est un ancien général d'armée et chef de cabinet ministériel né le à Qamichli et mort le dans le .

Biographie Fils du colonel syrien Negib Germanos et de Olga Tatar, Raymond Germanos est né à Qamichli, en Syrie le . Il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1961 après avoir fait ses classes au Prytanée national militaire (La Flèche, Sarthe). À 23 ans, il est nommé chef de section au sein du régiment d'infanterie motorisée puis intègre le régiment étranger de parachutistes ( REP) en 1967. Il se marie quelques mois plus tard avec Renate Stuis et, en 1969, il part en détachement pour le TchadGERMANOS Raymond.

Après avoir été promu au grade de colonel en 1983 puis de Général de brigade en , il entre en fonction au Centre des hautes études militaires (CHEM) et à l'IHEDN en tant qu'auditeur, puis, en , il est nommé adjoint au chef du Cabinet militaire pour le Ministère de la Défense. Il est nommé commandant de la division parachutiste à partir de Décret du 9 septembre 1991 portant réintégration dans les cadres, publié au JORF n°212 du 11 septembre 1991 (NOR: DEFM9100043D). L'année suivante, Raymond Germanos dirige un contingent de plus de 800 hommes mis à disposition de l'ONU lors des opérations au Cambodge. Il participe aux opérations menées dans le cadre de la FORPRONU en ex-Yougoslavie pendant la Guerre de Bosnie-Herzégovine. En , il quitte le commandement de la division parachutiste pour intégrer la Force d'action rapide en tant qu'adjoint au général en remplacement du général de brigade Jean-Claude Pelletier.

En 1994, le ministre François Léotard entame un remaniement conséquent dans le haut commandement de l'Armée française. Raymond Germanos est alors nommé « sous-chef Opérations » à l'état-majorDécret du 1 avril 1994 portant élévation aux rang et appellation de général de corps d'armée, publié au JORF n°86 du 13 avril 1994 (NOR : DEFM9400011D). avec prise d'effet au et seconde l'amiral Lanxade à Srebrenica (ex-Yougoslavie) sous mandat des Nations unies dans le cadre de l'opération de maintien de la paix. Du fait qu'il s'agit d'une intervention multinationale, les prises de décisions nécessaires à l'avancée de la situation compliquent l'action des forces intervenantes. Les troupes françaises sur place remplissent leur mission de maintien de la paix dans un contexte difficile qui se détériore et qui débouche sur le Massacre de Srebrenica en .

Lors de la suite de la Conférence de Londres du , c'est le général Raymond Germanos qui représente la France dans le cadre de l'ultimatum lancé au général Ratko Mladić. Sa mission terminée, il est nommé Chef du cabinet militaire du ministre français des Armées et prend ses fonctions auprès du ministre Charles Millon en date du Arrêté du 8 août 1995 portant nomination au cabinet du ministre publié au JORF n°197 du 25 août 1995 (NOR : DEFM9501889A). Il est ensuite élevé au rang de Général de corps d'armée avec prise d'effet à compter du  Décret du 18 septembre 1995 portant réintégration dans les cadres (...), art. 4, publié au JORF n°219 du 20 septembre 1995 (NOR : DEFM9500030D).

Après la dissolution de l'Assemblée nationale par Jacques Chirac en , Raymond Germanos est maintenu dans ses fonctions auprès du ministre socialiste Alain Richard. En , il y est remplacé par le général de brigade Bernard Thorette. Élevé au grade de Commandeur de la Légion d'Honneur, il est ensuite désigné pour diriger le CHEM et l'IHEDN à partir du Décret du 17 juin 1998 portant admission dans la 2e section par anticipation, élévation aux rang et appellation de général d'armée publié au JORF n°143 du 23 juin 1998 (NOR: DEFM9800014D)Décret du 17 juin 1998 portant nomination du directeur de l'Institut des hautes études de défense nationale et, en , il est nommé Inspecteur général des arméesDécret du 17 mars 1999 portant élévation aux rang et appellation de général d'armée publié au JORF n°69 du 23 mars 1999 (NOR: DEFM9900005D), faisant de lui l'un des plus hauts gradés de l'Armée française. À la même époque, il co-préside, avec le professeur de droit Patrick Daillier (Université Paris X), le jury de diplôme de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotions 1996-1999 et 1997-2000).

