La Ligue Guadeloupéenne de Football (LGF) est une association affiliée à la FFF regroupant les clubs de football de Guadeloupe. Elle organise les compétitions régionales de clubs et les matches internationaux de la sélection de Guadeloupe.

Elle comptait licenciés en 1974, en 1984 et en 2004. En 2008-09, la LGF rassemblait licenciés, dont joueurs. En , environ 10 000 licenciés.

Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre prononce la liquidation judiciaire de la LGF le , après l'échec du plan de redressement suite au placement sous administration provisoire depuis . La FFF soutient la continuité des activités afin d'assurer l'organisation de la fin de saison des compétitions locales. Cette liquidation serait une première d'après Jean-François Vilotte, directeur général de la FFF. Elle met fin à l'association, en cessation de paiement depuis , fondé 68 ans auparavant qui avait connu des difficultés de gestions financières depuis plusieurs années, avec notamment la condamnation de l'ancien président pour prise illégale d’intérêt et abus de confiance.

Une ligue française en Amérique

Au sujet des débuts du football en Guadeloupe, l’historien Jacques Dumont écrit, dans son ouvrage "Sport et assimilation à la Guadeloupe", que "Les bateaux sont nombreux à faire escale à la Guadeloupe, et comme partout, les marins s’adonnent à des jeux, principalement le football... Les fonctionnaires métropolitains, ou les Guadeloupéens de retour au pays après un séjour "là-bas" ou de déplacement en Martinique où les pratiques sportives se sont développées de façon plus précoces, ramènent de leurs bagages des pratiques nouvelles"Sport et assimilation à la Guadeloupe. les enjeux du corps performant de la colonie au département (1914 - 1965) de Jacques Dumont. Éditions L’Harmattan, 2002..

La Guadeloupe et la Martinique organisent très vite leur football. "De 1928 à 1957, nous avions une autonomie, mais en conformité avec les exigences politiques, la Guadeloupe, comme les autres départements outre-mer, a dû créer une ligue dépendante de la FFF" explique Jacques Rugard, ancien président de la LGFOuest-France - Jeudi 25 février 1988.. Les sélections des deux îles multiplient les matches contre des équipes de la Caraïbe. C'est le cas par exemple en 1948, lors du "Trophée Caraïbes", organisé en Guadeloupe dans le cadre de la célébration du centenaire de l’Abolition de l’Esclavage, avec la participation de la Martinique, d’Haïti et du Surinam. Cet événement marquera son époque.

La LGF est fondée en 1958. Son objet, révisé le , est le suivant : "Organiser, développer et contrôler la pratique du football sous toutes ses formes par des joueurs de statuts différents sur le département et ses dépendances ; créer et maintenir un lien entre ses membres individuels, les clubs affiliés, ses districts et les ligues régionales Outre-Mer ; de défendre les intérêts moraux et matériels du Football Français ; entretenir et faciliter les bonnes relations entre les sociétés avec les autres organisations sportives et les pouvoirs publics et de participer aux activités de l’Union Caraïbe de Football et de la CONCACAF"Nouvel objet de la LGF, 12 septembre 2008..

La LGF dispose en effet d'accords avec la CONCACAF, lesquels sont énoncés comme suit dans les statuts de la FFF : "Les Ligues régionales constituées dans les Départements d'Outre-Mer, à Saint-Pierre-et-Miquelon ou à Mayotte peuvent conduire des actions de coopération avec les fédérations affiliées à la F.I.F.A. des États de la zone géographique dans laquelle elles sont situées. Sous l'égide de la Confédération continentale concernée, et avec l'accord exprès de la F.F.F., ces Ligues peuvent organiser des manifestations sportives internationales à caractère régional ou constituer des équipes en vue d'y participer." (article 34, alinéa 6).

Stricto-sensu, la Guadeloupe ne dispute pourtant pas de matches internationaux et ne peut par conséquent participer à aucune phase finale de coupe du monde ou de coupe des confédérations. En effet, la FIFA ne reconnait comme seul représentant légal de la France que l'équipe de France de la FFF, Tahiti et la Nouvelle-Calédonie étant sortis du cadre sportif officiel français du fait de leur adhésion directe à la FIFA. Le directeur juridique de la FFF, Jean Lapeyre, consulté en 2011, avait indiqué qu'il ne voyait pas "comment la FIFA pourrait déroger à ses règlements quand bien même nous lui demandions de bien vouloir faire une exception. La FIFA n'acceptera pas qu'une ligue régionale, émanation de la FFF, s'engage sur un tournoi mondial. Cela reviendrait à voir deux équipes françaises sur une phase finale d'une Coupe du monde."La Guadeloupe n'ira pas au Mondial. Les matches de la Guadeloupe sont néanmoins officiels sur un plan continental, puisque reconnus par la CONCACAF.

Une nécessité : le désenclavement (1978 - 1990)

Afin de sortir de leur isolement de département d’outre-mer, épaulées par Haïti, les ligues de football de Guadeloupe, Martinique et Guyane intègrent l'Union Caraïbenne de Football (UCF) le , avec l’accord de la FFF, et comme membres fondateurs d'une union de seize entités"Guadeloupe, Martinique et Guyane dans le monde américain" – Ouvrage sous la direction de Maurice Burac – Eds Karthala – 1994 – – Chapitre 27 : "Témoignage de la Ligue de Football de Martinique", par Joseph Ursulet, pages 345 à 348.. "L'éloignement constitue un blocage pour les meilleurs joueurs et les meilleures équipes de Guadeloupe, affirme Jacques Rugard (président de la Ligue de Guadeloupe). Pour sortir de cette solitude, il fallait bien établir des contacts avec nos voisins. [...] Notre sélection seniors de ligue joue [ainsi], depuis 1977, le Tournoi de l'UCF, ce qui permet de respirer un peu et de rechercher des moyens de progresser. Ce qui est vrai pour les jeunes l'est aussi pour nos arbitres, nos techniciens..."Article de Jean-Philippe Rethacker, in: France Football, mardi 18 juin 1985. Puis le président de la FFF, Fernand Sastre, veut pouvoir, comme il le dit, "désenclaver le football de ces départements français et lui permettre d'aller de l'avant, pour son plus grand bien et dans l'intérêt également du football français."L'Équipe - Mardi 6 septembre 1983 - Article de Jean Chomereau-Lamotte. Ce désenclavement concernait les clubs affiliés à la LGF et les joueurs amateurs licenciés en Guadeloupe, pas les joueurs professionnels en métropole.

