L'Université du Québec à Rimouski (UQAR) est une université du réseau de l'Université du Québec qui se situe à Rimouski et à Lévis, au Québec, au Canada.

Fondée en 1969, elle figure parmi les universités les plus récentes au Québec. En 2025, elle accueillait plus de répartis entre ses campus de Rimouski et celui de Lévis, près de la ville de Québec.

L’UQAR offre des formations universitaires dans tout l'Est du Québec, de la région de Chaudière-Appalaches à celle de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, en passant par la Haute-Côte-Nord et la Manicouagan. Des bureaux permanents sont également situés à Gaspé et à Rivière-du-Loup.

L'université regroupe des formations du premier au troisième cycle universitaire. Elle s'est bâtie une réputation basée sur trois grands axes de développement. L’UQAR se distingue des autres universités par ses orientations de recherche et de développement qui s’arriment avec les caractéristiques de son territoire.

Université nordique et maritime située dans un centre régional, l'UQAR se spécialise dans les créneaux des sciences de la mer, de la nordicité et des études régionales.

Histoire Premiers jalons La volonté de doter Rimouski et l'Est du Québec d'un établissement d'enseignement universitaire est exprimée dès les années 1930. L'abbé Antoine Gagnon, professeur au Séminaire de Rimouski lance l'idée d'établir une université rurale, calquée sur un concept d'université ouvrière au Danemark. Le projet de l'abbé Gagnon rejoint les préoccupations ruralistes de l'évêque de Rimouski, Georges Courchesne, ardent défenseur de la colonisation durant la crise des années 1930. Un autre professeur, Paul Hubert, envisage la création de programmes de formation destinés aux travailleurs, aux pêcheurs en particulier, afin de décloisonner le Séminaire. Ces idées n'auront pas de suite.

Dans les années 1950, c'est au tour d'un leader de l'élite économique rimouskoise de lancer un appel en faveur de l'éducation permanente. Dans un discours qu'il prononce devant le Club Richelieu, le magnat régional de l'électricité et des communications Jules-A. Brillant réclame la création d'une université rurale.

Bien que des établissements d'enseignement rimouskois offrent certaines formations de niveau universitaire depuis la fin des années 1940 , les problèmes d'accessibilité et d'intégration de l'université dans la vie de la communauté militent en faveur d'une institution bas-laurentienne.

En 1961, des notables locaux et le directeur des études du Séminaire de Rimouski, l'abbé Pascal Parent, créent le Comité des Cours d'extension universitaires, présidé par le juge Yvon Côté. Le comité organise des cours de langue, de philosophie, de sciences sociales et religieuses. Les cours, qui sont dispensés au Séminaire, sont suivis par 862 adultes en 1961-1962. L'Université Laval appuie la démarche en dispensant les cours et en conseillant le comité dans ses démarches.

En , le rapport de la Commission Parent sur la réforme de l'éducation réjouit les promoteurs d'un établissement d'enseignement supérieur dans l'Est en recommandant la création de centres d'études universitaires pour le Saguenay et le Bas-Saint-Laurent. En mars, des représentants de la ville, des congrégations religieuses et des grandes entreprises régionales forment un Comité provisoire pour l'implantation d'un centre d'études universitaires.

Fondation left|thumb|Façade principale de l'UQAR, campus de Rimouski, avant l'incendie de mai 2009.

Au milieu des années 1960, le dossier d'un centre universitaire à Rimouski suscite une certaine méfiance à l'extérieur de la région. Approchée pour chapeauter les formations d'un éventuel centre, l'Université Laval se dit intéressée mais fait preuve de peu d'empressement. Les signaux du gouvernement sont également confus. Le dossier de Rimouski comme celui de Chicoutimi est une « priorité » d'un prochain projet de loi-cadre dit-on dans la capitale, mais les hauts fonctionnaires conseillent la patience.

Dans la foulée de la Révolution tranquille et de la Commission Parent, le gouvernement du Québec établit un réseau de collèges d'enseignement général et professionnel, les cégeps, qui ouvrent leurs portes à travers le Québec en 1967. La création d'une nouvelle structure post-secondaire décentralisée, qui prodigue à la fois des programmes techniques et généraux, crée une augmentation de la demande pour des places supplémentaires dans les universités existantes, à Montréal, Québec et Sherbrooke.

La création d'une nouvelle structure universitaire décentralisée s'impose pour le gouvernement, qui envisage de créer un réseau d'universités publiques, francophones et laïques, l'Université du Québec. Un rapport, publié en , jette toutefois une douche d'eau froide sur les promoteurs de Rimouski, en affirmant qu'« il n'est pas réaliste de parler d'université ou de centre universitaire pour », en raison notamment du manque de professeurs qualifiés dans la région. Le rapport conseille plutôt de préparer un projet de centre de formation des maîtres, en reprenant les activités de l'École normale Tanguay, qui réunit temporairement les trois centres de formation d'enseignants de la ville.

La Loi créant l'Université du Québec est adoptée par la Législature de la province de Québec, constituée de l'Assemblée législative et du Conseil législatif le , mais l'incertitude sur la place de Rimouski dans le nouveau réseau perdure pendant plusieurs mois. Les promoteurs d'un centre universitaire à Rimouski ne peuvent accepter la proposition du ministre Jean-Guy Cardinal et de ses fonctionnaires, qui proposent que le nouveau centre conserve temporairement le statut d'école normale le temps d'organiser des bases solides, puisque son financement serait inférieur à celui d'une véritable université et nuirait au recrutement d'étudiants et du personnel enseignant.

