Jacqueline Coutras, née en , est une géographe française, chercheuse au CNRS, pionnière de la géographie du genre en France.

Elle prend part avec Jeanne Fagnani à l’institutionnalisation de la géographie féministe internationale.

Dans son ouvrage de 1996 Crise urbaine et espaces sexués, elle aborde la question des dissymétries spatiales sexuelles, et montre que les femmes ont élargi l'espace auquel elles étaient traditionnellement cantonnées par l'accès au travail salarié et à l'utilisation de la voiture, sans pour autant parvenir à accéder pleinement aux espaces de sociabilisation. Les villes demeurent des espaces inégalitaires.

Biographie Jacqueline Coutras, pionnière en géographie du genre et , est chercheuse CNRS à l’Institut de recherche sur les sociétés contemporaines – Iresco. Elle est également agrégée de géographie.

Elle soutient sa thèse de troisième cycle en sous la direction de Jacqueline Beaujeu-Garnier, sur les « zones d’activité économique et développement dans l’Ouest de la région parisienne ».

Travaux Dès la fin des années 1970, Jacqueline Coutras publie des études féministes sur les femmes, leurs pratiques urbaines et leurs comportements spatiaux.

Géographie du genre féministe Elle tente avec la sociologue Jeanne Fagnani de faire une géographie du genre tout en restant dans le courant de la géographie sociale, et elles font émerger l'objet de recherche « femmes » dans le cadre académique. Elles interviennent par exemple dans Les Cahiers du Grif, lieu emblématique de la pensée féministe européenne jusqu’à sa disparition en 1982. Leurs approches sont marquées par un discours féministe et marxiste.

Les travaux précurseurs de Jacqueline Coutras en géographie féministe sont contestés par les chercheurs emblématiques de la géographie sociale française, mais ouvrent la voie à une géographie féministe ultérieure.

Lors du colloque national « Femmes, féminisme et recherches » rassemblant près de personnes à Toulouse en , J. Coutras anime et synthétise un débat intitulé « Femmes et espaces ». En 1982 toujours, au colloque de Lyon de géographie sociale, elle intervient sur « la ville au féminin » lors de la séance sur « le comportement des groupes sociaux ».

Elle prend part avec Jeanne Fagnani à l’institutionnalisation de la géographie féministe internationale en participant par exemple à la « table ronde » sur « les femmes en géographie » organisée et modérée par Janice Monk et Maria Dolors García Ramón, lors de la conférence régionale sur les pays méditerranéens de Barcelone de .

Crise urbaine et espaces sexués Dans son ouvrage de 1996 Crise urbaine et espaces sexués, elle utilise le prétexte de la crise urbaine en France pour approfondir la question des dissymétries spatiales sexuelles. Elle explique que, grâce au travail salarié et à l'utilisation de la voiture, les femmes ont repoussé les limites qui leur étaient traditionnellement associées (espace résidentiel) pour conquérir la ville fonctionnelle, sans pour autant parvenir à accéder à la ville socialisatrice. Les espaces des villes demeurent inégalitaires et les politiques publiques privilégient les besoins des hommes.

Dans son compte rendu critique du livre, Nicole Brais résume en mentionnant que .

Du fait de la non constitution d'un champ spécifique de géographie du genre ou féministe en France, ses travaux ont été ensuite occultés. Elle explique en 1999 que

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Notes et références

Bibliographie

Références

Articles connexes Géographie du genre

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