Son appartenance maçonnique. lui vaut d'être impliqué en 2001 dans un dossier judiciaire de malversation., mais il semble qu'il n'y ait pas eu de suite : peu après, Raymond Germanos est nommé Conseiller du Gouvernement pour la défenseDécret du 18 septembre 2001 portant réintégration dans les cadres et admission dans la 2e section, art. 8, publié au JORF n°223 du 26 septembre 2001 (NOR : DEFM0100019D). et l'année suivante, il est élevé à la dignité de Grand Officier de l'Ordre national du MériteDécret du 6 novembre 2002 portant élévation à la dignité de grand officier, publié au JORF n°260 du 7 novembre 2002 (NOR : DEFM0202286D).

En parallèle de son engagement pour l'Armée française, Raymond Germanos mène également une activité importante sur le continent africain. Conseiller de Paul Biya sur les questions de défense nationale et de sécurité de l'État; id. p. 274 note 649., Raymond Germanos entretien une relation de proximité avec le chef d'État camerounais (il est par exemple l'une des rares personnalités étrangères présentes lors de la prestation de serment à la suite des élections d').. Devenu proche du général Mpecke, chef d'état-major particulier du président de la République du Cameroun, Raymond Germanos devient le moteur de la réforme de l'armée dans ce pays. C'est lui conçoit et met en place les Bataillons d'intervention rapide (BIR), une unité d'élite suréquipée et entraînée par l'armée israélienne, répondant directement aux ordres du président Paul Biya.Emmanuel Freudenthal & Youri van der Weide, « Making a killing: Israeli mercenaries in Cameroon », African Arguments, 23 juin 2020.

Outre ses activités dans le domaine militaire, Raymond Germanos mène également un parcours d'affairiste, faisant office d'intermédiaire dans certaines transactions commerciales considérables. Personnalité devenue influente, il est considéré en 2007 par la presse locale comme l'un des français les plus puissants au sein du pouvoir camerounais. Il commence à faire valoir auprès du président Paul Biya des appuis importants issus du proche entourage du président de la République française Nicolas Sarkozy. Mais ces prétentions infondées donnent lieu à une enquête interne dans la haute administration française qui aboutit à son discrédit dans l'ensemble des circuits administratifs ainsi que de l'éloignement de Paul Biya à son égard. Selon un témoignage rapporté par le journal Nouvelle Expression, il a fait faire « des choix malheureux au Cameroun. Il a par exemple fait acheter du matériel militaire inutilement coûteux aux autorités camerounaises au nom de ses intérêts personnels, contribuant ainsi à détériorer l’image de la France » Valentin Siméon Zinga, Cameroun - France : Raymond Germanos s’offrait un million d’euros par dossier en guise de commissions, La Nouvelle Expression, paru le 10 novembre 2009..

En 2010, il est condamné à 10 mois de prison avec sursis pour téléchargement d'images pédo-pornographiques.

En 2013, il devient conseiller à la défense de Faure GnassingbéRaymond Germanos, le général français à la manœuvre contre le retour au Togo de Boko.

Distinctions 160px106px106px106px106px106px106px106px106px106px106px106px106px

Intitulés Brevet de parachutiste militaire ; en 1998 (officier en 1990) ;

en 2008 (commandeur en 1994, officier en 1986) ;

Croix de la Valeur militaire avec deux citations ;

avec agrafes ; (2016). ; 50x50px Officier de l'ordre national du Mérite (Gabon) ; 50px Croix du mérite militaire du Tchad avec étoile ; 50px (Arabie saoudite).

Notes et références

Catégorie:Général de l'Armée de terre française Catégorie:Commandeur de l'ordre du Mono Catégorie:Naissance en février 1941 Catégorie:Décès en janvier 2023 Catégorie:Décès à 81 ans Catégorie:Élève du Prytanée national militaire