En avril, les promoteurs rencontrent la direction de l'Université du Québec où sont abordées les questions de statut du centre. L'Université du Québec ne s'objecte pas à la création d'une « corporation de Centre d'études universitaires ». Le mois suivant, l'Assemblée des gouverneurs de l'Université autorise la requête en incorporation pour un « Centre d'études universitaires de Rimouski », qui est légalement constitué en août.

Centre d'études universitaires de Rimouski Le , le Centre d'études universitaires de Rimouski (CEUR) prend le relais de l'École normale Tanguay. La formation des enseignants et s'établit dans l'édifice des Ursulines, racheté quelques mois plus tôt par le gouvernement. Quelque 225 étudiants sont inscrits à des programmes de premier cycle en sciences, sciences de l'éducation, langue et littérature françaises et sciences religieuses, 250 autres complètent leurs programmes de formation des maîtres alors que 1400 étudiants à temps partiel suivent des cours à l'éducation permanente. Le CEUR, qui compte une soixantaine de professeurs, est dirigé par Charles Beaulieu, un ancien directeur du département de métallurgie à l'Université Laval, assisté par Alcide Horth.

Un an plus tard, le CEUR compte cinq départements, 63 professeurs à temps plein dont le tiers est détenteur d'un doctorat et 308 étudiants à temps complet, en plus de autres à temps partiel. La direction maintient le cap sur le développement d'une gamme plus complète de programme et propose de nouveaux programmes de baccalauréat en enseignement et des nouveaux projets en médecine préventive, en santé mentale, en sciences sociales et en génie des océans ainsi que des programmes de deuxième cycle en sciences religieuses, en « frottement et usure » et en océanographie.

Le , le ministre de l'Éducation, François Cloutier annonce que le CEUR devient une constituante à part entière de l'Université du Québec et nomme Alcide Horth pour un mandat de cinq ans à titre de premier recteur de l'Université du Québec à Rimouski. À la rentrée de 1973, le nombre d'inscrits à temps complet est passé à 600. Campus, bureaux régionaux et points de service

Campus de Rimouski right|thumb|Vue aérienne du campus de Rimouski de l'UQAR.

Histoire Lors de sa création, en 1969, le Centre d'études universitaires de Rimouski loge dans l'ancien monastère des Ursulines, au nord-est du centre-ville de Rimouski, choix imposé par l'achat de l'édifice par le gouvernement du Québec. Deux autres sites ont été considérés. Le premier aurait établi le campus dans une zone alors non développée entre le boulevard Albert-Buies et le boulevard du Sommet, au sud-est. Le second, plus audacieux, consistait à construire « dans le fleuve », en remplissant un lot gagné à l'estuaire du Saint-Laurent sur le côté sud du boulevard René-Lepage.

Une solution moins flamboyante ralliera cependant la majorité. À l'automne 1971, le développement du campus à partir du monastère des Ursulines fait pratiquement l'unanimité, d'autant plus que ont déjà été investis pour le réaménager. C'est ainsi que débutent les « agrandissements par en-dedans » qui deviendront une « tradition » à l'UQAR, soutient l'historienne Nicole Thivierge, auteure d'une monographie publiée à l'occasion de la commémoration du de l'université.

Le campus aujourd'hui Le campus de Rimouski compte aujourd'hui onze pavillons, en plus des résidences étudiantes. Le campus de Rimouski abrite également l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) et le Centre d’appui à l’innovation par la recherche (CAIR).

Mené en collaboration avec la Ville de Rimouski, un projet de complexe comprenant une glace de dimensions nordaméricaines, une glace de dimensions internationales, une piscine de dimensions semi-olympiques et un bassin récréatif sera accessible à deux pas de l’UQAR à partir de l’hiver 2018.

L'UQAR détient également un Pavillon de formation pratique (350, rue Saint-Jean-Baptiste), notamment pour l'enseignement des arts dans le cadre des baccalauréats en sciences de l'éducation.

Campus de Lévis

Histoire thumb|Le campus de Lévis de l'UQAR. Inauguré en 2007, l'édifice accueille plus de .

Fondé en 1980, le campus de Lévis de l'UQAR est devenu en une trentaine d'années un pôle majeur pour l'institution. En 2016-2017, le campus de Lévis est fréquenté plus de 3200 étudiants.

Au cours de sa première décennie d'existence, le campus , se spécialise dans la formation continue à temps partiel et offre des formations de soir et de fin de semaine en administration, en sciences infirmières et en sciences humaines. Ne disposant d'aucun local en ville, les formations du Bureau régional sont dispensées au Collège de Lévis, à la Polyvalente de Lévis, au Centre de formation Desjardins et même dans un motel.

En 1991, le Bureau régional de Lévis change de nom et devient le Centre d'études universitaires de la Rive-Sud. Il a pignon sur rue dans une aile du Collège de Lévis, sur la rue Mont-Marie, dans le quartier historique de la ville. La transformation du bureau régional s'accompagne de l'introduction d'un premier programme de deuxième cycle, la maîtrise en gestion de projets. L'année suivante, le centre commence à offrir un premier programme de baccalauréat à temps plein, en sciences de l'administration, suivi en 1994, du programme de baccalauréat en sciences comptables. En 1998, le Centre universitaire devient le Campus de Lévis et diversifie son offre en offrant deux programmes de premier cycle à temps complet en sciences de l'éducation. Le campus accueille alors un sommet de 962 étudiants. La fréquentation s'accroît rapidement au cours des cinq années suivantes, qui seront marquées par l'ajout d'un programme de MBA pour cadres en 2000 et d'un baccalauréat en sciences infirmières en 2002. En 2003, le campus de Lévis compte 1944 étudiants inscrits.