Guy Georges, de son nom de naissance Guy Rampillon, né le à Vitry-le-François (Marne), est un tueur en série et un violeur en série français actif pendant les et les en France. Il est condamné le , pour sept meurtres, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans.

Biographie Enfance Guy Rampillon naît le à Vitry-le-François. Son père, George Cartwright, soldat afro-américain, est cuisinier sur la base américaine de l'OTAN de Marly-le-Roi, de passage en France et déjà marié aux États-Unis. Sa mère, Hélène Rampillon, angevine, est montée à Marly-le-Roi travailler « au bouchon » dans les bars américains. En , elle a eu un premier fils prénommé Stéphane, né de père inconnu. Ce premier enfant est élevé par les parents d'Hélène.

Guy Rampillon est rapidement renié et abandonné par sa mère, et rejeté par ses grands-parents maternels pour qui cela fait déjà le deuxième produit de relations extraconjugales avec des GIs. De plus, donner naissance à un enfant métis était à Angers.

Hélène Rampillon part alors vivre en Californie avec Stéphane. Elle refera sa vie loin de son deuxième fils et ne le verra jamais lors de ses brefs retours en France. Guy Rampillon est d'abord placé à Angers chez des nourrices qu'Hélène ne peut pas payer puis confié le à la DDASS qui le place dès le dans la banlieue d'Angers, chez la famille Morin qui compte cinq enfants. avait déjà eu par la un enfant noir qu'elle avait pleuré quand on le lui avait repris. Guy Georges est accueilli comme un enfant de substitution. Il révèle très tôt un caractère solitaire au sein de cette famille nombreuse constituée de treize enfants adoptés, puis, très vite, un tempérament violent et agressif..

Sa mère n'ayant pas signé les papiers officiels d'abandon, il ne peut être adopté.

Liquidation d'identité Le , la constate « l'état d'abandon » de Guy Rampillon, bientôt pupille de l'État sous le .

Afin de faciliter son adoption, par décision de justice le , son nom de naissance (Rampillon), qui est celui de sa mère, est remplacé par un patronyme (Georges) provenant du prénom de son père.. Son acte de naissance est remplacé par un faux ; un acte qualifié par les psychiatres comme « mort généalogique », une pratique courante jusqu'à son interdiction en 1996 en tant que violation des droits fondamentaux. Le Dr Henri Grynzspan, un des psychiatres ayant examiné Guy Georges, affirme : .

Guy Georges demeurera hanté par la question de ses origines et l'identité de son père. Dans les squats où il vit plus tard, il prétend être le fils d'un héros de guerre, général de l'OTAN. Même au moment de son arrestation, il est décrit par la presse comme ; la vérité sur ses origines ne fut révélée que deux ans après le début des interrogatoires. Ces révélations eurent un effet profond sur la personnalité et la confiance en soi de Guy Georges. En , avant le début de son procès, son premier avocat de la défense, François Honnorat, décrit : .

Adolescence Sa scolarité est chaotique : après avoir redoublé le CM1, il entre en sixième de transition en , au collège privé Notre-Dame, à Baugé en Maine-et-Loire.. Solitaire, ses loisirs consistent à se promener dans les bois et à chasser, à l'exemple de Joe l'Indien, personnage des Aventures de Tom Sawyer, avec deux de ses frères adoptifs ; il traque, capture et vide lui-même le gibier qu'il trouve.

En , à , il tente d'étrangler de ses mains une de ses sœurs adoptives, Roselyne Derouineau, handicapée mentale, qu'il apprécie pourtant. Cet incident est passé sous silence par les Morin, sur les conseils du , qui soigna Roselyne, soucieux de laisser une chance à Guy...

Le , à , il récidive en agressant Christiane, sœur de Roselyne, en tentant de l'étrangler avec un pied de tabouret fait de fer. Dans les deux cas, il semble avoir agi par pulsion sauf pour Christiane qui le « balançait », d’après ses mots, dès qu’il commettait un méfait, ce qui l’a énervé au fil du temps. Inquiète pour ses autres filles, obtient le renvoi de Guy Georges dans le foyer de La Marmitière, spécialisé pour les jeunes en difficulté...

