Josep Eduard Almudéver Mateu est un communiste français d'origine espagnole, né le à Marseille et mort le à Saint-Jean-de-Verges. Pendant la guerre civile espagnole, il s'engage dans les rangs républicains puis des Brigades internationales. Arrêté en 1939, il connaît le camp de concentration franquiste d'Albatera et est emprisonné durant quatre ans. Il participe à la guérilla avant de devoir s'exiler en 1947.

En France, il s'établit en Ariège, à La Tour-du-Crieu. Il milite au sein de la Confédération générale du travail et du Parti communiste français. Il est à sa mort le dernier brigadiste connu. Toutefois en 2026 un dernier vétéran des Brigades internationales, âgé de 107 ans, est recensé et vit à Toulouse : Jesús García Martínez (né en 1918).

Biographie Joseph Almudéver naît français en 1919 à Marseille, dans le Sud de la France, de parents espagnols. Sa famille s'établit en 1931 à Alcàsser, dans la province de Valence, village d'où est originaire son père, peu avant la proclamation de la Seconde République. Il a suivi l'école en France à Lodève (Hérault), cependant, en Espagne, sa famille étant pauvre, il ne peut pas étudier et doit travailler.

Il témoigne sur les débuts de son militantisme politique à la La Dépêche du Midi en 2016 : Il rejoint à leur création les Jeunesses socialistes unifiées, d'obédience communiste.

Guerre d'Espagne Au moment du coup d'État de juillet 1936, Joseph Almudéver est à Valence. Bien qu'encore mineur, il s'engage parmi les volontaires républicains. Mentant sur son âge, il rejoint la colonne Pablo Iglesias formée par le Parti socialiste ouvrier espagnol, qui est déployée sur le Teruel. Son grand frère, Vincent Almudéver (né en 1917), rejoint aussi la milice républicaine..

Blessé au front Teruel par un tir de mortier en , Almudéver est envoyé à l'arrière. Son véritable âge découvert au sortir de l'hôpital en , il ne peut réintégrer les troupes républicaines. Profitant de sa nationalité française, il rejoint les Brigades internationales, dans la francophone, mais n'est plus présent au front. Il y reste peu de temps, les brigades étant dissoutes en . La sienne se retire à Marseille. Il revient à Valence en , à bord d'un navire britannique transportant de la farine. Il retrouve ses parents qui le croyaient mort fusillé.

Peu après son arrivée, il est capturé par les nationalistes avec son père au port d'Alicante. Ils sont tous deux internés dans le camp de concentration franquiste d'Albatera, d'où il est ensuite déplacé. En 1941, il est condamné à mort pour « aide à la rébellion », peine commuée en trente ans d'emprisonnement.

Guérilla Joseph Almudéver parvient à être libéré pour bonne conduite après quatre ans. Il rejoint Alcàsser où il prend part à la guérilla anti-franquiste au sein de l'Agrupación guerrillera de Levante y Aragón. Il est agent de liaison jusqu'en 1946. Après l'attaque d'un chemin de fer à Catarroja, son groupe tombe en 1947 et deux de ses camarades sont fusillés. Il est contraint à l'exil.

Exil en France Almudéver part clandestinement à Barcelone. Il parvient à franchir les Pyrénées à pieds en pour la France et rejoint son frère Vincent à Pamiers (Ariège). Son épouse Carmen Ballester le rejoint.

Il obtient un emploi de maçon. Il s'encarte à la Confédération générale du travail et au Parti communiste français dans l'Ariège. Malgré l'autorisation qui lui est accordée de revenir séjourner en Espagne en 1965, il passe le reste de sa vie en Ariège. Il construit sa maison à La Tour-du-Crieu. Son frère, Vincent Almudever, fête ses en Ariège, à Rimont, en 2017..

Joseph Almudéver conserve ses opinions politiques, et, en raison de celles-ci, refuse l'indemnité d'un million de pesetas octroyée aux anciens prisonniers des franquistes, . Il devient à la fin des années 2010 le dernier membre connu des Brigades internationales en vie. Il est invité à témoigner dans des conférences, à la presse ou à la radio. Il est le sujet du documentaire El último brigadista en 2018. Il est nommé en 2016 par la Généralité valencienne, qui le qualifie de . ; lors de la cérémonie, alors que retentit l'hymne national et royal , il descend de l'estrade..

Il meurt le , à l'âge de .

Références

Voir aussi Filmographie Joseph Almudever, la guerre d'Espagne en héritage, partie : Jusqu'au bout de l'engagement, interview de Jean-Michel Caralp, , Université Paul Valéry Montpellier 3, France, 2019, Joseph Almudever, la guerre d'Espagne en héritage, partie : Résistance à la répression franquiste, d'une guerre à l'autre, interview de Jean-Michel Caralp, , Université Paul Valéry Montpellier 3, France, 2019, , documentaire de Carlos Sánchez Escrivà, , , Espagne, 2018

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