L’Ermitage de Pompadour ou hôtel de Pompadour est un hôtel particulier, situé au , boulevard Magenta, à Fontainebleau dans le département français de Seine-et-Marne, en région Île-de-France.

Construit en 1749, à la demande de Madame de Pompadour, il abrite, après sa disparition la résidence du gouverneur du château de Fontainebleau, avant de devenir la propriété de plusieurs figures illustres comme le maréchal Berthier, le banquier Michel Ephrussi ou le couple de collectionneurs Charles et Marie-Laure de Noailles.

Propriété privée ne se visitant pas, il appartient aujourd'hui au couple Carlo et Polissena Perrone.

Historique Le domaine est construit sur ce qui est alors le lieu-dit du Grand Navarre, à l’extrémité ouest du jardin du château de Fontainebleau, à la demande de Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, sur ordre du roi Louis XV. gauche|vignette|239x239px|La marquise de Pompadour Pour sa construction, de janvier à , sur les plans d’Ange-Jacques Gabriel, sont missionnés les architectes Louis-François Thourou de Moranzel et Jean Cailleteau dit Lassurance, pour le bâti et Jean-Charles Garnier d'Isle, pour la conception des jardins, mais aussi le peintre Alexis Peyrotte, pour les peintures et décors, ainsi que le sculpteur Jacques Verberckt, pour les boiseries. Le coût total des travaux est alors fixé à livres. Dès 1756, la marquise fait procéder à des travaux d’agrandissement et d’embellissement, et profite de son Ermitage jusqu’à son décès en 1764.

Le domaine échoit par héritage à son frère, Abel-François Poisson de Vandières, marquis de Marigny, qui le vend au roi Louis XV. Ce dernier, après y avoir fait réaliser quelques rafraichissements par Gabriel, continue à y séjourner jusqu'à sa disparition en 1774.

Dès l'année suivante, le roi Louis XVI y loge le gouverneur du château de Fontainebleau, Jean-Baptiste François de Montmorin, marquis de Saint-Hérem. Les lieux sont ensuite occupés par Louis-Victor-Hippolyte, comte de Montmorin, fils cadet du précédent et repreneur de la charge de gouverneur, qu’il conserve jusqu’à la Révolution, puis devient le premier maire de Fontainebleau en 1790, avant d’être tué lors des massacres de Septembre en 1792. gauche|vignette|216x216px|Le maréchal Berthier Aliéné comme bien national, le domaine est vendu à la municipalité de Melun, qui le revend le , à un marchand, Louis-François Guilleminet dit Le Jeune, pour la somme de livres en assignats. Ce dernier cède à son tour la propriété, l’année suivante, à deux faïenciers, Aaron Schmoll et Baruch Weill.

Le , le maréchal d’Empire, Louis-Alexandre Berthier, prince de Neuchâtel, acquiert l’Ermitage, qui passe successivement, à la suite de son décès en 1815, au marquis de Besplas, au comte de Bernis, au comte de Gramont d’Aster, puis à son épouse, pour finir entre les mains du banquier Michel Ephrussi, qui s’en sépare en 1910. Cette même année, le baron Édouard Franchetti, l’acquiert et y réside fréquemment jusqu’à l’aube de la Première Guerre mondiale, où ce dernier part pour Rome. À son retour en France, après avoir servi d’annexe à l’hôpital de la ville, la demeure, en friche, est « squattée » par le peintre Lucien-Victor Guirand de Scévola et ses camoufleurs. gauche|vignette|221x221px|La vicomtesse Marie-Laure de Noailles en 1949 Bien qu’en parfait état général, mais ne s’y sentant plus chez lui, le baron vend la propriété en 1918, à Madeleine Dubois de Courval, princesse de Poix, qui fait réaliser quelques embellissements, notamment dans les jardins. Son fils, le vicomte Charles de Noailles, en hérite, et continue de l’embellir et de le restaurer, avec le concours de son épouse Marie-Laure, avec qui il se marie en 1923. Ils y reçoivent de grands noms comme : Balthus, Christian Bérard, Man Ray, André Gide, Salvador Dalí ou encore Jean Cocteau.

L’hôtel abrite alors leur riche collection d’œuvres d’art, issues d’artistes célèbres comme : Francisco de Goya, Pablo Picasso, Juan Gris, Gustave Moreau, Balthus. Faisait également partie de cette collection, un manuscrit érotique du marquis de Sade, ancêtre de la vicomtesse de Noailles par sa mère Marie-Thérèse de Chevigné, acheté par le couple en 1929 et volé en 1982. Leur fille, Nathalie, hérite du domaine en 1981, à la suite du décès de son père survenu la même année, et y vit par intermittence jusqu’à sa propre disparition en 2004.

L’hôtel passe ensuite à son fils, Carlo Perrone, actuel propriétaire, issu de son union avec Alessandro Perrone, n’y résidant que très rarement.

Architecture et description Cet Ermitage est le premier d’une série de trois, tous identiques, commandés par la marquise, à l’architecte Gabriel. Le bâtiment, commandé dès , est terminé et habitable en à peine neuf mois. Après celui-ci, suivent celui de Versailles, bien que déjà existant, mais remanié la même année, puis celui de Compiègne, construit en 1754, et détruit en 1795.

Les travaux de ces ermitages, sont à l’origine des pavillons de chasse du roi, que sont le pavillon du Butard (1754) et le pavillon de la Muette (1766), également œuvres de Gabriel. Tous ces bâtiments annoncent, de par leur style architectural, la construction du Petit Trianon de Versailles (1768).

On accède au pavillon, par un imposant portail débouchant sur une vaste cour entourée de murs écran, camouflant, au nord, les communs, abritant remises et écuries, autour d’une basse-cour et au sud, des volières, installées autour d’un parterre de buis. Selon les dispositions de 1749, le pavillon, carré parfait de 6 toises de côté, s’ouvre sur l’extérieur par quatre façades identiques toutes percées de trois travées de fenêtres chacune, et est composé d’un rez-de-chaussée, entresolé au nord, et d’un premier étage en attique.

En 1756, lui sont adjointes deux petites ailes, abritant au sud, une salle à manger et au nord, un cabinet muni d’un corridor reliant le pavillon aux communs. En face du portail monumental sur le boulevard Magenta, une percée est pratiquée afin que le roi, puisse venir voir sa maîtresse à pied depuis le château.

Dans ses mémoires, le duc Charles-Philippe d’Albert de Luynes, décrit avec précision les lieux peu de temps après leur achèvement :

Encore aujourd’hui, l’Ermitage conserve une grande partie de ses décors et dispositions d’origine, et son parc de à l’origine, est aujourd’hui ramené à , après le percement de l’actuelle rue de l’Arbre-Sec.

Protection

L'édifice est inscrit aux monuments historiques dans son ensemble par arrêté du , puis classé pour ses façades et toitures, sa porte cochère, cour d’entrée et cour de service, ses jardins et toutes les pièces avec des décors du XVIIIe siècle, par arrêté du .

Références

Bibliographie

Articles connexes Obélisque de Marie-Antoinette Hôtel du Tambour

Catégorie:Monument historique en Seine-et-Marne Catégorie:Monument historique à Fontainebleau Catégorie:Monument historique classé en 1947 Catégorie:Monument historique inscrit en 1926 Catégorie:Hôtel particulier à Fontainebleau Catégorie:Boulevard Magenta