Malgré un meilleur encadrement, le cas du jeune homme ne s'améliore pas.

Le , il agresse la jeune Pascale C. à sa descente de bus. Après une tentative de racket, il tente de l'étrangler mais la jeune fille parvient à s'échapper. Arrêté par la police, il est placé en détention provisoire, mais est relâché une semaine plus tard. Totalement seul à sa sortie de prison, rejeté par sa famille d'accueil, Georges déprime et se met à boire.

En , il rechute dans ses crises de folie et agresse successivement Jocelyne S. puis Roselyne C. Pour cette dernière, l'agression est très violente puisque Georges poignarde sa victime à la joue. Arrêté de nouveau, il est placé en détention provisoire à la prison d'Angers pour ces faits d'agression avec violence. Georges est condamné à un an de prison ferme.

Il sort de prison le , après neuf mois de détention. Georges ne fait l'objet d'aucun suivi spécialisé et décide de s’installer à Paris, avec un de ses frères adoptifs, après une expérience dans un foyer de jeunes majeurs à Angers ; il finance ce voyage en s'emparant de dans la caisse de ce foyer...

Militant politique et voyou indic Des témoignages de personnes ayant vécu avec lui font état de ses liens avec les Renseignements généraux (RG) depuis 1994, quand il habitait au squat « Saint-Sauveur », et auparavant au squat de la rue Didot. Paul Webster du écrit que .

vignette|La rue Didot, dans le arrondissement.

Deux écrivains ayant habité avec lui à ce moment en ont témoigné , ainsi qu’un ancien photographe du journal Paris Match, Yan Morvan, ayant fréquenté Guy Georges lorsqu'il se faisait appeler Jo et qu'il infiltrait le milieu des squats politiques. Guy Georges et un acolyte non nommé par Morvan (qui était le dealer de la rédaction de Paris Match et plus tard s'avèrera être un tueur lui-même) auraient ainsi reçu une de la part des RG en échange de leurs informations sur les activités de l'association Droit au logement.

Au squat, Guy Georges était connu sous le nom de Joe, d'après l'Indien des Aventures de Tom Sawyer, et prétendait être récemment libéré après 13 ans de réclusion pour un braquage de banque. Il passa deux ans au squat, fréquenté par des , , écrit Paul Webster du Guardian. Philippe Dusanter, un psychiatre et militant CNT l'ayant connu à cette époque, dit avoir été trompé par son . Il ajoute : . Guy Georges déclarera lors de son interrogatoire : .

Claire, la fille du journaliste Paul Webster cité précédemment, a également connue « Joe », le décrivant comme . Elle décrit qu'il avait de nombreuses petites amies ; l'une d'entre elles, Sandrine, dira qu'il lui faisait l'amour huit fois par jour et parlait constamment de fonder une famille.

Parcours criminel Années d'errance et premiers crimes À Paris en 1981, Guy Georges vole et se prostitue auprès d'une clientèle masculine. C'est à cette période qu'il sévit pour la première fois dans la capitale.

Le , Nathalie L.Entre 1981 et 2001 (date du procès), Nathalie s'est mariée, David est son nom d'épouse., , est agressée dans son immeuble alors qu'elle rentrait chez elle. Après avoir été violée, elle est poignardée et laissée pour morte par son agresseur. Blessée très gravement, la jeune femme survit pourtant à l'agression. Guy Georges, qui est âgé de , n'est pas inquiété par la justice, qui conclut à un non-lieu. Il s'agit de son premier crime connu qui précède une longue série avant une réponse pénale.

En , Georges se fait arrêter dans le cadre d'une affaire de vol. Il est placé en détention provisoire pour ce délit. Condamné à cinq mois de prison, il est expédié à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Il est libéré le .

