui-même considère ce film comme une erreur :
La critique internationale est plus nuancée, et Pauline Kael dans The New Yorker vante l'interprétation de Brigitte Fossey : « Un chat blond avec une petite bouche parfaite, comme de la porcelaine sensuellePauline Kael, reprinted in When the Lights Go Down... »
Postérité Plusieurs décennies après sa sortie, le film jouit d'un succès croissant jusque chez les critiques, pour ses acteurs, ses dialogues et surtout sa liberté de ton et l'originalité radicale de son scénario, qui en font un véritable OVNI cinématographique, et .. Quarante ans après sa sortie, le film a même fait l'objet d'une projection commentée au Forum des images de Paris, vantant ..
Autour du film Il s'agit du deuxième rôle au cinéma pour Liliane Rovère. Plusieurs autres comédiens célèbres des années 1980, encore débutants à l'époque, sont visibles parmi les troisièmes rôles ou comme simples figurants : Gérard Jugnot (onzième film, déjà figurant dans Les Valseuses), Sylvie Joly (septième film, idem), Dominique Lavanant (quatrième film), Valérie Mairesse (cinquième film) ou encore Nicole Garcia. À l'inverse, c'est l'avant-dernière apparition au cinéma du vétéran Pierre Bertin, alors âgé de . La patiente de la première scène était une authentique actrice pornographique de l'époque (la première star française du genre), Claudine Beccarie.
Lieux de tournage Le film a été tourné
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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