L’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM), intitulée en anglais Global Citizenship Education (GCE), a pour objet de donner aux apprenants les moyens de prendre une part active et volontariste, tant au niveau local que mondial, à l’édification d’un monde plus juste, plus paisible, plus tolérant, plus inclusif, plus sûr et plus durable.

L’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) est une approche de l’éducation, impliquant les contenus d’apprentissage, les pédagogies et l’environnement d’apprentissage, qui dotent les apprenant(e)s de tous âges des connaissances, des compétences, des valeurs et des attitudes dont ils et elles ont besoin pour s’engager dans le monde et contribuer à construire un avenir plus durable, plus juste et plus pacifique.

La citoyenneté mondiale fait référence à un sentiment d’appartenance à une grande communauté et à une humanité commune, afin de former des citoyens et citoyennes informé(e)s et compatissant(e)s, capables de s’engager dans leur communauté aux niveaux local, régional et mondial. En d’autres termes, elle permet d’« apprendre à vivre ensemble » en paix. Elle met l’accent sur l’interdépendance politique, économique, sociale et culturelle, et sur l’interconnexion entre le local, le national et le mondial. L'éducation à la citoyenneté mondiale s’appuie sur l’expérience d’autres processus éducatifs, comme l’éducation aux droits humains, l’éducation pour la paix, l’éducation en vue du développement durable, l’éducation pour la compréhension internationale et interculturelle.

L’intérêt croissant pour la citoyenneté mondiale a attiré l’attention sur la dimension mondiale de l’éducation à la citoyenneté et ses implications pour les politiques, les programmes éducatifs, l’enseignement et l’apprentissage. L’éducation à la citoyenneté mondiale repose sur trois dimensions conceptuelles fondamentales (apprentissages cognitif, socio-affectif et comportemental) qui sont communes à ses différentes définitions et interprétations. Elles peuvent servir de base pour définir les buts de l’éducation à la citoyenneté mondiale, les objectifs et les compétences d’apprentissage, ainsi que les priorités pour l’évaluation de l’apprentissage.

Les quatre sous-domaines thématiques de l’ECM sont la consommation et la production durables ; le changement climatique ; les droits humains et l’égalité entre les genres ; la diversité culturelle et la tolérance. Bien qu’ils ne couvrent pas l’ensemble des questions abordées, ils se concentrent sur certains des problèmes les plus urgents auxquels le monde est confronté.

Les facteurs structurels et les priorités politiques expliquent certaines des différentes manières dont les pays abordent les domaines thématiques de l’éducation à la citoyenneté mondiale. Par exemple, dans les lieux à forte concentration d’immigrant(e)s ou de réfugié(e)s, l’ECM est souvent utilisée comme un outil de consolidation de la paix et un cadre pour le dialogue, le vivre ensemble et la cohésion sociale. Dans les grandes économies (par exemple, la Chine et les États-Unis d’Amérique), l’ECM s’est concentrée sur le renforcement des compétences individuelles nécessaires pour être compétitif dans l’économie mondiale.

Au cours des dix dernières années, les pays ont inclus dans les cursus scolaires des contenus visant à promouvoir la citoyenneté mondiale. En 2012, 49 des 55 (89 %) États membres de l’UNESCO ayant répondu à la consultation mondiale sur l’application de la Recommandation sur l’éducation pour la compréhension, la coopération et la paix internationales et l’éducation relative aux droits humains et aux libertés fondamentales ont indiqué qu’au moins certains thèmes liés à l’éducation à la citoyenneté mondiale (par exemple, les droits humains, la diversité culturelle, les études sur la paix) étaient intégrés dans les politiques éducatives nationales.

L'Education à la Citoyenneté Mondiale (ECM) dans l'Union Européenne

Alors que l'utilisation de Education à la Citoyenneté Mondiale dans l'éducation, aux États-Unis, se réfère à l'éducation aux visions du monde et aux différentes valeurs culturelles dans le monde (appelée compétence interculturelle dans l'UE), dans l'UE, développe l'idée en intégrant une seconde composante. Outre les compétences interculturelles, la perspective européenne traite de l'importance de connaître les problèmes mondiaux qui affectent tous les citoyens.

C'est pourquoi la Commission européenne et un certain nombre d'organisations de la société civile plaident pour la promotion de l'éducation à la citoyenneté mondiale (Bourn, 2016), mais il existe des variations d'un pays à l'autre. La culture de la pensée critique est essentielle pour une éducation à la citoyenneté mondiale efficace et les enseignants jouent un rôle central dans l'influence de cette approche. Les jeunes ont besoin de connaissances et de compétences pour comprendre leur rôle et leur contribution au sein de la démocratie européenne.

Radhouane et Maleq (2020) montrent comment la France et l'Angleterre ont donné la priorité à l'Education à la Citoyenneté Mondiale et à la promotion des valeurs nationales dans leurs programmes politiques, en œuvrant contre la radicalisation. En outre, ils donnent des indications sur la mise en œuvre de l'Education à la Citoyenneté Mondiale et préconisent de reconnaître la valeur de l'adoption d'identités multiples. En effet, l'analyse comparative menée par les auteurs révèle que si la France et l'Angleterre ont traditionnellement suivi des voies distinctes en matière d'ECM, leurs trajectoires politiques se sont alignées à la suite d’attentats terroristes, affichant des parallèles significatifs. Dans les deux cas, l'éducation a été placée au centre des stratégies gouvernementales de lutte contre la radicalisation en endossant des principes nationaux et démocratiques appelés “valeurs de la République française" en France et "valeurs Fondamentales britanniques" en Angleterre.

