Francesco Denanto ou Francesco de Nanto, est un graveur sur bois d’école italienne actif au début du à Rome et peut-être aussi à Bologne. Francesco Denanto est la version italienne du nom du graveur, mais elle n’est pas attestée. Seule la forme latine est connue : Franciscus de Nanto. Comme le graveur se dit natif de Savoie, on peut restituer son nom véritable comme François Dunant.

Biographie La carrière de Francesco Denanto est difficile à établir, car le seul document d’archive le concernant est un contrat de prêt passé devant notaire à Rome en Archivio di Stato di Roma, Not. Petrus de Rutiliis (Pietro Rutilio), 1492-1536, Vol. 1504, f. 282, cité dans .. Le graveur y apparaît comme un homme important, qualifié de « maître » (magister) et entouré de collaborateurs. Pour obtenir un prêt, il met en gage de son fonds, ce qui laisse entendre qu’il en détient beaucoup d’autres. Tout laisse entendre qu’il est installé à Rome depuis plusieurs années.

Signant la plupart de ses estampes, il indique parfois « Franciscvs Denanto de Sabavdia »Par exemple, l’estampe Jésus guérissant le paralytique (British Museum, https://www.britishmuseum.org/collection/object/P_1849-0609-47) ou encore Le Christ apparaissant à Marie-Madeleine (British Museum, https://www.britishmuseum.org/collection/object/P_1849-0609-50)., ce qui signifie qu’il est originaire de Savoie. C’est ce que confirme le contrat romain de , qui le qualifie de (François Dunant, de GenèveLe nord de la Savoie fait alors partie du diocèse de Genève., savoyard, imprimeur d’images peintes dans la Ville [Rome]). Sur l’une des estampes, Le Christ apparaissant à Marie-Madeleine, la signature, plus longue, permet de comprendre que Denanto est originaire de Mieussy (Haute-Savoie).

Rien ne permet de confirmer que Francesco Denanto a fait un séjour à Venise auprès de TitienBenvenuti, « Nanto, Francesco de [da] », dans Oxford Art Online ; Martin, dans Allgemeines Künstlerlexikon.. Cette association reposait sur un malentendu, longtemps entretenu, qui attribuait au graveur un portrait de l’Arioste, gravé sur bois, d’après un dessin de Titien, et pourvu d’un large encadrement décoré, signé « F. De Nanto »Visible à la fin de Ludovico Ariosto, Orlando Furioso di Messer Ludovico Ariosto nobile ferrarese nuovamente da lui proprio corretto e d'altri canti nuovi ampliato con gratie e privilegii, Ferrare : Francesco Rossi da Valenza, 1532.. Seul l’encadrement, indépendant du portrait, est dû au graveur signataire, le portrait lui-même étant l’œuvre d’un autre, de sorte que rien ne permet d’affirmer que Denanto ait côtoyé Titien.

On ignore totalement la date et le lieu du décès de Francesco Denanto. Il pourrait avoir quitté Rome peu avant le sac de 1527Aucun Nanto (De), Denanto ou forme approchante à Rome lors du recensement de 1527, fait quelques mois avant le Sac : voir Egmont Lee, Descriptio Urbis : the Roman census of 1527, Rome, 1985 ; Egmont Lee, Habitatores in Urbe : the population of Renaissance Rome, Rome, Università La Sapienza, 2006..

Œuvres vignette|droite|L'Annonciation, par Francesco Denanto. On connaît de Francesco Denanto une quarantaine d’estampes, presque toutes à sujets religieux, dont 21 seulement sont aujourd’hui localisées, les autres n’étant connues qu’à travers l’ancienne collection, soigneusement inventoriée en son temps, de Fernand Colomb. Sur ces , dont le catalogue a été établi par PassavantJohann David Passavant, Le peintre-graveur, VI, Leipzig, 1864., complété par Baudi de Vesme Alessandro Baudi di Vesme (1854-1923), « NANTO Francesco (de) », dans Schede Vesme. L'arte in Piemonte dal XVI al XVIII secolo, IV, Turin, 1982., puis par Depaulis, une majorité se trouve aujourd’hui conservée au British Museum.

Deux gravures sont signées en outre « Hieronimus Tervisivs pincscit [pinxit]Le latin de Francesco Denanto est souvent fautif. », ce qui indique que Girolamo da Treviso a fourni un dessin ou une peinture. Il est probable que les deux hommes ont collaboré, peut-être à Bologne, où Girolamo a souvent travaillé. Deux autres artistes semblent avoir inspiré Francesco Denanto : Amico Aspertini et Francesco Francia (Francesco Raibolini), tous deux aussi d’école bolonaise.

Notes et références

Annexes Bibliographie Franca Zava Boccazzi, « Tracce per Girolamo da Treviso il Giovane in alcune xilografie di Francesco de Nanto », Arte Veneta, vol. XII, 1958, p. 70-78. Giuseppina Benassati, « Le silografie di Francesco de Nanto », dans I legni incisi della Galleria Estense : quattro secoli di stampa nell’Italia settentrionale, Modène, 1986, p. 135-137. Gianvittorio Dillon, « DENANTO (de Nanto, da Nanto), Francesco », dans Dizionario Biografico degli Italiani, Vol. 38 (1990) (lire en ligne). Cristiana Stella, « Francesco de Nanto », Grafica d’Arte, 12, 1992, p. 6-9. Susanne Christine Martin, « Denanto (da Nanto; de Nanto), Francesco, ital. », dans Allgemeines Künstlerlexikon, vol. XXVI, 2000. Mark P. McDonald, The print collection of Ferdinand Columbus 1488-1539 : a Renaissance collector in Seville, 2 vol., Londres, British Museum Press, 2004. .

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