Huit jours plus tard, le , Georges agresse Violette K. dans un parking souterrain du : il tente de la violer, la poignarde et tente de l'étrangler. La jeune femme parvient à s'enfuir. Guy Georges est repris par la police quelques jours plus tard puis placé en détention provisoire pour ces faits d'agression sexuelle et attentat à la pudeur.

Guy Georges comparaît le , devant le Tribunal judiciaire de Paris pour agression sexuelle et attentat à la pudeur. Il est condamné à de prison ferme, qu'il purge partiellement à la prison d'Écrouves en Lorraine.

Le , après un an et demi de prison, Guy Georges obtient une permission de sortie pour bonne conduite. Il a alors . Le soir même, il viole, à l'aide d'une arme, Pascale Nix dans sa voiture : celle-ci est poignardée mais parvient à s'échapper. La police arrête Georges au cours de la soirée. Guy Georges est placé en détention provisoire, inculpé de viol sous la menace d'une arme.

Le , Guy Georges comparaît devant la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle à Nancy. Durant le procès, Georges est défendu par Jean-Pierre Morin. L'avocat général requiert quinze ans de prison mais, grâce à la plaidoirie de , Guy Georges sera condamné à une peine de dix ans de réclusion criminelle.

Le « tueur de l'Est parisien » Le , bénéficiant d'un régime de semi-liberté, Guy Georges en profite un soir pour ne pas se présenter à la prison de Caen dont il dépend. Il s'enfuit alors à Paris et vit dans différents squats de l'est de la capitale. Guy Georges tue pour la première fois, assouvissant une pulsion latente et trouvant ainsi le moyen de ne plus avoir de plaignante capable de le dénoncer.

Dans la nuit du 24 au , il aperçoit Pascale Escarfail, dix-neuf ans, alors qu'il est à la terrasse d'un café. Il la suit jusqu'à la rue Delambre, pénètre dans l'immeuble avec facilité (car la porte en fer forgé se referme lentement), la double dans la cage d'escalier, entre de force dans le petit appartement de la jeune femme et la viole.. Pascale se débat. Il la frappe de trois coups de couteau à la gorge.

Guy Georges se constitue prisonnier, le , dans un commissariat parisien. Il est incarcéré à la prison de Caen puis condamné à une peine de huit mois pour cette évasion, qui vient s'ajouter aux dix ans de prison qu'il purge encore en fin de peine.

Il est libéré le et sévit de nouveau à Paris quelques jours plus tard.

Le , Guy Georges agresse Éléonore D. dans un hall d'immeuble. Sa victime parvient à s'échapper et prévient les forces de l'ordre qui arrêtent Guy Georges. Il est placé en détention provisoire et condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis : ce qui le condamne à 2 ans de prison ferme.

Il est libéré le , après un an et demi de détention.

Deux mois plus tard, le , Guy Georges assassine Catherine « Cathy » Rocher (vingt-sept ans), dans un parking souterrain, après l'avoir violée. Il n'est pas inquiété pour ce meurtre.

Six jours après ce crime, le , Guy Georges agresse, avec l'aide d'un couteau, une animatrice radio travaillant pour Radio Nostalgie, Annie Le Fléouter, sous le porche du logement où elle réside, rue du Père-Corentin.

« Le tueur de l'Est parisien » (comme la presse le surnommera plus tard) récidive le en assassinant Elsa Benady (vingt-deux ans) dans le parking souterrain de sa résidence, dans le ..

Dans la nuit du 9 au , Guy Georges assassine l'architecte néerlandaise Agnès Nijkamp, âgée de trente-trois ans. Elle est retrouvée par son compagnon, égorgée à son domicile dans le . Elle a été violée. C'est le quatrième meurtre de Guy Georges qui vit alors comme un marginal, errant de squat en squat, passant ses journées à boire et à voler dans les commerces. Les enquêtes pour les meurtres de Benady et Nijkamp sont séparées, aucun lien n'étant tiré entre les deux affaires à ce stade de l'enquête ; des échantillons biologiques du coupable ont en effet été extraits des scènes de crime mais leur altération partielle ne permet initialement pas de recoupement.