Dans le monde interconnecté d'aujourd'hui, le pouvoir de transformation de l'éducation s'étend bien au-delà des salles de classe, avec une réceptivité croissante de la jeune génération. L'éducation peut changer toute une société, car il est de plus en plus facile d’agir sur les modes de vie et de pensée de la jeune génération. Les Nations unies, par l'intermédiaire de l'UNESCO, promeuvent les valeurs éducatives. L'Education à la Citoyenneté Mondiale apprend à vivre ensemble en paix, à créer une communauté fondée sur les droits de l'homme, le respect et la compréhension mutuelle. Il est évident que le monde est globalisé, tout est interconnecté et les jeunes recherchent une éducation variée et adaptée à leurs besoins.. L’ECM peut être enseignée à l'école par le biais de différentes matières, mais elle peut également être enseignée en dehors de l'école car elle concerne tout le monde : les associations communautaires, les autorités, les médias et la famille. Pour qu’elle fonctionne, les enseignants doivent s'impliquer et disposer du matériel pédagogique approprié. L’ECM réussit lorsque garçons et filles se sentent respectés en tant qu'êtres humains et sont encouragés à participer à la vie de l'école. Le plus important est d’être des citoyens du monde (UNESCO, 2016).

L'Education à la Citoyenneté Mondiale joue un rôle essentiel dans l'éducation des jeunes afin qu'ils réfléchissent davantage aux préoccupations mondiales et qu'ils ouvrent les yeux sur les autres cultures du monde. L'éducation à la citoyenneté mondiale rapproche en tant que communauté du monde entier, et rend plus conscients de la Terre et des problèmes des voisins dans la communauté que créée.

Définition et origines

Le concept de citoyenneté a évolué au fil du temps. Historiquement, la citoyenneté ne s’étendait pas à tous ; ainsi, seuls les hommes ou les propriétaires pouvaient être citoyens. Au cours du siècle dernier est apparu un mouvement progressif en faveur d’une définition plus large de la citoyenneté, influencé par la promotion des droits civils, politiques et sociaux. Les notions actuelles de citoyenneté nationale varient suivant les pays, reflétant notamment des différences entre les contextes politiques et historiques.

Dans un monde de plus en plus interdépendant, la question se pose de savoir en quoi consiste vraiment la citoyenneté, et quelles sont ses dimensions à l’échelle mondiale. Bien que la notion de citoyenneté allant au-delà de l’État-nation ne soit pas nouvelle, les changements dans le contexte mondial (par exemple, la création de conventions et de traités internationaux, l’augmentation des organisations, des entreprises et des mouvements de la société civile transnationaux, ainsi que l’élaboration de cadres internationaux sur les droits de l’homme) ont des conséquences importantes sur la citoyenneté mondiale. Il faut reconnaître que différents points de vue sur le concept de citoyenneté mondiale existent, y compris, par exemple, dans quelle mesure celle-ci prolonge et complète la citoyenneté traditionnelle définie par l’État-nation, ou dans quelle mesure elle lui fait concurrence.

La notion de « citoyenneté mondiale » se prête à plusieurs interprétations. Selon la définition usuelle, cette notion se rapporte au sentiment d’appartenance à une communauté plus vaste qui dépasse les frontières nationales, nous rappelle notre humanité commune et repose sur l’interdépendance des peuples et des sphères locale et mondiale. La citoyenneté mondiale se fonde sur les valeurs universelles des droits de l’homme, de la démocratie, de la non-discrimination et de la diversité. Elle concerne les actions citoyennes qui favorisent l’avènement d’un monde et d’un avenir meilleurs.

L’éducation à la citoyenneté mondiale aspire à être une expérience transformatrice, qui donne aux apprenants les possibilités et les compétences d’exercer leurs droits et leurs devoirs afin de promouvoir un monde et un avenir meilleurs. L’éducation à la citoyenneté mondiale repose sur une perspective d’apprentissage tout au long de la vie. Elle s’adresse non seulement aux enfants et aux jeunes, mais aussi aux adultes. Elle peut être dispensée dans des cadres formels, non formels et informels. L’apprentissage formel est une formation structurée généralement dispensée par un établissement d’enseignement ou de formation, et entraînant une certification. L’éducation ou la formation non formelle a lieu en dehors du système formel, de façon ponctuelle ou régulière, par exemple au sein d’une association ou d’une équipe sportive. L’apprentissage informel fait partie de l’apprentissage non formel et désigne un apprentissage résultant d’activités de la vie quotidienne liées au travail, à la famille ou aux loisirs. Pour cette raison, l’ECM est une partie intégrante de l’Objectif de développement durable 4 consacré à l’éducation (ODD4, cible 4.7).

Lien avec l’éducation au développement durable L’ECM et l’EDD partagent une vision transformatrice. Elles mettent l’accent sur l’action, le changement et la transformation dans le but de donner aux apprenants de tous âges, quel que soit le contexte éducatif qui est le leur, de se transformer et de transformer la société dans laquelle ils vivent.

L’ECM et l’EDD partagent une vision commune : Elles visent à donner aux apprenants de tous âges les moyens de contribuer activement à la création d’un monde plus juste, pacifique, tolérant, inclusif et durable. L’ECM et l’EDD : portent non seulement sur les contenus et les résultats de l’apprentissage mais aussi sur les processus et les différents environnements d’apprentissage ; mettent l’accent sur l’action, le changement et la transformation ; s’attachent en priorité à vous aider à acquérir les valeurs et les attitudes qui vous permettront de relever les défis mondiaux ; renforcent vos compétences en collaboration, communication et réflexion critique.