« Nous étions conscients à la FFF, a-t-il précisé, que le championnat [de France] cadets, la coupe de France et même les rencontres de l'UCF, n'étaient pas suffisants pour faire évoluer le football dans ces départements d'outre-mer. C'est la raison pour laquelle nous avons tenu à appuyer de toute notre volonté l'ouverture sur la CONCACAF.»L'Équipe - Mercredi 31 août 1983 - Article de Jean Chomereau-Lamotte. Il fit sa proposition au président de la FIFA, João Havelange, ainsi qu'au président de la CONCACAF, sans résultat tangible. Cette intégration – en tant que membre observateur à la CONCACAF – était refusée par les dirigeants de cette confédération, dont son président, le Mexicain Joaquín Soria Terrazas, puisque les trois départements français en question n'étaient pas des territoires indépendants. Néanmoins, Sastre s'obstina et, en , il profita du congrès de la CONCACAF et de la première phase finale du championnat U16 de la CONCACAF à Port of Spain (Trinité et Tobago) pour y retrouver le président de la FIFA, João Havelange, venu du Brésil, celui de la CONCACAF, Joaquín Soria Terrazas, celui de l’UCF, Jack Warner, ainsi que les présidents des trois ligues antillaises concernées. La Ligue de Guadeloupe était représentée par Messieurs Jacques Rugard (président), Lubin Ogoli et M Maurice Marianne (vice-présidents), accompagnés de Joseph Ursulet, président de la Ligue de la Martinique.

Lors du congrès de la CONCACAF à Port of Spain, le vendredi , Sastre plaida la cause des ligues françaises : "Nous posons la demande d'adhésion des départements français en tant que membres associés de la CONCACAF" déclara le président Sastre. "De la même manière que nous avions réussi pour Tahiti et la Réunion au sein de la confédération Océanie [et de la confédération africaine]. Bien entendu, les Antilles-Guyane n'étant pas indépendantes, il n'est pas question qu'elles participent au Mondial et aux Jeux Olympiques. En revanche, elles pourront participer aux autres compétitions organisées par la CONCACAF, au niveau des sélections, voire des clubs, genre tournoi des champions." Ces personnalités du football apposèrent finalement leur signature au document qui officialisait l'entrée de la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane dans le giron de la CONCACAF en tant que membres observateurs en ce mois de . Désormais, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane pouvaient disputer toutes les compétitions internationales organisées par la CONCACAF, qu'il s'agisse de clubs ou de sélections, sauf celles qui débouchaient sur un tournoi de la FIFA (coupe du monde, Jeux Olympiques).

C'est ainsi que l'on allait voir un club prendre part à la coupe des champions Centre et Nord Américain dès 1984 et la sélection à la coupe CONCACAF des nations, aujourd’hui connue sous l'appellation de Gold Cup. En ce qui concerne le championnat du Monde U20 et la première coupe du monde U16 préparée par la FIFA à l’époque, Havelange promit que la participation antillaise à ces épreuves serait examinée par la FIFA qui en définirait les modalités. Ce fut en vain pour les Antilles françaises. "Je pense, affirme alors le docteur Rugard, que nous ne pourrons redresser la situation et relancer notre football qu'avec l'aide de l'État [français]. Sur le plan financier, d'abord, pour les installations. Sur le plan sportif, ensuite, en nous accordant une plus grande liberté de manœuvre et de contacts au sein du football international. Ce qui est vrai pour nous l'est aussi pour la Martinique. Et ce qui est vrai pour le football l'est aussi pour le sport antillais tout entier". En , João Havelange visita Cuba, la Jamaïque, Haïti, Saint-Domingue, Porto Rico, mais aussi la Guadeloupe et la Martinique, sans que le statut des deux départements ne soit ensuite modifiéIn: France Football, mardi 25 février 1986..

Une quête : la reconnaissance mondiale (depuis 1990)

La "semi-dévolution" du football guadeloupéen amène de nouvelles critiques de la part de Jacques Rugard : "C’est difficile à vivre. Nous nous situons mieux dans la coupe du CONCACAF. Hélas, de notre statut, nous sommes acceptés dans cette compétition style Coupe UEFA sans avoir le droit de vote. De plus, la Guadeloupe n’a pas le pouvoir d’une fédération et ne peut rappeler ses joueurs opérant en métropole tels Relmy (Niort), Nelson (Guingamp), Angloma (Lille). Certes, on ne peut faire obstacle à la promotion sociale d’un joueur, mais il y a un nombre considérable d’échecs ; mieux vaut rester ici que d’échouer... à Barbès." À l'époque, sont aussi en métropole parmi les professionnels les Bazile (Strasbourg, L2), Calvet (Bastia, L2), Chanlot (Marseille), Corian (Lyon, L2), Couriol (Paris SG), Jacques (St-Etienne), Silvestre (Sochaux, L2) et Sonor (Monaco).