Marie-Anne-Christine-Victoire de Bavière, née le à Munich et morte le à Versailles, est une princesse d'origine allemande qui est devenue dauphine de France par son mariage avec Louis de France, le fils aîné du roi de France et de son épouse Marie-Thérèse d'Autriche. Fille ainée du prince-électeur de Bavière, Ferdinand-Marie de Bavière, elle est dotée d'une nature extrêmement effacée et se montre très isolée à la cour de France. Elle meurt avant son époux en étant d'une constitution fragile et maladive, mais est la mère du futur roi d'Espagne et la grand-mère du futur roi de France .
Biographie Jeunesse Marie-Anne de Bavière est née le en la ville de Munich. Elle est la première née des huit enfants qu'ont Ferdinand-Marie de Bavière, prince-électeur de Bavière, et Henriette-Adélaïde de Savoie, son épouse. Elle est ainsi la petite-fille de , le duc de Savoie, et de son épouse Christine de France, alors la fille cadette du roi de France et de son épouse la reine Marie de Médicis. En , alors qu'elle n'est âgée que de huit ans, elle est promise en mariage à son cousin germain Louis de France, dit le « Grand Dauphin », âgé de sept ans. Fils du roi de France , c'est un prestigieux mariage qui est proposé à sa famille.
En prévision d’une aussi brillante destinée, elle reçoit une éducation soignée. Outre l'allemand, elle parle couramment le français et l'italien, et comprend le latin. Elle se montre tôt fière de devenir dauphine de France, un pays dont elle se sent proche en raison de sa grand-mère maternelle. Elle est proche de sa mère, qui meurt en . Son frère , succède à son père comme prince-électeur en . Quant à sa sœur Violante-Béatrice de Bavière, elle épouse Ferdinand de Médicis, l'héritier du grand-duc de Toscane , mais meurt avant son père. Son frère, Joseph-Clément de Bavière sera quant à lui ecclésiastique et est prince-évêque de Liège.
Dauphine de France gauche|vignette|Madame la Dauphine en 1685. Elle épouse le « Grand Dauphin » le . Elle reçoit un accueil chaleureux. Dès son arrivée à Strasbourg qui n'est pas encore française, elle est accueillie en allemand par les autorités de la ville qu'elle interrompt en ces termes : Près d'un siècle plus tard, accueillie au même endroit devenu français, l’archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche prononcera les mêmes paroles..
Les chroniqueurs s’accordent sur l'imperfection de son physique. Sa cousine et tante la princesse Palatine, belle-sœur du roi, qui souffre elle aussi d'un aspect disgracieux, la trouve . Madame de Sévigné reconnaît qu’elle n’est pas jolie mais vante son charme : gauche|vignette|237x237px|Marie-Anne avec son petit frère Maximilien-Emmanuel, par Sebastiano Bombelli. Elle ajoutera plus tard : .
Vie publique Malgré ces débuts prometteurs, les relations de la princesse avec la Cour se dégradent rapidement. Louis XIV entend que sa belle-fille remplace dans ses fonctions officielles la reine Marie-Thérèse, morte en 1683. Or si elle en a les capacités, le goût de la représentation lui fait défaut. Madame de Caylus, nièce de madame de Maintenon, s'en porte témoin : À sa décharge, elle ajoute que le caractère de la dauphine, , peut avoir dicté son refus de prendre part à la vie de Cour, faite de .
Mais c'est l'attachement de Marie-Anne pour sa femme de chambre Barbara Bessola qui semble la cause la plus décisive d'un goût pour la retraite . Pour cette raison, le roi propose de marier la femme de chambre à un homme de qualité, ce qui lui permettrait de participer à la vie officielle et, par la même occasion, romprait l’isolement de sa maîtresse
Conseillé par madame de Maintenon, Louis XIV croit, Ainsi organise-t-il chez elle des loteries dont les prix sont . Plus tard, une fois interdit le jeu de hoca (une sorte roulette où l'on perd de fortes sommes), il joue exclusivement chez elle. Mais
La princesse essaie cependant de conserver l'amitié du roi en flattant madame de Maintenon, à qui elle rapporte les médisances de la princesse palatine. Dix ans après la mort de la dauphine, l'épouse du roi s'en servira pour humilier « Madame ».
Vie conjugale Après avoir souligné le physique ingrat de la princesse, Madame de Caylus ajoute :
Le « Grand Dauphin » entame une liaison avec mademoiselle de Rambures, fille d’honneur de la dauphine et future marquise de Polignac. Elle reste sa maîtresse jusqu’en , où il rompt en découvrant que dans sa correspondance intime elle le surnomme . D’autres amours suivront, dont un mariage secret avec mademoiselle de Choin.
vignette|redresse|Mignard, La Famille du Grand Dauphin (1687), château de Versailles.
La dauphine enchaîne les fausses-couches (une en 1681 ; trois en 1685 ; deux en 1687) mais donne naissance à trois fils : Louis de France, duc de Bourgogne (1682-1712), qui épouse en 1697 sa cousine Marie-Adélaïde de Savoie (1685-1712) ; Philippe de France, duc d’Anjou puis roi d’Espagne en 1700 (1683-1746), qui épouse en 1701 sa cousine Marie-Louise-Gabrielle de Savoie (1688-1714), sœur de la précédente, puis en 1714 Élisabeth de Parme (1692-1766) ; Charles de France, duc de Berry (1686-1714), qui épouse en 1710 sa cousine Marie-Louise-Élisabeth d’Orléans (1695-1719).
Une princesse malade Consciente d'un physique ingrat, la princesse déteste poser devant des peintres dont le pinceau la flatte. Voltaire affirme :
Toutefois, il semble que son retrait de la vie publique s'explique surtout par une mauvaise santé. Le duc de Saint-Simon observe qu’elle et que . Voltaire précise que Et cependant, . Madame de Caylus résume l’opinion de la Cour :
Décès Maternités et fausses-couches successives altèrent la santé de la dauphine. La naissance laborieuse de son dernier fils aggrave son état. , elle meurt le . En bénissant et embrassant le duc de Berry âgé de trois ans, elle prononce ce vers d’Andromaque :
Si un abcès au bas-ventre s'est déclaré après son dernier accouchement, il semble qu'elle ait succombé à la tuberculose. Elle lègue son prie-Dieu, son secrétaire et à Barbara Bessola, en la recommandant au roi qui lui alloue une pension de .
L'évêque de Nîmes Esprit Fléchier prononce ainsi son oraison funèbre :
Ascendance
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Messire Pierre de La Broue Oraison funèbre de Marie Anne Christine de Bavière, dauphine de France. éditions Antoine Dezallier, 1690. Simone Bertière, Les Femmes du Roi-Soleil, éditions de Fallois, 1998 . Bruno Cortequisse, Les dauphines de France au temps des Bourbons, Perrin, 2023.
Liens externes
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