Charles Walker, né dans le village de Sawana aux îles Lau le et mort à Suva le "A man of humility", Fiji Times, 16 mars 2021, est un homme politique puis diplomate fidjien.
Biographie Jeunesse et éducation Sa mère est fidjienne de la tribu (yavusa) Toga, des îles Lau, et descend de Wainiqolo, chef tongien qui participa à l'invasion tongienne des îles Lau fidjiennes menée par Enele Maʻafu au milieu du . Le père de Charles Walker est un petit commerçant fils d'un colon écossais dont la généalogie croise celle des ducs de Fife et des .
Le garçon, le plus jeune de trois enfants, est éduqué à la public school de Levuka et grandit entre la société traditionnelle du village de sa famille maternelle et « le monde occidental de la ville de Suva en pleine modernisation ». À l'âge de 10 ans, il est grièvement blessé à la jambe lors d'un match de hockey sur gazon, blessure qui le laisse boiteux pour le restant de sa vie. À l'issue de son enseignement secondaire dans une école des Frères maristes à Suva, il entreprend des études supérieures à l'étranger, et obtient une licence de science agricole à l'université d'Otago en Nouvelle-Zélande, puis un Master dans ce même champ au campus trinidadien de l'université des Indes occidentales. De retour aux Fidji, qui sont alors une colonie britannique, il est employé dans le service public, dans la haute administration du département à l'Agriculture. En 1969, à la veille de l'indépendance du pays, il est nommé à la tête de l'administration du ministère de l'Agriculture.
Adhérant au syndicat Association du Service public des Fidji, il en est le président de 1969 à 1970 "Fiji Public Service Association: Annual Report 2023", Association du Service public des Fidji.
Ministre En 1977, à la demande du Premier ministre Ratu Sir Kamisese Mara, il démissionne de l'administration pour se porter candidat aux élections législatives en mars, pour le parti de l'Alliance. Il est élu député de la circonscription couvrant l'est du pays pour les citoyens issus de petites minorités ethniques, puis réélu aux élections anticipées en septembre et nommé ministre de l'Agriculture "Fiji's new Cabinet", Pacific Islands Monthly, vol.48, n°11, novembre 1977, p.20.
En 1979 il est promu ministre des Finances Chiefs of State and Cabinet members of foreign governments, National Foreign Assessment Center, mai 1979, p.24. Il est reconnu localement et à l'étranger pour sa saine gestion des finances du pays, et certains voient en lui un potentiel futur Premier ministre "PIM Opinion", Pacific Islands Monthly, vol.55, n°2, février 1984, p.5. En il annonce que l'inflation a baissé de 11% en 1981 à 7% en 1982 "Fiji, PNG trade unions in action", Pacific Islands Monthly, vol.54, n°2, février 1983, p.55. En , toutefois, il démissionne pour protester contre la décision de Ratu Mara d'augmenter les salaires dans la fonction publique "Mara's double deputies intrigue Fiji", Pacific Islands Monthly, vol.56, n°4, avril 1985, p.53. Il est alors transféré au poste de ministre de l'Agriculture "Behind Fiji's Cabinet reshuffle", Pacific Islands Monthly, vol.55, n°3, mars 1984, p.54.
En 1986 il est fait compagnon de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges par la reine des Fidji, Élisabeth II, à la demande du gouvernement fidjien "Sixth Supplement to", The London Gazette, n°50769, 31 décembre 1986. Ratu Mara souhaite obtenir qu'il soit fait chevalier, mais Charles Walker refuse, arguant qu'il ne peut pas y avoir d'autre chevalier aux îles Lau que le Tui Nayau, le chef suprême coutumier de cet archipel - Ratu Mara lui-même.
Ambassadeur Il conserve son siège de député aux élections de 1987, mais celles-ci sont perdues par le gouvernement et Charles Walker se trouve ainsi sur les bancs de l'opposition. Le nouveau gouvernement de gauche mené par Timoci Bavadra est toutefois rapidement renversé par un coup d'État militaire, dont les auteurs restituent finalement le pouvoir à Ratu Mara. Charles Walker accepte le poste de ministre de l'Information dans ce gouvernement "Ratu Mara's Cabinet", Pacific Islands Monthly, vol.59, n°1, janvier 1988, p.12. Fin 1988, il est nommé ambassadeur des Fidji au Japon. De retour aux Fidji en 1993, il est nommé président de la Commission au Service public et aux Services de police. En 2001, le Premier ministre Laisenia Qarase le fait président d'une commission chargée de penser l'avenir de l'industrie sucrière du pays ; son rapport constitue le fondement de la stratégie économique que l'Union européenne accepte de financer à hauteur de 120 millions €.
Il a la réputation d'un homme exigeant, travailleur, parfois grincheux, et intègre ; ayant été arrêté un jour par la police pour excès de vitesse, il insiste pour être verbalisé alors que le policier, l'ayant reconnu comme ministre, ne comptait pas lui infliger d'amende. Il meurt à l'hôpital à Suva à l'âge de 92 ans, « après une longue maladie ».
Références
Catégorie:Ministre fidjien des Finances Catégorie:Ministre fidjien de l'Agriculture Catégorie:Ministre fidjien de l'Information Catégorie:Diplomate fidjien Catégorie:Compagnon de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges Catégorie:Étudiant de l'université d'Otago Catégorie:Étudiant de l'université des Indes occidentales Catégorie:Naissance en juin 1928 Catégorie:Décès en mars 2021 Catégorie:Décès à 92 ans